L'ordre du Saint Sépulcre

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L'ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem est un ordre de chevalerie militaire et religieux, dont la fondation est attribuée à Godefroy de Bouillon, le vainqueur de la première croisade en 1099 à Jérusalem.

L'Ordre est restauré par le pape Pie IX en 1847. Il devient une association de fidèles catholiques reconnue par le Saint-Siège et qui œuvre pour aider la communauté chrétienne installée en Terre Sainte, aujourd'hui territoire d' Israël, de la Palestine, de Jordanie et de Chypre. Sa devise est Deus Lo Vult (Dieu le veut).

Les fondateurs mythiques

Trois personnages incontournables furent considérés par les historiographes de l'ordre comme ses fondateurs : l'apôtre Jacques, l'impératrice Hélène et l'empereur Charlemagne.

Jacques le majeur, que les Évangiles appellent le « frère du Seigneur », devint après la mort de Jésus, le responsable de la communauté chrétienne de Jérusalem dont il est considéré comme le premier évêque. On lui attribuait la désignation d'une garde d'honneur pour le Tombeau de Jésus ; les chanoinesses du Saint-Sépulcre le tiennent pour leur fondateur.

L'impératrice Hélène, mère de Constantin, séjourna à Jérusalem en 326 avant de se retirer en Bithynie. La tradition l'associe à la construction de la basilique constantinienne et à la découverte de la vraie croix ; cet intérêt pour le Saint-Sépulcre la fait tout naturellement désigner comme fondatrice de l'ordre par les chevaliers du XVIe siècle. Elle est d'ailleurs fréquemment représentée en costume de chanoinesse du Saint-Sépulcre.

L'ordre se place aussi sous la protection de Charlemagne qui envoiya deux brillantes ambassades auprès du calife de Bagdad aboutissant au protectorat franc sur la Terre sainte. Une chanson de geste, moins connue que celle de Roland, « La geste du roi », raconte ses aventures légendaires en Méditerranée et son pèlerinage à Jérusalem. De là sa désignation comme fondateur de l'Ordre.

L'ordre jusqu'en 1291

L'attribution de la fondation de l'Ordre à Godefroy de Bouillon est plus proche de la réalité.

Dès son installation à Jérusalem pendant la première croisade, le duc de Basse-Lotharingie, Godefroy de Bouillon qui, avant de partir pour la croisade, avait fondé, à Anvers, un chapitre de chanoines, en fonda également un à Jérusalem pour structurer la vie spirituelle organisée autour du Tombeau du Christ . La garde et l'entretien du « Saint-Sépulcre » fut confiée à vingt clercs, formant un chapitre qu'il dote amplement et dont les membres vivent en communauté comme leurs confrères européens. Une fraternité d'hommes et de femmes que l'on pourrait comparer à un tiers ordre vivait également tout près du Sépulcre et assistaient aux offices canoniaux. À ce groupe s'incorporaient, de manière plus ou moins formelle, d'anciens croisés retirés là pour y mener une vie de prière. La plupart de ces chevaliers rejoignirent après 1118, Hugues de Payns qui s'était installé au Temple et deviendra en 1129 le premier maître du jeune ordre du Temple. Il y avait donc autour du Saint-Sépulcre, une importante vie liturgique où se côtoyaient clercs et laïcs.

Ces chanoines du Saint-Sépulcre, qui assuraient la vie liturgique du sanctuaire, furent d'abord séculiers ; mais à partir de 1114 ils devinrent réguliers, lorsque ces établissements le devinrent également en l'Europe et suivirent règle de saint Augustin. Profitant des différentes conquêtes des croisés sur les musulmans, l'ordre put se développer en étendant sa mission de protection des lieux saints sur l'ensemble du Royaume franc de Jérusalem. À l'instar de Jérusalem, on vit des chapitres de chanoines fondés à Jaffa, à Acre, au mont des Oliviers, à Bethléem, au mont Thabor et un peu partout en Terre Sainte, et qui se disaient également chanoines du Saint-Sépulcre. Ils formaient tous, sous ce nom, une même congrégation dont le chef-lieu était à Jérusalem.

Plusieurs chefs croisés en ramenèrent avec eux à leur retour en Europe pour propager cet ordre dans leur pays ; c'est de là qu'on vit des chanoines du Saint-Sépulcre, et même des chanoinesses du même nom, établis en Allemagne, en Pologne, en Angleterre, en Espagne et aux Pays-Bas. Ainsi répandus dans toute l'Europe, ils n'avaient pas d'organisation commune et ne reconnaissaient pas un premier chef. Leurs usages, comme leurs constitutions, n'étaient pas partout les mêmes. Les chevaliers étaient au service des chanoines et devaient obéissance à leur doyen ou prieur.

Confirmé dans ses fonctions par Pascal II en 1113 et de nouveau rendu admissible à des laïcs par une bulle de Calixte II en 1122, l'ordre canonial du Saint-Sépulcre connut de nombreuses vicissitudes à la chute définitive du Royaume latin de Jérusalem en 1291 chute de St Jean d'Acre le 18 mai 1291) .

De 1291 à l'incorporation d'une partie de l'Ordre à l'Ordre de Malte en 1489

Les chanoines et les chanoinesses du Saint-Sépulcre durent se replier dans leurs maisons d'Europe. Les chanoines s'installèrent notamment au prieuré de Saint-Luc à Pérouse ou à Orléans où il y avait alors un couvent de cet ordre fondé par Louis le Jeune à son retour de la deuxième croisade. Le grand prieur de Saint-Luc prit alors le titre de maître de l'ordre.

Leur premier habit était blanc, mais, après la perte de tous leurs établissements de l'Orient, ils prirent, en signe de deuil, l'habit noir qu'ils ont conservé par la suite. La croix que les chanoines portaient cousue sur leur habit est une croix à double traverse [1]. L'ordre canonial essaima ensuite dans toute l'Europe, jusqu'aux confins des chrétientés latines de Slavonie, de Pologne et de Bohème.

Ce n'est qu'avec l'institution de la Custodie de Terre Sainte confiée aux moines franciscains par Jean XXII en 1330 que l'Ordre vécut une deuxième période importante de son histoire. Les anciennes prérogatives des chanoines du Saint-Sépulcre d'adouber des chevaliers sur le tombeau du Christ furent dès lors confiées au custode de Terre Sainte qui reprit même les emblèmes de l'ordre au compte de la Custodie.

En 1489, Innocent VIII décida la suppression de l'ordre canonial et l'incorporation de ses biens à l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, voulant ainsi unir toutes les forces vives contre l'Islam dans le projet de croisade qu'il tenait à cœur depuis le début de son pontificat. La décision fut confirmée par Jules II en 1505 et Pie IV en 1560. C'est ainsi que le grand-maître de l'Ordre de Saint-Jean ajouta à ses titres celui du Saint-Sépulcre. Mais la décision papale fut une demi-mesure car l'indépendance acquise par les prieurés espagnols, siciliens et allemands les mettait à l'abri et évita leur disparition. En outre, le décret papal ne visait que l'ordre canonial, désigné comme militia et non les chevaliers adoubés auprès du Sépulcre qui n'étaient pas encore regroupés officiellement sous l'appellation d'Ordre du Saint-Sépulcre.

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