Arnaud de Cervole (vers 1300 dans le Périgord - 25 mai 1366) dit l'Archiprêtre fut un célèbre chef mercenaire dans les grandes compagnies au XIVe siècle et un audacieux partisan français
Fils cadet de la famille des seigneurs de Cervole dans l'actuel Lot-et-Garonne, il entre dans le clergé. Il n'avait comme seul patrimoine, quoique séculier, que l'archiprêté de Vélines (évêché de Périgueux) qui est possédé par Arnaud de Cervole à titre héréditaire. Il en percevait les revenus, comme laïc au titre de l'inféodation, comme seigneur temporel des droits utiles d'un archiprêtré. En 1347, reconnu clerc indigne, son bénéfice lui est retiré. Il commence alors une carrière de brigandage dans la région de Bordeaux.
Par ailleurs, Arnaud de Cervole se marie avec Jeanne de Châteauvillain, veuve d’Hugues de Vienne. Elle épousera en troisièmes noces Enguerran d’Eudin après la mort d'Arnaud, assassiné en mai 1366 par un de ses soudoyers. Il portait les titres suivants au moment de sa mort : Seigneur de Châteauvillain, Archiprêtre de Vélines, Sire de Châteauneuf-sur-Charente, Seigneur de Concressan et de Leuroux.
On peut admettre que notre archiprêtre fut un brigand, mais seulement dans le sens médiéval du mot, c’est-à-dire en tant qu'homme de guerre, nous dirions aujourd'hui soldat (brigand venant de brigandine, sorte de plates ou armures du torse en cuir bouilli ou petites plaques de fer). S'il fut, personne ne peut le nier, un "voleur pilleur et robleur", c'est à l'imitation de tous les gens de guerre de l'époque, tels Du Guesclin ou Jean Chandos. Son ascension fulgurante, malgré son état de petite noblesse, a étonné ses contemporains ; ses succès étaient dû principalement à son état de chef de compagnie. voir l'étude biographique écrite par l'historien Aimé Cherest "l'archiprêtre, épisodes de la guerre de cent ans au XIVe siècle" Paris 1879. ainsi que l'étude de Guigue "les tard-venus en Lyonnais, Forez et Beaujolais".
La guerre de Cent Ans lui permet de s'enrichir et d'accumuler des titres. Le roi lui donne la seigneurie de Châteauneuf-sur-Charente en 1354, le nomme capitaine de Beaumont-le-Roger et chambellan de France.
Dès 1355, il est chevalier, vassal du roi et touche une pension en échange de certaines "besognes secrètes". Il participe en 1356 à la bataille de Poitiers, où il est fait prisonnier et discrètement libéré. Il lève, après la bataille de Poitiers, plusieurs compagnies de Routiers, ravage la Provence en 1357-1358, rançonne le pape à Avignon et pille la Bourgogne. L’année suivante, le conseil du roi lui confie la garde du Berry. Il devient administrateur de la baronnie de Graçay, seigneur de Levroux.
En 1359, le Dauphin Charles l'attire à son service mais, après la paix de Brétigny (1360), Cervole rassemble de nouveau ses Routiers, part ravager la Bourgogne et force le comte de Nevers à traiter avec lui. Il revient ensuite combattre pour le roi Charles V, qui lui donne le titre de chambellan : il a repoussé les Tard-Venus.
La lutte contre les compagnies est l'un des enjeux majeurs du retour de Jean le Bon. Ce dernier tente d'utiliser les unes contres les autres. Ainsi, 1363, Philippe de Bourgogne prend à son service Arnaud de Cervole dit l'archiprêtre, dont il est parrain du premier fils. Cette stratégie se révèle désastreuse et se termine par la défaite de Brignais ou les troupes levées par le roi sont mises en déroute par les compagnies en partie du fait de la trahison de l'archiprêtre. Ce dernier récidive à la bataille de Cocherel, où il négocie avec les Navarrais puis quitte le champ de bataille en prétextant une reconnaissance- Philippe le Hardi doit employer toute sa science de la diplomatie pour calmer la colère de Charles V.
En 1365, le duc de Bourgogne lui propose de conduire les grandes compagnies en croisade contre les turcs en Hongrie (pour faire sortir les compagnies du royaume de France). La croisade a le soutien du Pape qui cherche à se débarrasser des compagnies qui présente dans le couloir rhodanien asphyxient Avignon et celui de l'empereur Charles IV qui soutient ainsi son Neveu Charles V. L'archiprêtre part avec une armée qui ne dépasse pas Strasbourg mais ravage la Lorraine, les Vosges et les bords du Rhin!
