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La crainte du chat noir est étroitement liée à une période complexe de l'histoire qui fut
nommée La chasse aux sorcières ...
Cet animal, domestiqué en Égypte vers 3000 av. J.C, fut longtemps divinisé et protégé.
Voir un chat traverser le chemin devant soi était alors de bon augure. Lorsque les Grecs
découvrirent cet animal, ils lui attribuèrent le nom de galê. Les Romains l’appelaient
felis (pensez à félin, félidé, etc.) ou cattus, issu du latin cattire, "guetter".
Certaines légions romaines arboraient même l’effigie de cet animal sur leur bannière,
symbolisant l’indépendance. Le poète grec Aristophane (Vème siècle av. JC) cite, lui,
le fructueux commerce du chat au marché d'Athènes.
Les chats se propagèrent dans toute l’Europe au cours des conquêtes romaines, mais il
fallut attendre le IVème siècle après J.C. et la disparition des cultes païens pour que cet
animal soit ramené à son rôle de chasseur de vermine.
Ce n’est qu’en 1175 que le mot chat passe dans la langue française. Il remplace alors
cattus et autres termes latins. Remarquons que cattus est à l'origine du mot chat dans
plusieurs langues : cat (en anglais), katze (en allemand), kat (en néerlandais) gato
(en espagnol et en portugais), gatto (en italien).
La crainte du chat, et surtout du chat noir, apparut dans l’Europe médiévale au XIIIème
siècle, et plus particulièrement en Angleterre.
Le christianisme imprégnait alors toutes les couches de la société européenne. Au début du
XIIIème siècle, l’Eglise était en pleine lutte contre les sectes hérétiques (Cathares, Vaudois,
Albigeois, Béguines, etc.) et voit apparaître de nombreuses sectes pratiquant sorcellerie,
magie noire et satanisme.
Or, dans les cérémonies de magie noire au moyen âge, le chat noir jouait un rôle particulier :
il était la victime qu’on offrait en sacrifice au diable. Les adeptes du satanisme considéraient
pour leur part que le diable s’incarnait en chat noir : l’animal était ainsi adoré par les disciples
au cours des rituels.
Sorciers et sorcières furent également associés au chat noir. Les sorcières s’entouraient
de chats et prétendaient partager avec leur animal les pouvoirs que leur accordait le diable
(une croyance voulait que la sorcière soit capable de se transformer en chat neuf fois).
Sorciers et sorcières se réunissaient lors des "sabbats", des cérémonies nocturnes présidées
par le démon, incarné en grand chat noir. Des orgies y avaient lieu ; des enfants y étaient
amenés et utilisés pour les rituels.
Au-delà des frontières françaises, en Ecosse, se pratiquait le rituel du "taghairm" : on offrait
au diable des chats noirs qu’on embrochait et faisait rôtir vivants. Attiré par les hurlements
des malheureux, Satan apparaissait sous la forme d’un chat et exauçait les vœux des
participants ...
Ces hérésies et cultes païens représentaient un danger pour le christianisme, la stabilité
politique du royaume et l’ordre social. Les sérieuses rumeurs d’enfants enlevés, utilisés
et sacrifiés au cours des rituels sataniques, les actes sacrilèges et blasphématoires commis
par les sectes contre les symboles chrétiens et la foi chrétienne, ansi que les liens tissés
entre le paganisme et le personnage du chat, inquiétèrent la Couronne et l’Eglise. Celles-ci
amorçèrent une campagne contre la sorcellerie, la magie noire et le satanisme.
A partir de 1229, avec l’assentiment de la Couronne, la lutte de l’Église contre les sectes
prend la forme de l’Inquisition, un tribunal organisé par le pape Grégoire IX. Des inquisiteurs
étaient chargés d'enquêter, de constater l’hérésie, puis de convertir l’éventuel coupable.
En cas d’échec, le coupable était remis aux autorité civiles qui décidaient du sort de celui-ci.
