Hôpitaux-universités du monde islamique

 

 

Les médecins musulmans ont été les premiers à mettre en place des hôpitaux au sens moderne du terme, connus sous le nom de Bimaristans. Il s’agissait d’établissements où les malades étaient accueillis et pris en charge par un personnel qualifié et qui se distinguaient clairement des anciens temples de guérison ou temple de sommeil (nommés Asklepieions en Grèce antique en l'honneur d’Asclépios le dieu grec de la médecine), hospices, asiles, lazarets et léproseries qui ont été davantage conçus pour isoler les malades et les fous de la société "plutôt que de leur offrir l’espoir d’une véritable guérison". Les Bimaristans fonctionnèrent plus tard comme les premièrs hôpitaux publics,les premiers hôpitaux psychiatriques ainsi que des écoles de médecine et des Universités délivrant des diplômes.

 

Dans le monde islamique médiéval des hôpitaux ont été construits dans toutes les grandes villes, au Caire par exemple l'hôpital Qalawun pouvait donner des soins à 8000 patients et le personnel comprenait des médecins, des pharmaciens et des infirmières. On pouvait également accéder à un dispensaire et les médecins disposaient de moyens de recherche qui les ont conduit à la découverte de la nature contagieuse de certaines maladies et à la conduite de travaux sur l’optique ainsi que les mécanismes de la vision. Les médecins musulmans opéraient la cataracte avec des aiguilles creuses plus de 1000 ans avant que les médecins occidentaux aient osé tenter une telle intervention. Des hôpitaux ont été construits non seulement pour les personnes atteintes de maladies physiques, mais aussi pour les malades mentaux. L'un des premiers Hôpitaux psychiatrique jamais construit pour donner des soins à des malades mentaux a été bâti au Caire. Les hôpitaux qui ouvriront plus tard en Europe au moment des Croisades ont été inspirés par les hôpitaux du Moyen-Orient. Le premier hôpital de Paris, Les Quinze-vingts, a été fondé par Louis IX après son retour de la Septième croisade entre 1254 et 1260

 

Les hôpitaux du monde islamique étaient en avance dans le domaine de l'évaluation des compétences des médecins et des infirmières, ainsi que dans celui de la vérification de la pureté des médicaments et l’amélioration des procédures chirurgicales.Les hôpitaux ont également été créés avec des quartiers séparés pour certaines maladies spécifiques, afin que les personnes porteuses d’une maladie contagieuse puissent être isolées des autres patients.

 

L'une des caractéristiques des hôpitaux musulmans de l’époque médiévale qui les distinguait de leurs prédécesseurs et de leurs équivalents contemporains était le respect de règles d’éthique médicale sensiblement plus avancées. Les hôpitaux du monde islamique traitaient des patients de toutes les religions, de toutes les ethnies et de tous horizons, alors que les hôpitaux eux-mêmes employaient souvent un personnel composé de chrétiens, de juifs et d’autres minorités. Les médecins musulmans devaient respecter des obligations envers leurs patients, quelle que soit leur richesse ou leur niveau social. Les règles éthiques des médecins musulmans ont d'abord été fixées au IXe siècle par Ishaq Ali bin Rahawi qui a écrit le Adab al-Tabib (conduite du médecin), le premier traité consacré à l'éthique médicale. Il considérait les médecins comme les "gardiens des âmes et des corps"et il a écrit vingt chapitres sur divers sujets liés à l'éthique médicale.

 

Une autre caractéristique unique des hôpitaux musulmans de l’époque médiévale était le rôle du personnel féminin qui avait rarement été employé dans les temples de guérison durant l'Antiquité ou le Moyen Age, ailleurs dans le monde. Les hôpitaux musulmans médiévaux employaient couramment du personnel infirmier de sexe féminin, notamment des infirmières venant de pays aussi éloignés que le Soudan, ce qui témoignait d’une grande tolérance. Les hôpitaux musulmans ont également été les premiers à employer des femmes médecins, les plus célèbres étant deux femmes médecins de la famille d’Avenzoar qui ont servi Abu Yusuf Ya'qub al-Mansur sous la loi des Almohades au XIIe siècle.Plus tard au XVe siècle, des femmes chirurgiens ont été mentionnées pour la première fois dans le Cerrahiyyetu'l-Haniyye de Şerafeddin Sabuncuoğlu (Chirurgie Impériale).

