Livres

 

  LATOUCHE (Robert) — Les origines de l'économie occidentale (IV-e-XIe siècle).

Paris, Albin Michel, 1956. In-8° broché, XXVI, 406 p., quelques planches hors texte et une carte à déplier, (collection « Bibliothèque de Synthèse Historique - L'Évolution de l'Humanité »,    43), couverture plastifiée, ex-libris manuscrit du professeur Jean-Jacques Hoebanx.

Table des matières :

Avant-propos.

Introduction.

Première partie : Les forces composantes.

Chapitre I : Le monde romain : l'étatisme du Bas empire.

Chapitre II : Le monde romain : l'aménagement de la vie rurale.

Chapitre III : Le monde germanique.

Chapitre IV : L'Église chrétienne : sa doctrine économique ; conséquence de son triomphe.

Deuxième partie : Les temps mérovingiens.

Chapitre I : L'exploitation agricole pendant le très haut Moyen Âge : synthèses dépassées et horizons nouveaux.

Chapitre II : L'exploitation agricole pendant le très haut Moyen Âge (suite) : le manse, la villa, les cultures.

Chapitre III : Éclipse de la vie urbaine.

Chapitre IV : Le prétendu « grand commerce » des temps mérovingiens.

Chapitre V : Monnaies et circulation monétaire. Les mers et la navigation.

Troisième partie : Les premiers carolingiens, une restauration éphémère.

Chapitre I : Le dirigisme de Charlemagne. Une réforme monétaire.

Chapitre II : Commerce et échanges sous les premiers Carolingiens.

Chapitre III : La « villa de Charlemagne » : ferme et manufacture.

Chapitre IV : La structure d'un grand domaine.

Quatrième partie : Laborieuse naissance d'une civilisation occidentale.

Chapitre I : Les Vikings.

Chapitre II : Le réveil de la vie urbaine.

Chapitre III : L'essor agricole du XIe siècle.

Conclusion.

Bibliographie.

Index.

 

 

BLOCH (Marc) — Seigneurie française et manoir anglais.

Préface de Georges Duby. Paris, Armand Colin, 1960. In-8° broché, 159 p., (collection « Cahiers des Annales », n° 16), bel exemplaire.

Table des matières :

Préface de Georges Duby.

Introduction :

- Un contraste du présent : France et Angleterre.

- Seigneurie et manoir.

- Méthode d'étude.

Première partie. Les origines : France carolingienne et Angleterre normande.

Chapitre premier : La seigneurie carolingienne.

- Les sources.

- Le domaine.

- Les manses.

- La condition des personnes.

 

Chapitre deuxième : Le manoir anglais au XIe siècle.

- Caractères originaux de l'histoire rurale anglaise.

- Le Domedday Book et le mot « manoir ».

- Le statut des hommes.

- Un régime seigneurial imposé.

Deuxième partie. Du XIe au XIIIe siècle.

Chapitre premier : Le Droit.

- Les transformations du droit en France du IXe au XIIe siècle.

- Les transformations de la condition juridique des paysans.

Chapitre deuxième : La Justice.

- En France.

- En Angleterre.

Chapitre troisième : L'évolution économique.

- Corvées et redevances.

- L'amenuisement du domaine.

Troisième partie. À partir du XIVe siècle.

Chapitre premier : Les transformations économiques de la fin du Moyen Âge et du début des Temps modernes.

- Les crises du XIVe et du XVe siècle.

- L'aspect monétaire.

- La révolution des prix.

Chapitre deuxième : Les conséquences en Angleterre.

- Le maintien du domaine.

- La dégradation de la propriété paysanne.

- Les forces politiques et sociales.

- Les enclosures : généralités.

- Les enclosures : histoire.

- Les enclosures : conséquences.

Chapitre troisième : Les conséquences en France.

- Les transformations de la classe seigneuriale.

- L'attitude de la monarchie.

- La réaction seigneuriale.

Orientation bibliographique.

 

BOIS (Guy) — Crise du féodalisme. Économie rurale et démographie en Normandie orientale du début du 14e siècle au milieu du 16e siècle.

Paris, Presses de la Fondation Nationale des Sciences Politiques - Éditions de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales, 1976. In-8° sous reliure d'éditeur, 410 p., (collection « Cahiers de la Fondation Nationale des Sciences Politiques », n° 202), couverture plastifiée, marque manuscrite d'appartenance du professeur Jean-Jacques Hoebanx à la page de garde.

