Les noms de famille

 

Les surnoms.

Les surnoms constituent la catégorie de base des noms de famille. S'ils peuvent être facilement confondus avec les surnoms dits « physiques » ou « moraux », ou encore les « sobriquets », ils étaient motivés par un trait marquant de l'individu qui se trouvait ainsi nommé sans ambiguïté, dans le cercle restreint de son village et de ses proches.

C'est ainsi, par exemple, que deux personnes ayant le même nom de baptême, se verront distinguées par l'attribution d'un adjectif qui, au fil des évolutions, deviendra son nom de famille. Par exemple, si deux personnes d'un même village portent le nom de Bernard, on attribuera à l'un des deux un nom faisant référence soit à une de ses qualités propres, soit à son lieu d'habitation. Le nom ainsi donné sera alors Petibernard ou Bernarmont.

Les surnoms peuvent également désigner une expression employée fréquemment. Ainsi, un homme répétant souvent « par la grâce de Dieu » se verra appelé Pardieu.

Nous allons poursuivre en évoquant ci-dessous différentes formes de surnoms utilisés pour caractériser leurs porteurs : les noms de lieux, les noms « d'état », les noms de métiers, les sobriquets, puis les surnoms moraux et physiques.

 

Les noms de lieux :

Au Moyen-Âge, pour différencier les personnes (nobles et roturiers) qui n'avaient qu'un nom de baptême, on les surnommait souvent du nom de leurs terres d'origines. C'est à cette époque que des noms comme Duhamel (« le hameau »), Dumas (« la ferme ») ou Castel (« le château ») virent le jour.

A l'heure actuelle, les noms de lieux constituent une grande partie des noms de famille. Ils font référence à deux types de lieux:

*Les lieux-dits :

Ce sont des noms empruntés aux domaines dont la propriété passait d'une génération à une autre au rythme des héritages. Parmi les porteurs de ces noms, il en est beaucoup qui ne possèdent plus les domaines correspondants. Pourtant, il n'est pas rare de retrouver certains porteurs de noms de lieux non loin de l'endroit en question.

*La provenance :

Ces noms désignaient les lieux proches du domicile d'un individu (route, chemin, source, cours d'eau, marécage, toponymie alpine, monastère, chapelle, etc.), ou les régions d'origine de nouveaux habitants (hameau, village, ville, région, pays, etc.).

Il pouvait s'agir, par exemple, d'une personne vivant près d'un pont (Dupont, Dupontet, Dupontel etc.), ou venant d'Auvergne (Lauvergne, Larverne, Larvergne etc.).

Mais on désignait également l'individu par un terme rappelant la caractéristique de sa maison : Kergoat (« maison en bois»), Piarresteguy (« demeure de pierre »).

 

Les noms dit « d'état » :

Cette catégorie regroupe des noms issus des fonctions occupées par les personnes auxquelles ils ont été attribués.

Ils apparaissent en France à partir du XIIème siècle, époque à laquelle la vie sociale prend une véritable place en France. C'est en effet la période où naît la petite bourgeoisie englobant les artisans, les petits commerçants, ainsi que toutes les professions issues de la fonction publique. Les avocats et les religieux, jusqu'alors au service de la noblesse, se mettent a côtoyer cette bourgeoisie génératrice de développement économique.

Les porteurs de ces noms n'exerçaient pas forcement cette profession. En effet, le maître dont ils dépendaient transmettait a ses serviteurs son nom générique.

La quasi totalité de ces noms révèlent une caractéristique liée a la vie sociale (Ex. : Avoyer « Avocat », Chevalier, Maréchal, Prévosts, Clerc, Abbey, Évêque).

Il est a noter que ces noms se retrouvent sur l'ensemble du territoire français, avec dans certains cas des modifications orthographiques liées au changement de région, le sens ne changeant guère.

De part leur spécificité ces noms sont les plus rares en France.

 

Les noms de métiers :

Entre le Vème et le Xème siècle, les habitants de la France ne portaient que leurs noms de baptême. A partir du XIIème siècle, pour différencier les homonymes devenus trop nombreux, certains noms de métiers furent adoptés pour désigner les individus.

C'est plus tard, au hasard d'un acte de baptême, de mariage ou de sépulture que les noms de métiers sont devenus héréditaires, se transformant en nom de famille.

Il est a noter, que ces noms relèvent plutôt d'une origine citadine. En effet, c'est dans les bourgs et dans les lieux de foires que l'on retrouve le plus souvent artisans et négociants. Voici quelques exemples de noms de métiers : Couturier, Fournier, Lefebure, Barbier, Wagner (charron), Schumacher (cordonnier), Mitterand (le mesureur).

 

Les sobriquets :

Il est assez difficile de bien repérer un nom répertorié comme « sobriquet ». Ces noms sont en effet des déformations humoristiques ou fantaisistes. Cependant, ils peuvent également exprimer une caractéristique morale ou physique, sans pour autant devoir être considérés comme des noms dits « à caractère physiques ou moraux ».

Ils ne sont pas forcément péjoratifs, mais expriment plutôt une particularité chez un individu. Ce dernier, une fois dénommé par ses pairs, créait sa propre famille autour de ce nom.

Ces noms sont apparus au Moyen-Âge et sont dans bien des cas des adjectifs. Par exemple : Bachelard (« jeune garçon a marier »), Gagnebin (« qui sait gagner de l'argent »), Lesot (« celui qui ramenait l'eau »), Couard (« désignait un homme peureux »), Romeu (rappel le pèlerinage d'un individu à Rome), Lesoldat, etc.

