Les sorcières

Les origines

 

 

 

 

 

En Europe, à partir du XIIe siècle, l’Église catholique a lancé une chasse aux pratiques magiques (sorcellerie). Cette campagne et les persécutions qui s'ensuivirent, essentiellement tournées vers les femmes, se poursuivront avec des hauts et des bas jusqu’à la fin du XVIIIe siècle (avec un pic entre 1580 et 1630), faisant au total à travers les siècles un nombre considérable de victimes (On estime le nombre de procès à 100 000 et le nombre d'exécutions à 50 000. La dernière sorcière à être condamnée fut Anna Göldin, en 1782 dans le canton protestant de Glaris, Suisse).

 Si, à cette époque, ce sont bien de prétendues pratiques magiques qui étaient visées, l'expression « chasse aux sorcières », dans son acception contemporaine, a adopté un sens plus large. Elle est utilisée aujourd’hui pour désigner le dénigrement et la persécution systématique de personnes au sein d’une société sous des prétextes fragiles, faux ou exagérés : par exemple, la « chasse aux sorcières » des sympathisants communistes pendant le maccarthisme aux États-Unis. L’expression est également très utilisée par des groupes s’estimant victime de diabolisation : elle fait souvent partie des discours s’inscrivant dans le processus de victimisation.

 Contestations du pouvoir religieux

 L’Église catholique influe beaucoup sur les modes de vie à l'époque. L’Inquisition est organisée au début du XIIIe siècle par Grégoire IX pour lutter contre les hérétiques, suite au concile de Latran IV. Ses premières cibles sont les Cathares et les Vaudois. Parfois, la contestation relève d’un désir de liberté. En réaction aux fièvres millénaristes fleurissent des sectes dans la mouvance du Libre-Esprit, comme les bégards et les lollards qui réclament une plus grande liberté des corps et des consciences. On trouve dans ces sectes un grand nombre de femmes. Elles expriment leur désaccord avec l’Église, en réclamant une libéralisation du statut de la femme. Les béguines, surtout présentes en Europe du Nord, cristallisent ce courant de subversion des mœurs. Elles vivent au sein de communautés autonomes, mais ne sont pas ordonnées. Elles sont autonomes en vivant d’aumônes, mais aussi de leurs salaires pour leurs soins médicaux ou leurs travaux textiles. Surtout, elles prônent une plus grande liberté sexuelle et récusent l’autorité des hommes = référence souhaitée.. Marguerite Porete, une béguine, pousse la provocation jusqu’à publier à la fin du XIIIe siècle un traité de théologie, le Miroir des âmes simples anéanties. Poursuivie par l’Inquisition, elle est condamnée pour hérésie et est brûlée en 1310.

 Réaction de l’Église

 Vers 1326, le pape Jean XXII rédige la bulle Super Illius Specula, qui définit la sorcellerie comme une hérésie.Bien que l'imaginaire collectif place la persécution de prétendues sorcières au Moyen Age, les persécutions ne commencèrent qu'au XVe siècle et connurent leur apogée aux XVI et XVIIe siècles, c'est-à-dire pendant la Renaissance et le Grand siècle. En 1484, le pape Innocent VIII lance le signal de la chasse aux sorcières en rédigeant une bulle papale qui organise la lutte contre la sorcellerie et élargit la mission de l’Inquisition aux « praticiens infernaux ». La persécution est véritablement lancée à grande échelle après la publication en 1486 du Malleus Maleficarum, par Heinrich Kramer et Jacques Sprenger, deux dominicains. Il s’agit d’une enquête commanditée par l’Inquisition qui décrit les sorcières, leurs pratiques, et les méthodes à suivre pour les reconnaître. Le Malleus Maleficarum, ou Marteau des sorcières en français, est un véritable succès : il connut près de trente éditions latines entre 1486 et 1669. Bien que rapidement rejeté par l’Inquisition, le manuel rédigé par les deux Dominicains servit de référence à la justice séculière qui condamnait les sorciers.