À l’âge d'or de la civilisation islamique médiévale, le mot Bimaristan était utilisé pour indiquer un hôpital au sens moderne du terme, un établissement où les malades étaient accueillis et pris en charge par un personnel qualifié. Ainsi, les médecins musulmans ont été les premiers à établir une distinction entre un hôpital et les différents types d’accueil comme les temples de guérison, temples de sommeil, Hospices, Asiles, Lazaret et Léproseries qui, dans l’Antiquité répondaient davantage à une préoccupation d’isoler les malades et les fous de la société" plutôt qu’à celle de leur offrir l’espoir d’une véritable guérison." Les Bimaristans médiévaux sont donc considérés comme les premiers hôpitaux au sens moderne du terme-


Le plus ancien Bimaristan dont on ait gardé la trace est celui de l’Académie de Gundishapur créé au IIIe siècle par Shapur Ier, empereur Sassanides dans l’actuel Khuzestan, une province de l’Iran. Après la Conquête musulmane de la Perse en 638, le Bimaristan a survécu au changement de dirigeants et a évolué au cours des siècles vers la création d’un hôpital public, d’une École de médecine, d’une Université et d’un Hôpital psychiatrique sous l’impulsion des médecins musulmans.

Au cours des conquêtes musulmanes elles-mêmes, les armées musulmanes à l’époque de Mahomet auraient disposé d’un Hôpital mobile qui suivait les troupes pour soigner les soldats après la Bataille.

Le premier Bimaristan après celui de Gundishapur a été fondé en 707 par le Calife Al-Walid ben Abd al-Malik à Damas. À l'époque, la plupart des hôpitaux islamiques disposaient de Médecins qui examinaient tous les Patients pour préciser le diagnostic de la maladie et prescrire le traitement, mais le Bimaristan était unique dans le sens où il comportait des médecins qui se spécialisaient dans certaines maladies. Au départ, ces centres de santé ont été spécifiquement créés pour des patients atteints d’affections telles que la peste et la cécité et tous les soins étaient gratuits. ---Selon Sir John Bagot Glubb:

« A l’époque d’Al-Mamun les Écoles de médecine étaient très actives à Bagdad. Le premier hôpital public gratuit a été ouvert à Bagdad au cours du Califat d’Haroun ar-Rachid. Selon le système mis au point, les médecins et les chirurgiens étaient nommés pour donner des conférences aux étudiants en médecine et décerner des Diplômes à ceux qui étaient jugés capables de pratiquer leur art. Le premier hôpital d’Égypte a été ouvert en 872 et par la suite les hôpitaux publics se sont développés à travers tout l'empire de l’Espagne et du Maghreb à la Perse » — Sir John Bagot Glubb

Le plus grand hôpital du Moyen Âge et de l’ère pré-moderne a été construit au Caire en Égypte, par le sultan Qalaun al-Mansour en 1285. Selon Will Durant, l'hôpital était entouré d’une grande enceinte quadrangulaire et comprenait quatre bâtiments autour d'une cour "ornée d’arcades et rafraîchie par une Fontaine et des Ruisseaux. " L'hôpital disposait de quartiers distincts pour les différentes maladies et pour les convalescents" et comprenait des laboratoires, un dispensaire pour les consultations externes et les soins ambulatoires, des cuisines, des Bains, une Bibliothèque, un lieu de culte religieux, des salles de conférence et "un environnement agréable pour l'hébergement des fous." Le traitement était fourni gratuitement aux patients de tous horizons, sans distinction de sexe, d'ethnie ou de revenu, au moment de la convalescence un pécule leur était offert à leur départ afin qu'ils n'aient pas besoin de reprendre le travail immédiatement. "Les Insomniaques avaient droit à une douce musique, à des conteurs professionnels et peut-être à des livres d’histoires."