Au début de 1366, il s’enrôle dans la croisade qu’organisait Amédée VI comte de Savoie. Il rassemble ses gens et se met en route. Le 25 mai 1366, il est tué par un de ses soldats alors que son armée campe près de Mâcon, avant de passer la Saône.
Seguin de Badefol né en 1330 au château de Badefol. Fils de Seguin Gontaut de Badefol et de Marguerite de Bérail. Il mourut empoisonné à une date indéterminée. Périgourdin comme comme Arnaud de Cervole. On lui donna le sobriquet de Chopin Badefol.
À la tête de 2000 routiers, il entre au service des Anglais (ceux-ci étaient surnommés Godons par les Français lors de la guerre de Cent Ans). Avec Petit Meschin, il fut victorieux lors de la bataille qu'il l'opposa en 1361 au comte de la Marche (Jacques de Bourbon). En 1364, Seguin de Badefol dévasta la région entre Lyon et Mâcon, il fut maître de la Saône et du Rhône et s'empara d'une soixantaine de châteaux. Bien ancré dans cette région, le pape Urbain VI à bout d'arguments paya le chef des Routiers pour le déloger. Seguin de Badefol prit la direction de la Navarre. Sur ordre de Charles II de Navarre il fut empoisonné avec des figues.
Turstin Citel († 1021 ou 1022) est un aventurier normand qui s'illustra comme mercenaire en Italie méridionale dans le premier quart du XIe siècle et dont les exploits sont en grande partie légendaires.
Turstin Citel fut le premier chef normand d'Italie. Si le personnage a bel et bien existé, il est entouré de légendes. Il arrive dans le sud de l'Italie peu après l'an 1015 avec une bande de 23 normands dont Gislebertus, Gosmannus, Stigandus et Ugo Falluca.
Il est cité par de nombreux auteurs, notamment par l'historien anglo-normand Orderic Vital qui cite Turstin comme étant en tête des aventuriers normands qui furent les premiers à prendre le chemin du sud de l'Italie autour de l'an 1016 (…Primus Apuliensibus Normannis, dum adhuc ut aduene Waimalchi ducis Salernie stipendiarii erant, prefuit Turstinus cognomento Scitellus uir in multis probitatibus admodum expertus…). Selon le chroniqueur normand Guillaume de Jumièges, Turstin Citel était « un homme d'une force prodigieuse et d'un courage à toute épreuve ».
En Italie, il se met au service du prince lombard, Waimar III de Salerne (994–1027), qui doit notamment lutter contre les pirates sarrasins.
Turstin Citel s'illustra par sa force et son courage, notamment en osant s'affronter à un lion. « Un jour, dit Guillaume de Jumièges, se trouvant à Salerne, il arracha une chèvre de la gueule d'un lion, que l'on nourrissait dans le palais du prince Waimar; saisissant ensuite le lion lui-même, qui, furieux de se voir enlever sa proie, s'élançait sur lui, il le jeta par-dessus les murs du palais, comme il aurait fait d'un petit chien. ».
Après avoir servi le prince de Salerne, Turstin et ses hommes se retirèrent sur les frontières de la Campanie où ils errèrent pendant quelque temps parmi les collines et les vallées, dressant leurs tentes, tantôt dans un endroit, tantôt dans un autre, et réduits à conquérir à la pointe de l'épée leur subsistance de chaque jour. Les « Italiens », pleins de haine contre lui (à cause des exactions et des pillages des normands ?), et désirant sa mort, le conduisirent en un certain lieu où habitait un énorme dragon, au milieu d'une grande quantité de serpents. Dès qu'ils virent venir la bête, ils se sauvèrent en toute hâte. Turstin, les voyant fuir et ignorant leur projet, demandait avec étonnement à son écuyer pourquoi ils s'étaient sauvés si vite, lorsque tout à coup le dragon, vomissant des flammes s'avança vers lui et porta sa gueule béante sur la tête de son cheval. Turstin, sans s'effrayer brandit son épée, frappa l'animal avec vigueur et le tua, mais, empoisonné par son souffle venimeux, il mourut trois jours plus tard.
Selon le chroniqueur normand Robert de Torigni (qui le nomme Torstein Sciteaus), Turstin fut tué par le venin du « serpent » qu'il a occis.