Table des matières :

Avant-propos.

 

Première partie : Les grands indices économiques et démographiques.

 

Chapitre I : Démographie : un faisceau de sources.

 

Chapitre II : Les hommes : l'évolution du nombre.

 

Chapitre III : Les prix.

 

Chapitre IV : Les salaires.

 

Chapitre V : Le produit brut.

 

Deuxième partie : Les sujets économiques. Paysans et seigneurs.

 

Chapitre VI : Les paysans : occupation du sol et patrimoines fonciers.

 

Chapitre VII : Les exploitations paysannes.

 

Chapitre VIII : Les seigneurs : le revenu des redevances seigneuriales.

 

Chapitre IX : Les réserves seigneuriales..

 

Troisième partie : Les étapes de la crise.

 

Chapitre X : De la croissance à la dépression.

 

Chapitre XI : Premières fractures : vers 1337 - vers 1364.

 

Chapitre XII : Première reconstruction : vers 1364 - vers 1410.

 

Chapitre XIII : Les désastres : vers 1410 - vers 1450.

 

Chapitre XIV : La renaissance économique et démographique vers 1450 - vers 1500.

 

Chapitre XV : Les nouvelles impasses de la croissance : vers 1500 - vers 1550.

 

Conclusion.

 

Annexes - Sources - Bibliographie - Index.

 

 

BOSSUAT (Robert) — Manuel bibliographique de la littérature française du Moyen Âge. Melun, Librairie d'Argences, 1951. In-8° sous reliure toilée d'éditeur, XXXIV, 638 p., (collection « Bibliothèque Elzévirienne - Nouvelle série : Études et Documents »), cachet ex-libris du professeur M. A. Arnould à la page de garde, bel exemplaire.

Extrait de l'introduction :

La littérature française du Moyen Âge tend à prendre aujourd'hui une place sans cesse accrue dans les programmes universitaires et dans la curiosité des milieux cultivés. Mais pour avoir été plus tardivement entreprise, son étude est loin d'être aussi avancée que celle des littératures anciennes. Les instruments de travail, déjà nombreux, sont encore insuffisants. Après avoir consacré dans son Histoire de la littérature française de substantiels chapitres au Moyen Âge, Gustave Lanson n'a fait commencer son précieux Manuel bibliographique qu'au XVIe siècle, laissant délibérément de côté cinq siècles d'une production littéraire dont il ne méconnaissait pas d'ailleurs l'importance. C'est évidemment que ses propres travaux, axés sur la littérature moderne, ne lui avaient pas fourni l'occasion d'accumuler les matériaux nécessaires et que, d'autre part, cette période historique n'intéressait qu'accessoirement et dans une infime proportion les étudiants de littérature française. Aussi le moment paraît-il venu de combler cette lacune et de mettre à la disposition des travailleurs un répertoire aussi complet que possible, capable de les guider dans leurs recherches et de leur suggérer, à l'occasion, de nouveaux sujets d'études.

 

En entreprenant son ouvrage, G. Lanson posait en principe qu'il devait d'une part enregistrer les ouvrages essentiels qui permettraient de retrouver aisément ceux qu'il négligeait et, d'autre part, réunir un ensemble d'informations correspondant à la culture et aux besoins de la moyenne des étudiants. Nous n'avons pas cru pouvoir nous en tenir à cette conception limitée et n'envisager que l'intérêt d'une seule catégorie de travailleurs. L'étude du Moyen Âge, moins avancée que celle des autres siècles, met en œuvre des connaissances très diverses et qui ne sont pas exclusivement d'ordre littéraire, mais relèvent aussi bien de l'histoire et de ses sciences auxiliaires, de la philologie et de la linguistique sous tous leurs aspects. Elle implique au surplus, pour les chercheurs, l'obligation de ne pas se contenter de disserter sur les faits acquis, mais de poursuivre la solution des problèmes que posent et poseront longtemps encore les textes du Moyen Âge, dont la tradition manuscrite est souvent précaire, la langue primitive incertaine, l'origine obscure, la date imprécise. Avant d'aboutir à de larges synthèses, la tâche primordiale des médiévistes consiste toujours à procurer de bonnes éditions, à multiplier les monographies spéciales et les travaux d'exégèse.