 

Organisation 

Le Bimaristans étaient organisés en deux sections, une pour les hommes et une pour les femmes. Chacune de ces sections disposait de plusieurs salles, chacune étant destinée à une maladie spécifique et dirigée par un ou plusieurs médecins. Voici quelques exemples des salles spécialisées dont on disposait, une salle pour les patients atteints de maladies courantes, une pour les blessés, victimes de fractures et plâtrés, une pour les femmes accouchées et une pour les maladies contagieuses. L'administration de l'hôpital était fondée sur l'emploi de professionnels de santé qui nettoyaient l'hôpital et prenaient en charge les patients, des médecins et un médecin chef, Al Saoor. Les employés travaillaient par équipes de jour et de nuit, pour s'assurer qu'ils bénéficient tous d’un repos suffisant. Une aile supplémentaire, appelé Al Sharabkhana, également connue sous le nom de pharmacie, a été ajoutée pour permettre aux médecins de distribuer facilement des médicaments. Les Bimaristans avaient principalement deux objectifs: le bien-être des patients et la formation des nouveaux médecins. Un extrait du livre d'Ibn Al-Ukhwah, Al-Hisbah révèle comment le système du Bimaristan organisait la prise en charge des patients:

"Le médecin interroge le patient sur l’histoire de sa maladie et la douleur qu'il ressent. Il prépare les sirops et d'autres drogues, puis écrit une copie de l'ordonnance pour les parents accompagnant le patient. Le lendemain, il réexamine le patient, vérifie les médicaments, lui demande comment il se sent et le conseille en conséquence. Cette procédure est répétée tous les jours jusqu'à ce que le patient soit guéri ou décède. Si le patient est guéri, le médecin est payé. Si le patient meurt, les parents sont reçus par le médecin-chef et lui présentent les ordonnances rédigées par le médecin. Si le médecin-chef estime que le médecin a effectué son travail dans les règles de l’art, il déclare à la famille que la mort était naturelle, s'il en juge autrement, il les informe de leurs droit à réclamer le prix du sang au médecin, en raison du fait que la mort du patient était consécutive à des soins inappropriés et à des négligences. De cette manière ils étaient convaincus que la médecine était pratiquée par du personnel expérimenté et bien formé. "

Une fois admis dans un Bimaristan, le patient pouvait rester aussi longtemps qu'elle ou il en avait besoin sans limite de temps. Une fois que le patient était complètement guéri, on lui fournissait, non seulement des vêtements propres, mais aussi de l'argent de poche.

 

Personnel

Les premiers hôpitaux connus à l’âge d'or de la civilisation islamique médiévale ont eu une activité plus générale que les premiers Bimaristans car ils dispensaient également leurs soins aux lépreux aux invalides et aux personnes démunies. Tous les traitements et les soins étaient gratuits et il n'y avait pas plus d'un médecin dans chaque hôpital. Entre le VIIIe et le XIIe siècle, les hôpitaux Musulmans ont développé un niveau élevé de soins. Les hôpitaux construits à Bagdad au neuvième et dixième siècle employaient jusqu'à vingt-cinq médecins et disposaient de quartiers distincts pour différentes maladies. L’hôpital et la mosquée Al-Qairawan, en Tunisie, ont été construits sous le règne des Aghlabides en 830, il était agencé simplement mais suffisamment équipé de pièces faisant office de salles d'attente, comprenait une Mosquée et des bains spéciaux. 


Une autre caractéristique unique des hôpitaux de l’époque médiévale musulmane était le rôle du personnel féminin qui avait rarement été employé dans les temples de guérison durant l'Antiquité ou le Moyen Age, ailleurs dans le monde. Les hôpitaux musulmans médiévaux employaient couramment du personnel infirmier de sexe féminin, notamment des infirmières venant de pays aussi éloignés que le Soudan, ce qui témoignait d’une grande tolérance. Les hôpitaux musulmans ont également été les premiers à employer des femmes médecins, les plus célèbres étant deux femmes médecins de la famille d’Avenzoar qui ont servi Abu Yusuf Ya'qub al-Mansur sous la loi des Almohades au XIIe siècle. Cela était nécessaire en raison de la ségrégation entre les patients hommes et femmes dans les hôpitaux islamiques. Plus tard au XVe siècle, des femmes Chirurgiens ont été mentionnées pour la première fois dans le Cerrahiyyetu'l-Haniyye de Şerafeddin Sabuncuoğlu ( Chirurgie Impériale )-

En plus des médecins qui s’occupaient de la maladie, il y avait des Fuqaha al-Badan, une catégorie de physio-thérapeutes religieux, un groupe de dignitaires religieux dont les attributions médicales comprenaient la saignée, la contention des fractures, et la cautérisation des plaies. A l’époque de la domination de l’Empire ottoman, quand les hôpitaux atteignirent un degré de raffinement particulier, le Sultan Bayezid II construisit un Hôpital psychiatrique et une madrasa médicale à Edirne et un certain nombre d'autres hôpitaux ont également été construits en Turquie. Contrairement à ce qui se passait dans les temples de guérison grecs dédiés aux dieux, les religieux qui travaillaient dans ces institutions employaient pour le traitement des patients des Méthodes scientifiques bien plus avancées que dans leurs équivalents contemporains.