Après sa mort, les aventuriers normands restés en Italie élurent pour chef un certain Rainulf Drengot, fondateur dans la région de Naples du comté d'Aversa (c. 1030), premier établissement normand permanent en Italie-
Rutger von Blum, connu sous le nom de Roger de Flor (Brindes, Italie, ~1266 - Andrinople, Empire byzantin, 1305) est un chevalier d’origine allemande et le chef des Almogavres.
C'était le second fils de Richard de Flor, fauconnier de l'empereur germanique Frédéric (Friedrich) II de Hohenstaufen, qui mourut en combattant contre Charles d’Anjou à la bataille de Tagliacozzo, et d'une jeune femme de Brindisi, où il naquit et grandit avec son frère.
Il devint chevalier de l’Ordre du Temple et participa à la dernière Croisade; il se distingua en défendant Saint-Jean-d’Acre (Palestine) et en évacuant les Chrétiens lors de la prise de la ville par les Musulmans (1291). Par la suite, les Templiers l'accusèrent d'avoir détourné une partie de leurs trésors et l'expulsèrent de l'Ordre. Tirant profit de son expérience militaire, il devint mercenaire et se mit au service du roi Frédéric (Fadric) II de Sicile, fils de Pierre (Pere) III le Grand d'Aragon.
Frédéric le nomma capitaine des compagnies d’Almogavres (almogàvers), mercenaires catalano-aragonais qui avaient participé à la conquête de Valence et de Majorque pour le compte de la Couronne d'Aragon et qui aidèrent à consolider la présence aragonaise en Sicile contre la Maison d’Anjou (défense de Messine, 1301).
L'année suivant la Paix de Caltabellotta (1302) entre Charles II d'Anjou et Frédéric II de Sicile, Roger de Flor proposa ses services à l'empereur byzantin Andronic II Paléologue, pour l'aider à combattre les Turcs qui déferlaient dans l'Empire grec et menaçaient d'assiéger Constantinople. L'Empereur accéda à sa requête et le capitaine arriva à la tête d'une expédition de quatre mille Almogavres et de trente-neuf navires, constituant la Grande Compagnie catalane. Il entra tout de suite en action et anéantit les Génois de Constantinople pour la plus grande joie de l'Empereur, irrité de leur tutelle. Puis en 1304 il passa en Anatolie et prit les villes de Philadelphie, Magnésie et Éphèse, repoussant les Turcs jusqu'en Cilicie, vers les monts du Taurus. Pour le récompenser de ses services, Andronic, malgré certains abus des soldats catalans contre les Grecs, le nomma Mégaduc (Grand amiral de la flotte impériale), et lui donna la main de sa nièce Marie, fille de sa sœur Irène et du tsar détrôné Jean Asen III de Bulgarie[1]. Mais l'Empereur fut effrayé par les ambitions de Roger de Flor qui voulut s'ériger en souverain des territoires qu'il avait conquis en Asie Mineure. Après négociations, Andronic lui concéda le titre de César de l'Empire et la seigneurie des territoires byzantins d’Anatolie, à l'exception des villes. L'ambition croissante de Roger de Flor et son influence grandissante finirent par indisposer Michel IX, fils aîné d'Andronic II, associé au gouvernement de l'Empire. Celui-ci l’attira à Andrinople et le fit assassiner au cours d'un banquet, en même temps que cent trente chefs almogavres (5 avril 1305), dans l'intention de s'attaquer ensuite au reste de ses troupes. Mais il ne put mener à bien son stratagème, car les Almogavres se choisirent de nouveaux chefs et se lancèrent dans de violentes représailles. Sous le commandement de Berenguer d’Entença, ils se dirigèrent vers Constantinople et rasèrent tout ce qu'ils trouvèrent sur leur passage en Thrace et en Macédoine; c'est ce que l'on appela la Vengeance Catalane. Par la suite, ils se mêlèrent aux luttes intestines de l'Empire et en profitèrent pour s'emparer des duchés d'Athènes et de Néopatrie au nom de la Couronne d’Aragon, duchés qui ne furent perdus qu'en 1390.
Roger de Flor fut très populaire chez ses contemporains grâce à la Chronique de Ramon Muntaner, dans laquelle celui-ci rapporte cette extraordinaire expédition à laquelle il participa. Roger de Flor se convertit en une figure mythique pour les Catalans et servit de modèle essentiel au héros de Joanot Martorell dans son Tirant le Blanc.
