Différentes sortes de sports

La soule

 

 

 

La soule est un jeu joué par les villageois en particulier mais aussi les bourgeois (source). C'est le pendant pour la piétaille du tournoi des chevaliers.

 1066. Guillaume le Conquérant prend pied en Angleterre. Introduction probable de la soule normando-picarde outre-Manche.

1147. Première mention écrite de la soule ou choule en France. Le jeu oppose deux équipes qui se disputent un ballon qu’il faut déposer dans un but. C’était certes viril, très viril même, mais tous les coups n’étaient pas permis, comme on le croit trop souvent. La soule, qui passe aujourd’hui pour brouillonne et violente, était en fait très codifiée et pas si barbare que les fameuses « lettres de rémission » le laissent entendre. Les cas évoqués par ces sources sont tous, par définition, des affaires judiciaires, avec leurs cohortes de blessés et même de morts donnant, à tort, l’image d’une mêlée ultra violente. Comme le signalent ainsi nombre de plaignants, « ce n’est comme cela qu’on pratique la Soule ».

 Le jeu est évoqué dans le roman de Renart : Li vilein qui sont à la çoule...

1174. Publication en Angleterre de La Vie de saint Thomas Becket de William Fitzstephen qui mentionne la pratique courante des jeux de ballons outre-Manche (soule / football).

 Très populaire à la Renaissance (cf.: journal du sire de Gouberville). Les témoignages diminuent ensuite jusqu'au XIXe siècle.

 Beaucoup de témoignages (photos et gravures : voir sites ci dessous) au XIXe siècle (fête patronales, mariages, départ de la dernière mariée de l'année, carnaval. Malgré les interdictions au milieu du XIXe, le jeu perdurera assez fortement, en cachette, essentiellement en Picardie, Normandie, Bretagne jusqu'en 1913, puis dans une moindre mesure ensuite pour s'éteindre à de rares exceptions près, dans le courant de la seconde guerre mondiale.

 On assiste à une renaissance actuelle, essentiellement en Normandie et plus particulièrement dans le Cotentin (2008 : 80 parties environ, avec ou sans crosses).

  Aujourd'hui c'est aussi un jeu très répandu chez les Scouts lors de grands rassemblements. Il est parfois nommé "sioule".

 La règle du jeu

 * Se joue sur un terrain de superficie et de limites indéterminées. De chaque extrémité du terrain, deux buts/bases sont marquées par un objet fixe. La durée du jeu n’est également pas définie. Les joueurs peuvent se mettre d’accord au préalable pour restreindre le terrain et la durée du jeu. Ils peuvent se concerter aussi pour désigner un arbitre dont le seul but est de donner le coup d’envoi et d’arrêter le jeu en cas d’accident sur le terrain.

* Les deux équipes s’affrontent pour se saisir du ballon, plus généralement d’une pelote de chiffon ou vêtement de la grosseur d’un ballon de rugby. Le but est de marquer le but en touchant avec le ballon la base de la partie adverse. Le reste du jeu est libre et permet tous les coups bas, à moins qu’ils ne soient prohibés.

* Le point délicat de ce jeu éprouvant est de contenir sa violence afin de limiter la casse. Généralement ce jeu se termine faute de joueur encore valide sur le terrain.

* La présence de sauveteurs dans les spectateurs est conseillée.

 

 

La crosse

 

 

 

La crosse est une forme de soule (aussi nommé « soule à la crosse »), ancêtre du hockey, se pratiquant au moins depuis le XIIIe siècle en France avec un bâton, la crosse, et une balle. Deux crossetiers, fabricants de crosse, figurent sur le livre de taille de Paris à cette période.

 La balle pouvait être en bois ou en pierre. Les règles étaient très variables. Une forme du jeu était proche de l'actuel golf tandis que d'autres étaient plus proches du hockey. Cette dernière version de sport collectif reste pratiquée en Bretagne jusqu'au XIXe siècle et en Normandie jusqu'à la guerre 39-45.

 La crosse est à nouveau pratiquée en Normandie depuis 2001 — notamment dans le Nord Cotentin, le bocage virois, la vallée de la Risle et le Roumois — entre deux équipes de 4 à 6 joueurs. La balle peut entrer dans le but — appelé viquet — de tous les côtés. Le viquet renversé vaut également un but, même si c'est la défense qui est à l'origine de l'action. Ce sport est appelé Choule à la Crosse.