 

Le premier objet d'une bibliographie doit être avant tout de fournir à celui qui l'utilise une base de départ, en lui révélant ce qui a été écrit d'essentiel sur le sujet qui l'intéresse, afin de lui éviter toute démarche inutile. Les travaux relatifs à la littérature du Moyen Âge sont extrêmement dispersés dans le temps et dans l'espace. Il s'en faut de beaucoup que la majeure partie ait été publiée en France. L'enseignement de Frédéric Diez provoqua en Allemagne, dès le début du XIXe siècle, un véritable engouement pour les vestiges de l'ancienne littérature française, que l'école romantique avait mise à la mode sans toutefois se soucier d'en organiser l'étude. Ce fut le grand mérite de Gaston Paris et de Paul Meyer d'introduire en France les rigoureuses méthodes d'outre-Rhin en les adaptant au tempérament national, et celui de leurs disciples d'en perfectionner l'emploi. Bientôt, non seulement en France, mais dans toute l'Europe et aux États-Unis, grâce à l'action de maîtres éprouvés dont la plupart avaient suivi les leçons de Gaston Paris, l'étude de la littérature médiévale fut poursuivie dans une féconde émulation et les résultats d'innombrables recherches consignés pour la plupart dans des revues spéciales où il n'est pas toujours aisé de les découvrir. Si tous les périodiques étaient pourvus de tables analytiques détaillées, la difficulté serait résolue. Encore faudrait-il rassembler les éléments épars de la documentation. En nous attachant à ce double objet de regroupement et d'analyse nous espérons satisfaire à la fois les besoins des chercheurs, ceux des étudiants non spécialistes, désireux seulement de connaître les éditions et les travaux critiques indispensables à la préparation d'un examen, ceux enfin du public lettré, curieux d'acquérir des notions précises sur la littérature du Moyen Âge.

 

C'est donc en ayant en vue ces trois catégories de lecteurs éventuels que nous avons conçu et rédigé le présent ouvrage et par là se justifie le choix des matériaux qui le composent et les rubriques sous lesquelles ils ont été répartis. Peut-être eût-il été plus économique d'indiquer pour chaque texte l'édition la plus récente et les dernières études qui renvoient en principe ou devraient renvoyer aux travaux antérieurs. Mais nous avons pensé que les éditions successives de textes médiévaux ne marquent pas toujours un progrès de l'une à l'autre et que, dans plus d'un cas, il n'est point inutile de recourir à d'anciennes publications qui offrent parfois l'avantage de reproduire correctement un manuscrit négligé par la suite. De même, les travaux critiques et même les études d'ensemble ne fournissent pas toujours un exposé complet et une bibliographie suffisante des questions qu'ils abordent, de sorte qu'ils ne dispensent pas de consulter les travaux qu'ils se proposent de compléter ou d'annuler. Il est souvent nécessaire de suivre à travers une série d'articles dont la publication s'échelonne sur plusieurs dizaines d'années le développement progressif des théories et des systèmes. Un guide bibliographique, en traitant des chansons de geste, par exemple, ne saurait se limiter aux Légendes épiques de Joseph Bédier, sous prétexte qu'elles ont renouvelé l'étude de ce genre littéraire, en négligeant à la fois les hypothèses plus anciennes de Gaston Paris, de Léon Gautier et de Pio Rajna ou celles, plus récentes, de Maurice Wilmotte et d'Albert Pauphilet, de MM. Ferdinand Lot et Robert Fawtier. Comme l'a justement écrit M. J. Calmette, la bibliographie doit permettre « de réunir sur un point donné les éléments épars qui le concernent dans la production intellectuelle. Elle seule fournit la possibilité de répondre aux inévitables questions qui obsèdent, dès l'abord, quiconque s'attelle à un labeur historique : qu'a écrit tel auteur ? qu'a-t-on écrit à son sujet ? »

 

II va de soi qu'un manuel bibliographique de la littérature française du Moyen Âge, si étendu qu'il soit, ne saurait répondre à toutes ces questions. Destiné à fournir aux travailleurs les premiers éléments d'une recherche, il ne peut contenir qu'un nombre limité de références arbitrairement choisies par son auteur. Il ne dispense pas de recourir à des répertoires, vieux parfois de plusieurs siècles, où se trouvent pourtant contenues de précieuses indications.

