Guerre de cent ans

Traité de Mantes:22 février 1354

 

 

 

 

Le Traité de Mantes fut signé le 22 février 1354 à Mantes par Jean II de France et Charles II de Navarre.

 Par ce traité, Charles II le Mauvais, roi de Navarre accepta de perdre Asnières-sur-Oise, Pontoise et Beaumont. En contrepartie il reçut le comté de Beaumont-le-Roger, les châteaux de Breteuil, Conches et de Pont-Audemer, le clos du Cotentin avec la ville de Cherbourg, les vicomtés de Carentan, Coutances et Valognes en Normandie. Ce traité lui donnait également la permission de tenir chaque année un échiquier, prérogative ducale et surtout les affaires ne pourront plus être jugée en appel à Paris! De plus ce traité lui donna l'assurance de percevoir rapidement la dot de son épouse Jeanne de France (1343-1373), dot qui s'élevait à 60 000 deniers or.

 Lorsque l'on étudie ce traité, on se rend compte que le roi de Navarre fut largement gagnant, malgré la perte des châtellenies du Vexin et de l'Île-de-France, ce traité fut pour Charles II de Navarre très avantageux.

Le traité de Londres:janvier 1358

 

 

 

 

La première phase de la guerre de Cent Ans a été marquée par des désastres militaires pour le Royaume de France. Édouard III d'Angleterre impose plusieurs traités à Jean le Bon qu'il retient prisonnier à Londres. Ceux-ci ne seront pas ratifiés par les Etats généraux.

 Contexte : la France profondément déstabilisée

Leroyaume de France, qui bénéficie d'un climat clément et de vastes bassins fluviaux favorisant l'agriculture, a une société fondée sur un régime féodal et religieux très centralisé. En effet, les récoltes étant liées aux conditions météorologiques, on considère qu'elles sont le reflet d'une volonté divine et donc liées au comportement de chacun et plus particulièrement des élites. La noblesse doit avoir un comportement chevaleresque, protéger le peuple et rendre justice en préservant un certain confort matériel. Elle doit donc justifier sur le champ de bataille l'origine divine de son pouvoir : on doit vaincre l'adversaire face à face dans un corps à corps héroïque.

 Les premières batailles rangées de la guerre de Cent Ans ont été catastrophiques pour la France. L'armée anglaise combattant avec une organisation moderne a mis en pièces la chevalerie française à Crécy en 1346 et à Poitiers en 1356. L'essence divine du pouvoir féodal étant contredite par ces fiascos militaires, le pays est profondément déstabilisé d'autant que cette période correspond à une montée en puissance de l'artisanat et du commerce et donc des villes (en Angleterre les citadins ont été en mesure d'imposer la Grande Charte), qui n'attendent que l'occasion de revendiquer une liberté et un pouvoir proportionnel à leur importance économique au sein de la société.

 La France subit une nouvelle défaite à la bataille de Poitiers. Le roi de France Jean le Bon y est fait prisonnier avec son fils Philippe le Hardi. Le sacrifice du roi sauve sa couronne car il est perçu comme héroïque dans tout le royaume et même par Édouard III ou son fils le Prince Noir. Jean le Bon est incarcéré à Bordeaux avec tous les honneurs; il peut librement y organiser une cour. Cependant il doit du fait de sa capture négocier sa rançon avec Édouard III.

 Premier traité de Londres (janvier 1358)

 À Paris, le dauphin doit accepter de composer avec les États généraux qui lui imposent la grande ordonnance de 1357. Cette ordonnance instaure une monarchie contrôlée-Proche de longue date des milieux réformateurs il parvient cependant à rester à la tête de l'État. Deux conseils cohabitent : celui du Dauphin et celui des États. Mais pour les réformateurs et particulièrement les Navarrais cela ne suffit pas : le retour du roi de captivité peut mettre fin à cet essai institutionnel. D'autre part, le Dauphin prend de l'aplomb et n'hésite pas en août à rappeler les conseillers sacrifiés et à demander au prévôt des Marchands de ne se préoccuper que des seules affaires municipales-En janvier 1358, Étienne Marcel et Robert Le Coq organisent donc la libération de Charles de Navarre qui peut prétendre à la couronne et est toujours enfermé. Cependant pour se dédouaner face au Dauphin, on[précision nécessaire] donne à cette libération l'apparence d'un coup de main de fidèles Navarrais-

