Qui sont les sorcières?

 

 

 

Sorcières : « Vieilles femmes aigries aux mentons et genoux presque soudés par l’âge, le dos arqué, clopinant sur un bâton, l’œil creux, édenté, le visage raviné, les membres agités de tremblements, marmonnant dans la rue».

 

 La vérité est que les femmes qui avaient le malheur de ressembler à cette description risquaient d’être automatiquement étiquetées comme sorcières, alors que souvent, ce n’était que de pauvres vieilles veuves qui n’avaient pas les moyens de vivre autrement. Les "véritables" sorcières ressemblaient la plupart du temps à leurs citoyennes et passaient très souvent incognito dans leur entourage.

 

 Sexe : On parle de chasse aux sorcières et non de chasse aux sorciers. Il y eut effectivement beaucoup plus de poursuite envers les femmes que les hommes.

 

 Age : On rencontra beaucoup d’adultes parmi les accusés mais les personnes de plus de 60 ans furent en très grand nombre. Le maléfice était un art. Elles avaient donc dû apprendre leur savoir, y devenir expérimentées. Les femmes âgées étaient donc plus suspectes que les jeunes.

 

 Situation matrimoniale : On trouve souvent des veuves dans les listes des condamnés. Par contre les femmes qui étaient

 

mariées et qui avaient des difficultés connues avec leur mari, ou leur belle famille étaient également suspectes.Pourquoi les veuves étaient-elles suspectes ? Parce qu’elles n’avaient pas de mari et ne menaient pas une vie raisonnable au foyer. Le mari n’était pas là pour les retenir des tentations de s’offrir au Diable. Cela explique également la suspicion envers les femmes célibataires. Les jeunes femmes non mariées, surtout si elles étaient belles, paraissaient capables de faire du mal autour d’elles, en bouleversant l’équilibre moral des hommes, même mariés.

 

 Portrait physique : Les sorciers et sorcières étaient-ils d’une laideur spéciale ? On pensait surtout que tout ce qui avait un rapport avec le Diable devait avoir quelque chose d’anormal visible. La laideur ne saurait pas être démontrée mais les sorcières étaient très souvent porteuses de petites imperfection : pied bot, œil louche ou tirant sur le rouge, tache sur le visage, doigt surnuméraire etc.Tout indique que les sorcières étaient physiquement faites de la même façon que les autres femmes de leur âge, mais toutes celles qui avaient certaines particularités les virent servir contre elles, et parfois jouer un rôle dans leur condamnation.

 

 Richesse ou pauvreté : Tous les observateurs du début de la chasse ont souligné le fait que la plupart des sorcières étaient pauvres. En effet, celles qui passaient devant les tribunaux étaient issues des classes inférieures de la société mais cela ne veut pas dire qu’elles étaient pauvres. La plupart des condamnés furent des gens modestes, mais qui ne mouraient pas de faim. Mais même si les pauvres ont toujours été majoritaires, ils n’étaient pas les seuls. Toutes sortes de personnes ont été accusées de sorcellerie. Nul n’était à l’abri des accusations.

 

 Profession : Les sages-femmes ont été poursuivies d’une façon intense. La mortalité périnatale était assez présente à cette époque. Il était donc facile de trouver les coupables de la mort des nouveau-nés ou de jeunes enfants, chez celles qui les mettaient au monde ou qui s’occupaient d’eux les premiers mois.

 

 Campagne ou ville : On a tué plus de sorcières venant de la campagne que de la ville. Mais en 1600, la majorité des européens vivaient dans les campagnes. Les épidémies de bétail et les malheurs météorologiques ont toujours été plus ressentis dans les villages, et c’est sur place qu’il fallait trouver les coupables.

 

 Relations au milieu : Les sorcières furent très souvent condamnées sur base de leurs relations avec leur communauté. Beaucoup semblent avoir été des gêneuses, des personnes qui avaient eu des mots, des conflits avec leur famille ou leur voisinage. Et on se demandait si elles ne se vengeaient pas en jetant des sorts. Elles ne furent que très exceptionnellement dénoncés au hasard. La jalousie, la rivalité, la haine, l’envie, la méchanceté des personnes ont certainement été la cause de beaucoup de condamnation.

 

Sources

* Édouard Brasey Le petit livre des sorcières, Le pré aux clercs
* Jules Michelet, La Sorcière


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