C’est ainsi que débuta dans toute l’Europe ce qu’on a appelé plus tard La chasse aux sorcières,
une appellation réductrice qui, en réalité, englobait toutes les sectes, y compris les sectes
hérétiques. En effet, de nombreux hérétiques, telles les Béguines, pratiquaient au grand jour
des moeurs sexuelles scandaleuses impliquant souvent des enfants. D’autres, comme les
Vaudois, s’adonnaient à la sorcellerie.
L’association chats/sorcières n’était cependant pas nouvelle. Elle existait avant le moyen-âge.
Ainsi une légende ancienne parlait d’une déesse de l'obscurité nommée Diane, qui aima Lucifer
et en eut une fille, Aradia. Lucifer avait un chat. Il envoya sa fille et son chat sur la terre pour
enseigner aux hommes la magie noire … De même, dans l’ère pré-chrétienne, le panthéon
nordique adorait la déesse Frigga (ou Freyja), devenue sorcière, qui se déplaçait dans un char
tiré par des chats.
Sorcellerie et chats noirs enflammèrent l’imagination d’une partie de la population qui se mit
à répandre les croyances les plus folles, qui échappèrent bientôt à tout contrôle et donnèrent
lieu à des abus de la part de la population. Ainsi en France, des milliers de chats, noirs et
autres, étaient brûlés chaque mois jusqu'à ce que Louis XIII mît un terme à cette cruelle
pratique.
En l’absence de son prédateur naturel, la vermine proliféra dans toutes les villes du royaume.
Rats et souris grouillaient dans Paris et les grandes villes de France, ce qui permit, pense-t-on,
la prolifération de vastes épidémies telle que la peste. Les fermiers qui avaient conservé des
chats dans les campagnes s'en sortaient généralement indemnes, les chats ayant tenu les rats
à l’écart.
Contrairement à la croyance populaire, la chasse aux sorcières atteint son apogée non
pas au moyen âge mais vers la fin du XVIème siècle. Elle a été la résultante de nombreux
procès organisés pendant plus de 300 ans, particulièrement en Europe du nord. Chose
curieuse, ce phénomène, qui n’eut eut lieu qu’en Europe, s’épuisa brusquement et
simultanément au début du XVIIème siècle dans toute l’Europe.
Si la crainte du chat noir a survécu jusqu’à nos jours, elle s’est fortement affaiblie. Ainsi au
Royaume-Uni, le chat noir porte bonheur depuis … la défaite de Napoléon à la bataille de
Waterloo, en 1815 ! Une légende britannique raconte en effet que Napoléon, qui était très
superstitieux, aurait croisé un chat noir juste avant la bataille. Ce serait pour cette raison
que le chat noir porte malheur aux Français et bonheur aux Anglais ...
Quand on voit le nombre de siècles pendant lesquels des chats noirs furent sacrifiés dans
de nombreux pays d'Europe, il est surprenant de constater que le gène de la couleur noire
ait survécu ... A moins que les chats ne possèdent effectivement neuf vies ?
Tour à tour considéré comme maléfique ou porte-bonheur, le chat noir a connu bien des mésaventures. Jadis victime des croyances populaires, il est aujourd’hui encore marqué par d’anciennes superstitions venues du Moyen Age. Nous vous proposons de découvrir les légendes et superstitions associées au chats noirs depuis des siècles.
Des légendes et des superstitions entourent la couleur noire depuis la nuit des temps.
Si les chats ont été divinisés par les Egyptiens, le chat noir était déjà mal vu en Egypte ancienne. La couleur noire était associée au deuil, aux envahisseurs éthiopiens qui avaient la peau foncée et à Seth, la divinité du mal. C’est pourquoi les chats noirs étaient déjà l'objet d'une grande aversion
Lorsque le Christianisme s’est imposé comme religion d’Etat dans l’empire romain, le chat est devenu une créature satanique, en particulier s’il était noir.
Chat noir, diable et sorcières
Au Moyen Age, le chat noir était considéré comme une incarnation du diable. Cet animal était alors présenté comme l'ami des sorcières et une croyance voulait que les sorcières soient capables de se transformer en chat.
Si l’on rencontrait un chat noir à minuit, on pensait que c'était Satan en personne qui venait acheter votre âme ! Croiser un chat noir lors de funérailles était encore plus néfaste : cela présageait la mort imminente d'une personne du cortège. Pour déjouer la malédiction, le cortège changeait d'itinéraire pour se rendre au cimetière.
