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Les ombres de Wielstadt
Hiver 1620 : le Saint Empire Romain Germanique est dévoré par les premiers feux de la Guerre de Trente Ans. Après s’être acquitté d’une délicate mission pour les Templiers, le Chevalier Kantz revient à Wielstadt, une cité allemande protégée depuis toujours par un mystérieux dragon. Chasseur de démons initié aux arts secrets de la Kabbale, l’homme est un exorciste en armes qui mène contre le Mal une croisade solitaire et implacable. Rapière au poing, il va devoir traquer une insaisissable meute de goules qui répand la terreur dans la ville. Bientôt, il découvre que celles-ci sont sous l’emprise d’un sorcier revenu des limbes pour se venger des membres de la Sainte-Vehme qui le firent autrefois assassiner. Inquiète de voir Kantz s’intéresser à ses intrigues passées et présentes, la redoutable société secrète lance des tueurs à ses trousses. Mais le chevalier a aussi des amis et des alliés, à la cour des miracles comme chez les faunes ou les fées, et rien ne saurait le freiner dans sa quête de la vérité. Il éliminera les goules, déjouera les complots de la Sainte-Vehme et affrontera seul, au cours d’un combat désespéré, le spectre du sorcier dément.
Les Masques de Wielstadt
Eté 1623 : La Guerre de Trente Ans s’est étendue à tout le Saint empire romain germanique, lequel connaît certaines des heures les plus tragiques et sanglantes de son histoire. Grâce au dragon qui la protège jalousement, Wielstadt a jusqu’alors échappé aux massacres. Mais l’immense cité est devenue un lieu privilégié des affrontements entre le Bien et le Mal. Aidé de trois terrifiants spadassins surgis des Enfers, un puissant démon à visage humain vient ainsi d’y élire domicile pour accomplir de sinistres desseins.
Seul le Chevalier Kantz, un exorciste en armes au passé mystérieux, grand connaisseur de la Kabbale et combattant redoutable, est à même de s’opposer au démon et d’empêcher le pire. Mais pour cela, il lui faudra d’abord déjouer les intrigues de la Sainte-Vehme et résoudre le mystère d’une prophétie longtemps tenue secrète par les Templiers…
Le Chevalier de Wielstadt
Automne 1624. Un an s’est écoulé depuis les événements rapportés dans Les Masques de Wielstadt. La guerre de Trente Ans semble s’essouffler mais, malgré la paix précaire qui s’est instaurée dans le Saint Empire, Wielstadt traverse des jours particulièrement sombres. Tandis que des sociétés secrètes s’affrontent pour le pouvoir, règlements de compte, profanations de sépultures et messes noires dans les catacombes sont devenus le lot presque quotidien de la cité. En outre, un tueur fou – le Voleur de visage – y sévit désormais. Insaisissable et sanguinaire, celui-ci commet des meurtres rituels qui terrifient la ville et menacent de la plonger dans le chaos.
Le bourgmestre de Wielstadt fait de nouveau appel au chevalier Kantz. Mais doutant plus que jamais de lui-même et du bien fondé de sa croisade solitaire contre le Mal, Kantz réussira-t-il une fois de plus à résoudre l’énigme qui met en péril Wielstadt la maudite ? Pour y parvenir, il devra renouer avec un passé ancien et douloureux, au risque d’y perdre son âme.
Critique
Par Gillossen, le 17/02/2004
L’année dernière, l’arrivée en librairies des Ombres de Wielstadt a fait son petit effet, ne serait-ce que parce qu’on croyait que le Fleuve Noir avait laissé tomber la découverte de “jeunes talents” francophones au profit de l’édition facile de novélisations d’épisodes de Buffy ou Angel… Or donc, la venue inattendue d’un nouvel auteur dans un créneau qui n’est pas loin d’être vierge était à applaudir des deux mains. En effet, en mêlant roman historique, (une érudition sans faille de Pierre Pevel, passionné d’Histoire et des notes de bas de page pour plus d’explications) intrigues politico-religieuses s’appuyant cette fois sur quelques libertés judicieuses prises avec la réalité historique de l’époque, un style vif et plaisant qui vous fait rentrer un peu plus dans l’ambiance, ainsi que quelques trouvailles inspirées - la petite Chandelle, sans doute plus attachante que son maître - l’auteur réussissait pour un coup d’essai un coup de maître, et on ne pouvait attendre qu’avec impatience une suite qui ne pouvait pas manquer.
