1er concile de Nicée
Le premier concile œcuménique se tint à Nicée, Turquie actuelle, en 325. Il eut pour objectif principal de définir l'orthodoxie de la foi suite à la controverse soulevée par Arius, prêtre alexandrin, sur la nature véritable de Jésus-Christ.
Circonstances
L'empereur romain Constantin Ier convoqua lui-même le concile. Il venait en effet de réunir l'Empire romain après avoir vaincu Licinius à Andrinople, le 3 juillet 324. S'étant rendu en Orient, il constatait très vite le grand nombre de dissensions qui divisaient le christianisme. Afin de rétablir la paix religieuse et de reconstruire l'unité de l'Église, et sans aucun doute aussi d'achever la pacification de l'empire, il décidait de réunir ce concile. Celui-ci rassemblerait des représentants de presque toutes les Églises chrétiennes, peu après la fin des persécutions. Certains évêques participants portaient encore les traces des sévices infligés pendant ces persécutions.
Déroulement du concile
L'empereur Constantin, bien qu'il ne fût pas baptisé, prit part lui-même au concile qui était proche de sa résidence de Nicomédie. Le nombre des évêques qui participèrent au concile varie selon les sources. Eusèbe de Césarée parle de plus de 250 présents. Saint Athanase, qui était présent au concile, donne le chiffre de 300. A partir de saint Hilaire de Poitiers, il fut admis traditionnellement que le nombre des Pères du concile fut de 318.
Le concile débuta par une séance d'apparat le 20 mai 3252, en présence de l'empereur.
On s'occupa d'abord de l'affaire d'Arius, qui était présent selon l'ordre de Constantin. Vingt-deux évêques soutenaient son parti. Mais la grande majorité fut d'accord pour le condamner. On eut quelque peine à s'entendre pour la rédaction de la formule. Finalement on rédigea une profession de foi, complétée d'un anathème, dans laquelle le Fils de Dieu, Jésus-Christ, était déclaré consubstantiel au Père, et par conséquent Dieu lui-même. Seul Arius, et deux évêques d'Égypte refusèrent de souscrire la profession de foi. Ils furent immédiatement exilés en Illyrie par l'empereur.
On s'occupa ensuite du schisme mélétien. Mélèce, un évêque de Haute-Égypte, s'était révolté contre l'évêque d'Alexandrie et procédait à des ordinations illégales. On accepta de réintégrer ce clergé au sein de l'Église à la condition que ses membres fussent réordonnés d'une manière régulière.
Le concile décida que la fête de Pâques serait désormais célébrée à la même date dans toute l'Église. Les Orientaux, qui jusqu'alors empruntaient aux Juifs leur manière de calculer, acceptèrent de se ranger à l'usage d'Alexandrie et de Rome. La fête fut fixée au dimanche qui suit la première pleine lune après l'équinoxe de printemps, lui-même fixé au 21 mars.
Le concile acheva son œuvre en promulguant vingt canons d'ordre disciplinaire. On décida en particulier (canon 4) que trois évêques, au moins, devraient être présents à l'avenir pour la consécration d'un évêque. Les Pères de Nicée ordonnèrent qu'un clerc, déposé ou excommunié par un évêque, ne devrait pas être réintégré par un autre. Toutefois les sentences de déposition, ou d'excommunication, pourraient être rapportées par le synode de la province (canon 5). Le concile confirmait l'autorité de l'évêque d'Alexandrie sur l'Égypte, la Libye et la Pentapole (canon 6).
Les évêques se séparèrent après un mois de session, environ. Pour clôturer les débats, l'empereur convia les Pères à un grand festin qui fut pour eux comme un émerveillement.
