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De nouvelles routes commerciales
Les Européens commencèrent doucement à s'émanciper vers les territoires extérieurs. Grâce aux Croisades, ils se déplaçaient maintenant avec assurance sur terre comme sur mer. La carte des routes commerciales du Moyen Âge montre que le grand commerce touchait toute l'Europe :
* Au nord, une puissante association de villes germaniques et scandinaves, la Hanse, exerçait un véritable monopole en mer du Nord et dans la Baltique.
* Au sud, les villes portuaires de Gênes, Amalfi et Venise, en Italie, dominaient le commerce méditerranéen. Ces villes bénéficiaient des conséquences des croisades qui contribuèrent puissamment à réactiver les échanges avec les ports du Levant.
De plus, des pistes caravanières et des routes maritimes rejoignaient l'Inde, le Sud-Est asiatique et la Chine. Les produits provenant de ces contrées étaient achetés par les Européens dans les villes du Levant ou à Byzance. En échange, ils y vendaient du bois, du fer, du blé, du vin, de l'huile, etc.
Des innovations techniques
Parmi les causes de l'essor du commerce médiéval, il faut compter certains progrès techniques accomplis dans le domaine des moyens de transport. Pour le transport terrestre, il y a les avancés du ferrage, du harnachement et de l'attelage à la file des chevaux. Ces innovations furent complétées par le cerclage de fer des roues des charrettes et des chars ainsi que par l'augmentation des routes pavés. D'autres améliorations se produisirent plus tardivement : au XIVe siècle apparurent les sangles suspendant les caisses des charrettes et les avant-trains tournant autour d'un essieu-
Le réseau romain
Depuis Rome, comme « centre nerveux », de nombreuses voies et chaussées rayonnaient suivant des tracés qui pouvaient atteindre n'importe quel point de l'Empire, y compris le plus éloigné, et au long desquels les voyageurs pouvaient bénéficier d'un remarquable système de relais pour les chevaux et d'auberges pour se reposer. Lors de la chute de l'Empire romain, le changement qui s'opéra, s'il ne fut pas brutal, suivit cependant un lent processus de détérioration et d'abandon qui se prolongera durant plus de deux siècles. Concrètement, depuis le règne de l'empereur Caracalla, jusqu'au troisième siècle de notre ère, Rome avait cessé de se préoccuper de l'entretien du réseau secondaire de routes ; seules, les grandes voies qui partaient de Rome bénéficiaient de ces tâches vitales, les relais fonctionnaient, et les auberges bien que se raréfiant demeuraient ouvertes. L'immense réseau de voies de communications élaboré par les Romains, cette œuvre parmi les plus colossales de l'ingénierie civile de tous les temps, devait malheureusement disparaître avec le collapsus de l'Empire.
Les voies d'invasions
Au VIIe siècle de notre ère, les grandes voies romaines, déjà fortement détériorées, restaient néanmoins le meilleur et le plus fréquenté des moyens de communication de l'époque. Ce furent les voies romaines qu'empruntèrent en priorité de nombreuses tribus barbares pour envahir l'Empire à partir du IVe siècle, avec leurs pesants chariots tirés par des bœufs, bétail et esclaves, sans compter les femmes, les enfants et de redoutables guerriers montés à cheval. D'après les chroniques de l'époque, en Europe et dans la première moitié du VIIIème siècle, ces voies ou ce qu'il en restait furent délaissées au profit des voies strictement vicinales. Les villes, les cités et des villages entiers connaissaient alors une désertification en masse. Cette période coïncide avec le début du féodalisme.
La « petite Renaissance »
Dans la seconde moitié du VIIIe siècle sur le Vieux Continent se produisit un renouveau de l'activité commerciale, intellectuelle et religieuse initié par l'empereur Charlemagne, personnalité dominante du Haut Moyen Âge (période qui s'étend du début du Ve siècle jusqu'à l'aube du XIIème siècle). L'Empire Carolingien, maintenu par les successeurs de Charlemagne devait durer presque un siècle et demi au cours duquel il connut une authentique renaissance qui s'affirma dans la première moitié du IXe siècle. Les routes de l'Europe au cours de ces longues périodes furent à nouveau fréquentées. Mais c'en était fini des antiques chaussées romaines ; le temps avait fait son œuvre d'une part, et, après le passage successif des barbares et des paysans, elles avaient été saccagées et pillés, car le matériau dont ces voies étaient faites, blocs de pierres d'excellente qualité s'était révélé d'une grande utilité pour la construction des habitations. De nombreux manoirs furent construits à partir de la pierre extraite des chaussées romaines. Toutes ces raisons firent qu'il restait bien peu de choses des larges voies qui traversaient jadis les montagnes et franchissaient les rivières sur des ponts ingénieux, la plupart détruits. Les chemins et les sentiers de l'Empire carolingien, s'ils s'inspirèrent de la voie romaine étaient beaucoup plus modestes.
Sources
* R.-H Bautier, La route française et son évolution au cours du Moyen Âge, 1987
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