 

Les surnoms « moraux » :

Les noms dits « moraux » sont apparus en France aux alentours du XIIème siècle. Ils désignaient les personnes qui se distinguaient par leurs qualités ou leurs défauts : Vaillant, Hardy (« homme brave »), Doucet (« homme gentil », « doux »), Lesage (« homme savant »), Agassi (« celui qui jacasse »).

Les animaux servaient aussi de référence pour qualifier les surnoms moraux : Renard (« le rusé »), Chevrier (« chèvre », désignait un homme leste, agile), Cocteau (« coq », désignait un homme vaniteux, orgueilleux, querelleur).

 

Les surnoms « physiques » :

Les noms a caractéristique « physiques », sont apparus en France, comme d'autres types de noms, aux alentours du XIIème siècle.

Ces noms de famille étaient donnés aux personnes qui présentaient une particularité physique apparente permettant de les distinguer. Ces particularités étaient bien souvent en rapport avec la morphologie.


Une grande fantaisie

Jusqu'au XIIIe siècle, la plus grande fantaisie domine dans l'attribution des surnoms. Ils étaient attribués un peu au hasard, évoquant une origine, une qualité ou une singularité. De plus, ils étaient susceptibles de changer d’une génération à l’autre, générant ainsi de sérieux problèmes de différenciation.

Les surnoms pouvaient aussi être liés à des animaux, à des fleurs, à des objets. Loiseau, Laviolette, en sont des exemples parmi tant d’autres. Maintenant, pourquoi Loiseau ? Peut-être parce que l'individu avait une petite cervelle, comme l'oiseau ! Peut-être sifflotait-il du matin au soir ! La porte est large ouverte à de nombreuses extrapolations et dérives imaginatives pouvant se situer très loin de la réalité.

En ces temps là, les actes ne désignaient généralement les individus que par leur prénom. Jeanne, fille de Jacques, pouvait-on lire par exemple sur les registres. Seule exception à cette règle, les branches nobles, bien entendu. Ce n’est qu’au XVIè siècle, en 1539 plus précisément, que François 1er, par l’Édit de Villers-Cotterêts, légiféra sur ce point en obligeant la transmission des surnoms de père en fils (on ne disait pas encore nom de famille)

Bien que cet Édit ou Loi de l'Ancien Régime, soit d'origine française, les autres pays avoisinants n'ont pas tardé à suivre et à adopter cette promulgation. L’usage des surnoms permettait de différencier, dans un village ou un quartier, des individus de même prénom.

L'orthographe a joué un très grand rôle dans la transmission des noms de familles au cours des différentes générations. Lors de la rédaction des registres paroissiaux par le clergé, bien des d'individus ne savaient écrire et parmi ceux qui savaient le faire, bon nombre d’entre eux ne connaissaient pas la juste orthographe de leur nom. Quant aux scribes, ils se souciaient peu de l’appliquer. Les patronymes étaient la plupart du temps transcrits d'après des consonances phonétiques. Les curés chargés de la tenue des registres paroissiaux et plus tard les secrétaires de mairies et d'administrations ne voyaient cependant aucun inconvénient à transcrire les noms au gré de leurs convictions ou de leur lucidité de l’instant. Il était fréquent de remplacer des « i » par des « y », de supprimer ou d'ajouter la lettre « s », voire de la doubler dans certains noms, etc.

Si l'on tient compte de ces paramètres, on peut admettre facilement le fait qu'un individu avait son nom orthographié d'une certaine façon sur un acte de naissance ou de baptême, et d'une manière toute autre sur son acte de mariage ou de décès les noms mentionnés sur des actes. Tout simplement, des personnes y étaient inscrites de façon inexacte, le scribe de l’époque ayant confondu deux personnes ayant les mêmes nom et prénom.

Dans ce domaine, on se gardera d’interpréter trop vite le sens d’un surnom ou d'un nom. Un individu nommé « Boulanger » peut très bien exercer le métier de boucher, et un « Leroux » avoir les cheveux bruns. Le surnom n’était en fait qu’une simple commodité. Tout cela complique évidemment les recherches étymologiques. Beaucoup de mots ont perdu leur sens premier et bon nombre de lieux ou de métiers ont totalement disparu. Comment déterminer, dans ce cas, les circonstances qui ont favorisé l’attribution d’un surnom plutôt qu’un autre ?

C'est à vrai dire difficile car, entre autres choses, de très sérieux ouvrages traitant d'onomastique, se contredisent parfois. Mais qui peut dire qu'il détient « La » Vérité ? Il faut en tous cas prendre garde de tirer des conclusions hâtives pouvant s'avérer fausses par la suite. Il n'est pas judicieux de chercher des solutions saugrenues pour tenter de découvrir l'origine d'un nom alors que bien souvent la solution est d'une extrême simplicité. D'autre part, il serait faux de vouloir prétendre que les personnes ayant le même patronyme que le vôtre sont obligatoirement vos cousins, même s'ils occupent le même village.

A l'opposé, dans de nombreux villages, il arrive souvent que des personnes portant des patronymes différents appartiennent, à l'origine, à la même famille sans le savoir pour autant. Ceci est la résultante des changements d'orthographe et de la transformation des noms au cours de leurs transcriptions. A chacun donc d'en tirer son propre parti, ses propres conclusions, comme dans tous les domaines d'ailleurs.

Commentaires (1)

1. lilou 28/12/2010

voila il me faut un prénom de chevalier du moyen age pour ma rédaction de français est ce vous avez des idées si oui merci de me les faire parvenir

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