 

Le jeu de paume

 

 

 

La paume consiste à se renvoyer une balle, appelé un éteuf, au-dessus d'un filet à la manière du tennis et se pratique en individuel (1 contre 1) ou en double (2 contre 2), mais aussi à 3 contre 3 ou 4 contre 4 pour les variantes dites de longue paume. La façon de compter les points (15, 30, 40 et jeu) est toujours utilisée au tennis. L’origine de la forme de comptage n’est pas clairement établie. Le port d’un gant de cuir afin de protéger la main qui frappe la balle se généralise à la fin du XIIIe siècle. La paume se pratique à l’origine en plein air, mais dès le XIVe siècle les terrains de jeu sont couverts d’un toit donnant naissance aux salles de Jeu de Paume, aussi appelés « tripots ».

 Première mention d’une raquette pour jouer au jeu de paume en 1505 qui se jouait précédemment à main nue ou ganté de cuir. Le battoir, raquette pleine en bois, était apparu au siècle précédent. La raquette, à la différence du battoir, possède un cordage en chanvre ou en boyau. Le XVIe siècle qui s’ouvre sur cette innovation est l’âge d’or du jeu de paume en France. La pratique à main nue perdure, certains matches opposant même les tenants des deux écoles, des quatre même :

* main nue

* main gantée

* battoir

* raquette

En 1610, les paumiers se constituent en corporation. Les abus du raz-de-marée de la paume en France se devaient d’être corrigés. Certains paumiers peu scrupuleux n’hésitaient en effet pas à bourrer leurs éteufs de pierres provoquant des accidents, parfois mortels ; le frère de Montaigne décède ainsi. De nombreuses salles sont fermées tandis qu’une réglementation stricte (c’est le principe même d’une corporation) encadre désormais la production des éteufs et des raquettes.

La folie française du jeu de paume 

La folie pour le jeu de paume occasionne beaucoup d'embarras aux autorités qui peinent à canaliser ce mouvement qui touche tout le monde, du roi au simple enfant, sans oublier les femmes. Le 22 juin 1397, le prévôt de Paris interdit la pratique du jeu de paume tous les jours, sauf le dimanche « parce que plusieurs gens de métier et autres du petit peuple quittaient leur ouvrage et leur famille pendant les jours ouvrables, ce qui était fort préjudiciable pour le bon ordre public ». Encore une fois, les joueurs ne tiennent aucun compte de cet interdit et des parties ont lieu tous les jours, au grand désespoir des autorités.

 Les lettres patentes du roi de France François Ier en date du 9 novembre 1527 officialisent le professionnalisme sportif, en jeu de paume notamment. Ce texte révolutionnaire met en effet sur le même plan les gains d’un joueur de paume et les fruits du travail. Depuis bien longtemps déjà, paris et enjeux ont transformé de fait cette activité sportive en métier pour beaucoup.

 Les femmes pratiquaient également le jeu de paume. Citons ici Margot la Hennuyère qui cause la sensation à Paris alors sous occupation anglaise en s'imposant face aux meilleurs spécialistes parisiens du jeu. Elle s’incline toutefois face aux joueurs les plus physiques.

 Le 23 mars 1594, au lendemain de son entrée royale dans Paris, Henri IV dispute une partie de jeu de paume. Cette partie disputée à La Sphère fut très appréciée par le peuple parisien et fit beaucoup pour la popularité du nouveau roi dans la capitale.

L'ancêtre direct du tennis 

1415. Conséquence de la bataille d'Azincourt, le duc d’Orléans est emprisonné pendant deux décennies en Angleterre. À l’occasion de cette captivité à Wingfield dans le Norfolk, le duc introduit en Angleterre le jeu de paume qu’il pratique quasi quotidiennement. Quatre siècles plus tard, le descendant du chatelain de Wingfield, Walter Clopton Wingfield, invente le tennis en adaptant le jeu de paume sur herbe. Le tennis prend d'ailleurs au Royaume-Uni le nom Lawn Tennis (tennis sur gazon) tandis que le jeu de paume est désigné sous le nom Real Tennis.

