Un grand voyageur:Marco Polo

 

 

Situons- nous quelques années avant le départ de Marco Polo. Au XIIIème siècle, après la quatrième croisade et la chute de Constantinople en 1204 ( Istambul), Venise bénéficie à nouveau de ses privilèges sur la capitale byzantine. Le traité signé avec les Francs, lui a permis de s'octroyer les trois quart du butin. C'est une ville prospère, riche, et une place importante pour le commerce des épices, de la soie et des pierres précieuses.

 

Niccolaio Polo et Matteo Polo sont alors des marchands vénitiens ayant des intérêts importants à Constantinople et en Crimée, sous forme de comptoirs caravaniers ou maritimes. Ils ont également établi un comptoir commercial sur l'île de Curzola. C'est en 1253, qu'ils partent de Venise. (Marco Polo sera gardé par sa mère et son grand-père en l'absence de son père). C'est par bâteau, en empruntant la Mer Adriatique, que débute leur trajet. Ils contournent la Grèce et rejoignent la Mer Noire, en passant par Constantinople. En 1260, ils arrivent à Sudak, un port de pêche de Crimée, rejoignent ainsi Marco, l'Ancien, à Soldaïa puis vont jusqu'à Suray, sur les bords de la Volga. Ils y commercent pendant un an, pour y vendre leurs marchandises, notamment des pierres précieuses.

 

Peu de temps après, et une fois l'affaire conclue, à la même époque, une guerre civile éclatait entre les seigneurs mongols locaux : Berké, souverain des mongols de Horde d'Or dans le pays des "Tartares du Ponant", et son cousin Hulagu, khan des "Tartares du Levant". A ce même moment, Constantinople tombe aux mains des gênois, rivaux des commerçants vénitiens. En 1261, les deux frères, ne pouvant alors revenir par le chemin qu'ils avaient emprunté, à cause de la guerre et des génois donc à l'ouest, et de la présence de l'armée de Hulagu toute proche au sud, ils cherchent une route commerciale à l'est, en passant par le nord de la Mer Caspienne.

 

Et ils s'en vont avec leurs marchandises.

 

lLs parviennent, après avoir longé la Mer d'Aral par le sud, et, après dix-sept jours de marche à travers le désert, à rejoindre Bukhara, en Perse ( en Ouzbekistan), qui était à l'époque l'une des cités les plus importantes qui menait à Cathay ( la Chine). Et, malheureusement, en tentant de fuir la guerre, ils s'y retrouvent momentanément bloqués pendant trois années. Le roi Hulagu gagne la guerre. Son ambassadeur, arrivé à Bukhara, remarque la présence des frères Polo.

 

L'ambassadeur les persuade alors de le suivre car le Grand Khan, Kublaï Khan, n'ayant jamais vu de Latins, souhaite les rencontrer, et leur poser des questions. " Seigneurs, je vous dis que le Grand Sire des Tartares n'a jamais vu aucun Latin et qu'il a grand désir et volonté d'en voir ; pour cette raison, si vous voulez venir avec moi jusqu'à lui, je vous dis qu'étant hommes nobles et sages, il vous verra très volontiers, vous fera grand bonheur et grand bien, et aura le plus grand plaisir d'ouïr de votre bouche les nouvelles et la condition de vos pays, car il est sire de grande puissance et a grand désir d'apprendre du nouveau. " - Le Devisement du Monde, Chap IV. Kublaï Khan

Dès lors, ils partirent, et traversèrent Samarkand, Kashgar, l'Asie centrale, Turfan, Hami, le terrible désert de Gobi, puis Dunhuang. Après un an de voyage, "à cause de la neige et du débordement des rivières et des torrents" ils arrivent finalement à la Cour du Grand Khan Kublaï à Shangdu, sa résidence d'été située au nord-est de Pékin, dont la magnifiscence du palais surprenait/émerveillait les visiteurs.


Les frères Maffeo et Niccolo apportent des présents à l'Empereur qui les a questionnés sur leur monde. Niccolaio et Matteo, qui parlaient tatars, purent lui répondre sans équivoque et avec précision. Un an plus tard, les Polos repartaient, avec pour mission de transmettre un message au pape Clément IV. Succintement : ce dernier de lui envoyer 100 docteurs (au sens du savoir, doctus) dont le but serait d'enseigner la religion chrétienne et les sciences de l'Occident. Kublai leur demanda également un peu d'huile de la lampe du Saint Sépulcre (Jérusalem).

Pour être sûr que les deux frères n'aient aucun problème au cours du trajet de retour, le Khan leur donna un sauf-conduit, un gerege en or. Quand ils arrivent à Acre, ils apprennent la vacance de l'Eglise. Un nouveau pape doit être élu (ce sera Grégoire X), aussi, les deux frères continuent-ils leur route.


lL fallut trois longues années aux deux frères pour rentrer, soit en 1269. Après seize ans d'absence, Niccolo découvrit que son épouse était décédée, et que son fils, qu'il n'avait vu naître, avait à présent quinze ans. Ainsi, et malgré les péripéties et les obstacles survenus au cours de son voyage, Niccolo Polo ouvrait la route de l'Orient à son fils Marco.