A cause de ces superstitions, des milliers de chats ont été brûlés ou crucifiés.
Au XIIIe siècle, toute personne accueillant un chat noir sous son toit pouvait être accusée de sorcellerie et risquait le bûcher… à moins que le chat "noir" ait au jabot une petite touffe de poils blancs appelée "marque de l'ange" ou "doigt de Dieu".
Des superstitions tenaces
Voir un chat noir est aujourd’hui encore considéré comme un mauvais présage, au même titre que passer sous une échelle ou renverser du sel à table.
Bien que cet animal ait été réhabilité et ait fait son entrée dans les foyers à partir du XIXe siècle, il est toujours associé à Halloween et aux sorcières des livres de contes.
Aujourd’hui, certains l'adorent et d'autres en ont peur : une chose est sûre, il ne laisse personne indifférent !
Le chat noir a été associé au démon. Le chat associé aux prêtresses lunaires, sa présence gênait la chrétienté qui s’imposait en gaule. A partir du IVième siècle, les cultes païens sont interdits. Les prêtresses deviennent des sorcières. Ces sorcières sont accompagnées d’un chat souvent noir. Ce siècle ouvrit l’ère d’un massacre des chats noirs. Seuls étaient épargnés les chats avec une touffe de poils blancs appelée « marque de l’ange » ou « doigt de Dieu ». C’est pour cela que de nos jours, les chats de couleur uniforme noire sont rares.
Sous la torture les sorcières devaient avouer l’identité de leur « familier » souvent un chat. Cet acharnement était dû à l’Eglise qui souhaitait supprimer les rites païens de fertilité, entre autres, le sabbat. Le sabbat était une réunion nocturne de sorcières et sorciers, dans les croyances médiévales. Les médecins devinrent des alliés pour le clergé afin de reprendre leur clientèle. En effet, dans les campagnes les femmes « consultaient » plus facilement les sorcières pour les grossesses ou les avortements.
L’Antiquité vénéra ces sorcières et l’Occident chrétien ne les toléra plus pour le grand malheur du chat.
Au XVIIième siècle, les chats étaient associés à la sorcellerie. On pensait qu’une sorcière pouvait prendre neuf fois l ‘apparence d’un chat. Pendant des siècles, le chat a été considéré comme un animal diabolique, compagnon des sorcières. Au début du XVième siècle il avait presque disparu du fait des persécutions organisées par l’Eglise catholique.
L’Eglise catholique luttait contre les rites païens, la sorcellerie. Des milliers de femmes innocentes étaient accusées de sorcellerie, torturées jusqu’à ce qu’elles confessent, puis exécutées. Les chats étaient traités avec la même cruauté. Des vieilles femmes qui avaient un chat de compagnie étaient noyées ou brûlées vives avec leur « démon familier ». Au Moyen Age, on pensait que les chats noirs étaient des créatures du Diable et devaient être éliminés. Une ou plusieurs marques blanches suffisaient à sauver l’animal. Dans l’Europe du Moyen Age, l’Eglise catholique, toute puissante voyait d’un mauvais œil les chats, autrefois adulés dans de nombreuses religions païennes. Les félins furent donc l’objet de multiples sévices. Les chats noirs en particulier dont la robe évoquait le Diable furent éliminés.
Dés le Moyen Age, l’Eglise chrétienne se méfiait de ces animaux associés aux cultes païens et à la sorcellerie. Pour cette Eglise les chats étaient des émissaires du Diable, dotés d’une influence démoniaque. Ils furent souvent brûlés vifs.
Dans l’Europe médiévale, l’Eglise décréta que les chats associés aux sorcières étaient les suppôts de Satan. La dilatation de leurs pupilles quand ils chassent au crépuscule, le reflet de la lumière de leur rétine dans l’obscurité ajoutait à leur mystère et à la défiance qu’ils suscitaient.
Jusqu’au XVIIième siècle, les chats furent persécutés, puis ils devinrent rare en Europe. A la fin du XVIIIième siècle la chasse aux sorcières s’arrêta.
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