 

Financement 

Après l’entrée en vigueur de la loi islamique du Waqf (précurseur de la loi de Fiducie) et la fondation des Médersas fermement établies à partir du Xe siècle, les d'hôpitaux se sont multipliés à travers les terres islamiques. Au XIe siècle, chaque ville islamique avait plusieurs hôpitaux. [10]Cordoue, en Espagne à elle seule aurait disposé de plus de 50 hôpitaux à l’époque d’Abu al-Qasim al-Zahrawi (Abulcasis)-

Les institutions répondant à la loi du Waqf finançaient les hôpitaux pour diverses dépenses, y compris les Salaires des médecins, des ophtalmologistes, des chirurgiens, des Chimistes, des Pharmaciens, des internes et tous les autres membres du personnel, l'achat de Nourriture et des Remèdes, l’équipement de l’hôpital tels que les lits, les matelas, les bols et les Parfums ainsi que la réparation des bâtiments. Le Waqf finançait également les écoles de médecine et leur Budget comportait diverses dépenses telles que l'entretien et le paiement des enseignants et des étudiants-

 


Infrastructures médicales

Les médecins musulmans ont mis en place certains des premiers Hôpitaux spécialisés. A l’âge d'or de la civilisation islamique médiévale, des hôpitaux ont été construits dans toutes les grandes villes, au Caire par exemple, l'hôpital Qalawun pouvait donner des soins à 8000 patients et son personnel comprenait des médecins, des pharmaciens et des infirmières. On pouvait également avoir accès à un dispensaire et à des moyens en matière de recherche qui ont conduit à des progrès notamment à la découverte de la nature contagieuse de certaines maladies et à la recherche sur l’Optique et les mécanismes de la Vision. Les Médecins musulmans ont été capables d’opérer la Cataracte avec une aiguille creuse plus de 1000 ans avant que les médecins occidentaux ait osé tenter une telle intervention. Les hôpitaux ont été construits non seulement pour les personnes atteintes d’une maladie physique, mais aussi pour les malades mentaux. L'un des premiers hôpitaux psychiatriques jamais construit pour donner des soins aux malades mentaux a été bâti au Caire. Les hôpitaux qui s'étendront plus tard à l'Europe, au moment des Croisadess, ont été inspirés par les hôpitaux du Moyen-Orient. Le premier hôpital de Paris, Les Quinze-vingt, a été fondé par Louis IX après son retour de la Septième croisade entre 1254-1260-

Les hôpitaux du monde islamique étaient des institutions laïques qui soignaient des patients de toutes les origines ethniques et de toutes les conditions sociales, les hommes et les femmes, les civils et les militaires, les enfants et les adultes, les riches et les pauvres, les musulmans et les non-musulmans. À l'instar des hôpitaux modernes, les hôpitaux musulmans du Moyen âge étaient souvent de grandes structures urbaines qui poursuivaient une grande variété d’objectifs différents, comprenant bien sûr le rôle de centre de traitement médical, de maison de convalescence pour les patients se rétablissant d'une maladie ou d'un accident, d’asile d’aliénés pour les patients souffrant de Maladie mentale, de Maison de retraite pour les personnes âgées, d’École de médecine pour les étudiants et un centre de consultation externes pour la délivrance de médicaments.

Les hôpitaux du monde islamique étaient en avance dans le domaine de l'évaluation des compétences des médecins et des infirmières, ainsi que dans celui de la vérification de la pureté des médicaments et l’amélioration des procédures chirurgicales. Comme le mécanisme pathologique de la contagion était mieux compris par les médecins musulmans, des hôpitaux ont été créés pour la première fois avec des quartiers séparés pour certaines maladies spécifiques, afin que les personnes porteuses d’une maladie contagieuse puissent être isolées des autres patients.

 


Écoles de médecine et Universités

Les premières Écoles de médecine et les premières universités ont été fondées à l’âge d'or de la civilisation islamique médiévale où des Grades universitaires et des Diplômes (ijazah) étaient délivrés à des étudiants jugés qualifiés pour recevoir le Doctorat en médecine.