 

 

BOUSSARD (Jacques) — Le gouvernement d'Henri II Plantegenêt. Paris, Librairie d'Argences, 1956. In-8° broché, LXVIII, 687 p., cartes hors texte, (collection « Bibliothèque Elzevirienne - Nouvelle série - Études et Documents »), couverture plastifiée, marque manuscrite du professeur Jean-Jacques Hoebanx à la page de garde.

Avant-propos :

L'histoire d'Henri II Plantegenêt et de son règne a été maintes fois écrite. Outre les ouvrages d'ensemble qui lui ont été consacrés depuis soixante ans, comme ceux de Miss Kate Norgate et de Sir James Ramsay, sans compter les chapitres qui en traitent dans de grandes synthèses comme l'History of England de Davis ou la Cambridge médiéval history, maintes études particulières nous ont donné de cette période une connaissance plus précise. L'exploration des archives, l'histoire féodale, juridique, administrative ont considérablement progressé ; des documents nouveaux ont été mis au jour, des éditions savantes ont été procurées pour les principaux textes, l'œuvre des historiens anglais, français, allemands, américains a renouvelé l'étude, de ce règne. Pendant les dernières décades, nous avons vu paraître les travaux de Reginald Lane Poole sur l'histoire financière, de Sir Frank Stenton et de Mr. Austin Lane Poole sur la féodalité et la société anglaises, de MM. Sayles et Richardson sur l'histoire du droit, d'A. Ballard et James Tait sur l'histoire urbaine, de Mlle Foreville sur l'histoire ecclésiastique, de Ch. Petit-Dutaillis sur la société anglaise et française des XIe, XIIe et XIIIe siècles, de Mr. S. K. Mitchell sur l'organisation fiscale, de MM. Kienast et F. E. Schramm sur la place et les prérogatives de la royauté anglaise.

 

Mais si l'histoire du temps d'Henri II a ainsi bénéficié d'apports nouveaux, il faut avouer qu'aucun de ces livres, exception faite de la tentative de Ch. Petit-Dutaillis, particulièrement suggestive, mais réalisée à trop grande échelle pour donner une, solution aux problèmes qu'elle pose, ne traite l'œuvre d'Henri II dans son ensemble, en conservant les justes proportion entre l'importance du royaume et celle des terres d'outre-mer. Des deux côtés de la Manche, les historiens, coupés les uns des autres par une séparation qui remonte à la scission de l'empire Plantegenêt en 1204, ont été surtout préoccupés par l'aspect national des problèmes.

 

Pourtant, Henri II n'est pas seulement un roi anglais ou le rival des Capétiens. L'histoire de son empire est celle d'un État qui n'est ni anglais ni français, et c'est un contresens de la traiter suivant un point de vue national, qui était fort étranger aux hommes de son temps. C'est l'histoire d'un État féodal fondé par un homme, au moyen de liens d'homme à homme, les seuls qui fussent connus au XIIe siècle, et non pas celle d'un groupe de territoires unifiés ou irréductiblement hostiles pour des raisons ethniques ou patriotiques. Pas plus que Charlemagne n'est français ou allemand, le personnage d'Henri II n'appartient en propre à l'Angleterre ou à la France. Il fait partie du régime féodal qui, en Angleterre, en Allemagne, en France et dans l'Espagne chrétienne, ne diffère que par des nuances. Par une simplification regrettable et génératrice d'anachronismes, on a fait de la rivalité des Plantegenêts et des Capétiens une « première Guerre de Cent ans » qui a rejeté Henri II et ses fils dans le camp des souverains étrangers, adversaires de la dynastie nationale, et on a mis la personne et l'œuvre de ce prince en-dehors des préoccupations historiques de notre pays ; son histoire n'est mentionnée que dans la mesure où elle est mêlée à l'expansion des Capétiens et à leurs luttes, de même qu'en Angleterre, la partie continentale de son empire passe pour une sorte de dominion dont l'importance n'est qu'accessoire. Cependant, les cinquante ans pendant lesquels l'Angleterre, la Normandie, la Bretagne, l'Anjou, le Maine et l'Aquitaine furent réunis dans la main d'un même prince, eurent une importance capitale dans l'histoire de l'Occident. Les échanges qui s'établirent, les influences qui se pénétrèrent de l'Écosse aux Pyrénées, ont donné à l'empire Plantegenêt un rôle de premier plan dans la formation de la France et de l'Angleterre du XIIIe siècle, c'est-à-dire dans l'achèvement et la réalisation parfaite du régime féodal. On ne peut comprendre le temps de saint Louis et d'Henri III sans une étude aussi poussée et aussi minutieuse que possible de l'œuvre d'Henri II. C'est l'époque où le chaos né des guerres privées et de l'établissement du pouvoir seigneurial, se décante et s'organise sous l'impulsion simultanée d'une obscure conscience populaire et de l'action d'hommes énergiques et clairvoyants, pour aboutir à la création d'un État véritablement organisé, point de départ des monarchies modernes.