C’est le cas depuis quelques semaines, avec la parution des Masques de Wielstadt, qui attire l’œil une fois de plus grâce à une très jolie couverture de Julien Delval. Évidemment, l’intérêt n’est pas là pour autant. Après un prologue court mais qui est vous replonge instantanément dans le petit monde Wielstadt, l’action reprend le dessus à bride abattue avec une première rencontre entre l’homme au pentacle et sa futur proie, Osiander, humain possédé par un être démoniaque des plus retors. Kantz en est pour ses frais, puisqu’il passe près de la mort dès le début de l’histoire, pris par surprises par les trois “hommes de main” du démon. Au sujet du Chevalier, si vous comptiez en apprendre plus sur lui avec ce second tome consacré à ses aventures, vous en serez pour vos frais. L’auteur nous donne bien plusieurs indices et autres indications sur son passé tout au long du roman, mais Kantz est décidément un homme plein de mystères difficiles à percer. Il n’en demeure pas moins un personnage très intéressant - quand bien même l’intérêt du roman provient avant tout de son intrigue bien ficelée que de l’attachement qu’on pourrait ressentir pour le héros - qu’on suivra avec plaisir au fil de ces 300 pages qui oscillent entre retour de la Sainte-Vehme au premier plan, organisation secrète d’érudit mystiques, meurtres au cœur de la nuit, enquête policière dans les faubourgs malfamés, mission secrète et cryptographie, le tout en rapport avec une prophétie de Saint Malachie qui n’est peut-être pas celle que l’on croit… Bref, un très grand moment de lecture à la Alexandre Dumas sauce Fantasy mâtinée de Nom de la rose, que l’on dévore littéralement, et dont on attend à nouveau une suite, l’année prochaine, probablement.
Et la “suite” est finalement arrivée, en ce début 2004. Mais là où Pierre Pevel aurait pu multiplier à l’envie les enquêtes de Kantz, cinq fois, dix fois, sans que l’on s’en lasse, la formule étant déjà rôdée, il nous offre un net démarquage dans ce troisième tome. L’histoire s’emballe, gagne encore en profondeur, en richesse, en rebondissements, tout en perçant enfin une partie des secrets du Chevalier. Désormais, il n’est plus (seulement) cette figure de l’ombre traquant le Mal, sans pour autant que tout nous soit révélé. Et c’est là aussi l’une des forces du récit. Il y a encore à découvrir.
A travers son passé, ressurgissent également les aspects religieux déjà développés précédemment, et qui cette fois prennent parfois le pas sur l’enquête elle-même. Mais le suspense n’y perd en rien ! Et les surprises sont réelles, alors que le chaos se répand peu à peu dans Wielstadt.
Car l’ambiance elle-même s’est assombrie dans ce nouveau roman. La conclusion à ce titre est à l’opposé de la célébration du héros victorieux. Evidemment, les pistes empruntées sont si nombreuses que certaines peuvent paraître laissées quelque peu en plan…
Pierre Pevel poursuit toutefois l’histoire de Kantz avec un brio certain, une maîtrise aussi âpre que déliée. On achève cette lecture d’une traite, avec l’impression d’avoir vraiment lu le meilleur, et le plus dur, des trois tomes.
Grâce à son roman "La cathédrale de la mer", Ildefonso Falcones, barcelonais de naissance, nous fait découvrir les splendeurs du moyen-âge catalan, mais également l'horreur de l'inquisition, de la peste, des abus des seigneurs. Succès mondial, souvent comparé aux "Piliers de la terre" de Ken Follett, "La cathédrale de la mer" offre une vision saisissante de la vie à Barcelone au XIVème siècle.
Le roman s'ouvre sur une fête dans un petit village de Catalogne : aujourd'hui, Bernat Estanyol, un jeune paysan, épouse Francesca. Mais le seigneur local, un jeune homme cruel et arrogant, s'invite aux réjouissances. La vie de Bernat en sera bouleversée à jamais. Contraint quelques temps après, de s'enfuir avec son fils nouveau-né, le jeune serf trouve refuge à Barcelone. Arnau, son fils, grandira les yeux levés vers le chantier de la cathédrale Santa Maria del mar et vivra une ascension sociale incroyable, marquée par les aléas de la vie de l'époque.