Les hôpitaux, les écoles de médecine et les universités avaient des systèmes de nomination et d’Élection des médecins chefs ou des Doyens d’université qui auraient conduit "au Jihad " de l'enseignement de la science médicale islamique, du Fiqh, de la connaissance des Hadiths et du Coran pour les étudiants en médecine.

L’hôpital Al-Nuri en Égypte est un célèbre Hôpital universitaire construit par Nur ad-Din Zanqi et où de nombreux médecins de renom ont été formés. L'école de médecine de l'hôpital est réputée pour ses chambres élégantes et une bibliothèque dont bon nombre des livres proviennent d’une donation du médecin de Zangi, Abou al-Majid al-Bahili. Un certain nombre de médecins et physiciens musulmans sont diplômés de cette école. Parmi les étudiants les plus connus de l’établissement on compte Ibn Abi Usaybi'ah (1203-1270) le célèbre historien de la médecine et Ala ad-Din Ibn Nafis (d. 1289) à qui l’on doit la découverte de la circulation pulmonaire et la petite Circulation sanguine qui a marqué une nouvelle étape dans la compréhension de la Physiologie de l'homme qui fut la première explication de la circulation jusqu'à William Harvey (1628)-

L'école du Caire

L'école du Caire brilla jusqu'au XIIIe siècle, attirait vers elle de nombreux savants orientaux.

Citons d'abord les deux plus anciens éminents médecins : Abu Abdallah Muhammed ibn Ahmed ibn Said al-Tamimi al-Muqaddasi connu sous le nom d' Al-Tamimi (fin du Xe siècle), médecin palestinien né à Jerusalem, exerçant en Egypte, principalement connu pour son guide médical des régimes et médicaments simples Kitab al-murshid ila jawahir al-aghdhiya wa quwa-l-mufradat (Murshid). Et Ahmed ibn Mohammed ibn Yahya al-Baladi connu sous le nom d' Al-Baladi (? - 990) Médecin égyptien auteur de Kitab Tadbir al-habala wal-atfal (Traité dhygiène des femmes enceintes et des nourissons).

Ibn Radwane (Abu al-Hassan al-Misri Ali Ibn Radwane Ibn Ali Ibn Jaafar) était un médecin égyptien de grande renommée. Il fut le médecin du Calife al-Hakem bi Amrillah, et doyen des médecins du Caire. Il est né à Gizah, près du Caire en 998, où il a vécu et est mort vers 1061. C'était un médecin, un mathématicien et un astrologue, ainsi qu'un grand philosophe de l'Islam. L'intérêt qu'il portait à la consultation du malade en vue de diagnostiquer la maladie est l'une de ses principales contributions scientifiques. Il examinait les membres du malade, ainsi que sa mine et son épiderme, auscultant son organisme, tant au plan interne qu'externe, observant son regard, sa parole, sa démarche, son rythme cardiaque et cherchant à connaître son humeur, et ce, par le biais des questions qu'il lui posait. ,

Ibn Radwane a également défini les obligations du médecin envers ses ennemis, qu'il doit traiter avec le même esprit, dévouement et disposition qu'il déploie envers ses amis. Ibn Radwane a écrit plusieurs ouvrages en médecine, notamment : - "Kitab fi Dafae Madhar al-Abdane bi Ard Misr" (Comment soigner les maladies en Egypte); - "Sharh al-Sinaa al-Saghira li Galinos" (Commentaires sur la petite industrie de Galien); - "Sharh al-Maqalat al-Arbaa fi al-Qadaya bi al-Nujum li Batlimus" (Exégèse des quatre traités de Ptolémée relatifs à la solution des problèmes par les astres); - "Kifayatu al-Tabib fima Sahha ladayya mina al-Tajarub" (Mes expériences vérifiées à l'usage des autres médecins) ; - "Al-Kitab al-Nafee fi Taallumi Sinaatu al-Tibb" (Livre utile dans l'enseignement de la médecine).