 

Mon but a été de rechercher quelle était la situation de l'Europe occidentale au moment où Henri II prit le pouvoir, ce qu'étaient les cellules de la société féodale, fiefs, baronnies, comtés et duchés, quelles étaient les ressources des seigneurs et celles du prince, quels organes de gouvernement existaient à tous les échelons de cette société, quels étaient les principes juridiques et les caractères de l'autorité ; enfin, quelle fut réellement l'œuvre d'Henri II et de son entourage dans la grande transformation qui s'opéra entre 1154 et 1189, de quelles difficultés triompha ce prince, à quelles forces il se heurta. J'ai voulu mettre en lumière ce moment de l'histoire de l'Occident.

 

Il fallait d'abord savoir au juste ce que représentaient les grands fiefs composant l'empire et serrer de très près les problèmes de géographie historique : pour l'Angleterre, presque rien n'était fait dans ce domaine ; pour les terres continentales, sauf pour l'Anjou et l'Angoumois, aucune étude approfondie n'existait.

 

Il fallait ensuite, dans le cadre géographique ainsi reconstitué, tenter de voir quelle était la puissance du seigneur suprême comparée à celle des dynastes locaux, car l'étendue territoriale d'un État féodal, grand ou petit, n'est qu'accessoire : ce qui importe, c'est de connaître la puissance réelle de son maître au point de vue économique et au point de vue de la prise qu'il a sur les hommes. Il fallait donc étudier la structure de ces États disparates et définir les moyens dont disposaient les chefs pour asseoir et maintenir leur domination. Enfin, il fallait reconstituer dans l'ensemble de ces territoires, les cadres administratifs qui formèrent l'armature institutionnelle grâce à laquelle put se développer l'expansion du pouvoir central : matière changeante et mouvante, pour laquelle nos connaissances sont tributaires de l'imprécision des documents d'archives, écrits pour servir non à l'histoire, mais à la vie quotidienne, et dont la rareté ou l'abondance relatives peuvent être des sources d'erreur. Il fallait enfin, pour comprendre, passer sans cesse d'une période à l'autre et saisir une évolution continue qu'on aurait voulu pouvoir présenter par stades successifs, mais dont l'étude défie tout exposé trop systématique. Ici encore, si l'Angleterre du XIIe siècle est relativement bien connue, parce qu'elle présente une unité et que des recherches très précises ont été faites, l'histoire des institutions de la France de l'Ouest présentait des lacunes énormes parce que les historiens se sont, pour la plupart, intéressés seulement aux institutions centrales, sans tenir un compte suffisant de l'infinie variété de cet agrégat de provinces qui a fini par former la France.

 

C'est alors seulement que l'on pouvait passer à l'étude de l'œuvre d'Henri II et de l'histoire même de son règne. On me pardonnera de n'avoir pas, une fois de plus, cherché à retracer un portrait psychologique de ce prince et de n'avoir exposé les querelles de sa famille ou sa lutte avec les Capétiens, que dans la mesure où elles intéressaient la formation de l'État qu'il créa. J'ai voulu étudier son œuvre intérieure, la formation de son empire, son organisation, à laquelle il imprima sa marque personnelle, mais qui s'élabora aussi, en même temps que sous son impulsion, par suite de l'évolution inéluctable et inconsciente de la société qui en est le fondement. C'est la double influence de l'homme et de la société et la réalisation née de ces forces diverses, que j'ai cherché à mettre en lumière.

