Le costume byzantin

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le costume byzantin : Textiles d’or et de soie dans l’Empire romain d’Orient

Au Moyen Age, les souverains et les cours européennes sont ensorcelés par les textiles précieux et chatoyants venus de Constantinople-

L’Empire byzantin, à cheval sur l’Europe et l’Asie, à cheval sur l’Antiquité et le Moyen Age, a construit une civilisation raffinée, luxueuse et cultivée. Le vêtement est l’une de ses expressions.

 

Le vêtement byzantin: l’expression des influences grecques et perses

Le costume byzantin est assez complexe, car il s’est nourri de nombreux emprunts. Schématiquement, le vêtement courant, assez proche du vêtement des peuples des steppes, est composé d’une tunique longue, d’un pantalon et de chaussures.

Le costume de cour est évidemment plus somptueux. Il est formé à partir des drapés grecs et des vêtements cousus du Proche-Orient, tendance de plus en plus présente à la fin de l’Empire. Les vêtements sont amples et raides, ils dissimulent le corps en vertu de la morale chrétienne, mais ils sont aussi lourds puisque brodés de fils d’or et d’argent. Ils sont une véritable parure.

Le costume byzantin est constitué d’une tunique de dessous aux manches étroites et resserrées aux poignets, d’une tunique de dessus plus courte conservant un certain drapé. Mais il est fréquent de superposer plus de deux pièces d’étoffes. Seuls les seigneurs et l’empereur portent le manteau, signe de leur pouvoir. Dans l’Empire byzantin, le vêtement est un marqueur social fort.

 

Le costume à la cour de Constantinople: l’expression de l’art byzantin

Des «murs peints ambulants»: voilà comment Astérios d’Amassis décrit le costume byzantin. En effet, les tissus issus des ateliers de Constantinople sont remarquables par leurs couleurs intenses et par leurs iconographies grandioses et précises.

Les motifs des tissus sont inspirés de l’art grec, des images chrétiennes, puis des décors sassanides (iraniens) à parti du VIe siècle. Animaux, figures humaines et thèmes religieux ornent les riches textiles byzantins. Véritables peintures tissées, les vêtements les plus précieux, réservés à la cour, sont parés de motifs historiés.

La mosaïque de Ravenne offre un témoignage de l’art textile byzantin. Justinien, empereur byzantin du VIe siècle y porte un manteau de pourpre orné d’une garniture de soie dans laquelle des canards bleus apparaissent dans des cercles rouges. À ses côtés figure l’impératrice Théodora portant un vêtement sur lequel est représenté toute une scène de l’Adoration des mages.

 

 

Les textiles des ateliers de Constantinople: l’expression de la richesse byzantine

Dans l’Empire byzantin, le commerce des textiles est très fleurissant, notamment avec l’Egypte, la Chaldée et l’Extrême-Orient. Les exceptionnels textiles byzantins sortent des ateliers impériaux à la pointe de la technique tant du côté de la teinture que du côté du tissage. Cette technologie est maîtrisée par les Byzantins dès le VIe siècle.

Avant cette date, la soie filée ou tissée venait de Chine par les caravanes et c’est en 552 que des moines byzantins ramènent, en secret, des cocons de vers à soie à Constantinople. L’histoire semble anecdotique mais c’est une véritable avancée pour l’Empire d’Orient et pour l’Europe qui, jusqu’alors, étaient complètement dépendants de la soie chinoise.

Les ateliers impériaux, qui travaillent à l’usage exclusif de la cour, prospèrent à partir du IXe siècle. Ces étoffes sont « le sortilège qui séduisit toute l’Europe » par leur beauté mais aussi par leur rareté car les plus précieuses d’entre elles, teintes de pourpre ou brodées d’or, sont réservées à la cour et interdites à l’exportation. Cependant, certaines de ces soie sont passées en fraude et d’autres par voie diplomatique: les riches tissus sont envoyés en cadeau aux souverains étrangers. Lors du sac de Constantinople, les textiles byzantins sont pillés en masse.