Véritable fresque historique, "La cathédrale de la mer" fait vivre Barcelone au rythme de la construction de Santa Maria del mar, des guerres du roi, et des épidémies. Dur portrait de la Catalogne au Moyen-âge, le lecteur découvre des campagnes pauvres, aux serfs à la merci du moindre caprice des seigneurs, qui n'hésitent pas à battre, violer et dépouiller leurs sujets. L'auteur rappelle sans crudité que le Moyen-âge n'était pas une période facile, en dépeignant l'inutilité et la violence des guerres, les famines décimant Barcelone, l'horreur de la peste. Tout y passe, des mariages forcés de jeunes filles à peine nubiles à des vieillards concupiscents en passant par la persécution dont souffre la communauté juive de Barcelone. Un quotidien dur se dessine sous la plume de l'auteur. C'est dans ce monde-là que vit Arnau : malgré une réussite sociale indéniable, le jeune homme sera profondément marqué par les aléas de l'époque. Il verra ses proches mourir, de la main des bourreaux, ou victimes des épidémies. Ildefonso Falcones, avec la minutie d'un historien, inscrit la destinée de son héros dans une période historique sans pitié : quelques notes à la fin du roman étayent celui-ci, le replaçant dans une réalité historique.
L'on déplore cependant la caractérisation trop manichéenne des personnages : ainsi, nous avons les "gentils", parmi lesquels Arnau, ou Sahat, et les "méchants" comme Elionor ou les Puig. Du fait de cette construction sans réelle profondeur, on peine à s'attacher réellement aux personnages, bien qu'Arnau parvienne sans soucis à nous intéresser à ses aventures. Bien que le roman fasse plus de huit cents pages, on a le sentiment qu'il aurait pu être bien plus long, bien plus fouillé. L'on aurait aimé, par exemple, que la relation entre Arnau et Joan, qui étaient comme des frères, soient plus approfondie : après le départ de Joan pour aller étudier, il semble totalement écarté de l'intrigue, pour mieux revenir après. Plusieurs autres personnages disparaissent pendant cent, deux cents pages, et reviennent sans crier gare, ce qui est assez déconcertant. Enfin, l'on aurait aimé avoir plusieurs points de vue, suivre plusieurs personnages.
En dépit du titre du roman, la cathédrale ne joue pas un rôle central. L'on pouvait en effet s'attendre à ce que tout le roman s'articule autour du chantier, en mettant en scène les architectes, les religieux, les constructeurs, comme dans "Les piliers de la terre". En réalité, même si la vie d'Arnau et la construction de la cathédrale sont liées, la cathédrale reste au second plan, contrairement à la ville de Barcelone en elle-même, au rôle plus important.
Comme il a été souligné plus haut, le lecteur des "Piliers de la terre" est tenté de comparer les deux ouvrages, bien qu'au fond, leurs seuls points communs soient des cathédrales, et la description du quotidien au moyen-âge. Tout aussi dense que "Les piliers de la terre", "La cathédrale de la mer" séduit par la richesse et la justesse de ses descriptions. Cependant, j'ai personnellement préféré l'oeuvre de Ken Follett. Malgré cela, "La cathédrale de la mer" est un très bon roman historique, à mettre dans toutes les mains des amateurs du genre.
1348, Angleterre. La peste a débarqué dans les ports de la côte sud. Tout le monde tente d'y échapper par quelque moyen que ce soit. Par le biais de ses rencontres, un camelot est amené à voyager avec huit personnes aux destins différents. Le périple s'annonce difficile pour échapper à la pestilence. D'autant que d'autres dangers semblent guetter ces voyageurs...
Dans un roman choral, il est toujours difficile de placer tous les personnages principaux sur un pied d'égalité. Ici, rien de tout ça. Karen Maitland est parvenue à créer neuf personnages tous très différents avec des histoires, des passés et des secrets originaux et à ne pas mettre un personnage plus en valeur qu'un autre, quand bien même le narrateur serait l'un d'eux. Le scénario quant à lui est excellent. On cherche ce que chaque personnage peut cacher de son existence, ce secret l'ayant amené à être sur la route. Que cachent donc les boîtes de ce magicien irascible ? Pourquoi ce couple qui attend un enfant est sur la route ? Que pousse cet élève à se faire détester de son maître ? Qui est cette petite fille aux cheveux blancs abandonnée et qui, franchement, m'a bien foutu les jetons ? Jusqu'à la double surprise du dénouement, on est tenu en haleine et il est difficile de lâcher le bouquin.
Karen Maitland a également réussi à nous faire vivre au Moyen-Âge. L'ambiance, les villes, les croyancces, les rites, bref, la vie quotidienne est habilement et précisément dépeinte. Ainsi, les histoires de chacun ne sont plus racontées, mais contées, avec ce supplément un peu fantastique que les conteurs ajoutaient afin d'embellir et d'envoûter leurs auditeurs. On peut accrocher ou pas mais ce talent d'écrire et de conter ces histoires toutes différentes m'a fasciné. Bref, avec la Compagnie des Menteurs, Karen Maitland nous plonge au cœur de ces neuf voyageurs en nous laissant le soin de se faire une opinion au fur et à mesure que les évènements se déroulent. Au final, j'ai trouvé un très très bon thriller médiéval au dénouement surprenant... puis terrifiant.