Le sphairistike est le chaînon manquant entre le jeu de paume et le tennis dont le nom vient d'ailleurs d'une mauvaise prononciation et écriture du mot "tenez" en vieux français par les Anglais.

Le sumo

 

 

 

Les premiers indices concernant l’origine du sumo remontent à l’ère Yagoi. La découverte de plusieurs statuettes en terre cuite ont permis de mettre en évidence la tenue de joutes à mains nues lors de fêtes paysannes. Ces joutes ou plusieurs clans participait avaient leur rituel : les habits des lutteurs et entre autre un rite purificateur. Tout ceci à traversé les siècles, pour encore de nos jours retrouver ce rite que fait le sumo de goûter le sel et de le lancer pour faire fuir les mauvais esprits.

 Dans ces premières rencontres, il n’y avait aucunes règles de combats. La brutalité était de mise. Les combattants luttèrent jusqu'à la mort. Toutes les chroniques du moyen-âge rapportent et décrivent ces combats qui opposaient de grands lutteurs et pouvait mettre en jeu palais ou femme. Soutenus par les empereurs, les militaires et le peuple, les champions de sumo font partie de l’histoire du Japon au même titre que les conquérants.

Au cours de la période Heian (794-1185), le sumo va s’enrichir de règles. Entre autre les coups dangereux du sumo vont disparaître. A cette époque, il n’y avait pas d’arène circulaire délimitant la surface de combat des lutteurs. Certaines estampes montrent le coté amusant d’un lutteur fuyant et poursuivi par son adversaire. Du faite que la zone de combat n’existait pas, les combats durait plus longtemps que ceux de nos jours.

 Le sumo professionnel, tel que nous le connaissons actuellement est né vers 1575. Les combats de Joran Sumo que met en place le général Oda Nobunagga se passe au temple Joraku-Ji. C’est à ce moment-là et dans ce temple que sont nés les réglementations techniques du Sumo : limite de surface des combats dans le cercle (Doyho), nouvelle codification et amélioration des prises, tenue vestimentaire des lutteurs…

 

A partir de 1600 et durant 2 siècles, le sumo continua à se développer, souvent interdit, puis autorisé et encore interdit.

Le tir au papegeai

 

 

 

 

 

 

Au Moyen Âge, se pratiquait, chaque année, en généralement au printemps, un jeu du "tir à l'oiseau" également appelé, le "tir du Roy" ou le "tir à l'abat d’oiseau". Une cible, représentant un volatile, était accrochée en haut d'un mât, d'une longue perche, à la cime d'un arbre ou au sommet d'une tour, ou bien encore dans les douves des châteaux et les fossés des remparts. Le jeu du papegai ou du papegault consistait, pour ceux qui y étaient autorisés, à tirer à l'arc ou à l'arbalète, sur un oiseau le plus souvent en bois, placé à une certaine hauteur et distance des concurrents. Le jeu était organisé par les confréries d'archers, d'arbalétriers, puis d'arquebusiers. L'ordre de tir est établi par les compagnies d'archers et d'arbalétriers, d'abord l'empereur (s'il y en a eu un l'année passée), le roi du précédent jeu, le capitaine, les officiers, puis les chevaliers par ordre d'ancienneté, enfin les archers, arbalétriers puis arquebusiers par ordre d'ancienneté.

Le vainqueur du tournoi, recevait le titre de "Roy" et même parfois le titre d'"Empereur". Il avait le droit de représenter la confrérie au cours de l'année suivante et recevoir tous les honneurs. Il recevait le "joyau du Roy", souvent une timbale gravée à son nom. Il bénéficiait en plus d'exemptions notamment en matière d'imposition, notamment sur le vin : le droit de papegay.

Les origines de ce jeu médiéval se trouvent parmi les gardes de protection qu'ont les habitants des villes et des villages depuis le xiiie siècle. Des "milices bourgeoises" sont constituées afin de protéger les habitants des incursions des soldats de seigneurs rivaux ou de bandes armées.