 Charles de Navarre libéré est en mesure de prendre le pouvoir : héritier direct de la couronne par les femmes, il est considéré par beaucoup comme plus apte à combattre l'ennemi anglais et plus légitime que le chétif dauphin-

 Voyant la situation évoluer vers une monarchie contrôlée avec le Navarrais à sa tête, Jean le Bon décide de précipiter les négociations quitte à céder beaucoup de terrain à Édouard III. Les négociations doivent avoir lieu de roi à roi : il est donc transféré de Bordeaux à Londres. Ses conditions d'incarcération sont royales : il est logé avec sa cour de plusieurs centaines de personnes (proches capturés avec lui à Poitiers et d'autres venus de leur plein gré), liberté de circulation en Angleterre, hébergement à l'Hôtel de Savoie. Il accepte le premier traité de Londres qui prévoit que l'Angleterre récupère l'ensemble de ses anciennes possessions d'Aquitaine et une rançon de 4 millions d'écus sans renonciation à la couronne de France

 Le premier traité de Londres cède l'Aquitaine des Plantagenets aux Anglais et règle la guerre de succession de Bretagne par une alliance du duché avec l'Angleterre.)

 Le deuxième traité de Londres comprend en plus la Normandie et le Maine.)

 Ce premier traité de Londres est signé en janvier 1358, par Édouard III d'Angleterre et Jean II de France.

 Édouard III obtient :

 -les anciennes possessions d'Aquitaine des Plantagenêts : la Guyenne (qui a été confisquée par Philippe VI en début de conflit), la Saintonge, la Poitou, le Limousin, le Quercy, le Périgord, le Rouergue et la Bigorre ;

-une rançon de 4 millions d'écus

il ne renonce pas à la couronne de France.La nouvelle de ce traité provoque un tollé et fait sombrer le royaume de France dans la guerre civile. Le 22 février 1358, Étienne Marcel, le prévôt des marchands de Paris déclenche une émeute réunissant trois mille personnes qu'il a convoquées en armes et prend le pouvoir par la force à Paris. Il essaye de propager le mouvement aux villes de provinces et s'allie aux Jacques. Mais le Dauphin retourne la situation : il laisse Charles le Mauvais écraser les Jacques et rallie la noblesse outrée par l'assassinat des maréchaux lors de la prise de pouvoir par Étienne Marcel. Paris, cernée par les armées du Dauphin se désolidarise du prévôt des marchands car il vient de renouer alliance avec Charles de Navarre et ses mercenaires anglais qui viennent de mener une violente répression contre leurs alliés les Jacques. Étienne Marcel est assassiné et Charles le mauvais discrédité : le Dauphin reprend le pouvoir. Le traité de Londres refusé dans la violence n'est pas mis en application.

 Deuxième traité de Londres (« l'endenture », mars 1359)

 En mars 1359, à l'approche la fin de la trêve et le Dauphin s'étant déclaré régent du royaume, Jean le Bon cherche à reprendre les rênes du pouvoir et accepte un second traité encore plus contraignant. Ce second traité de Londres est dit traité de l'« endenture » car son parchemin est découpé en deux parties, une pour chaque signataire pour pouvoir en vérifier l'authenticité (ce procédé est habituel en Angleterre pour les contrats de recrutement de soldats). Il est signé par Édouard III d'Angleterre et Jean II de France le 24 mars 1359.

 Par ce traité Jean II le Bon accordait au roi d'Angleterre les anciennes possessions d'Aquitaine des Plantagenêts : la Guyenne (qui a été confisquée par Philippe VI en début de conflit), la Saintonge, le Poitou, le Limousin, le Quercy, le Périgord, les comtés de Gaure et de Bigorre, l'Angoumois, l'Agenais, Calais, le Ponthieu et la Gascogne.

 Il accordait également tous les fiefs qui avaient un jour appartenu au roi d'Angleterre : le Maine, la Touraine, l'Anjou et la Normandie.

 Le roi d'Angleterre reçoit l'hommage du duc de Bretagne. Ce qui permet de régler la guerre de succession de Bretagne en faveur de Jean de Montfort allié des Anglais. De plus il accordait la suprématie du duché de Bretagne au souverain anglais.

 Le montant exorbitant de la rançon pour la libération de Jean II le Bon (4 millions d'écus) devait être versé aux Anglais avant le 24 juin 1360.

