La peinture allemande

La peinture fut cultivée de bonne heure en Allemagne. II ne reste rien des peintures murales dont Charlemagne avait fait décorer son palais d'Aix-la-Chapelle. A la fin du IXe siècle, Raban Maur, abbé de Fulda, donna les dessins d'après lesquels furent exécutées, les peintures de l'église de Mayence. Au siècle suivant, on représenta dans les palais de Mersebourg et de Magdebourg les victoires de Henri l'Oiseleur et d'Othon le Grand sur les Hongrois: Les ecclésiastiques étaient alors les principaux protecteurs de l'art; Bernard, évêque d'Hildesheim, emmenait dans ses voyages plusieurs artistes, pour copier les oeuvres remarquables; Meinwerk, évêque de Paderborn, attachait à son église une école de peinture. Pendant les XIe et XIIIe siècles, les églises et les palais furent décorés de peintures, qui sans doute n'étaient que des ébauches grossières, mais dont le nombre atteste du moins combien le goût des arts était répandu. De tous ces anciens travaux rien n'a survécu; on possède seulement quelques manuscrits enluminés, que conservent les bibliothèques de Munich et de Bamberg.

 
Il y eut aux XIIIe et XIVe siècles, dans la ville de Cologne, une école célèbre, où l'on suivait les principes de l'art byzantin : ce sont, en effet, les mêmes fonds d'or, la même raideur des poses et des draperies, la même absence de perspective. Toutefois, on remarque dans cette école, dont quelques oeuvres existent à la galerie de Munich et dans les églises des bords du Rhin, la tendance à s'éloigner du caractère typique imprimé à la peinture par les Byzantins, et à substituer le génie individuel de l'artiste à la règle liturgique. Déjà l'école allemande prend un cachet particulier; elle imite la nature, mais sans la poétiser; privée des ouvrages de l'Antiquité qui eussent pu diriger son goût, moins portée que les écoles italiennes vers la beauté des formes, elle imprimera à ses oeuvres un caractère plus simple qu'idéal, plus naïf qu'héroïque. La Bohème avait, au XIVe siècle, son école distincte, que représentent Nicolas Wurmser, Kunze et Théodoric de Prague, et dont les oeuvres principales sont au château de Karlstein, près de Prague, et à la galerie de Vienne : on y dessinait moins exactement que dans l'école de Cologne, où brillaient Wilhelm et Stephan. Les archéologues reconnaissent aussi une école westphalienne, à laquelle appartient sans doute le Christ entouré de quatre saints, qui décorait jadis le cloître de Saint-Walbourg à Soest, et qu'on voit aujourd'hui à Munster; et une école bavaroise, dont un bon nombre d'ouvrages ornent les églises Saint-Sébald et Saint-Laurent à Nuremberg.

Dans l'art byzantin, la mosaïque était spécialement employée à la décoration des monuments. Avec l'architecture ogivale, la peinture sur vitraux prit naissance. Dès le XIe siècle, une verrerie était installée su monastère de Tegernesee. Les plus beaux produits de la peinture sur verre jusqu'au XVe siècle furent les vitraux des cathédrales de Strasbourg, de Fribourg, d'Augsbourg, de Francfort, d'Ulm et de Nuremberg, de l'église Sainte-Élisabeth à Marbourg. Parmi les artistes on cite : St Jean l'Allemand, qui orna de ses oeuvres plusieurs églises d'Italie; Paul et Christophe, qui allèrent travailler à la cathédrale de Tolède; Jean de Kirchheim, auteur des vitraux de Strasbourg; Judmann d'Augsbourg, Pierre Baker de Nordlingen, Volckhamer, Hirschvogel de Nuremberg, Jean Wild, Jean Cramer de Munich, etc.

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau

 


 

 

Créer un site gratuit avec e-monsite.com - Signaler un contenu illicite