Paul Doherty, professeur anglais d’histoire médiévale est l’auteur d’au moins six séries de romans policiers historiques, dont plus de quinze ayant pour héros le clerc du roi Hugh Corbett ! « Le livre du magicien » est paru en 2004 mais ne fut traduit en français que l’an dernier seulement. Il fait suite à « La complainte de l’ange noir », « La trahison des ombres » et « Funestes présages »
Le décor est toujours cette Angleterre des campagnes au temps du roi Edouard 1er, époque rude et féodale de l’an de grâce 1303. Mais les protagonistes sont cette fois la France et l’Angleterre, affrontés par espions et clercs interposés. L’objectif est de réduire les apanages gascons d’Edouard 1er à la vassalité de Philippe le Bel. Où l’on voit les Anglais rusés et les Français impérieux, l’amorce de « l’Etat c’est moi » qu’affectionneront très tôt les rois de France et le bon vouloir fantasque du roi anglais.
En bref, dans un château « imprenable » des bords de mer, côté anglais, des émissaires lettrés des deux royaumes se réunissent, d’ordre de leurs rois, pour y débattre d’un livre secret. Il fut écrit dans un code inconnu et a pour titre « Secretus secretorum ». Le fameux Roger Bacon en est l’auteur. Ce livre existe pour de vrai – et n’a jamais été traduit en clair – mais sa provenance fait débat. Est-il vraiment de Bacon ? Ces travaux érudits sont le prétexte au roi de France pour mettre au pas ses clercs de Sorbonne qui en prennent à leur aise avec leur théorie du pouvoir. Pour eux, le bon plaisir du Prince n’est pas source de légitimité - voilà qui est bien séditieux ! Trois sur quatre trouveront d’ailleurs la mort au château, lors de malencontreux « accidents ». Amaury de Craon, l’oreille de Philippe de France, est rusé comme un goupil et voudrait bien en accuser les Anglais. Il aurait ainsi un prétexte pour asservir la grande île aux désirs de revanche du roi, et contrer le Pape, qui soutient Philippe le Bel parce qu’établi sous sa protection en Avignon. Mais, on le devine, Hugh Corbett, intègre et scrupuleux, veille, ainsi que son âme damnée Ranulf, auquel son roi à fait des promesses secrètes.
Rien n’était simple mais tout se complique. Une série de jeunes filles, fraîches et jolies, sont occises par carreau d’arbalète, en quelques jours, successivement ? De sombres colporteurs sillonnent les chemins
pourtant enneigés de cette contrée déserte. Cela alors qu’on signale des cogghes de pirates flamands le long des côtes, ce qui ne s’était jamais vu durant l’hiver. Que se passe-t-il donc en cette contrée dominée par le château de Corfe ? Nul doute qu’Hugh ne démêlera l’écheveau enchevêtré de tous des périls qui menacent le royaume et son faible roi. Passera alors sa justice, expéditive selon les mœurs du temps. Et l’on fera entre temps connaissance d’une galerie de personnages hauts en couleur et attachants : un espion, quatre clercs lettrés, un gamin de taverne, une douce jeune fille, un prêtre tenant l’hostie à l’envers, un hors-la-loi repenti, une vigoureuse maîtresse lavandière, un jeune soldat grêlé, une fille de seigneur qui n’a pas peur de draguer les beaux garçons… Doherty n’a pas son pareil pour, en quelques mots, croquer un caractère.
Paul C. Doherty, Le livre du magicien, 2004, 10/18, 350 pages
Pirou, château-fort accroché au rivage du duché de Normandie, n’aurait dû être qu’une brève étape du périple de Tancrède et de son maître Hugues de Tarse. Mais en ce mois de septembre 1155, alors qu’un froid terrible s’abat sur le Cotentin, la Mort s’invite dans la citadelle. Le haut-mal en est-il seul responsable ? Ou est-ce la passion secrète de Bjorn, le pêcheur, pour la maîtresse des lieux ? Ou ce cavalier noir qui rôde sur les grèves ? Pris dans les remous des passions, des haines et de la peur qui règnent dans la forteresse, Tancrède découvrira-t-il le secret de ses origines ? Verra-t-il se réaliser la prophétie de l’inquiétant moine rencontré
sur la lande de Lessay : « Vous irez loin, fort loin, messire Tancrède. Par terre et par mer, vers des pays où l’on parle d’autres langues que la nôtre, où l’or et l’argent tapissent les murs, où les femmes sont si belles qu’on les enferme, vous serez prince parmi les princes, et mendiant aussi..."?
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