Constantin Humbertopoulos († 1112) est un général byzantin, d'origine normande, proche d'Alexis Ier Comnène. Il appartient à la seconde génération des mercenaire francs de l'Empire byzantin : il serait le fils de Humbert de Hauteville, patrice, stratège et domestique des Nouméroi vers 1050, et le neveu de Robert Guiscard. Constantin est un officier de Nicéphore Botaneiatès, dont il dirige les tagmata francs. Il épouse une byzantine d'illustre famille et s'intègre à la vie politique et militaire de l'empire : au moment de la révolte d'Alexis, il détient la haute dignité de protonobélissime ou celle de sebastos.
Alexis parvient à le convaincre de participer au coup d'État de 1081. Il est désormais l'un des principaux lieutenants du basileus. Il dirige les régiments de mercenaires Francs à la bataille de Dyrrachium (15 octobre 1081) qui se termine par une cuisante défaite d'Alexis face aux Normands de Robert Guiscard. Au printemps de 1086, après la défaite de Bélatiova contre les Petchenègues, c'est à Constantin Humbertopoulos, alors gouverneur de Cyzique, qu'Alexis ordonne de marcher avec ses régiments francs sur Andrinople pour rétablir la situation avec Tatikios. Il reste gouverneur de la ville après le départ des Petchenègues.
Il dirige ces mêmes régiments en avril 1091 à la bataille de la colline de Lebounion qui voit la défaite des Petchenègues. Peu après il participe à un complot contre Alexis sans que l'on sache les motivations profondes de cet acte. Sans doute estime-t-il son action insuffisamment récompensée. Il subit alors le "triomphe ridicule" (barbe et crane rasé dans l'hippodrome) mais est rapidement pardonné : il participe au synode des Blachernes, obtient à nouveau un haut commandement et reçoit le titre de sébaste en 1094 en couronnement de sa longue carrière.
(1400-1475)
Condottiere italien. Ayant fait ses premières armes au service des Sforza (1424), Bartolomeo Colleoni combat tantôt à la solde de Venise, tantôt à celle de son adversaire, le duc de Milan, Philippe-Marie Visconti. Les Vénitiens ne se l'attachent, à prix d'or, qu'après 1448 : il mène alors des campagnes victorieuses dans la région de Brescia et de Bergame. Après la paix de Lodi (1454), les Vénitiens le neutralisent en lui concédant une immense fortune. Il finit ses jours en rongeant son frein dans son château de Malpaga. Mais le nom du « Colleone » serait sans doute moins connu si Andrea Verrocchio n'avait coulé dans le bronze, pour le Campo di SS. Giovanni e Paolo de Venise, la célèbre statue équestre (1479-1488) dont la fougue et l'impérieuse énergie témoignent moins en faveur de celles du personnage que du condottiere en général dont il est devenu le symbole. Sa seconde chance est d'avoir « inspiré » un très beau monument funéraire, la Chapelle du Colleone, œuvre de Filarète (1470-1475) élevée sur le flanc de l'église à Bergame où il meurt.
Gérard RIPPE
Ses années espagnoles
Gil Álvarez Carrillo de Albornoz est le fils de Don Garcia descendant du roi Alphonse V de León et de Teresa de Luna, de la maison royale d'Aragon.
Il est élevé à Saragosse et étudie ensuite le droit à Toulouse. La grande influence de sa famille le fait nommer très jeune archidiacre de Calatrava et membre du Conseil du roi. Le 13 mai 1338, il est nommé archevêque de Tolède, succédant ainsi à son oncle maternel Jimeno de Luna, qui l'avait fait entrer dans la carrière ecclésiastique.
En 1340 il participe à la campagne d'Alphonse XI de Castille contre les Mores, il sauve la vie du roi pendant la bataille du Rio Salado le 30 octobre 1340, et participe à la prise d'Algésiras en 1344. En tant qu’archevêque de Tolède il participe à deux synodes, l’un à Tolède en mai 1339, l'autre à Alcalá de Henares, en avril 1347. En 1343 le pape Clément VI l’envoie à Avignon pour négocier une concession d’impôt sur les revenus de l’Eglise pour les Croisades. Ses compétences militaires et diplomatiques le font remarquer par le pape qui le nomme cardinal en 1350. La même année, Pierre Ier de Castille dit le Cruel succède à son père Alphonse XI; sa mésentente avec le nouveau roi entraîne Albornoz à fuir l’Espagne pour ne jamais y revenir.