Credo de Nicée
La confession de foi qui était adoptée lors du concile de Nicée professait :
« Nous croyons en un seul Dieu, Père tout-puissant, Créateur de toutes choses, visibles et invisibles ; et en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils de Dieu, engendré monogène du Père, c'est-à-dire de l'essence du Père, Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu ; engendré et non pas fait, consubstantiel au Père, par qui tout a été fait, ce qui est au ciel et ce qui est sur la terre ; qui, pour nous hommes et pour notre salut, est descendu, s'est incarné, s'est fait homme, a souffert, est ressuscité le troisième jour, est monté aux cieux, et viendra juger les vivants et les morts ; et au Saint-Esprit. »
« Quant à ceux qui disent : Il fut un temps où il n'était pas ; et : Avant d'être engendré, il n'était pas ; et : Il a été fait de ce qui n'était pas ou d'une autre hypostase ou ousie ; ou : Le Fils de Dieu est créé, changeable, mutable, ceux-là l'Église catholique les anathématise. »
Cette confession sera complétée au concile de Constantinople en 381, pour devenir le « Symbole de Nicée-Constantinople » ou « Credo ».
Le principe de la confession de foi est simple : pour être chrétien, il suffit d'adhérer à la confession de foi chrétienne.
Canons du Concile
Les vingt canons édictés par le premier concile de Nicée.
Plusieurs canons regardent le clergé. (Canon 1) : Le concile interdit de conférer les ordres aux eunuques volontaires. (Canon 2) : Il défend d'admettre les néophytes à la cléricature. (Canon 3) : Il règle qu'aucun clerc ne doit avoir une femme dans sa demeure, à l'exception de sa mère, de sa sœur, de sa tante ou de quelque personne au-dessus de tout soupçon.
(Canon 4) : Les évêques, déclare le concile, devront être ordonnés par leurs collègues de la province : si tous ne peuvent être présents, il faut du moins que trois évêques prennent part à la cérémonie, que les autres donnent leur consentement par écrit et que le métropolitain confirme l'élection.
(Canon 5) : Certains évêques refusaient de tenir compte des sentences de déposition ou d'excommunication prononcées par un de leurs collègues : les Pères de Nicée ordonnent que celui qui a été chassé par l'un ne soit pas reçu par les autres. Toutefois, ajoutent-ils, comme l'évêque qui a excommunié peut l'avoir fait pour de mauvaises raisons, il y aura chaque année, au printemps et à l'automne, deux conciles de tous les évêques de la province, et ces conciles pourront réviser les sentences.
(Canon 6) : De temps immémoriaux, les Églises de Rome, d'Alexandrie, d'Antioche, jouissaient de prérogatives spéciales : ces vieux usages seront maintenus en vigueur, et le concile de Nicée confirme l'autorité de l'évêque d'Alexandrie sur l'Égypte, la Libye et la Pentapole.
(Canon 7) : La situation de l'évêque d'Aelia (Jérusalem) était assez particulière, car il jouissait d'honneurs traditionnels, sans être métropolitain : le concile déclare que ces honneurs lui seront maintenus, pourvu que soit sauve la dignité du métropolitain de Césarée maritime.
(Canon 8) : Avec les Novatiens (dits cathares), le concile se montra très accommodant. Il décida qu'ils seraient admis à la communion, à condition de reconnaître par écrit les dogmes de l'Église catholique et de frayer avec les "bigames", c'est-à-dire avec les personnes remariées en secondes noces, et avec les faillis des dernières persécutions. Il déclara que leurs ordinations seraient tenues pour valides et que leurs évêques pourraient être autorisés par leurs collègues catholiques à recevoir les honneurs de leur titre ou à être rangés parmi les chorévêques.
(Canons 9 et 10) : Le concile prive du sacerdoce ceux qui se sont rendus coupables de quelque crime avant leur ordination ou qui ont apostasié au temps de la persécution.