 

 

 

 

 

[CHARLEMAGNE]. MABILLE DE PONCHEVILLE. (A.) — Charlemagne européen.

  Paris, Mercure de France, 1943. In-12 broché, 153 p., signature sur la couverture.

 

[CHARLES-LE-SIMPLE]. BORGNET — Étude sur le règne de Charles-le-Simple. [Bruxelles], [Académie Royale des Sciences et Belles-Lettres de Bruxelles], [1844]. In-4° broché sous une couverture factice, 51 p.

@ Il s'agit d'un extrait du tome XVII des Nouveaux Mémoires de l'Académie Royale des Sciences et Belles-lettres de Bruxelles..

Extrait :

« La rapide décadence des deux premières dynasties françaises, pour nous servir d'une expression inexacte mais consacrée par l'usage, est un des faits les plus curieux que présente l'histoire des temps modernes. Après avoir eu leurs jours de gloire et de splendeur, toutes deux tombèrent victimes du mouvement aristocratique qui finit par produire la féodalité, et leur agonie parcourut un intervalle de temps à peu près semblable.

Il ne faut pas néanmoins exagérer ces points de conformité.

L'abâtardissement qui atteignit la race de Clovis, la frappa au physique et an moral. Livrés jeunes aux plaisirs des sens, énervés par la politique des maires du palais, les derniers Mérovingiens restèrent dans une enfance prolongée à dessein ; nul d'eux ne parvint à l'âge d'homme. Quand on les traînait au Champ-de-Mars sur un chariot attelé de deux bœufs, leur longue chevelure, emblème d'une noble origine, leur barbe épaisse, présomption légale de virilité chez les barbares, n'étaient que des signes mensongers, des ornements d'emprunt dont on les affublait.

Les derniers Carlovingiens n'ont pas subi ce complet abâtardissement. S'ils n'ont pas été à la hauteur de leur position, on n'a pas assez tenu compte aussi des difficultés avec lesquelles ils eurent à lutter ; on a voulu les comparer aux fondateurs de leur dynastie, et comme un parallèle n'était pas possible, ils sont restés écrasés sous le rapprochement. Parmi eux, Charles-le-Gros fut sans doute le moins capable, et cependant il ne montra pas encore cette double incapacité physique et morale qui fut l'apanage des derniers Mérovingiens. En retraçant les désastres de son règne, qu'il y aurait à dire en faveur de ce malheureux empereur forcé de souscrire à sa propre ruine, de renvoyer le seul conseiller qui restât à cette tête affaiblie par les chagrins domestiques !

Il serait sans doute étrangement paradoxal de faire des descendants de Charlemagne, de grands et énergiques caractères ; on peut au moins soutenir que, dans l'appréciation de leurs actes, l'histoire n'a pas écouté la voix d'une rigoureuse impartialité. Nous voulons essayer la réhabilitation de Charles-le-Simple, celui d'entre eux auquel un outrageant surnom semble avoir attaché un caractère de stupidité notoire. »

 

 

[CHARLES LE SIMPLE]. ECKEL (Auguste) — Charles le Simple.

 Paris, Émile Bouillon, 1899. In-8° broché, XXII + 168 p., (collection « Annales de l'Histoire de France à l'Époque Carolingienne »).

 

COHEN (Gustave) — Histoire de la mise en scène dans le théâtre religieux français du Moyen Âge.

  Nouvelle édition, revue et augmentée. Paris, Champion, 1951. In-8° broché, LVI + 354 p., illustrations hors texte, rousseurs à la couverture

 

 

DE STURLER (J.) — Les relations politiques et les échanges commerciaux entre le duché de Brabant et l'Angleterre au Moyen Âge. L'étape des laines anglaises en Brabant et les origines du développement du port d'Anvers.

 Paris, Droz, 1936. In-8° sous reliure de toile verte, 543 p., hommage de l'auteur à Félicien Favresse, couverture plastifiée, exemplaire provenant de la bibliothèque du professeur Jean-Jacques Hoebanx.

Il s'agit de la publication de la thèse que Jean De Sturler présenta à la Faculté de Philosophie et Lettres de l'Université de Bruxelles.

Extrait de l'avant-propos :

Nous nous sommes proposé d'étudier les relations commerciales et politiques qui s'établirent au Moyen Âge entre le duché de Brabant et le royaume d'Angleterre.