C'est à cette époque que la pharmacologie se développe sous l'impulsion de Kohen al-Attar (1260 - ? ) médecin juif vivant en égypte qui écrivit un Minhaj al-Dukkan (Traité de pharmacologie), encore utilisé dans certains pays; et Ibn al-Baitar (1197-1248) né à Malaga en Andalousie, surnommé le botaniste/herboriste, qui résida en Egypte puis à Damas d'où il voyagea dans de nombreux pays à la recherche de plantes. Il est l'auteur d'ouvrages de botanique enrichi d'un lexique pharmacologique, en particulier une classification portant sur mille quatre cents plantes dont un bon nombre demeurées inconnues jusque-là : "Kitab al-Jamii li Mufradat al Adwiya wal Aghdhia" (Recueil des remèdes et aliments simples).

Il fut en outre, le premier savant à s'intéresser aux herbes nuisibles aux récoltes, procédant à leur classification en fonction des récoltes. Il se pencha également sur l'étude de la faune marine et terrestre, citant leurs bienfaits dans le traitement des maladies.

Abdellatif Al Baghdadi est un médecin et historien arabe, né à Bagdad en 1161, mort en 1231. Il fut protégé et pensionné par le sultan Saladin. Le développement du commerce des minéraux et des végétaux destinés aux préparations magistrales donna naissance aux pots et vases de céramique décorée.

L'école du Caire forma de nombreux spécialistes des yeux, prescrivant collyres et fards thérapeutiques. Le plus célèbre est Ibn al-Haytham dit Alhazen, (Bassora 965-Le Caire 1040), qui était également mathématicien, astronome et philosophe. Ses apports ont été particulièrement importants en optique où il obtint des résultats totalement nouveaux, en rupture avec les théories grecques. Il étudie avec précision l'anatomie de l'œil, Selon lui la lumière vient de l'extérieur, la vision n'est plus le fait de l'œil qui éclairerait les objets comme le pensait les grecs. Alhazen applique dans ses recherches sur les miroirs, sa théorie de géométrisation de l'optique. Il observe également les phénomènes de réfraction et diffraction de la lumière. On lui attribue généralement la première description scientifique du pouvoir grossissant des lentilles; il ne parle pas de leur utilisation possible pour favoriser la lecture. Dans son livre "Opticae Thesaurus" , il décrit les différentes formes de lentilles. Son traité "Kittab al Manadir" (le Livre de l'optique) conservera de l'influence pendant près de six siècles ci-contre: Anatomie de l'oeil humain, extrait du traité d'ophtalmologie d'Hunayn ben Ishaq (vers 809-877). . En plus de ces connaissances médicales, il était connu dans le domaine de la mécanique, domaine que les arabes appelaient "la science des ingégneries".

Un autre médecin, bien moins connu, Ibn al-Nafis (1213-1288), apprit la médecine auprès de Dakhour, médecin-chef de l'hôpital al-Nouri, ainsi qu'auprès de grands maîtres tels que Amraan l'israélite et Radi Ed-Dine al-Réhabi. Ibn al-Nafis semble le véritable découvreur de la circulation qu'il a décrit dans ses "Commentaires sur l'anatomie du Canon d'Ibn Sina" qui n'ont été traduit que tardivement en Europe (1924).

Ce sont les médecins syriens et égyptiens qui créèrent l'Histoire de la Médecine en écrivant les biographies d'un grand nombre de leurs prédécesseurs, ainsi Ibn Abi Usaybia (1203-1273) de Damas est l'un des précurseurs qui a écrit 399 biographies de médecins et de naturalistes.

L'école de Kairouan

Cette très brillante école de Kairouan est représentée essentiellement par deux médecins arabes et un médecin juif. - Ibn-al-Jazar (898-980) - et Ishak-Ibn-Omrane. Ce dernier originaire de Samarra en Irak, (Ishaq Ibn Omrane, Ishak ibn Imran, Ishaq Ibn'Imran) offrit ses services à l'émir Ziadallah III, de la dynastie Aghlabide, et instaura une tradition d'enseignement et de pratique de la psychiatrie à l’Université de Kairouan à Beit El Hikma (Raggada). Son traité magistral sur la mélancolie, que traduisit Constantin, est conservé à la bibliothèque de Munich et devrait beaucoup, selon l'historienne Danielle Jacquart, aux travaux de Rufus d'Ephèse (1er siècle ap. J.C.). "Ibn Omrane y analyse de façon magistrale la nature, les modalités, les étiologies et les complications de l'affection en terminant par de remarquables règles hygiéniques morales, diététiques et médicamenteuses. Ainsi, Ibn Omrane décrira toutes les formes aujourd'hui connues (ou presque) des états dépressifs mélancoliques, aussi bien les formes simples que compliquées, celles qui rentrent dans le cadre de la psychose maniaco-dépressive que celles qui compliquent des troubles somatiques variés.

