Boutres et jonques

 

jonques

 

Zone de contacts millénaires entre marins de Méditerranée, d'Afrique et d'Extrême-Orient, l'océan Indien avait livré aux Anciens, au temps d'Hippalos (Ie Ie s.), le « secret » du rythme saisonnier de la mousson. Sur leurs traces, les Arabes s'assuraient des marchés jusqu'en Chine (IXe s.), tandis que les marins chinois venaient à leur rencontre jusqu'à Ceylan et Zanzibar. Les voyages de Marco Polo (XIIIe s.) et d'Ibn Baṭṭūṭa (XIVe  s.) confirmaient la constance des routes de la mousson que Vasco de GamaVasco de Gama (vers 1469-1524) emprunta aussi à la fin du xve siècle.

Les Arabes étaient bons marins et disposaient d'excellents navires,notamment les boutres.

 boutre

 La coque, construite en bois de teck, assemblée bord à bord, présente une étrave allongée et une poupe en tableau surélevée ; le gréement, caractéristique (aurique), comporte un ou deux mâts très inclinés sur l'avant, une voile trapézoïdale (dite arabe) fixée sur une très longue antenne.

L'art nautique pratiqué dans l'océan Indien atteint dès le xe siècle un niveau empirico-scientifique que les navigations méditerranéenne et atlantique n'abordent que deux siècles plus tard. En l'absence de boussole, utilisée pour la première fois en cet océan en 1282, les Arabes naviguaient à l'aide de la rose azimutale sidérale. Cette technique qu'autorisaient la clarté sidérale et les navigations à basse latitude permettait de définir les trente-deux rhumbs de l'horizon en choisissant quinze étoiles aux distances polaires successivement échelonnées. En revanche, à la fin du Moyen Âge, les procédés des pilotes portugais s'imposent aux Arabes : Ibn Mādjid, pilote de Vasco de Gama, conseille à ses compatriotes de l'océan Indien de se mettre à l'école « des Francs d'où viennent maintenant science et art nautiques ».

Nos connaissances sur les navires et l'art nautique chinois restent fragmentaires, mais il ne fait aucun doute que les Chinois pratiquèrent très tôt une navigation astronomique primitive et qu'ils furent les premiers utilisateurs de l'aiguille aimantée (un siècle environ avant les marins de Méditerranée). Le caractère particulier de la construction navale chinoise surprit les navigateurs musulmans et chrétiens du Moyen Âge lorsqu'ils découvrirent les jonques. Celles de l'océan Indien étaient de très lourds navires, portant trois mâts ou davantage, gréés de voiles lattées ; un fond plat sans quille, une pesante rame-gouvernail les rendaient peu manœuvrantes. Conçues pour naviguer vent arrière avec la mousson, elles ne pouvaient rivaliser avec les jonques des mers de Chine qui, avec dérive mobile et gouvernail axial ajouré, se révélaient d'excellents voiliers. Plus tôt que l'Occident, la Chine apportait sa contribution à la navigation-boutre

 : boussole, voiles lattées, gouvernail axial, peut-être aussi gouvernail d'étambot (xe s.).

Source

N° 19: La navigation au Moyen Age - PREHISTOIRE 

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