La peur des sorcières

 

 

 

Des femmes qui déclenchaient la peur:Les sorcières de la fin du Moyen-Âge.

 Maléfices, envoûtements, sacrifices et autres ignominies terrorisèrent les consciences à la fin du Moyen Âge. Perçons l'identité de ces jeteuses de sorts et leurs étranges pratiques à l'aube de la grande chasse aux sorcières.Créatures de la nuit, les sorcières et leurs homologues masculins sont généralement conçus les soirs d'orage ou de tempête, et le plus souvent au mois de février, un vendredi 13, une nuit de pleine lune ou lors d'une éclipse de soleil, d'une union infâme avec le démon ou d'un inceste. C'est ainsi que le commun peuple définissait souvent, bossus, boiteux, lépreux, filles-mères ou délaissées, vieilles femmes, rejetés volontiers de la communauté en raison de leur misère ou de leur laideur physique. Les femmes surtout, souffrirent de ces accusations, aussi bien les laiderons - dont l'aspect repoussant évoque leur noirceur d'âme -, que les ravissantes beautés, symboles de la Tentation et donc extrêmement dangereuses pour l'homme. En réalité, dans la conscience de l'homme médiéval, la femme, maudite depuis la faute originelle, se fait non seulement la complice du péché et de la luxure, mais également de la maladie. Tertullien (IIe-IIIe s.) n'a-t-il pas décrété : « Femme, tu es la porte du diable. C'est toi qui as touché à l'arbre de Satan et qui, la première, as violé la loi divine » ? De même, un calendrier médiéval anonyme assure que « luxure est la fosse du diable (...). Pour ce est bonne chose non escouter la femme, meilleure chose est non la regarder, et tresbonne chose est ne la point toucher »

 

La médecine médiévale elle-même perçoit généralement la femme comme une « machine » capable de produire mensuellement une certaine dose de poison, le sang menstruel, qui peut agir de manière néfaste sur la nature qui l'entoure. Chez la femme ménopausée, le poison qu'elle contient doit trouver une issue: par le biais du regard, elle empoisonnera les animaux et les petits enfants. Ces bases misogynes étant jetées, on comprend pourquoi des femmes un tant soit peu différentes ont été rapidement traitées de sorcières et persécutées avec autant de cruauté : une manière radicale, pour l'homme angoissé par ses pouvoirs, de réaliser le fantasme de la soumettre et de la réduire à néant.

Les secrets de la guérison et de l'amour

 

 

 

 

 

Au Moyen Âge, la magie populaire, basée sur la tradition orale, était principalement pratiquée par les femmes du peuple, le plus souvent analphabètes. Leurs recettes se transmettaient de bouche à oreille, de mère en fille, et permettaient de soigner les maladies mais aussi de désenvoûter ou d'éloigner le mauvais œil. Ainsi, pour être garanti de la fièvre pendant un an, on préconisait de manger « à la cuiller un œuf pondu le jour du Vendredi Saint, à jeun, et surtout sans pain ni sel ». On utilisait aussi l'armoise pour contrer l'effet des sortilèges, mais il faut pour cela qu'elle ait trem­pé pendant trois jours dans 'urine d'une fille vierge de seize ans. Au-delà de ces conseils de bonne femme, la sorcière médiévale était aussi et surtout consultée pour concocter philtres et charmes destinés à gagner l'amour d'une personne récalcitrante ou encore à accroître ses performances sexuelles. Ainsi, les amantes délais­sées peuvent s'asseoir les fesses nues dans la farine en s'y frottant consciencieusement le sexe : elles en feront ensuite un pain qu'el­les donneront à manger à leur amant en vue d'aiguiser son appétit vénérien. Les sorcières qui pratiquaient cette magie bénéfique, tant savante que populaire, étaient néanmoins accusées de jeter des sorts. En effet, si elles connaissaient les secrets de la guérison, de la protection et de l'amour, elles devaient également connaître les secrets pour nuire. Au début du XVe siècle, le dominicain Jean Nider recensa sept manières d'exercer le maléfice : en créant des sentiments d'adultère chez l'homme ou chez la femme, en inspirant des sentiments de haine envers autrui, en rendant les gens malades et en entraînant leur mort, en ôtant l'usage de la raison et en cherchant les occasions de nuire d'une façon ou d'une autre à l'individu ou à ses biens.