Première campagne d’Italie
En 1353 Innocent VI l’envoie comme légat en Italie, à la tête d’une petite armée de mercenaires en vue de restaurer l’autorité papale sur les États pontificaux. Après avoir reçu l’appui de l’archevêque de Milan, Giovanni Visconti et de ceux de Pise, Florence et Sienne, il commence une campagne contre le seigneur de Viterbe Giovanni di Vico qui avait usurpé la plupart des territoires du Pape dans le Latium et en Ombrie. Giovanni di Vico est battu à la bataille de Viterbe le 10 mars 1354 et signe un acte de soumission.
Albornoz se déplace alors vers les Marches et la Romagne contre les Malatesta de Rimini et les Ordelaffi de Forlì. Il soumet ensuite les Montefeltro d’Urbino et les da Polenta de Ravenne ainsi que les villes de Senigallia et d’Ancône.
En 1355 il est nommé évêque de Sabina-Poggio Mirteto.
En 1357 il publie la Constitutiones Sanctæ Matris Ecclesiæ qui restera la constitution des États pontificaux jusqu’en 1816.
Innocent VI, entouré du cardinal Albornoz et de l'empereur Charles IV, à ses pied l'archevêque Simone Saltarelli sermonne Michel de Césène et Guillaume d'Ockham
Seconde campagne d’Italie
En 1357 il est rappelé à Avignon et est nommé Père de l’Eglise à son arrivée. Son séjour en Avignon fut court car Giovanni di Vico et Francesco II Ordelaffi menaçaient l’équilibre fragile de ses dernières conquêtes et avaient loué les services des Grandes compagnies du condottiere Konrad von Landau. Revenu en Italie Albornoz trouve un accord avec Landau qui force les Ordelaffi à se soumettre.
Il ne manquait plus que Bologne pour recréer les États pontificaux; quand la ville fut attaquée par Barnabé Visconti de Milan, son gouverneur, Giovanni Visconti d’Oleggio décida de la remettre à Albornoz.
À la mort de Innocent VI en 1362, Albornoz fut pressenti pour lui succéder mais refusa la tiare. Le nouveau pape fut Urbain V qui signera un pacte avec Barnabé Visconti en 1364 pour pouvoir se consacrer à la Croisade contre les turcs.
Ses dernières années
En tant que légat, Albornoz continua à agir pour la restauration du Pape à Rome tant par la force que par les intrigues mais Urbain V l’appréciait moins que son prédécesseur.
En 1367 Urbain V pris la route de Rome, Albornoz le reçu à Viterbe mais mourut peu après avant que Urbain V ne rentre dans Rome. Selon ses souhaits il fut d’abord inhumé dans la basilique de saint François à Assise et quatre ans plus tard ses restes furent transférés à Tolède.
Guillaume d'Ypres (vers 1090 - 24 janvier 1162, 1164 ou 1165, abbaye Saint-Pierre de Lo), burgrave d'Ypres puis gouverneur du Kent, fut un prétendant malheureux à la succession du comté de Flandre en 1119 puis en 1127-1128, et joua un rôle important en tant que capitaine de mercenaires pour le roi Étienne d'Angleterre durant la guerre civile pour la couronne d'Angleterre.
Il est le fils illégitime de Philippe d'Ypres et d'une concubine, et le petit-fils de Robert Ier († 1093), comte de Flandre. Son père atteste quelques chartes sous le titre de comte d'Ypres. Galbert de Bruges cite un passage d'une lettre de Louis VI de France disant de lui: « illégitime, né d'un père noble et d'une mère roturière qui continua toute sa vie durant à carder la laine ». Vers 1119, il épouse une nièce de Clémence de Bourgogne, l'épouse de Robert II de Flandre. Aucun n'enfant de lui n'est connu2. Il succède à son père avant 1118, mais n'hérite pas du titre comtal.
Son cousin Baudouin VII de Flandre meurt sans descendance en 1119. Guillaume est favori parmi les prétendants à la succession, car il est le dernier descendant en ligne directe mâle vivant de Robert Ier Il est soutenu en cela par la mère de Baudouin VII, Clémence de Bourgogne, qui est aussi sa tante, et par Godefroid Ier de Louvain, le landgrave de Brabant, son second mari
Mais Guillaume a le désavantage d'être un fils illégitime, au contraire de Charles de Danemark (Charles le Bon), fils de Knut IV de Danemark et d'Adèle de Flandre, que Baudouin lui-même a désigné comme successeur-Charles finit par s'imposer par les armes. Guillaume réussit malgré tout à s'établir comme le comte effectif d'Ypres et de sa région, comme l'avait été son père
Le 2 mars 1127, Charles est assassiné par le clan Erembald, une famille de nombreux chevaliers et d'administrateurs qui redoutaient la perte de leurs pouvoirs Guillaume occupe alors l'ouest du comté et demande à ses vassaux de le reconnaître comme nouveau comte de Flandre. Pour Galbert de Bruges, il agit ainsi sur le conseil des meurtriers. Le chroniqueur l'accuse en plus d'avoir faussement prétendu avoir le soutien du roi Henri Ier d'Angleterre Le 20 mars 1127, il fait exécuter un des membres importants de ce clan qui avait été capturé, coupant ainsi les liens qui pourraient avoir existé entre lui et les assassins.