Du point de vue de l'étiopathogénie, on remarque qu'aucune influence n'est accordée aux causes surnaturelles, non plus qu'aux démons et aux djinns, alors même que leur réalité était ancrée dans les croyances populaires et qu'à la même époque, en Europe, la possession diabolique représentait l'essence même de ces états. Il en est de même du suicide dont le mot n'est jamais prononcé tout au long de ce traité. Seul le pronostic fatal par inanition progressive sera signalé, jamais l'idée active et encore moins la tentative résolue d'auto-destruction. Ibn Omrane surtout a défini, et semble t-il une fois pour toutes, les grandes lignes de l'éventail thérapeutique qui s'adresse aux états dépressifs : psychothérapie, sociothérapie, physiothérapie, chimiothérapie et thérapie à visée étiologique et hygiénodiététique. Tous traitements s'inscrivant dans le cadre d'une relation médecin-malade basée sur le réconfort moral et qui seront exposés avec une perspicacité remarquable." - et Isaac l'Hébreu



Hôpitaux psychiatriques 

Les premiers Hôpitaux psychiatriques et asiles d'aliénés ont été construits dans le monde islamique dès le VIIIe siècle. Les premiers hôpitaux psychiatriques ont été bâtis par les Arabes musulmans à Bagdad en 705, à Fès au début du VIIIe siècle et au Caire en 800. D’autres hôpitaux psychiatriques célèbres ont été construits à Damas et Alep en 1270. Beaucoup d'autres hôpitaux Bimaristiens avaient souvent également leurs propres quartiers consacrés à la santé mentale.

 


Déontologie Médicale
 L'une des caractéristiques des hôpitaux musulmans de l’époque médiévale qui les distinguaient de leurs contemporains était leur niveau élevé de déontologie médicale. Les hôpitaux du monde islamique soignaient les patients de toutes religions, ethnies et de tous horizons, tandis que les hôpitaux employaient eux-mêmes souvent du personnel chrétien, juif ou appartenant à d’autres minorités. Les médecins musulmans avaient des obligations envers leurs patients, quels que soient leur richesse ou leur niveau social. Les règles éthiques des médecins musulmans ont d'abord été fixées au IXe siècle par Ishaq Ali bin Rahawi, qui a écrit le Adab al-Tabib (conduite du médecin), le premier traité consacré à la déontologie médicale. Il considérait les médecins comme les gardiens des âmes et des corps et il a écrit vingt chapitres sur divers sujets liés à l'éthique médicale, notamment:

* Ce que le médecin doit éviter et ce dont il doit se méfier
* Le comportement des visiteurs
* La mise en œuvre des Remèdes par le médecin
* La Dignité de la profession médicale
* L’Examen médical
* L'élimination de la corruption chez les médecins

Sur le plan professionnel, al-Razi (Rhazes) a introduit de nombreuses pratiques et des idées progressistes dans le domaine médical et psychologique au Xe siècle. Il a attaqué les Charlatans et les faux médecins qui parcouraient les villes et les campagnes pour vendre leurs panacées et « guérir ». Dans le même temps, il a averti que même les médecins les plus instruits n'avaient pas la réponse à tous les problèmes médicaux et ne pouvaient guérir toutes les maladies, ce qui est humainement impossible. Pour devenir plus efficaces dans leurs soins et mieux répondre à leur vocation, Razi conseillait aux praticiens de se tenir au courant de l'évolution des connaissances nouvelles en étudiant sans cesse des livres médicaux et à s’échanger des informations. Il a fait une distinction entre les maladies curables et les maladies incurables. Dans cette dernière éventualité, il a fait remarquer que dans les cas avancés de Cancer et de Lèpre, le médecin ne devrait pas être tenu pour responsable lorsqu’il n’obtenait pas la guérison. Pour ajouter une note humoristique, Razi exprimait sa compassion pour les médecins qui prenaient en charge le bien-être des princes, des nobles et des femmes, parce que ces patients n’obéissaient pas aux ordres de leur médecin, lorsqu’il leur prescrivait de restreindre leur alimentation ou de suivre un traitement médical, ce qui rendait difficile la tache difficile à leur médecin. Il a également écrit ce qui suit sur l'éthique médicale:

