Une curieuse chapelle

 

 

Faite de feu et de foi, la chapelle Saint-Michel d'Aiguilhe défie le temps et les hommes perchée sur sa griffe volcanique au nord de la ville.

C'est l'évêque Gondescal, premier pèlerin français vers Saint-Jacques de Compostelle qui est à l'origine de sa construction vers 962.

Un escalier fait de 265 marches nous emporte vers le ciel, la lumière et l'éternité, au fur à mesure de la montée on quitte le bruit, les tentations et c'est dépouillé dans notre intériorité que nous soufflons, pauvres humains, devant une magnifique façade polychrome romane, comme seules peuvent l'être ces chapelles auvergnates.

Comme l'a dit avant moi Prosper : "un petit bijou d'architecture" fait de frises de marbre, de briques, de grès et de basalte aux joints joliment rosés. Un petit côté oriental est donné par des rinceaux et des colonnettes. Un très bel arc représente une scène, très émouvante dans sa simplicité, de l'Apocalypse selon saint-Jean. Le Christ, entouré de 8 vieillards qui, dans leurs mains voilées, présentent des coupes remplies de ce qui pourraient être les pauvres prières des hommes ! Ajouté à cette scène, un décor de feuillages et d'oiseaux.

Pénétrons silencieusement à l'intérieur pour contempler, débarrassé de l'enduit à la chaux qui la recouvrait il y a pas très longtemps, une merveilleuse fresque d'époque.

Toujours le Christ entouré du soleil et de la lune font face à saint-Michel placé entre deux séraphins. dans les angles, on retrouve les symboles des évangélistes, l'ange, l'aigle, le lion et le bœuf, allez devinez à qui ils appartiennent !

Derrière l'autel, bien sûr, est représenté le ciel et la résurrection des morts ! Un beau palais où les élus sont introduits par saint-Michel, le ciel ou l'enfer ? et en face, un bel ange appelle les morts à sortir de leurs tombes pour leur jugement dernier. L'enfer, lui est représenté sous le ciel !

Comme dans tout édifice religieux roman, de belles colonnes aux chapiteaux décorés d'animaux, de végétal.

Trois oratoires complètent cet espace de beauté et de calme, la chapelle saint-Gabriel, la chapelle du Jardin et la chapelle saint-Michel.

Le dernier mot de la fin, ou plutôt la légende qui veut que l'archange saint-Michel sauva par deux fois une jeune fille venue se suicider en se jetant du haut du pic. Fière d'avoir échappé par deux fois à la mort, elle tenta une troisième fois mais ce fut une fois de trop et la bonne ! Dieu protège les innocents mais pas les orgueilleux !

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