Guillaume est alors considéré comme le successeur naturel au comté de Flandre. Mais le roi de France Louis VI lui oppose son propre beau-frère Guillaume Cliton, le fils de l'ex-duc de Normandie Robert Courteheuse, petit-fils de Mathilde de Flandre et arrière-petit-fils de Baudouin V de Flandre. Dès la fin mars, Cliton obtient le soutien de beaucoup de barons flamands, et est reçu dans les villes de Bruges et Gand2. Fin avril, il attaque alors Ypres, se fait admettre dans la ville, et capture son rival Guillaume est libéré mars 1128, après avoir que son implication dans le meurtre de Charles le Bon n'ait pas été retenue2.
Thierry d'Alsace, un autre petit-fils de Robert Ier, revendique alors le comté. Cliton est tué au combat en 1128, et Thierry d'Alsace est reconnu comte. Au début des années 1130, Guillaume d'Ypres lance une révolte contre le nouveau comte, mais ses motifs et le déroulement des événements ne sont pas connu Par contre, il est sûr qu'il échoue et qu'il est banni du comté vers 1133.
Si après la mort de Baudouin VII en 1119, Guillaume d'Ypres n'est sans doute qu'une marionnette manipulée par d'autres la suite de sa carrière en Flandre ne tient qu'à lui. Après l'épisode suivant la mort de Charles le Bon en 1127, il a souvent était dépeint comme un opportuniste impitoyable, se retournant contre ses alliés du clan Erembald quand leur sort était scellé Mais il semble qu'il avait un soutien politique très important, car Galbert de Bruges concède qu'il avait 300 chevaliers à son service, et que 300 de plus venant de la maison militaire de Charles le Bon l'avait rejoint2. Le roi de France Louis VI le percevait comme une menace en tant qu'allié potentiel d'Henri Ier d'Angleterre Ce sont des éléments importants tendant à prouver que Guillaume d'Ypres était un leader militaire et politique capable, et qu'il n'existait pas juste par son ascendance.
Banni de ses terres natales, Guillaume émigre probablement à la cour d'Angleterre peu après qu'Étienne d'Angleterre (1135-1154) s'est emparé du trône. Il est probablement au service royal dès 1136, et en 1137 il est déjà un membre important de l'entourage du roi2. En 1137, il est envoyé par Étienne en Normandie à la tête de mercenaires flamands, pour contrer une campagne du comte d'Anjou Geoffroy Plantagenêt. Il acquiert une réputation d'homme violent et impitoyable, notamment à partir de cette campagne pendant laquelle ses troupes de mercenaires effraient l'aristocratie normande.