Recettes magiques

 

 

 

 

 

Lorsque les démons se font les collaborateurs des sorcières, constate Origène, « c'est par le fait de leur puissance que sévit la famine, que régnent les chaleurs mortelles, que les arbres et la vigne sont frappés de stérilité et que survient cette corruption pestilentielle de l'air qui détruit les fruits de la terre et frappe de mort les hommes et les animaux ». Pour préparer sortilèges et envoûtements, la sorcière devait s'entourer d'accessoires, de plantes et d'animaux bien spécifiques. Le chaudron sert à la prépara­tion des potions. Il trouve son origine dans les mythologies celtes et nordiques, où il revêt déjà un caractère magique, mais procure l'abondance, l'immortalité ou encore la sagesse. Elle y mélange toutes sortes d'ingrédients peu ragoûtants (rognures d'ongles, sang, dents, poils pubiens, etc.), mais aussi herbes et plantes, dont les pouvoirs sont soit curatifs, soit toxiques. Ainsi les baies rouges de l'if apportent la mort, comme les fleurs bleues de l'aconit. La ciguë est un poison mortel, mais à faible dose, elle est utilisée pour rendre un homme impuissant. Quant à la mandragore, cette sorte de tubercule anthropomorphe censée abriter un génie, elle permet à celle qui en absorbe de voler dans les airs. Les animaux familiers de la sorcière, qu'elle utilise d'ailleurs également dans ses décoctions, sont le chat noir, le corbeau, le crapaud, le hibou (aussi symbole de la voyance), mais également la vipère, l'araignée, le rat et la chauve-souris, toutes ces bêtes suscitant d'ailleurs la peur et la répulsion chez ceux qui les croisent. Mais la sorcière a également le pouvoir, légué par le diable qu'elle sert aveuglément, de se métamorphoser en animal, le plus horrible possible, mais surtout en lièvre, dont l'agilité lui permet d'échapper à ses pour­suivants et dont les longues oreilles lui sont une aide précieuse pour épier et écouter les rumeurs.

 Envoûtements et sortilèges

 La principale arme des sorcières est la poupée d'envoûtement, ou « dagyde », petite figurine de cire (parfois aussi d'argile) censée représenter la personne à envoûter. La sorcière «charge» la poupée de 'énergie vitale de la victime en y associant un bout de son vêtement, des cheveux, des ongles, du sang, de la salive ou du sperme, puis elle l'attaque en la perçant d'aiguilles ou de clous tout en proférant contre elle des imprécations maléfiques. Par ce moyen redoutablement efficace - encore en usage de nos jours ! - la sorcière parvient à attirer le maléfice sur la personne représentée par la figurine. Le mauvais œil, quant à lui, acquis de naissance, n'impliquait pas l'intervention de la puissance diabolique et n'entraînait donc pas de conséquences graves. Il pouvait néanmoins gâter un fruit, faire tourner le lait, et susciter les fièvres chez les personnes chétives. Au regard méchant de la sorcière faisaient pendant les maléfices « par attouchement». Ils s'opéraient directement ou grâce à l'intermédiaire d'une baguette magique: on pouvait, par exemple, se venger d'une personne en la frappant de la main ou d'un bâton, tout en invoquant le nom du démon approprié. La victime était alors frappée de paralysie.

Magie ou sorcellerie?

 

 

 

 

 

 En Europe du Nord et dans les régions catholiques à proximité des régions réformées, la sorcellerie était bien considérée comme un acte démoniaque, dans les pays méditerranéens, les jeteurs de sorts n'étaient pas assimilés aux hérétiques. Magiciens, astrologues, alchimistes ou devins ne furent pas inquiétés par les chasses aux sorcières.