 Cela représente plus de la moitié du territoire et plusieurs années de recettes fiscales. Accepter ces conditions discréditerait définitivement les Valois et risquerait de faire sombrer le royaume dans une nouvelle guerre civile qui offrirait à Édouard III la couronne sur un plateau. Le traité qui doit rester secret arrive à la cour des comptes le 27 avril 1359.

 Dénouement

 Le 25 juin 1359, passant outre les ordres de son père, le Dauphin Charles réunit les États généraux qui déclarent que le traité « n'est ni passable ni faisable -En passant par les États généraux, il reconsolide le pays contre les Anglais et dédouane son père qui est aux mains d'Édouard III. Il ressort de cette affaire avec un pouvoir raffermi et le pays derrière lui. Mais, pour les Anglais, il s'agit d'une déclaration de guerre : Édouard III débarque en octobre 1359 pour prendre Reims, la ville du sacre, et imposer à la chevalerie française une nouvelle défaite qui achèverait de la discréditer.

 Mais, en accord avec le roi Jean et son entourage londonien qui ne veulent pas que la mort éventuelle d'Édouard III sur le champ de bataille ne déclenche des représailles à leur encontre, le régent lui oppose la tactique de la terre déserte et mène une guerre d'escarmouches refusant toute bataille rangée. Les portes de Reims restent closes. Or, conformément à sa stratégie qui consiste à forcer les Français à livrer une grande bataille en rase campagne, Édouard III n'a pas emmené de machines de siège qui l'auraient ralenti. Il se dirige vers la Bourgogne. Cette chevauchée tourne au fiasco pour les Anglais, harcelés, affamés, privés de montures (faute de fourrage). Pendant ce temps, des marins normands mènent un raid sur le port de Winchelsea (mars 1360), déclenchant une panique en Angleterre

 Fou de rage, Édouard III remonte vers Paris et laisse son armée commettre de nombreuses exactions : il ne s'agit plus du simple pillage visant à nourrir son armée mais de la destruction systématique de toutes les ressources - les pieds de vignes sont arrachés, le bétail abattu et la population massacrée. Ces exactions entraînent un vif ressentiment contre les Anglais. Nombre d'entre elles ont lieu pendant le Carême et la Semaine sainte et, lorsque l'armée anglaise est touchée par un violent orage de grêle le lundi 13 avril, nombre de chroniqueurs y voient la main de Dieu

 Édouard III doit rembarquer après avoir monnayé Jean le Bon contre l'Aquitaine, une rançon de 3 millions d'écus et sa renonciation à la couronne de France. Le traité de Brétigny calqué sur le premier traité de Londres ratifie cet accord en 1360.

 

 

 

La trêve d'Avignon : 6 mars 1365

 

 

 

 

 

La trêve d’Avignon est une interruption des combats de la guerre de Cent Ans, signée par les plénipotentiaires navarrais et français tous réunis à Avignon sur la demande du pape Urbain V qui présidait les négociations.

Cette trêve ordonnait que les armes soient déposés le 6 mars 1365.

Durant la guerre de cent ans, Charles le Mauvais, qui avait voulu s'opposer militairement au couronnement de Charles V, depuis ses possessions normandes, initia un blocus sur Paris. Charles V de France y envoi Bertrand du Guesclin à la tête de son armée. Le 16 mai 1364, ils livrent bataille à Cocherel aux troupes de Charles II de Navarre qui sont sous les ordres du captal de Buch (Jean de Grailly) ainsi qu'à des archers anglais sous Blancbourg et Jean Jouel et des routiers tels que Arnaud-Amanieu d'Albret.

Après la défaite de ses troupes Charles II de Navarre se réfugie à la cour du pape Urbain V à Avignon. Le 24 novembre 1364, Urbain V put informer Charles V que son beau-frère de Navarre, réfugié à Avignon, se disait prêt à traiter. Les plénipotentiaires de Charles V et du Mauvais, à la suite des pourparlers d’Avignon, signèrent à Paris une trêve le 6 mars 1365. En mai, les deux rois contresignèrent cet accord de paix.

Le 6 mars 1365 est signé le traité d'Avignon. Charles II de Navarre, dit Charles le Mauvais abandonne à Charles V de France ses possessions de Meulan, Mantes et le comté de Longueville en échange du Comté d'Évreux, du Cotentin et de la ville de Montpellier.

Charles de Navarre renonce aussi à ses droits sur la Bourgogne, la Champagne et la Brie.