(Canons 11 à 14) : La persécution de Licinius était encore trop récente pour n'avoir pas laissé des traces, et divers problèmes étaient posés par diverses catégories de faillis : les uns avaient apostasié sans y être contraints et même sans avoir été exposés à aucun danger ; d'autres, après avoir généreusement renoncé à leurs emplois, avaient consenti à les reprendre ou même les avaient réclamés, au prix d'une apostasie ; d'autres enfin avaient seulement failli. Le concile se préoccupe de toutes ces situations, et, d'une manière générale, les tendances indulgentes prévalurent : les décisions de Nicée marquent un adoucissement de l'ancienne discipline relative aux faillis, qu'on appelait les lapsi.
(Canons 15 et 16) : Il arrivait parfois que des évêques, des prêtres ou des diacres, quittassent l'Église pour laquelle ils avaient été ordonnés et acceptassent de passer dans une autre, contrairement aux anciens usages. Le concile interdit les translations et déclare nulle toute ordination faite par un autre que le propre évêque du clerc.
(Canon 17) : Le concile dépose les clercs coupables d'usure.
(Canon 18) : Le concile interdit aux diacres de s'asseoir parmi les prêtres et de leur distribuer l'Eucharistie.
(Canon 19) : A l'égard des Pauliniens, les partisans de Paul de Samosate, on fit preuve de la même bienveillance qu'à l'égard des Novatiens. Il avait été décidé naguère que ceux d'entre eux qui voudraient revenir à l'orthodoxie fussent rebaptisés. Le concile de Nicée ne revint pas sur cette règle, mais il admit que les clercs pauliniens, une fois dûment baptisés, pourraient être ordonnés sans délai et exercer leur fonction dans l'Église catholique ; la même mesure fut prise à l'égard des diaconesses. C'était là une concession tout à fait exceptionnelle. Elle ne dut s'appliquer d'ailleurs qu'à un petit nombre de personnes.
(Canon 20) : Le concile décidait qu'il ne fallait pas plier le genou, pour prier, le dimanche et au temps de la Pentecôte.
1er concile de Constantinople
L'idée du Concile de Constantinople commença dès 378. Lors du Concile de Sirmium, l'empereur Gratien avait promis de convoquer un nouveau concile- L’avènement de Théodose comme empereur consacre l'arrivée au pouvoir d'un partisan de la foi de Nicée, alors même que le précédent empereur défendait l'arianisme. Dès les années 378 et 379, les orthodoxes en exil revenaient vers Constantinople, comme Mélèce d'Antioche, Paulin, Pierre d'Alexandrie.
L'évêque de Constantinople Démophile était arien. Les partisans de la foi de Nicée se réunissent progressivement autour de Grégoire de Nazianze. Celui-ci fut en partie trompé par Maxime qui cherchait à devenir évêque de Constantinople en l'utilisant . Il fut aussi victime d'une tentative de meurtre.
Lors du Concile d'Antioche , Mélèce réunit les évêques orientaux qui affirment être en accord avec l'enseignement de Damase, favorisant l'unité des chrétiens.
Au début de l'année 380 l'empereur Théodose Ier tombe malade, et se fait baptiser Il professe alors ouvertement la foi de Nicée. Quelques jours plus tard il publie l'Édit de Thessalonique, demandant à tous de suivre la foi de Nicée, condamnant implicitement l'arianisme. Théodose impose l'autorité du pape Damase Ier, et remplace l'évêque arien de Constantinople par Grégoire de Nazianze.
Déroulement
Le Concile commença en mai 381, cent-cinquante évêques étaient présents, venus de tout l'Orient de l'empire, sauf d'Égypte. Parmi les personnes présentes, on peut compter Grégoire de Nysse, Grégoire de Nazianze, Pierre de Sébaste. C'est Mélèce d'Antioche qui présida l'assemblée concilaire.
Les évêques qui refusaient d'accepter les formules de Nicée n'avaient pas le droit de siéger. Trente-six évêques conduits par Marcien de Lampsaque et Eleusius de Cyzique refusaient le concile de Nicée et partirent sans siéger au concile. Grégoire de Nazianze chercha à préserver l'unité de l'Église pendant ses prêches de la Pentecôtemais il n'y parvint pas. Les pneumatomaques repoussant le Concile n'y siégèrent pas.
