Le tarot

 

La légende

Pour connaître l'histoire du tarot, faut remonter aux temps les plus anciens...

Du dolmen aux cathédrales

En ce temps-là, l'Homme a maîtrisé le langage et le feu. Son champ intellectuel s'est développé mais il possède encore une part de sensibilité animale qui lui permet une relation profonde avec les forces de la nature. Cette symbiose deviendra science sacrée avant de sombrer dans la religion.

La connaissance des forces vives de la Terre-Mère le conduit à repérer certains endroits riches en influences telluriques et cosmiques. Peu soucieux de son propre habitat, l'Homme consacre des efforts inouïs à marquer ces endroits. C'est le temps des constructions mégalithiques, les menhirs, les dolmens et les cercles de pierres. Au-delà de l'admiration de la prouesse technique et scientifique, l'homme moderne est encore saisi d'une étrange émotion devant ces monuments qui exhalent la frustre mais puissante, odeur du sacré.

  Ces ancêtres de tous les bâtisseurs du sacré transmettent oralement leur mystérieux savoir, réactualisé de génération en génération, à travers l'occident et les grands chemins de pèlerinages, l'orient méditerranéen et au-delà, aux caprices des flux et reflux migratoires.

Cette science du sacré perdure à travers les civilisations, récupérée part les cultes et les religions, parsemant le monde antique de fabuleuses constructions : Crête, Égypte, Israël, Grèce, etc.

 

Les Enfants de Maître Jacques

Après la chute de l'empire romain, c'est l'épanouissement du christianisme occidental. Oratoires, églises, cathédrales s'érigent sur les mêmes endroits sacralisés par les anciens.

Les bâtisseurs se sont organisés en confréries structurées et puissantes : maîtres d'oeuvre, compagnons maçons, charpentiers, tailleurs de pierre, imagiers, qui transmettent leur message spirituel par l'utilisation de l'espace, de la lumière et de la couleur.

Parmi leurs patrons et financiers figurent les Templiers, grande puissance spirituelle et temporelle de l'occident.

 

La fin des Templiers

Les rivalités de pouvoir interrompent brutalement cette vague de foi constructive. En 1314, sur les instructions du roi de France Philippe le Bel, avec l'accord de la papauté, les Grands Maîtres de l'Ordre du Temple sont brûlés à Paris. L'Ordre est dissous, les templiers pourchassés, les richesses confisquées.

  Par voie de conséquence, les bâtisseurs de cathédrales et leurs imagiers, qui se nomment eux-mêmes les Enfants de Maître Jacques, perdent leur soutien financier et s'éparpillent, poursuivis par l'Inquisition qui les accusent à raison de déviationnisme hérétique par rapport au dogme catholique qui s'est radicalisé.

De leurs terres d'origine du sud ouest et des Pyrénées, de la Charente, la Saintonge, le Poitou, l'Auvergne, ils se réfugient dans les états de l'Italie du nord, la Lombardie, la Vénitie, la Toscane, le Piémont et la Savoie. Certains émigreront encore plus loin, en Cilicie (la petite Arménie) où des liens ancestraux les lient avec d'autres descendants des constructeurs de dolmens.

  Devant ce désastre, les maîtres imagiers se posent alors la question de la transmission de la tradition du savoir sacré. Ils choisissent un support à priori insoupçonable, susceptible de traverser les siècles, au-delà des langues et de l'écriture : les 21 + 1 atouts du Tarot. La popularité de ces images en assurera la diffusion et la pérennité, sans en altérer le sens profond, accessible seulement aux initiés.

Il semblerait que des imagiers et miniaturistes francs installés en Cilicie (Petite Arménie), soient à l'origine de ces graphismes. Surnommés les "sarrasins", car venant d'Orient, ils arrivèrent en 1375 en Italie, fuyant leur pays devant l'avance turco-ottomane et la reddition des derniers bastions chrétiens au Levant.

 

De la légende à l'histoire des tarots

En Italie, apparaît à Florence en 1375 un jeu de cartes, sous le nom de NAÏBBI. Il se diffusera dans toute l'Europe occidentale dès la fin du XIV ème siècle. Les Naïbbi sont-ils l'ancêtre du tarot, ou les atouts et figures se sont-elles rajoutées ultérieurement?

En 1377, nous avons dans les archives de la ville de Viterbe, entre Rome et Florence, le premier édit règlementant ou interdisant les jeux de hazard et d'argent, où les naïbbi soient cités, apportés par le "sarrasin" Hayl. C'est le début d'une longue liste d'interdictions.

Le plus ancien des tarots semble être le Cary-Yale (67 cartes conservées). Il est daté du début du XV ème, vers 1420/25.

Le premier tarot presque entier qui nous soit parvenu (74 cartes sur 78, il manque comme sur tous les Visconti Le Diable et La maison Dieu, ainsi que le 3 d'épée et le roi de denier) est le tarot princier des Visconti-Sforza. Il est daté du milieu du XV ème. Il s'agit du "Pierpont Morgan Bergame", probablement peint par Bonifacio Bembo. De ces tarots princiers, il nous reste 239 cartes issues de 11 paquets différents. Ils sont de grande taille, en carton épais et enluminés à la main. Ils n'ont pas pu servir au jeu.

La Règle Ancienne du Jeu deTarot

Aux jeux de cartes en usage sont ajoutées 21 + 1 cartes, que les Italiens ont appelées TRIOMPHES et les Français ATOUTS . Numérotées de 1 à 21, avec une 22 ème non numérotée appelée le Fou ou excuse. Ces cartes, plus fortes, accordent la victoire face aux autres.
Le jeu de Tarot rencontre un succès foudroyant dans les couches populaires en tant que jeu d'argent et rapidement fait tache d'huile.
Nous savons qu'il a séduit aussi les grands de ce monde ( tarots des Visconti-Sforza, Milan, vers 1425; tarot, dit de Charles VI, Italie du Nord, fin XVème siècle, etc. ). Ces tarots ont probablement servi dès le départ à la divination.



Le Tirage du Tarot divinatoire

Quelques jeux populaires des XVIème (tarot de Catelin Geofroy) et XVIIème siècles (tarots de Jacques Viéville, Jean Noblet et "anonyme parisien") imprimés par gravure sur bois et mis en couleur au pochoir, sont parvenus jusqu'à nous.

A la fin du XVIIIème siècle, Court de Gebelin, s'inscrivant dans le courant de la Franc-maçonnerie naissante, affirme que le Tarot exprime une connaissance cachée par les anciens, issue de l'Égypte pharaonique.

Voici le texte d'Enrique Enriquez, tarologue contemporain à New York et celui d'Eric Mallet, chercheur universitaire à Lille, au sujet des idées reçues sur le tarot.

Le XIXème siècle renforcera cette approche du Tarot pour lui conférer un caractère divinatoire et ésotérique de plus en plus affirmé.

Le XXème siècle verra s'installer la coexistence des deux utilisations : d'un côté le jeu de la Fédération, dépouillé de tout ésotérisme, avec ses images d'Epinal et ses quatre enseignes, Pique, Cœur, Carreau, Trèfle, de l'autre, les innombrables tarots divinatoires ou artistiques.

compteur intalllé le 15/10/2007

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