Les bijoux

 

En raison des relations établies avec Bizance,nombre de bijoux de grands prix furent importés en Occident dès l'époque carolingienne.

En général,à cette époque,les bijoux étaient des éléments fixés aux vêtements(agraphes,fermaux,ornements de ceinture,boutons...)en dehors des couronnes,colliers et bagues.

C’est vers le 12ème siècle que l’influence de Byzance sur la bijouterie commence à s’atténuer. Le 13ème siècle vit une épuration dans les formes et les décors des bijoux, et une utilisation faite avec sobriété, manifestement en réaction aux excès précédents, phénomène particulièrement notable chez les laïques tandis que les ecclésiastiques continuaient à les employer en abondance. Ces tendances, sensibles durant le règne de Saint Louis connu pour son ascétisme, s’inversèrent de nouveau au 14ème siècle. La guerre de 100 ans eut bien sûr un impact défavorable sur le luxe et la mode des bijoux mais il fut de courte durée. Jusqu’au milieu du 13ème siècle, les pierres étaient taillées en cabochon puis elles le furent peu à peu en table dans certains cas, ce qui accrut leur valeur. Le goût pour les bijoux émaillés devient plus grand pendant le règne de Charles VI et ils prirent différentes formes telles que fleurs, animaux et personnages associés à toutes sortes de décors entremêlés. Sous Charles VI, les coiffures des hommes et des femmes sont couvertes de bijoux tout comme le reste des vêtements : les parures deviennent plus grandes et plus riches que jamais. Plus tardivement, mais toujours au 15ème siècle, les bijoux reprennent des dimensions plus modestes-

 

 

L'agraphe était également désignée sous les termes de « afiche », « fermail », « tasel », entre autres. Sa fonction était de maintenir les bords d’une chape ou ceux du haut d’une robe, d’un corsage, d’une coiffure ou encore d’un voile. Elle servait aussi à suspendre des clés et des aumônières. Il arrivait que certaines contiennent des reliques, plus particulièrement en ce qui concerne les fermaux des chapes. Elle était utilisée tant par les hommes que par les femmes et sa forme était des plus variées. Elle pouvait par ailleurs être fabriquée dans toutes sortes de matériaux (métaux, pâtes de verre serties, os, ivoire...) et ornée richement de pierres précieuses ou fines selon le statut social de son possesseur, ou encore d’un camée ou de ciselures.

L' importance de l'anneau fut grande au Moyen-Age. Il était notamment utilisé en signe d’investiture et pour officialiser les serments, comme simple objet de parure, comme sceau, pour contenir des reliques. D’autres avaient une fonction sociale : anneau de fiançailles, de mariage, épiscopal. Son usage fut variable au cours du Moyen-Age comme par exemple pour les sceaux car il fut remplacé par un objet dont c’était la seule fonction vers la fin du 9ème siècle.

Durant la période carolingienne, les boucles d’oreille, réservées aux femmes, sont des pendants courts terminés par une perle. Plus tard, les boucles d’oreilles furent peu utilisées car les femmes avaient les cheveux longs ou des coiffures qui recouvraient les oreilles.

Le bracelet n’est pas vraiment en usage au Moyen-Age car les manches étaient longues, serrées et bordées par un galon ou par une large bande de broderies ornées de pierreries. Seul cas particulier, celui des chevaliers qui portaient un bracelet au-dessus du coude avec une devise inscrite lorsqu’ils participaient à des tournois. Il était aussi d’usage que le perdant porte un bracelet fermé à clé pendant un an sauf si une dame le libérait.

Bijou attaché au cou grâce à une chaîne et dans lequel était enfermé une relique ou le nom de Dieu, de la Vierge ou d’un Saint, un texte des Saintes Ecritures , la bulle comportait de petites ouvertures dans le but d’accroître l’efficacité de sa protection. Ce talisman était porté par tous sans distinction d’âge ou de classe sociale bien que l’Eglise soit opposée à ce type de pratique-

 

Jusqu’au 14ème siècle, les hommes comme les femmes ne portaient guère de colliers. Ces derniers sont plus particulièrement constitués de chaînes à un ou plusieurs rangs, torsades agrémentées de grelots ou de pendeloques ou perles d’or. Des chaînettes peuvent être portées près du cou, tout comme le sont de fines ganses d’or ou de soie. Vers la fin du 15ème siècle, les dames mettent de larges colliers fait de plusieurs rangs de perles avec le fermail placé bien en évidence sur le devant de la gorge. Cependant, les dames françaises avaient plus souvent des plaques de poitrine servant de fermail ou d’agraphe comme ornementation.

Au Moyen-Age, il n’y avait pas de distinction précise pour les couronnes en fonction du rang de noblesse. A partir du 12ème siècle, les couronnes sont constituées soit de plusieurs éléments maintenus ensemble par des charnières soit d’un cercle plus simple en un seul morceau. Pendant le 15ème siècle, les princes plaçaient leur couronne sur de hauts bonnets ou des chapeaux tandis que les princesses les mettaient sur leurs coiffures (hennins, escoffions...).

 

Source

Saints et diables au chapeau : bijoux oubliés du Moyen Âge - Denis Bruna - Seuil

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