 

 

Les textiles byzantins: l’expression de la survivance d’une civilisation

Avec les Croisades, l’art byzantin se répand en Occident. Les tisserands de Constantinople migrent vers l’Ouest, dans l’Espagne musulmane, en Sicile et en Italie, emportant avec eux leur savoir-faire. Ainsi, la production de soie se développe en Italie dès le XIIIe siècle et en France au XVe siècle, notamment à Lyon.

Le costume byzantin s’est diffusé dans les Balkans et, au-delà, en Russie où il inspire le costume de cour jusqu’au XVIe siècle. Aujourd’hui, son influence est toujours visible dans les vêtements liturgiques de la religion orthodoxe.

 

 

Beaucoup de costumes et de parures venaient du vieil Orient : le pantalon est emprunté aux Huns ou aux Persans ; le tzitsakfon aux Khazares ; les bottes molles, le paragaudion, le kandys, le skamarangion, le collet, la tiare ovoïde aux Perses ; et, par l'intermédiaire de ceux-ci, le cavvadior, le skaranicon, le granatza viennent des Assyriens, comme le collier et le turban des Mèdes. Cette diversité d'origine explique le caractère si complexe du costume byzantin. Les représentations des costumes de luxe étant de beaucoup les plus nombreuses - et Byzance n'en est pas le seul cas - on en est réduit aux renseignements très brefs de certains auteurs sur le costume civil ordinaire. On sait seulement qu'au VIe siècle, les vêtements d'usage courant étaient ceux des peuples des steppes : blouse ou tunique, pantalon, chaussures s'inspiraient, d'après Procope, du costume des Huns. Les archétypes de cet habillement courant se maintinrent longtemps et ils figurent encore dans des miniatures du XIe siècle. Le pantalon du costume byzantin est représenté au IXe siècle sur les peintures du Mont-Athos, sous forme de braies étroites, collantes même, semble-t-il, dont la partie inférieure est engagée dans les chaussures montant à mi-jambes. Ces braies byzantines semblent avoir été souvent taillées dans de riches étoffes à dessins ou à broderies.

 

Au début de l'Empire, les Byzantins suivent l'usage de Rome. Ils se rasent la barbe et coupent leurs cheveux court. A partir du VIIIème siècle, les cheveux se portent plus longs, tombant sur la nuque. La barbe et la moustache sont alors de nouveau en faveur .
Aux Vème et VIème siècles les coiffures féminines forment un bourrelet sur le front retenu par des cordons de perles fines. Les cheveux sont encore frisés et bouclés sur le devant et les tempes, à la mode romaine. Pour retenir leur chevelure, les patriciennes ont recours à un bandeau de lin ou encore à de larges peignes d'ivoire plantés à la hauteur de la nuque. Enfin, elles les enferment parfois dans des résilles de lacets d'or ou d'argent. Certaines femmes portent un turban, mais le port du voile est plus habituel.

 

Les chaussures impériales sont de fins souliers parfois munis de lacets ou de lanières qui s'entrecroisent sur la jambe. Elles sont confectionnées en cuir souple noir ou rouge, ou dans de riches étoffes, décorées de perles et de pierreries incrustées. Certains modèles sont découpés sur le devant. Des bottes molles de couleur rouge, montantes jusqu'à mi-jambes, se portent aussi à la cour .

Les bijoux rehaussés de perles fines et de pierres précieuses sont beaucoup plus répandus dans la civilisation byzantine qu'en Occident. Les ceintures, les fibules et les diadèmes sont autant d'accessoires qui démontrent la maîtrise des artisans, des orfèvres ainsi que la richesse de leurs propriétaires.

Les colliers, les boucles d'oreilles, les bagues et les épais bracelets se façonnent en or, en argent ou en bronze. Ils s'ornent en filigrane d'animaux divers, de figures historiées et de feuillages stylisés. Le collier typiquement byzantin est le superhuméral : composé de plusieurs rangées de pierres, il s'étale sur des hauts de cols d'or couvrant les épaules et le haut du buste.

Constantin noue autour de sa tête une simple bande d'étoffe ornée en guise de couronne. Mais, plus tard, le couple impérial se pare de riches diadèmes formés d'une couronne rigide, évasée et agrémentée de pendeloques tombant sur le front de chaque côté de la tête. Ce diadème se nomme stemma.

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