Il semble que l'accord trouvé pour le traité ne fut réellement appliqué qu'après 5 années durant lesquelles le Navarrais tente d’obtenir un traité d’alliance perpétuelle avec les Anglais, mais ceux-ci sont méfiants du fait de ses revirements incessants dont ils ont déjà été victimes.

 

La trêve de Bruges:27 juin 1375

 

 

 

 

La trêve de Bruges est signée le 27 juin 1375 pour un an, puis prorogée le 12 mars 1376 au 24 juin 1377-Le roi Charles V de France conserve les territoires conquis lors de ses diverses opérations militaires. Le duché de Bretagne est rendu à la France, à l'exception de Brest, Auray et Berval qui demeurent les possessions de Jean IV de Bretagne-

 

 La deuxième phase de la guerre de Cent Ans tourne à l'avantage des Français. Au total, entre 1369 et 1375, le roi de France Charles V reprend la quasi-totalité des concessions faites et des terres possédées par les Anglais avant même le début de la guerre, exceptions faites de Calais, Cherbourg, Brest, Bordeaux, Bayonne, et de quelques forteresses dans le Massif central. Mais parvenu à ce point, Charles V sait ne pouvoir reprendre plus de terrain, les Bordelais étant trop anglophiles du fait des liens commerciaux (ils exportent massivement leur vin vers l’Angleterre). Toute sa stratégie étant basée sur la reconquête des cœurs avant celle des territoires, il ne souhaite pas s’encombrer d’une ville prête à se rebeller à la première occasion. Tout est ouvert pour finalement négocier, à Bruges, un traité mettant fin à la guerre en reconnaissant la souveraineté des Français sur les territoires reconquis.

Bruges et son industrie drapière dépendant des importations de laine d'outre-Manche, est une ville proanglaise en territoire français. Sa facilité d'accès pour les Anglais en fait un terrain neutre propice aux négociations. Gendre et héritier du comte de Flandre Louis de Male, le duc Philippe II de Bourgogne est le négociateur tout désigné pour les Français. Il est secondé par une équipe de conseillers de Charles V : Jean de La Grange, Hue de Châtillon, le comte de Tancarville, le comte de Sarrebruck, Arnaud de Corbie (le premier président du Parlement), Bureau de La Rivière et Nicolas du Bosc. Côté Anglais, c'est le duc de Lancastre Jean de Gand qui représente Édouard III-

 Philippe de Bourgogne offre des banquets fastueux et des joutes, puis la première session de négociations débute le 25 mars 1375 dans l'église saint-Donatien de Bruges[5]. Elle aboutit à deux plans de partage de la Guyenne, qui, après avis de son conseil, les rejette au motif que ces plans de partage aboutiraient à reconnaître la souveraineté de l'Angleterre sur une partie de son territoire. Sous l'influence de Grégoire XI, les belligérants signent le 1er juillet 1375 une trêve qui dure jusqu'en juin 1377.

 La deuxième session se tient toujours à Bruges entre fin décembre 1375 et fin mars 1376. Les légats, afin de contourner cet épineux problème de souveraineté, proposent une trêve de 40 ans, refusée par les deux partis : les Anglais car la Bretagne est occupée par les troupes de Charles V et les Français car ils veulent y inclure la Castille pour protéger le trône du roi Henri II des prétentions de Jean de Gand-

 La troisième session s'ouvre en juillet 1376, conduite cette fois par des conseillers des rois. Charles V propose de reconnaître la souveraineté d'Édouard III sur les terres de Guyenne situées au sud de la Dordogne, de lui rendre l'Agenais, la Bigorre, le Quercy, le Bazadais et de lui verser les 1 200 000 francs toujours dus de la rançon de Jean le Bon en échange de Calais et à la condition que ce nouveau duché de Guyenne reste dans le territoire du royaume de France (il ne consent à aucun abandon de souveraineté)- Ceci sous-entend qu'Édouard III, ou le duc de Guyenne, doit lui rendre hommage, que toutes les décisions juridiques puissent être remises en cause par la Cour de Paris et que le duché puisse être éventuellement confisqué. Édouard III refuse, et meurt le 21 juin 1377. Les hostilités reprennent.

 

Le traité de Bourges: 18 mai 1412

 

 

 

 

Les princes alliés étaient en pleine négociation avec l'Angleterre pour parvenir à une alliance lorsque les bagages du moine Jacques le Grand messager de Jean sans Peur, duc de Bourgogne furent saisis. Le contenu de ces bagages fut une découverte pour le moins surprenante.