 Les inquisiteurs n'étaient tout bonnement pas convaincus qu'il s'agissait bien des vrais sorciers tels que décrits dans leurs manuels. Ces pratiques, souvent issues de coutumes culturelles locales n'avaient aucun rapport avec la sorcellerie démoniaque. Elles furent assimilées aux pratiques criminelles courantes et il n'y eut pas de bûchers.

 La magie cérémonielle avait pour but d'obtenir des avantages immédiats (amour, richesse, santé...) aussi bien que de lire l'avenir.

 A cette époque cohabitaient la magie savante, basée sur des textes, pratiquée par les érudits dans le but de s'attirer les bonnes grâces des esprits, de découvrir des trésors ou de se protéger des agressions, et la magie populaire, basée sur la tradition orale. Elle était principalement pratiquées par les femmes du peuple, le plus souvent analphabètes. Leurs recettes se transmettaient de bouche à oreille, de mère en fille, et permettaient de soigner les maladies des femmes et des enfants, souvent éloignés des médecins ; mais aussi de désenvoûter ou d'éloigner le mauvais oeil.

 Les sorcières qui pratiquaient cette magie, tant savante que populaire, étaient accusées de jeter des sorts. en effet, si elles connaissaient les secrets de la guérison, elles devaient également connaître les secrets pour nuire... ainsi, elles étaient craintes et respectées.

 Il n'y eut qu'en France où toutes les croyances magiques furent assimilées à la sorcellerie démoniaque. Ces pratiques, autant populaires que savantes, furent condamnées.

 

 

 

 

Ce que la société reproche aux sorcières.

 

 

 

 

Médecine traditionnelle

 Les femmes accusées de sorcellerie sont souvent sages-femmes ou guérisseuses, dépositaires d’une pharmacopée et de savoirs ancestraux. La population, essentiellement rurale, n’avait guère d’autre recours pour se soigner. Ces méthodes définies comme magiques se heurtent au rationalisme de la Renaissance. Des incantations en langue connue ou inconnue sont souvent associées aux soins et l'Église contraint les fidèles à remplacer ces gestes et incantations par des prières aux saints guérisseurs et par des signes de croix. Les sages-femmes sont accusées de pratiquer des avortements.

 L’émancipation

L’accusation de sorcellerie est également utilisée pour condamner une certaine émancipation féminine vis-à-vis des contraintes de la société d'ancien régime. Ainsi, lors de son procès pour hérésie, on reproche à Jeanne d'Arc de porter des habits d’homme - ce qui était alors un délit passible de la peine capitale, d’avoir quitté ses parents sans qu’ils lui aient donné congé, et de monter à cheval. Aussi, certaines de ces femmes travaillent, et la relative indépendance économique dont elles jouissent les font sortir des normes et du rôle imposés à la féminité. Les femmes sans appui masculin, les veuves en particulier, étaient plus facilement condamnées, d'autant que si elles étaient riches, leur bien était partagé entre l'accusateur et le juge. Également, le bourreau pouvait être payé à la pièce. Ces procédés sont dénoncés en particulier par le jésuite Von Spee. Le cas des béates est particulièrement révélateur. Des femmes indépendantes qui réunissent autour d'elles de nombreux fidèles et qui disent avoir des visions parfois même des entretiens avec le Christ ou la Vierge Marie, mettant en péril l'unité de la doctrine catholique (bien qu'à échelle réduite). Certaines d'entre elles sont condamnées pour sorcellerie tandis que d'autres, rattachées à un confesseur qui les corrige, sont canonisées.