Grégoire de Nazianze soutient la candidature de Paulin, mais cette candidature échoue et les membres du concile préfèrent le prêtre Flavien-Cette élection fut vécue par Grégoire de Nazianze comme un désaveu et il décida donc de démissionner.
Problèmes abordés
Œuvre doctrinale
Dans la mesure où les évêques devaient accepter la foi de Nicée afin de siéger au sein du Concile de Constantinople, les problèmes dogmatiques ne furent pas nombreux au sein du Concile. Le Concile rappela le credo de la foi de Nicée, et anathématisa toutes les hérésies qui allaient à son encontre : Eunomiens, Anoméens, Ariens, sabellianisme, Marceliens, Apollinaristes.
Les évêques rédigèrent une définition dogmatique sur la consubstantialité et la distinction des trois personnes divines.
1er Concile d'Ephèse
À l'inverse des conciles de Nicée (325) et de Constantinople (381) dont les questions théologiques portaient principalement sur l'unicité de Dieu Un et Trine, le concile d'Éphèse marque un tournant en définissant l'union hypostatique (non séparable) des deux natures, humaine et divine, dans la personne (une seule hypostase) du Christ. Le concile d’Éphèse est le concile de l'explicitation et de la proclamation du Christ homme et Dieu, selon la foi apostolique constante de l'Église. Cette explicitation et cette proclamation ont été rendues nécessaire face à l'émergence de l'hérésie nestorienne. Le concile d'Éphèse, 3e concile œcuménique, condamne le nestorianisme comme hérésie, et anathématise et dépose Nestorius comme hérésiarque.
L'hérésie appelée nestorianisme est donc au centre du débat. Nestorius, patriarche déposé de Constantinople, niait subtilement la doctrine apostolique (Tradition vivante de l'Église) sur l'unicité de la personne du Christ. Il considérait que, dans la personne de Jésus-Christ, il y a dissociation (dissociation hypostatique) entre le Fils coéternel au Père, d'une part, et l'homme Jésus de Nazareth d'autre part, dans lequel le Verbe divin est venu s'incarner, c'est-à-dire que Dieu serait venu « visiter », comme "un autre" résidant dans "un autre". Du fait de cette dissociation, toujours selon Nestorius, la Vierge Marie est seulement la mère de l'homme Jésus, qui, seulement de manière ultérieure a été investi par le Verbe divin. Ainsi donc, Nestorius, par des insinuations toujours subtiles et tortueuses (voir ses lettres à saint Cyrille d'Alexandrie), en vint à nier que l'on puisse appeler la Vierge Marie la « Mère de Dieu » (théotokos).
Saint Cyrille d'Alexandrie, Père et Docteur de l'Église, prouva dans ses réponses à Nestorius les fondements théologiques et scripturaires de l'union hypostatique dans l'unique personne de Jésus-Christ, et rédigea la position catholique dans ses fameux Douze Chapitres, mettant en demeure Nestorius, puisque preuves étaient faites de son hérésie et de son hétérodoxie, d'y souscrire. Nestorius n'y répondit pas.
Vigoureusement conduit par saint Cyrille, le concile d'Éphèse précisera et proclamera l'union hypostatique des deux natures, humaine et divine, dans Jésus-Christ, fondée sur le mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu (prenant chair de la Vierge Marie), en lui la nature humaine ayant été assumée par le Verbe Eternel dans le sein de la Vierge ("Et le Verbe s'est fait chair, et il a demeuré parmi nous", dit le Prologue du Quatrième Évangile). C'est par là même que la Vierge est appelée en vérité la Mère de Dieu, et c'est en vertu de l'union hypostatique que le concile d'Éphèse la proclama (théotokos). Le concile d'Ephèse lance l'anathème (excommunication) sur Nestorius, suivant en cela les Douze Chapitres formulés par saint Cyrille d'Alexandrie dans sa dernière lettre à Nestorius, et qui furent joints alors aux actes canoniques du concile.