Durant la guerre civile qui oppose Étienne à Mathilde l'Emperesse pour la couronne d'Angleterre, il est reconnu comme l'un des chefs militaires les plus capables se battant pour Étienne, et devient son ami et confident. Le roi l'envoie à nouveau en Normandie en mai 1138, accompagné du comte Galéran IV de Meulan, pour restaurer l'ordre dans le duché. Mais après que le comte Robert de Gloucester est passé dans le camp de l'Emperesse, la situation en Normandie devient très défavorable pour le roi. Guillaume d'Ypres est obligé de revenir dans le royaume en 1138-11392. En 1139, Guillaume semble impliqué dans l'arrestation des évêques de Salisbury, Ely et Lincoln-
Il participe à la bataille de Lincoln (1141) au cours de laquelle ses troupes sont mises en fuite et Étienne est capturé À la bataille de Winchester, quelques mois plus tard, Guillaume est devenu le chef militaire du parti d'Étienne toujours emprisonné. Il dirige les troupes loyalistes et met en déroute les troupes de l'Emperesse. À la suite de cette bataille, Guillaume (III) de Warenne capture Robert de Gloucester, capitaine des troupes de Mathilde, ce qui permet un échange contre Étienne
Les chroniqueurs contemporainsle décrivent comme ayant « tout le comté du Kent sous sa garde » et même « possédant le comté » Il n'y a aucune preuve qu'il ait été créé comte de Kent, et lui-même n'assuma le titre. Toutefois, il avait sur ce comté les mêmes pouvoirs que les autres comtes créés par Étienne entre 1138 et 1140. Pour le roi, son rôle dans le Kent était particulièrement important politiquement et stratégiquement Il semble d'ailleurs qu'il ait été installé là par Étienne en réaction au débarquement en Angleterre de Mathilde l'Emperesse en 1139, plutôt qu'en 1136 comme les historiens l'avaient supposé auparavant Cette position, proche du continent, lui permettait de maintenir des liens forts avec le comté de Flandre. Cela devait être important pour l'effort de guerre d'Étienne du point de vue commercial, financier et surtout pour l'import de mercenaires flamands-
Il fonde l'abbaye de Sainte-Marie de Boxley vers 11462. Elle est investie par les moines cisterciens de Clairvaux. En 1148, il est médiateur dans un conflit opposant le roi Étienne à l'archevêque de Cantorbéry Thibaut du Bec. Par la suite, alors que le conflit sur le sol anglais s'apaise, il semble beaucoup moins actif, peut-être parce qu'il est devenu aveugle1.
Après le traité de Wallingford (1153) entre Étienne d'Angleterre et le futur Henri II, qui met fin à la guerre civile, sa position dans le Kent est clairement en danger2. En effet, il ne tient aucune terre en fief, mais touche des revenus seulement en tant que gardien de cités et de domaines royaux2. Après l'accession au trône d'Henri II en 1154, il quitte l'Angleterre avec la plupart de ses mercenaires. Toutefois, il n'y a pas de preuve qu'ils aient été expulsés du royaume. Henri II lui permet de conserver ses revenus jusqu'en 1156, année pour laquelle il gagne 440 livres sterling.
Depuis 1154 avait reçu l'autorisation de Thierry d'Alsace, le comte de Flandre, de se retirer dans ses possessions de Lo2. Il se retire dans l'abbaye de Saint-Pierre de Lo, où il meurt en 1164 ou 11652. Il est inhumé dans cette même abbaye que son père avait fondée
Pour Christopher Tyerman, la carrière de Guillaume d'Ypres apporte une contradiction flagrante aux normes chevaleresques supposées de l'époque. Il se battait ouvertement pour son propre profit, mais se montra plus compétent et surtout plus loyal que ses homologues, les barons féodaux-
On le surnommait L'Empereur des brigands ou L'Écorcheur. Il fut comte de Ribadeo et de Valladolid.
La famille est originaire de Villa-Andrando village de Castille entre Burgos et Valladolid.
Don Juan Garcia Gutierrez de Villandrando,caballero de la Orden de la Banda, se lia avec Bertrand du Guesclin comme partisan du prince Henri de Trastamarre. Il épousa la soeur de Pierre le Besgue, originaire de Villaines, qui avait obtenu pour prix de ses services le comté de Ribadeo en Galice. Le couple eut deux fils Ruy Garcia regidor de Valladolid et Pedro, seigneur de Bambiella mort en 1400 marié à Aldonza Diaz de Corral.
Rodrigue est l’aîné des enfants de Pedro et Aldonza Diaz de Corral.Le frère de Rodrigue Pedro de Coral, qui prit le nom de sa mère, est l'auteur de Cronica del Rey Don Rodrigo connu sous le nom de Cronica sarracina, un des textes majeurs du Moyen Âge espagnol.
Le 24 mai 1433, il épouse Marguerite de Bourbon, demi-sœur du duc Charles Ier de Bourbon et fille illégitime du duc Jean Ier de Bourbon.
Il épouse en secondes noces Beatriz de Zuniga dont il aura un fils PIerre qui lui succèdera comme comte de Ribadeo, puis le titre passera à son neveu, Don Gomez de Sarmiento, fils de sa soeur Marina née aussi du second lit.
Grâce à sa grand-mère française, il aurait d’abord servi comme page puis dans une compagnie de Jean de Villiers de L'Isle-Adam pendant la guerre entre Armagnacs et Bourguignons et notamment le 29 mai 1418 lors de la prise de Paris.