 

Nous préciserons d'abord quels sont les territoires que nous avons compris sous ces dénominations. Nous avons considéré comme Brabançons ceux qui firent partie de l'ancien duché de Brabant, tel qu'il apparaît constitué aux XIIIe et XIVe siècles : la plus grande partie des provinces belges d'Anvers et de Brabant et certaines extrémités contiguës des provinces de Hainaut, de Namur et de Liège, la province néerlandaise du Brabant septentrional et l'extrémité méridionale de celle de Gueldre. Nous y avons rattaché les seigneuries enclavées de Malines et de Diest, incontestablement solidaires de l'économie brabançonne et dont les habitants ne cessèrent d'ailleurs, à de rares exceptions près, d'être assimilés en Angleterre aux sujets des ducs de Brabant. Nous n'avons pas exclu du champ de nos investigations les territoires qui constituaient l'ancien duché de Limbourg, les terres d'Outremeuse, le fief de Maestricht, les villages dits de Saint-Servais et le comté de Vroenhoven ; en fait cependant les données qu'il a été possible de recueillir touchant ces possessions des princes brabançons, ne présentent pas la continuité de celles qui concernent le duché de Brabant proprement dit.

 

Nous avons étudié les relations qui existèrent entre l'ensemble de ces territoires d'une part, et d'autre part le royaume d'Angleterre, à l'exclusion de la partie de la Grande-Bretagne soumise aux rois d'Écosse, de l'île de Man, de l'Irlande, des îles anglo-normandes et des possessions continentales des souverains anglais.

 

Le sujet que nous nous étions primitivement assigné pour tâche de traiter se limitait à l'étude des relations commerciales des deux pays. On remarquera d'ailleurs que c'est aux divers aspects de celles-ci que sont consacrés les principaux développements que comporte la présente étude. Toutefois, en poursuivant nos recherches dans ce domaine, il nous a paru opportun, voire indispensable, de considérer également l'évolution parallèle des relations politiques.

 

Nous avons adopté ce parti pour deux raisons. La première réside dans l'interdépendance des échanges commerciaux et des rapports politiques internationaux au Moyen Âge. On sait combien la subordination des intérêts commerciaux aux besoins de la politique extérieure des souverains, y est générale et constante ; ce trait est d'ailleurs particulièrement marqué dans l'histoire commerciale de l'Angleterre médiévale. Il n'est pas moins certain que la nécessité de maintenir des rapports commerciaux assidus, essentiels à la vie économique de la nation, est susceptible d'influencer dans une large mesure la conduite politique du prince qui la gouverne : cette observation s'applique notamment au cas des principautés néerlandaises dont l'industrie dépend étroitement de l'importation d'une matière première provenant de l'Angleterre.

 

D'autre part, nous ne voyons pas que les rapports extra-commerciaux du Brabant et de l'Angleterre, antérieurement du moins à la guerre de Cent-Ans, aient déjà été mis en lumière, ni que l'on ait pris la peine d'en indiquer la signification au point de vue de l'histoire politique des Pays-Bas et de l'Empire. C'est donc une véritable lacune que cette partie de notre exposé peut contribuer à combler. Cette considération nous a également porté à élargir dans ce sens le champ de notre enquête.

 

Le titre de notre étude ne précise évidemment pas le sens dans lequel nous avons été amené à l'orienter ; il convient de nous expliquer un instant à ce sujet. Il nous paraît évident que les limites géographiques dans lesquelles se sont renfermées nos investigations, sont faites pour restreindre considérablement la portée des constatations auxquelles elles ont pu mener ; que l'interprétation des résultats obtenus ne peut offrir ce que l'on est en droit d'en attendre qu'à la condition de se rattacher à l'observation de phénomènes plus généraux, d'une signification internationale plus large, pour ne pas dire européenne. Nous nous sommes d'ailleurs efforcé de réduire au minimum les effets de cette limitation : nous avons multiplié les rapprochements de tout ordre et nous avons toujours pris soin de situer l'ensemble restreint des faits que nous avons dégagés dans les cadres plus généraux de l'histoire économique de l'Angleterre ou des Pays-Bas, de l'histoire politique de l'Europe, de l'histoire des routes commerciales et des échanges internationaux. Il n'en est pas moins vrai que notre étude se renferme dans un champ limité et nous n'avons pas cherché à lui ôter ce caractère.