Dans les années qui suivirent, à son tour, une autre hérésie nouvelle, l'hérésie monophysite, déformera, mais dans un sens à l'extrême opposé de Nestorius, la doctrine catholique définie au concile d'Éphèse : le monophysisme d'Eutychès confondra alors les deux natures dans le Christ, humaine et divine, considérant l'humaine comme seulement une "apparence", en réalité absorbée par la divine. Ce qui amènera la convocation du concile de Chalcédoine, en 451, qui sera le 4e concile œcuménique. Les Pères de Chalcédoine, proclamant que l'union hypostatique n'entraîne pas pour autant la confusion des deux natures, ni l'"absorption" de l'une par l'autre, définiront alors, par une formule célèbre, que, dans le Christ "vrai homme et vrai Dieu", les deux natures humaine et divine sont "sans confusion, sans mutation, sans division, sans séparation".
Une autre hérésie est abordée durant le concile d'Éphèse : le pélagianisme. Cette doctrine sera réexaminée très fréquemment au cours des siècles qui suivront (voir Saint Augustin).
Catholiques, orthodoxes et protestants se réclament tous de la doctrine du concile d'Éphèse sur l'union hypostatique, définie sous l'impulsion de Cyrille d'Alexandrie. Le pape Célestin Ier ratifie et promulgue en 432 les actes du concile d'Éphèse, et donne à saint Cyrille le titre de "Défenseur de l’Église".
Les canons du concile d’Éphèse
1. Des métropolitains sectateurs de Nestorius et de Célestius.
Comme il fallait que les évêques qui n'ont pas assisté au concile, mais sont restés dans leur territoire ne soient pas sans savoir ce qui a été décidé, nous faisons savoir à votre sainteté, que :
Le métropolitain qui abandonne ce saint et œcuménique concile, pour entrer dans l'assemblée des apostats ou qui y entrera à l'avenir; ou celui qui a partagé les opinions de Célestius ou les partagera à l'avenir, celui-là perd toute juridiction sur les évêques de la province, et est déjà exclu de toute communion et déclaré suspens par le concile. Les évêques de sa province et les métropolitains voisins qui sont orthodoxes doivent veiller à ce qu'il soit entièrement dépossédé du rang d'évêque.
2. Des évêques qui rejoignent ceux de Nestorius.
Si d'autre part certains évêques suffragants n'ont pas assisté au saint concile et ont passé à l'apostasie, ou bien cherchent à y passer, ou bien, après avoir signé la déposition de Nestorius, sont ensuite retournés à l'assemblée des apostats, ceux-là suivant la sentence du saint concile, sont exclus du sacerdoce et déchus de leur rang.
3. Des clercs déposés par Nestorius à cause de leur orthodoxie.
Si dans une ville ou une campagne quelconque des clercs ont été déposés par Nestorius ou ses partisans, à cause de leurs sentiments orthodoxes, nous avons jugé qu'à juste titre ils doivent être réintégrés dans leurs fonctions. En règle générale nous ordonnons que les clercs, qui reçoivent ce concile orthodoxe et œcuménique ou le recevront maintenant ou après, en quelque temps que ce soit ne doivent être subordonnés en aucune manière et à aucun moment aux évêques qui ont apostasié ou qui apostasieront ou qui vont à l'encontre des saints canons et de la vraie foi.
4. Des clercs sectateurs de Nestorius.
Si certains clercs apostasient et osent prendre parti, secrètement ou publiquement, pour Nestorius, ils sont eux aussi déposés par ce saint concile.
5. Des clercs condamnés à des peines ecclésiastiques, absous par Nestorius.
Quant à ceux qui ont été condamnés pour des actions coupables par un saint synode ou par leurs propres évêques, et auxquels Nestorius, agissant contre les canons, avec l'indifférence qui le caractérise, ou bien ses partisans ont cherché ou chercheront à rendre la communion ou leur rang, nous avons jugé qu'ils ne doivent retirer aucun profit de ce fait et n'en demeureront pas moins déposés.