 La sexualité

 On reproche également aux sorcières leur sexualité. On leur prête une sexualité débridée. D’après le Marteau des sorcières Malleus Maleficarum, elles ont le « vagin insatiable ». Les sabbats qu’on leur reproche sont l’occasion d’imaginer de véritables orgies sexuelles. Mais l’Église stigmatise surtout une sexualité subversive. Selon l’Église, les sorcières apprécient particulièrement les positions « contre nature » : en particulier, elles chevauchent volontiers leurs compagnons, ce qui symboliquement renverse le rapport naturel de domination. On retrouve ici dans la sorcière la figure de Lilith, que la tradition juive présente comme la première femme d’Adam. Formée par Dieu à l’égal de l’homme, Lilith aurait abandonné Adam car il refusait de se livrer au jeu de l’amour en dehors des positions traditionnelles (position du missionnaire).

 Il faut aussi rapprocher ces sabbats de fêtes anciennes, comme Beltaine au printemps, qui étaient des fêtes de la fécondité. Il a pu y avoir, au Moyen Âge et à la Renaissance, des résurgences de ces fêtes. Il est probable, à lire certains comptes rendus de prétendues relations sexuelles avec le diable dans certaines maisons ou dans la nature, que des hommes déguisés abusaient de la naïveté de certaines femmes en se faisant passer pour le diable, avec ou sans complicités. L'autre aspect de cette focalisation sur la sexualité est l'accusation de rendre les hommes impuissants (« nouer l'aiguillette ») ainsi que la terre et les animaux infertiles. Institoris raconte dans Le Marteau des sorcières que les sorcières volent les sexes masculins et les cachent dans des nids. La guerre de la fertilité est attestée par les travaux de l'historien Ginzburg sur les benandantis du Frioul qui vont en rêve combattre les sorciers et démons qui volent les récoltes. Ces croyances sont immémoriales.

 Le satanisme

 Enfin, les sorcières sont censées être en relation avec le diable-

Les plantes magiques

 

 

 

 

On le sait, au Moyen Age les sorcières étaient des femmes qui connaissaient les secrets de la nature et des plantes, et c’était souvent le seul recours des paysans ou des habitants des petites villes (pas toujours proche d’un monastère) pour se soigner. On dit aussi qu’elles ne faisaient pas que cela. Certains philtres avaient fâcheuse réputation… Ainsi depuis les Egyptiens et les Chaldéens, mais surtout au Moyen-Âge, l’on donnait aux potions à base de racines de mandragore de multiples vertus bénéfiques… ou maléfiques !

 La mandragore,

 Anthropomorphon chez les Grecs (par la ressemblance de la racine avec un corps humain… avec beaucoup d’imagination !) et œuvre du Diable au Moyen Age qui cherchait à imiter Dieu en créant une ébauche d’homme…Les druides s’en servaient déjà pour se mettre en léthargie, et le Grand Albert, un livre divulguant des secrets divers et attribué sans doute à tord à Albert le Grand (1193-1280) la recommandait pour l’anesthésie. La légende lui attribue aussi des vertus… aphrodisiaques. Mais attention, c’est un hallucinogène très dangereux, voire mortel. Et si la médecine en a fait usage jusqu’au XIXe siècle l’analyse moderne a révélé des principes actifs très nocifs, et on ne la sert plus du tout de nos jours dans les médicaments, sauf peut être encore en homéopathie, mais les doses sont infinitésimales... Et n’oubliez pas, qui possède une racine de mandragore et la porte sur lui comme talisman est assuré du succès dans toutes ses entreprises… et en amour… On le croyait à l’époque médiévale !

 Une autre plante, la laitue (connue depuis l’Antiquité et surtout des Romains) qui pousse à l’état sauvage en France, est un hypnotique léger bon pour l’insomnie…Mais attention, Pythagore l’avait surnommé la plante des eunuques, car c’est un tue l’amour… A éviter le soir… Dormir ou…. Il faut choisir !