Il s'agissait du dossier de négociation où figurait le texte rédigé concernant le traité d'alliance : 1000 hommes d'armes et 300 archers anglais seraient mis à la disposition des princes alliés, en compensation Henri IV d'Angleterre recevrait les secours pour reconquérir la Guyenne et l'acceptation des princes alliés de prêter hommage au souverain anglais pour les fiefs qu'ils possèdent dans ce duché. Ce traité stipulait également que le Poitou et l'Angoumois possession de Jean de Berry et de Charles d'Orléans seront au décès des deux princes remis au roi d'Angleterre.

Un danger plus immédiat guettait le royaume de France. Ce traité d'alliance stipulait que vingt forteresses devaient être remises à Henri IV d'Angleterre immédiatement. Le traité d'alliance fut signé par Henri IV d'Angleterre le 18 mai 1412 à Londres, pour leur part les princes alliés signèrent ce traité à Bourges à la même date. Les signataires de ce traité furent : Jean de Berry, Charles d'Orléans, Jean Ier de Bourbon et Jean Ier d'Alençon.

 

La paix d'Arras:4 septembre 1414

 

 

 

 

La paix d'Arras est signée entre les envoyés de Jean sans Peur, duc de Bourgogne et Louis de Guyenne représentant son père Charles VI de France qui de nouveau, avait sombré dans une crise de démence. C’est une trêve dans la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Concernant l'unité du royaume et la paix, les pensées de Louis de Guyenne allaient dans le même sens que celles de son père.

 

Le 4 septembre 1414, il signe la paix et fait prêter serment aux prélats, aux grands seigneurs de l'armée royale de respecter cette paix. Le port de la croix de Saint-André et la bande blanche portées respectivement par les Bourguignons et les Armagnacs fut interdit. Sur l'ordre de Louis de Guyenne les mots Bourguignons et Armagnacs furent bannis du royaume, il était formellement interdit de les prononcer.

 

Le traité de Troyes:21 mars 1420

 

 

 

Le traité de Troyes est le traité marquant la suprématie anglaise au cours de la guerre de Cent Ans. Signé le 21 mai 1420 dans la cathédrale Saint-Pierre, à Troyes, il prévoit que le roi Charles VI de France après sa mort aurait pour successeur le roi d'Angleterre, Henri V.

 Dans ce traité, c'est Philippe III de Bourgogne dit le Bon qui représente la France car Charles VI, du fait de sa maladie, ne dirige plus directement le pays depuis 1392. Philippe III de Bourgogne et Henri V d'Angleterre forment une alliance contre le dauphin Charles, futur Charles VII.

 La légitimité à succéder du soi-disant dauphin est niée, en raison de ses « crimes énormes ». On lui reproche d'avoir commandité l'assassinat du duc de Bourgogne Jean sans Peur, père de Philippe III de Bourgogne, le 19 septembre 1419. Les rumeurs concernant une illégitimité liée à une infidélité de la reine Isabeau de Bavière sont colportées par les Bourguignons, mais une telle affirmation ne peut être inscrite sans heurter le roi de France.

 Charles, réfugié à Bourges, est nié dans tous ses titres mais conserve de fait le gouvernement du sud de la France. Les signataires du traité conviennent par ailleurs qu'Henri V épousera Catherine de Valois, la fille de Charles VI et d'Isabeau. Il aspire, à ce titre, à être le seul héritier de la couronne de France et exerce immédiatement une régence. Charles VI lèguerait donc sa couronne à son gendre puis éventuellement à un petit-fils à naître. Ce mariage est célébré le 2 juin 1420, jour de la Trinité, dans l'église Saint-Jean-au-Marché de Troyes-

 Le 1er décembre 1420, Henri V fait une entrée triomphale à Paris en compagnie du roi Charles VI et de Philippe III. L'université de Paris, avec à sa tête le recteur Pierre Cauchon, et les États généraux de langue d'oïl lui apportent leur soutien en enregistrant le traité de Troyes.

 Plus tard, les juristes, fidèles à Charles VII, casseront le traité de Troyes, arguant que la couronne de France n'appartient pas au roi de France qui ne peut donc en disposer. C'est un argument similaire qui est à l'origine de la guerre de Cent Ans.

 Le 31 août 1422, Henri V décède, peu avant Charles VI, le 21 octobre suivant. Le fils d'Henri V, âgé de dix mois, est proclamé « roi de France et d'Angleterre » sous le nom d'Henri VI. Le duc de Bedford assure la régence en France et met le siège devant Orléans, la dernière ville au nord de la Loire fidèle à Charles VII.