6. De ceux qui enfreignent les décisions du concile.
De même, au sujet de tous ceux qui voudraient renverser d'une manière quelconque les décisions du saint concile à propos d'un chacun, le concile décide que, s'ils sont évêques ou clercs, ils perdront entièrement leur rang, et s'ils sont laïcs, ils seront excommuniés.
7. Acclamation contre ceux qui altèrent la foi de Nicée.
Le saint concile a décidé qu'il ne sera pas permis de produire en public, d'écrire ou de composer un symbole de foi autre que celui défini par les saints pères réunis à Nicée sous la conduite du saint Esprit. Ceux qui oseront composer un autre symbole, le répandre, ou le présenter à ceux qui veulent se convertir et reconnaître la vérité, venant du paganisme, du judaïsme ou de n'importe quelle hérésie, ceux-là, s'ils sont évêques ou clercs, seront dépouillés, les évêques de l'épiscopat et les clercs de la cléricature; s'il sont laïcs, ils seront anathématisés. De même, si des évêques, des clercs ou des laïcs étaient convaincus d'admettre ou d'enseigner la doctrine contenue dans l'exposé du prêtre Charisius, au sujet de l'incarnation du Fils unique de Dieu, ou bien encore les enseignements impurs et pervers de Nestorius qui y sont adjoints, qu'ils tombent sous le coup de la sentence de ce saint et œcuménique concile, c. à d. que le évêque soit dépouillé de son épiscopat et soit déposé, et le clerc pareillement soit déchu de la cléricature, et si c'est un laïc, qu'il soit anathématisé, comme il a été dit plus haut.
8. Vœu concernant les évêques de Chypre, qu'ils élisent à eux seuls aux sièges vacants de leur île.
Un fait, qui est une innovation contraire aux coutumes ecclésiastique et une atteinte a la liberté de tous nous a été rapporté par Réginus, l'évêque très aimé de Dieu, et ses compagnons, les très pieux évêques Zénon et Evagre, de la province de Chypre. C'est pourquoi, comme le mal commun a besoin d'une remède d'autant plus fort que sa nuisance est plus grande, vu qu'aucune coutume n'a existé jusqu'ici que l'évêque de la ville d'Antioche sacre des évêques à Chypre, ainsi que les très pieux hommes qui ont eu recours au saint concile nous le prouvèrent par leurs rapports et de vive voix, les chefs des saintes églises de Dieu en Chypre resteront sans être inquiétés ni exposés à la violence, si, observant les canons des saints et vénérés pères, ils procèdent par eux-mêmes, selon l'ancienne coutume, à l'élection des très pieux évêques. Cette même règle sera aussi observée dans les autres diocèses et dans toutes les provinces, en sorte qu'aucun des évêques aimés de Dieu ne s'empare d'une autre province, qui ne fût déjà et dès le début sous son autorité ou sous celle de ses prédécesseurs; et s'il s'en était emparé et par force se la fût assujettie, il la rendra, afin que les canons des pères ne soient pas enfreints, ni que sous le prétexte d'actes sacrés ne s'insinue l'orgueil de la puissance mondaine et que sans nous en rendre compte nous perdions peu à peu la liberté, que nous a donnée par son propre Sang Jésus Christ notre Seigneur, le Libérateur de tous les hommes. Il a été donc décidé par le saint concile œcuménique que soient sauvegardés à chaque province purs et inviolés les droits acquis déjà et dès le début selon l'usage établi depuis toujours et le métropolitain sera autorisé de prendre copie conforme de notre décision pour garantir ainsi la sécurité de sa province. Si quelqu'un produisait une ordonnance opposée à la définition présente, le saint et œcuménique concile tout entier décide que cette ordonnance sera nulle et non avenue.