 Le souci

 Ses fleurs s’ouvrent et se ferment en fonction du soleil. C’est sûrement pour cela que les gens du moyen-âge la considéraient comme une plante douée de pouvoirs magiques. Cueillie lorsque le Soleil entrait dans le signe de la Vierge, la fleur (mise dans un petit sac en toile avec une dent de loup et des feuilles de laurier) préservait et guérissait de tous les maux son porteur…! Ces croyances firent hélas vite oublier cette plante et ses riches possibilités thérapeutiques. Très efficace en usage interne (ulcères gastriques et intestinaux, goutte, douleurs rhumatismales, menstruations difficiles…) et en usage externe (Onguent efficace pour les plaies, l’acné, les brûlures, l’eczéma… l’entretien de la peau en général…) Heureusement la cosmétologie et notre moderne médecine ont redécouvert depuis ses innombrables vertus médicinales. Voici une recette très utile pour les Gentes Dames…

 Faire infuser (voir notre recette pour l’infusion) pendant environ dix minutes une grosse pincée de fleurs fraîches (on en trouve de juillet à octobre) dans un litre d’eau bouillante, en boire une tasse avant chaque repas pendant la semaine précédant les règles. Cette cure a un effet régulateur et calmant extraordinaire…

 Et n’oublions pas de rajouter (comme en Allemagne et en Angleterre) dans nos potages et crudités quelques pétales de fleurs fraîches de Souci… c’est excellent pour la santé.

 La recette d'un ancien guérisseur

 Voici la recette d’un très ancien guérisseur, un secret bien gardé depuis des siècles, et qui nettoiera votre organisme tout en le revitalisant…Un traitement curatif et préventif pour de nombreuses maladies… La cure à pour base deux plantes connues depuis l’Antiquité, et que l’on peut se procurer facilement chez l’herboriste du coin (ou le pharmacien, mais de culture bio !). L’aubier de tilleul, arbre jadis consacré à Vénus, qui au dire de Sainte Hildegarde (grande herboriste du moyen-âge) conjurait les pestilences, et la prêle sans doute la doyenne des plantes médicinales, véritable panacée dans l’Antiquité et le Moyen-Age, votre moderne médecine en redécouvre ses multiples et extraordinaires vertus…La cure est à faire pendant 21 jours, renouvelable à chaque changement de saison. Le premier jour prendre un bol (trois fois par jour et après chaque repas) d’une décoction d’aubier de tilleul, et idem le second jour mais avec une infusion de prêle. Maintenez cette alternance pendant les trois semaines (lire dans mes secrets précédents l’art de faire une décoction et une infusion) N’oubliez pas que les plantes ont des principes actifs puissants, le surdosage est fortement déconseillé, en cas de symptômes graves ou persistants, vous devez toujours consulter votre sorcier ou apothicaire… suis-je bête… votre médecin !

 L'art de la décoction

  On utilise ce procédé pour la partie des plantes très dure (écorce, racine, tige...) Le dosage et le nombre de prises dépendront bien sur de la prescription de votre apothicaire ou de votre sorcière... préférée ! Il faut la veille, mettre trois pincées de la plante dans un demi-litre d'eau bouillante, maintenir à ébullition pendant 10 minutes, puis laisser refroidir et macérer toute la nuit. Le matin, on filtre, la tisane est prête !

 La Menthe, une simple du Moyen-Age

 Il existe de nombreuses variétés de Menthe, celle qui nous intéresse aujourd'hui est la menthe sauvage ou menthe poivrée. Riche en essence aromatique, elle intéresse plus particulièrement (depuis l'antiquité ! ) les herboristes...et les sorciers. Au Moyen-Age, on l'utilise pour ses vertus médicinales (aphrodisiaque, menstruations faibles ou douloureuses...) mais aussi pour chasser les puces des paillasses (encore utile de nos jours pour nos petits amis à quatre pattes !) ou éloigner les rongeurs des sacs de graines... En magie, il suffisait, trois jours de suite avant le lever du soleil, d'aller s'incliner devant un pied de cette plante... pour chasser les fièvres persistantes ! Il ne fallait cependant pas oublier l'offrande du pain, du sel et du vin... Le pied de la simple se desséchait alors, et vous étiez gueri, (ce qui rappelle le rituel de la guérison par l'arbre, encore en usage chez certains guérisseurs contemporains) . On préfère de nos jours en faire de délicieuses boissons, ce qui est un excellent usage pour la santé.

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