Dès le xve siècle, on le trouve en usage dans la plupart des provinces de France, en Anjou, en Auvergne, dans la Bresse, en Bretagne, dans le Dauphiné, en Franche-Comté3, en Gascogne, en Lorraine, dans le Lyonnais4, en Normandie, en Picardie, en Provence et en Savoie. Des ordonnances ducales rendues en 1407 et 1471 ainsi que la lettre patente du roi Charles IX de France de décembre 1573 relatif aux droits du jeu de l’arquebuse et arbalète, avaient accordé à celui qui abattrait le papegault l’affranchissement des tailles, aides, dons, emprunts, etc. Le jeu du papegai était également pratiqué dans d'autres pays européens, notamment en Allemagne, en Angleterre, aux Pays-Bas, en Italie et en Suisse.

À la Renaissance, ces milices, organisées militairement en bataillons et en compagnies sont dirigés par des officiers. Le pouvoir royal y trouve d'habiles tireurs entraînés pour ses armées et la défense du territoire notamment à proximité des frontières.

Le jeu du papegai ou papegault disparut au cours du xviiie siècle. Plusieurs raisons à cela, notamment la fin des troubles entre seigneurs, des razzias de bandes armées ; ainsi que la constitutions de compagnies de maréchaussée constituées de gens d'armes dénommés sous l'Ancien Régime, gendarmes. Enfin la fin des privilèges accordés au vainqueur de ce jeu d'adresse. Lors de la Révolution française, se jeu ne se pratiquait plus.

Au cours du xxe siècle, des associations de tireurs ont remis au goût du jour la pratique de ce jeu, notamment en Auvergne, en Bretagne, en Picardie, dans le tir à la sarbacane de la Loire, en Belgique dans la province de Liège, etc.

 

 

 

 

 

Les plus anciennes représentations de joutes nautiques parvenues jusqu'à nous se trouvent sur des bas-reliefs datant de l'ancien empire égyptien (IIIe à VIe dynasties, -2780 à -2380). Il semblerait pourtant s'agir davantage de rixe plutôt que de loisirs, vu que l'affrontement se déroulait sans aucune protection avec des gaffes munies de ferrures à deux pointes à leurs extrémités.

Après le témoignage égyptien on retrouve des traces de joutes nautiques en Grèce antique. Cette civilisation aurait ensuite introduit cette pratique en Sicile où les Latins, grands amateurs de spectacles en tous genres, l'adoptèrent d'emblée. En effet, on retrouve un nombre incalculable de traces de joutes sous l'Empire romain, notamment lors des naumachies. Il s'agissait de spectacles nautiques se déroulant dans des arènes conçues pour être mises en eau. Selon toute vraisemblance, les Romains ont diffusé les joutes dans tout leur empire. Notons ainsi une description de fête à Strasbourg en 303 en l'honneur de l'empereur Dioclétien. Certains historiens plaident toutefois en faveur d'une introduction des joutes dès la fondation de Massalia...

Après l'époque romaine, il faut attendre le xiie siècle pour revoir des joutes nautiques. Il est possible qu'elles aient survécu durant cette période au sein de communautés proches de l'eau, mais il n'en fut fait mention nulle part. Le plus ancien document de l'époque post-latine fait état d'un tournoi de joute à Lyon le 2 juin 1177, pour la commémoration du millénaire des martyrs chrétiens de Lyon et de Vienne.

Un document nous rapporte aussi qu'« en 1270 à Aigues-Mortes les croisés, soldats et marins, attendant l'embarquement pour la Terre Sainte avec le roi Louis IX (Saint Louis), s'affrontaient en combats singuliers montés sur des embarcations légères ».

Les documents écrits ou illustrés se multiplient à partir du xve siècle, faisant état de joutes en Sologne, à Toulon, et plus généralement sur tout le littoral méditerranéen. Sur la côte du Languedoc, les joutes se pratiquent régulièrement depuis le xviie siècle. L'inauguration du port de Sète donne ainsi lieu à un tournoi de joutes (1666).

Concernant la région Rhône-Alpes, on signale le 13 avril 1507 que « les pêcheurs de St Vincent (Lyon) tirèrent l'oye et joustèrent, sur la Saône à St-Jean pour distraire la reine Anne de Bretagne et ses gens ». En 1536, un spectacle de joutes est donné par les mariniers à Saint-Just-Saint-Rambert (Loire), en l'honneur de François Ier. On joute aussi sur la Saône en 1548 pour Henri II et Catherine de Médicis.

 

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