Le concile de Chalcédoine
Le concile de Chalcédoine est le quatrième concile œcuménique et a eu lieu en 451 dans l'église Sainte-Euphémie de la ville éponyme, aujourd'hui Kadıköy, un quartier chic de la rive asiatique d'Istanbul.
Convoqué par l'empereur byzantin Marcien et son épouse l'impératrice Pulchérie, il réunit à partir du 8 octobre 451 343 évêques, un record, dont 4 seulement viennent d'Occident. Dans la continuité des conciles précédents, il s'intéresse à divers problèmes christologiques et condamne en particulier le monophysisme d'Eutychès et Dioscore sur la base de la lettre du pape Léon Ier intitulée Tome à Flavien de Constantinople (nom du patriarche de Constantinople, destinataire de la lettre du pape). C'est durant ce concile qu'est redéfinie la notion de personne :
- comme le principe de différenciation relationnelle au sein du mystère d'un Dieu à la fois un et trine ;
- comme le principe d'unité et d'identité, dans le cas des deux natures, dans la personne unique du Christ.
En ce qui concerne la Vierge Marie, ce concile décrète qu'elle sera désormais appelée « Mère de Dieu » ou « Théotokos ».
Cependant, l'évêque de Rome, Léon le Grand, refuse d'accepter le vingt-huitième canon du concile qui, en attribuant à la ville de Constantinople le titre de « Nouvelle Rome », lui accordait de ce fait la primauté sur les autres patriarcats.
Certains chrétiens orientaux monophysites rejettent l'intégralité du concile, produisant un schisme qui forme ce que l'on appelle désormais les Églises des trois conciles ou « Églises préchalcédonienne ».
Le concile d'Agde
Le concile d’Agde s’est tenu à l'église Saint-André de la ville d’Agde en 506, du temps du règne d'Alaric II qui, de religion arienne, autorisa la réunion de cette assemblée catholique. La ville fut choisie pour sa situation géographique centrale entre les diocèses de Provence et ceux du sud-ouest. Il réunissait 24 évêques catholiques du royaume wisigothique, plus dix délégués de prélats empêchés de se rendre à ce synode. Sous la présidence de l'archevêque d'Arles, saint Césaire, qui en a préparé les travaux et suggéré les décisions, son but était de régler dans le royaume wisigothique le statut disciplinaire et temporel de l'Église orthodoxe. Au moment de se séparer, les pères décidèrent de se réunir de nouveau l’an suivant à Toulouse. À l'issue du concile, 49 canons furent rédigés.
Quelques mesures prises par le Concile
Il définit le rite selon lequel tout chrétien doit recevoir la communion 3 fois par an, à Pâques, à la Pentecôte et à Noël.
Le peuple doit recevoir la bénédiction du saint-sacrement après l'Office du soir (Canon XXX)
Le dix-septième canon précise certaines modalités concernant l'ordination : « Nul métropolitain ne devra prendre sur lui d'ordonner prêtre ou évêque, quiconque ne sera pas âgé dé trente ans, qui est l'âge de l'homme parfait, ni de faire diacre tout sujet n'ayant pas atteint sa vingt-cinquième année... » . Il convient d'indiquer que si cette loi, à l'époque, était en vigueur, certains évêques s'en affranchissaient en dispensant les sujets qui faisaient preuve d'une piété remarquable.