Vers 1420, il constitue une compagnie de brigandage qui s’intègre à la compagnie d'Amaury de Séverac en 1422. Il participe à la Bataille de Verneuil (1424). Puis se livre aux pillages à partir de 1427 dans le Languedoc, les régions de Carcassonne et Nîmes montant jusqu’à Lyon en octobre 1428.
Il est rejoint vers 1428 par Jean Salazar qui devient son lieutenant.
Le 11 juin 1430, il participe à la bataille d’Anthon avec environ 400 hommes armés de vouges, de masses, de piques du côté dauphinois contre Louis II de Chalon-Arlay, prince d’Orange et vassal franc-comtois de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, qui s’était lié par une convention secrète avec le duc de Savoie, Amédée VIII, en vue de dépecer le Dauphiné. Il fait prisonnier François de La Palud, seigneur de Varembon et le sire de Bussy, Guillaume de Vienne pour lesquels il perçut de fortes rançons. Les troupes se portèrent aussi tôt contre Orange.
Il reçoit alors le titre d’écuyer. Incorporé dans l’armée royale, il est chargé avec Imbert de Groslée de la défense de la frontière bourbonnaise contre la Bourgogne.
En 1431, il est fait comte de Ribadeo en raison des services rendus à Jean II d'Aragon qui l’invite une fois par an à sa table. La même année, il est utilisé pour rétablir l'ordre et réprimer une révolte populaire communiste en Forez et extermine les rebelles réfugiés à Saint-Romain-le-Puy
En septembre 1432, ses routiers à la solde de Georges de la Trémoille tiennent Les Ponts-de-Cé et sont attaqués par Jean de Bueil.
Vers 1433, il est à l’apogée de sa puissance. Ses 10 000 mercenaires sanguinaires (la plupart d’origine anglaise) terrorisent et rançonnent les populations et les seigneurs des régions qu'ils traversent, principalement dans le Médoc. Lui et ses écorcheurs saccagent et pillent de nombreuses bastides.
En 1433, à la tête de sa bande, les "Rodrigoys", il prend d'assaut le château de Lagarde-Viaur, qu’il restitue après le paiement d’une forte rançon.
En échange d'un prêt de 6 000 écus à son beau-frère Charles Ier de Bourbon , il acquiert le château d'Ussel, puis le château de Châteldon. Il s'installe ensuite au château de Montgilbert, de 1434 à 1439.
En 1437, les fourriers du roi Charles VII sont détroussés à Hérisson par ses hommes.
En 1438 l’armée du lieutenant général Charles d’Albret suivie par les hommes de Villandrando va attaquer Bordeaux et pille le Médoc, mais échoue contre l’enceinte de la ville.
En 1443, une partie des bandes de Rodrigue sous le commandement de Jean Salazar refluent d'Espagne, dévastent le Haut Languedoc et mettent au pillage le Lauragais.
Banni du royaume, il acheva sa vie comme maréchal de Castille, au service de l'Espagne, après avoir légué ses biens à l'Église de son pays natal. Réfugié dans une vie pieuse, il meurt vers 1457.
D'origine bretonne (de l'actuelle Bretagne), Tristan fait partie de ces quelques aventuriers bretons qui ont suivi les Normands du Cotentin comme les frères Hauteville en Italie dès la première moitié du XIe siècle pour servir d'abord de mercenaires aux côtés de ces Normands puis combattant pour le compte de ces derniers. Né avant 1015/1020, il arrive en Italie méridionale dans les années 1030 au plus tard, participant à la vaine tentative de reconquête byzantine de la Sicile musulmane (1038-1040).
En 1042, au partage de l'Apulie byzantine entre 12 chefs normands et après l'élection de Guillaume de Hauteville dit « Bras-de-Fer », comme chef des Normands d'Apulie, il reçoit en fief la cité de Montepeloso (région de Potenza) et en devient le 1er comes sous la domination normande.
Il épouse une sœur de Guillaume Bras-de-Fer, devenant ainsi son beau-frère.
Sous le règne du frère et successeur de Guillaume, Drogon (1046-1051), il est mentionné en latin vers 1052 comme étant Tristainus, cognatus de Drogo, souscrivant deux diplômes de Drogon (signum Tristainus cognatus comitis).
Il est probablement le Normand du nom de Tristan à l'origine de la forteresse de Deliceto (région de Foggia), construite vers 1073, dont il reste des ruines.
Il est peut-être le Normand du nom de Tristan cité par Aimé de Mont-Cassin qui servit l'abbaye du Mont-Cassin avec une troupe de 24 guerriers
1. 02/02/2012
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