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FAUX!
Une fois de plus, à l'instar de mythes tels que la grande peur de l'an mil, le droit de cuissage ou nos ancêtres les Gaulois, nous avons ici à faire à de la pure propagande républicaine de la fin du XIX° siècle.
De prime abord, qu'est ce qu'une ceinture de chasteté ? Il s'agit d'un dispositif amovible, ayant comme objectif d'interdire aussi bien les rapports sexuels que la masturbation. En règle générale, l'objet est constitué d'une ceinture qui enserre la taille, ainsi que d'une plaque passant entre les jambes (mais néanmoins pourvue de petits orifices afin de ne pas gêner les fonctions naturelles.).
A noter que l'on pense souvent que la ceinture de chasteté est un objet exclusivement féminin, mais il existe aussi des modèles masculins.
Selon la légende, les ceintures de chasteté seraient apparues au Moyen âge. Les chevaliers partant à la croisade, afin d'empêcher leurs épouses de commettre des infidélités, les auraient alors contraintes à porter ces fameux engins.
Le mythe du chevalier en armure et de sa peu vertueuse épouse.
Mais une fois de plus, la réalité est toute autre. Aujourd'hui, aucune source ne mentionne ce genre de pratiques, que ce soit au cours de l'Antiquité ou du Moyen âge. Au contraire, les premières ceintures de chasteté seraient apparues en Italie, dans le courant du XV° siècle : c'est à dire en pleine Renaissance !
A l'origine, il semblerait que l'objet fut utilisé par les dames de la bourgeoisie afin de se protéger contre le viol... mais très vite les maris jaloux se sont rendus compte que les ceintures de chasteté permettaient aussi d'empêcher leurs épouses de commettre l'adultère.
Au cours des siècles qui suivirent, les ceintures de chasteté se répandirent un peu partout en Europe. Du XVIII° au XIX° siècle, période à laquelle la pratique de la masturbation était vivement réprouvée, les ceintures de chasteté furent utilisée comme remède face à ce "fléau.
Comme nous l'avons vu précédemment, des modèles pour hommes étaient aussi en vente, la volonté de se prémunir contre la masturbation touchant les deux sexes.
Au cours de la seconde moitié du XX° siècle, la sexualité ayant évolué, les ceintures de chasteté disparurent peu à peu.
La cour d'amour au Moyen Âge.
Bien peu de gens connaissent le lais de Marie de France qui évoque une amoureuse nouant le bas de la chemise de son compagnon et ce dernier plaçant une ceinture autour de la taille de son amante, signes que seul celui ou celle « qui sera capable de défaire la ceinture ou la chemise de couper ou briser » pourra aimer l’un ou l’autre.
Pourtant, de cet écrit du XIIe siècle et de l’imaginaire populaire qui veut que seul ce terrible et obscur Moyen Âge ait pu inventer une telle horreur et faire preuve d’autant de mysoginie, est né le « demi-mythe » de la ceinture de chasteté médiévale. « Demi-mythe » parce que les ceintures de chasteté ont effectivement existé… mais pas au Moyen Âge ! Ce dont parle Marie de France n’est, selon l’historienne Régine Pernoud, qu’un symbole, à l’image des ceintures de cordes portées par les religieux et les religieuses et qui représentent l’un des trois vœux de l’état religieux, à savoir la chasteté.
Si l’on s’en réfère à Brantôme ou à Rabelais, qui les évoque dans Horribles et épouvantables faits et prouesses du très renommé Pantagruel, les ceintures de chasteté ont fait leur apparition… à la Renaissance ! Délires d’écrivains ? On aurait pu le croire si un archéologue n’avait pas retrouvé un squelette de femme, enterrée au XVIe siècle, portant une ceinture métallique de toute évidence destinée à empêcher les relations sexuelles. La preuve est donc faite.
Mais pourquoi imaginer un tel instrument ? Contrairement aux dires de Brantôme, aisément porté à l’affabulation, il paraît improbable que ces ceintures aient vraiment été utilisées -et encore moins destinées- à des maris craignant l’infidélité de leur femme. Il semble plutôt qu’elles aient servi -et de manière tout à fait exceptionnelle- à protéger les femmes d’un viol, notamment lors de longs voyages ou en temps de guerre, pendant le siège d’une forteresse ou d’une cité…
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