En pleine période des invasions barbares, le concile veut aussi statuer sur les Juifs pour « empêcher ceux-ci de contaminer les chrétiens », tel est le mot d'ordre de l'Eglise au VIe siècle. Dès 506, le concile définit dans quelles conditions le baptême doit être administré aux Juifs. Il semble, d'après les délibérations de cette assemblée, que certains Juifs oscillaient entre les deux religions. Une fois baptisés, ils pratiquaient plus ou moins ouvertement la religion ancestrale. Le Concile d'Agde décida en conséquence d'imposer un délai d'attente: « les Juifs qui veulent se rallier à la foi catholique doivent, à l'exemple des catéchumènes, se tenir pendant huit mois sur le seuil de l'église; si, au bout de ce temps, leur foi est reconnue sincère, ils obtiendront la grâce du baptême. Mais si, dans l'intervalle, ils se trouvent en danger de mort, ils pourront être baptisés avant le terme prescrit ». Ce même concile défendit aux chrétiens de manger avec les Juifs : « Tout chrétien, clerc ou laïc, doit s'abstenir de prendre part aux banquets des Juifs ; ces derniers ne mangeant pas des mêmes aliments que les chrétiens, il est indigne et sacrilège que les chrétiens touchent à leur nourriture. Les mets que nous prenons avec la permission de l'apôtre sont jugés immondes par les Juifs. Un chrétien se montre donc l'inférieur d'un Juif s'il s'assujettit à manger des plats que ce dernier lui présente et si, d'autre part, le Juif repousse avec mépris la nourriture en usage » Déjà édictée par le Concile de Vannes, cette interdiction fut visiblement peu respectée puisque d'autres conciles la renouvelèrent à plusieurs reprises (Épône, 517 ; Orléans, 538 et Mâcon, 581). D'après des sources historiques, les évêques eux-mêmes n'obéissaient pas à ces prescriptions. Par ailleurs nombreux étaient ceux qui entretenaient des rapports chaleureux avec les Juifs comme en atteste ce témoignage à propos de Cautinus, évêque de Clermont entre 551 et 571 : « Avec les Juifs à l'influence desquels il se soumettait, il était en termes familiers, non pour leur conversion, ce qui, en bon pasteur, eut dû être son souci, mais pour leur acheter des objets précieux. On le flattait facilement et ils lui prodiguaient une grossière adulation. Ils lui vendaient alors les choses à un prix plus élevé que leur valeur réelle » (Grégoire de Tours, Histoire des Francs, Denoël, 1974).
Dans le même concile on ordonna de fustiger les moines indociles et les clercs coupables d'ivrognerie (Can. XXXVIII)
Le concile s'inscrit aussi dans la lignée des règles des précédents conciles qui ont légiféré dans le domaine de la vie consacrée féminine. Alors que les conciles régionaux de Gaule ont déjà abrogé le diaconat féminin (Nîmes 394-396, Orange 441), le Concile d'Agde, interdit aussi de donner le voile aux moniales avant l'âge de quarante ans. Selon le concile de Chalcédoine (451), avant cet âge on ne pouvait ordonner les diaconesses. De même, le concile définit les futures règles de clôture : « Les monastères de femmes seront situés à une bonne distance des monastères de moines, tant à cause des embûches du diable qu'en raison des médisances des gens. »
Dans le canon XX du concile, on défend aux clercs de porter des habits « qui ne convenaient point à leur état, c'est-à-dire qu'ils commençaient dès-lors à s'écarter des rêgles de la modestie et de la bienséance »
Dans le canon 42 on condamne et on exclut les « clercs et laïcs qui jouent les augures » . On condamne également celui qui, clerc ou laïc, les consulte. « L'Église le tiendra pour étranger ».
Le concile confirme aussi le précepte dominical (canon 47). C’est-à-dire que devant la tiédeur ou la négligence de certains il a dû expliciter le devoir des fidèles de participer à la messe dominicale. Ainsi, le concile d'Agde est l'une des assemblées qui va l'inscrire dans le droit canon. Ces décrets de Conciles particuliers, comme une chose tout à fait évidente, ont abouti à une coutume universelle à caractère d'obligation.
De même le concile d'Agde a confirmé la pratique de la tonsure (canon 20) en insistant surtout sur la nécessité d'une coiffure « modeste » pour les clercs. Cette coutume ecclésiastique restera en vigueur jusqu'en 1972 (réforme des ordres mineurs, Ministeria quaedam de Paul VI).
Participants
Galactoire, évêque de Lescar
saint Grat d'Oloron
Gratien de Dax
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