Les victoires de ce dernier, avec l'aide de Jeanne d'Arc, rendent caduc le traité de Troyes, mais les rois d'Angleterre garderont officiellement le titre de roi de France près de quatre siècles, avant de l'abandonner en 1802, suite à la Paix d'Amiens.

La trêve de Compiègne : 28 août 1429

 

 

 

 

 

 

 

 

La trêve de Compiègne fut signée le 28 août 1429. Charles VII de France rencontra le duc Philippe III de Bourgogne dans cette ville à proximité de laquelle Philippe II de France s'était égaré dans la forêt, quelques siècles plus tôt.

Dans cette ville de Picardie fut signée une trêve qui prenait fin le 25 décembre 1429.

Dans cette trêve Charles VII déclarait renoncer à continuer ses opérations militaires sur la rive droite de la Seine. En outre le roi de France acceptait que son cousin Philippe III, duc de Bourgogne envoya des troupes à Jean de Lancastre, duc de Bedford, afin si le besoin s'en faisait sentir, d'assurer la défense de Paris.

Les villes picardes de Compiègne, Pont-Sainte-Maxence et Senlis devaient être restituées par Charles VII à Jean de Lancastre, duc de Bedford.

Par cet engagement le roi de France se privait d'un moyen essentiel pour reconquérir la capitale.

 

Le traité d'Arras:20 septembre 1435

 

 

 

 

La conférence d'Arras est la première conférence européenne. Outre la France, dont la délégation est menée par le duc de Bourbon et le maréchal de La Fayette, et la Bourgogne, conduite par le duc Philippe en personne, elle réunit l'empereur Sigismond de Luxembourg, le médiateur Amédée VIII de Savoie, une délégation anglaise, les représentants des rois de Pologne, de Castille, d'Aragon… Par le traité d'Arras, signé le 20 septembre 1435, le roi Charles VII cède les villes de la Somme, le comté de Mâcon et le comté d'Auxerre à Philippe le Bon. Surtout, il donne une indépendance de fait au duché de Bourgogne. Plus précisément, le duc de Bourgogne reste vassal du roi de France mais est dispensé de l'hommage. En échange, Charles VII n'obtient qu'une seule chose, suffisamment importante pour justifier tous ces sacrifices : la reconnaissance de son titre de roi de France.

 Le 11 décembre 1435, le roi Charles VII jura de respecter scrupuleusement toutes les clauses du traité d'Arras devant le duc de Bourgogne, représenté par Guy III de Pontailler (dit Guyard), maréchal de Bourgogne (commandant en chef de l'armée bourguignonne), seigneur de Talmay, Heuilley-sur-Saône et autres lieux.

 Ce traité est réputé avoir mis fin à la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons.

 Les villes de la Somme seront rachetées par Louis XI à Philippe le Bon. Charles le Téméraire luttera pour obtenir une indépendance totale et pour pouvoir créer un royaume de Bourgogne, mais il s'aliènera les habitants des Flandres, de l'Alsace et les Suisses et trouvera la mort face au duc René II de Lorraine à la Bataille de Nancy (1477) sans avoir réalisé son rêve. Louis XI en profitera pour récupérer la moitié du duché.

Le traité de Picquigny:29 août 1475

 

 

 

 

Le traité de Picquigny est signé à Picquigny (actuellement, département de la Somme) le 29 août 1475 entre Louis XI et Edouard IV .

Il met définitivement fin à la Guerre de Cent Ans qui s'était "endormie" en 1453 après la Bataille de Castillon.

Edouard IV, contre une somme de 75 000 couronnes d'or et une pension annuelle de 50 000 couronnes d'or, retournait en Angleterre avec son armée et renonça à son alliance avec le duc de Bourgogne Charles le Téméraire.

Ce traité contenta les deux parties: Edouard IV d'Angleterre prétendit recevoir ainsi un tribut de la France, tandis que Louis XI de France affirmait fournir une pension à son sujet le roi d'Angleterre (en fait elle permettait surtout à la royauté française de tenir en respect ses seigneurs féodaux, en premier lieu, Charles de téméraire).

Grâce aux talents de négociateurs de Louis XI, l'invasion anglaise se termine sans aucune victime et les deux armées festoient ensemble pendant toute une journée dans la campagne de Picquigny.

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