« Le médecin a pour objectif de faire le bien, même à nos ennemis, bien plus encore à nos amis et ma profession nous interdit de faire du mal à notre frère, car elle a été instituée dans l'intérêt et pour le bien-être de la race humaine et Dieu a imposé aux médecins le serment de ne pas composer de remède mortifère » — al-Razi (Rhazes)

 

Drogues

Les premiers exemples connus de prohibition des drogues illicites ont été institués en vertu de la Charia qui interdit l'utilisation du Haschisch, la préparation du Cannabis comme drogue utilisée à des fins récréatives. Les Oulémas versés dans jurisprudence islamique médiévale (Fiqh), acceptaient cependant l'utilisation du haschisch pour les médicaments et les usages thérapeutiques et avaient admis que son "usage médical, même s’il entraînait un dérangement mental, devait être exempté" de toute sanction. Au XIVe siècle, le savant islamique Az-Zarkashi parle de "la licéité de son utilisation à des fins médicales, s'il est établi qu'il est prescrit dans l'intérêt du patient".

Selon Mary Lynn Mathre, avec "cette distinction juridique entre l’usage comme Psychotrope et les utilisations médicales du cannabis, les théologiens musulmans médiévaux (Kalâm ) sont loin de l'actuelle loi américaine."

 

Déontologie en Psychiatrie

La plupart des sociétés antiques et médiévales croyaient que les maladies mentales étaient causées soit par une possession démoniaque soit par une punition des Dieux, ce qui conduisait à une attitude négative envers la maladie mentale dans les sociétés Judéo-chrétiennes et gréco-romaines. D'autre part, l’éthique et la théologie islamique a professé une attitude plus favorable envers les malades mentaux, comme l'illustre la sourate 4 (An-Nisa) verset 5 du Coran: 


« Les biens dont Dieu vous a gratifié ne les donnez pas à gérer à un aliéné mental : mais nourrissez et habillez le fou avec ces biens et dites lui des mots aimables » — sourate 4 (An-Nisa) verset 5 du Coran

Ce verset coranique résume l’attitude de l'islam vis-à-vis des malades mentaux qui ont été déclarés inaptes à la gestion de leurs biens, mais doivent être traités avec humanité et être maintenus sous la surveillance d'un gardien, conformément à la loi islamique (charia). Cette compréhension positive de la Santé mentale a conduit par conséquent à la création des premiers hôpitaux psychiatriques dans le monde islamique médiéval du VIIIe siècle et au début de la compréhension scientifique des Neurosciences et de la Psychologie par les médecins et les psychologues musulmans du moyen âge qui ont découvert que les troubles mentaux étaient provoqués par un dysfonctionnement du cerveau humain.

 

Comité de lecture

 
La première description documentée d’un Comité de lecture est mentionnée dans l’ éthique du médecin rédigée par Ishaq Ali bin al-Rahwi (854-931) d'Al-Raha en Syrie qui décrit le premier examen par des pairs. Son ouvrage, et cela sera confirmé par les manuels médicaux arabes plus tardifs, recommande qu’un médecin rédige toujours une note en double exemplaire décrivant l'état de santé du patient à chaque visite médicale. Lorsque le patient est guéri ou est décédé, les notes du médecin sont examinées par un conseil médical local composé d'autres médecins qui analyseront la pratique du médecin d’après ses notes pour vérifier si ses prescriptions ont respecté les règles de bonne pratique des soins. Si leur avis se révèle négatif, le médecin pouvait être confronté à un Procès intenté par un patient victime d’un traitement inadapté.

 


Santé publique

Les cites islamiques avaient également mis en place les premiers services publics de Soins de santé. "L'extraordinaire prestation d’établissements de bain public, de systèmes complexes d’Assainissement et de drainage (plus vaste même que les fameuses infrastructures d’assainissement de la Rome antique), l'approvisionnement en eau douce et la constructions d’hôpitaux vastes et sophistiqués dans les villes, ont contribué à améliorer l'état de santé de la population générale. "Des tests de compétences ont également été effectués par les autorités médicales visitant les hôpitaux et les cliniques" pour réglementer, d'une manière ou d'une autre, les performances et les compétences de ceux qui dispensaient des soins médicaux et participaient à l’économie de la santé."

Commentaires (1)

1. sygil32 11/07/2011

bonjour à tous ! pour ça il faudra voter pour la marine en 2012 !

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