Fin  de l'année 1271, quand il part pour son premier voyage avec son père, Marco n'a que dix-sept ans. Pour rappel, le pape n'est plus, et c'est un nouveau pape qui est élu, Grégoire X. Et, quoique déjà partie, et arrivée à Acre, l'expédition rebroussa chemin pour lui confier le message de l'empereur Kubilaï. Reçus avec cérémonial, le nouveau pape leur confia à son tour lettres et présents, ainsi que deux dominicains (frère Niccolo de Vicence et frère Guillaume de Tripoli). Mais la crainte de croiser en chemin le Sultan d'Egypte, dont la rumeur faisait état d'un raid, décida les deux frères à revenir.

Les Polo suivirent les premières traces, par mer, jusqu'en Crimée. Puis traversèrent l'Arménie, la Perse et l'Afghanistan, en suivant la Route de la Soie. Ils empruntèrent le même chemin que Niccolo et Matteo dix ans auparavant, faisant un détour par le nord, au sud du Caucase, et le royaume de Géorgie. Ils longèrent la Mer Caspienne pour rejoindre Tabriz, puis descendirent à Hormuz, en bordure du Golfe Persique.

Là-bas, ils font des affaires médiocres et décident de remonter vers Kerman. En passant par Herat, et Balkh, ils arrivent à Badakhshan. Ils y restent une année, le jeune Marco étant tombé malade. De nouveau en mouvement, ils longent la haute chaîne de montagnes des Pamirs.
Puis entrent dans la province du Sinkiang, en Chine, et arrivent à Samarcande, une très noble et grandissime cité, où se trouvent de très beaux jardins et tous les fruits qu'homme puisse souhaiter. (chap. LII - 52). Puis les provinces de Yarcan, Cotan, Pem et Ciarcian (act. Turkistan). En arrivant à la cité de Lop (peut-être disparue aujourd'hui), ils découvrent le désert de Gobi, et le traversent en une trentaine de jours. Et puis la province de Tangut, et d'autres encore...

  Marco Polo arrive enfin au merveilleux palais du Grand Can dans la cité de Ciandu ("la capitale supérieure", près de Duolun en Mongolie intérieure). Un palais fait de marbre et d'autres nobles pierres habilement travaillées

 

La seconde partie  du livre traite de la Cour du Grand Khan, ainsi que de l'époque passée en Chine et ses missions.


Les Polo demandant à l'Empereur le droit de rentrer chez eux compte tenu du temps passé là-bas, Marco Polo finit par apprendre la langue mongole et séjourne en Chine pendant seize années. Il effectue plusieurs missions, notamment celle de gouverneur d'une ville. Mais, les Polo souhaiteraient revoir leur pays; malheureusement, l'Empereur Kubilaï Khan, quoique vieillissant n'est pas encore disposé à les laisser partir -

Malgré leurs nombreuses solicitations, les Polo ont, semble-t-il, eu effectivement beaucoup de peine à quitter, avec le consentement de l'Empereur, le royaume Mongol. Toutefois, l'occasion survint, en rapport avec la perte de son épouse. L'épouse de l'empereur meurt. Celle-ci laisse pour volonté que sera reine, uniquement toute femme de sa lignée. La fille d'un baron convient à la "chose". Après avoir été présentée à l'empereur, et acceptée (il y avait d'autres concurentes), elle revient par voie fluviale. L'expérience que Marco Polo a acquise alors en ces mers au cours de ses missions est alors utilisée. Et c'est à regret que l'Empereur se sépare des Polo, non sans leur avoir confié deux gereges, l'un les déliant de la servitude de la Cour, l'autre, leur octroyant les privilèges d'un grand seigneur pour obtenir tout ce dont ils ont besoin pour le grand voyage de retour.

Quand il revient enfin , en 1295, Marco Polo âgé alors de 39 ans, redécouvre Venise ...et ses problèmes.

A l'époque, Gênes et Venise se font la guerre (Constantinople, en terre musulmane, et alors propriété des Vénitiens, est tombée aux mains des Gênois). Les deux villes s'affrontaient... régulièrement. Au cours d'une bataille navale, en 1298, à Curzola, le 8 septembre, il y eut un évènement !! La flotte génoise composée de 85 navires fortement armés, sous le commandement de Lamba Doria, affronta celle de Venise, elle-même sous le commandement de Andrea Dandolo.
La flotte vénitienne était plus importante numériquement de 10 navires.

La flotte gênoise remporta pourtant la victoire. La flotte vénitienne restante, soit 11 navires, rentra, laissant derrière elle 18 navires, qui coulèrent au cours de la bataille, et 66 autres qui furent brûlés après avoir été pillés. Le commandant Dandolo fut fait prisonnier, et se suicidera en prison, ne supportant pas le poids de la défaite. Marco Polo, "sous-commandant" (sopracomito) de l'un de ces navires, fut fait lui aussi prisonnier (ainsi que 7000 autres)


En cellule, il est enfermé avec Rustichello de Pise, un romancier gênois. Il lui dicte le récit de ses aventures, et Rustichello les publie en français. Les analyses montrent (mais elles ne le prouvent pas nécessairement) que la rédaction débuta en prison. Mais elle continua sûrement hors de prison, car certains évènements relatés ne purent pas être sus de Marco pendant son incarcération. Incarcération qui prit fin trois ans plus tard.

Peu après, il se marie avec Donata (de la famille des Loredano ou Badoer? aristocratie vénitienne (était-ce alors par intérêt, ou par amour, mystère), avec qui il eut trois filles. Il meurt en 1324, à Venise, à l'âge de 70 ans avec les honneurs de la République.

Commentaires (1)

1. Lolilol 15/03/2012

il n'y as pas assez de photos

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