 

Nous nous efforcerons même de le justifier dans une certaine mesure. Il est certain que, pour échapper entièrement aux inconvénients inhérents à semblable limitation, l'histoire des relations commerciales anglo-néerlandaises devrait être conçue sur une base beaucoup plus large ; peut-être devrait-elle être rattachée à une étude d'ensemble des échanges commerciaux entre les régions formant ce qu'on pourrait nommer le bassin de la mer du Nord : le nord-est de la France, les Pays-Bas méridionaux et septentrionaux, l'Allemagne septentrionale, le Danemark et la Scandinavie, la Grande-Bretagne. Ce vaste ensemble géographique qui se trouve en quelque sorte disposé en éventail par rapport aux Iles Britanniques, paraît avoir été doué au Moyen Âge d'une unité réelle et d'une vie économique propre. L'étude en serait d'une inestimable valeur pour la connaissance du passé commercial de tout l'occident européen. Mais il va de soi que pareille entreprise suppose l'existence préalable de travaux préliminaires, d'études plus ou moins approfondies dans des domaines particuliers. Nous ajouterons que l'exceptionnelle richesse des dépôts britanniques – trop souvent ignorée des chercheurs étrangers – permettrait de donner à ces travaux d'approche beaucoup d'exactitude et de précision, possibilité qu'il serait sans doute regrettable de négliger. Mais on reconnaîtra dès lors que pour cette raison même, ici plus que partout ailleurs peut-être, l'analyse doit précéder la synthèse. Aussi bien notre étude ne constitue-t-elle qu'une monographie, une simple contribution à la connaissance d'une réalité historique singulièrement vaste et complexe. Nous espérons qu'elle pourra prendre place à côté de travaux similaires dus à nos devanciers et que, dans un avenir proche ou lointain, de nouveaux apports viendront peut-être accroître cet effectif, malheureusement encore restreint.

 

Nous avons donc cherché à donner une image des relations particulières d'une principauté des Pays-Bas avec l'Angleterre. Nous nous sommes efforcé de rendre cette image aussi complète – faute de pouvoir dire : aussi typique – que possible. Aussi n'avons-nous pas hésité à présenter successivement les mêmes faits sous leurs différents aspects. C'est dans cet esprit que nous avons, par exemple, cru devoir nous étendre, autant que les sources le permettaient, sur la condition et le traitement effectif des Brabançons en Angleterre, quoique nous concevions que pareil développement puisse paraître hors de propos ou démesuré à d'autres points de vue que le nôtre.

D'une déposition à un couronnement 476-800 (Rupture ou continuité dans la naissance de l'Occident médiéval). Colloque organisé par l'Institut des Hautes Études de Belgique les 4 et 5 juin 1975. Bruxelles, Institut des Hautes Études de Belgique, 1975. In-8° broché, 163 p., une planche hors texte.

 

Table des matières :

 

- Présentation du thème.

 

- Allocution du recteur Foriers.

 

- Introduction, par Jacques Pohl.

 

- Continuité romaine et réveil évangélique aux origines de la chrétienté médiévale, par François Masai.

 

- Les inscriptions latines païennes et chrétiennes symbiose ou métabolisme ?, par Gabriel Sanders.

 

- Latin mérovingien, latin carolingie et rustica romana lingua : continuité ou discontinuité ?, par Marc Van Uytfanghe.

 

- Quelques remarques à propos des corvées de colons à l'époque du Bas-Empire et du Haut Moyen Âge, par Adriaan Verhulst.

 

- Romanen und Franken am Niederrhein – die Kontinuitätsfrage im Spiegel der Grabfunde von Krefeld-Gellep, par Renate Pirling.

 

- La trace du droit romain dans les actes privés du Haut Moyen Âge, par Jacques-Henri Michel.

 

- La nécropole mérovingienne de Lavoye (Meuse), par René Joffroy.

 

- Le superstrat francique – le peuplement franc, par Max Pfister.

 

- Le rôle des Celtes dans l'Europe du Haut Moyen Âge, par Léon Fleuriot.

 

- Épilogue, par Georges Despy

 

 

FAVIER (Jean) — La guerre de Cent Ans.

Paris, Fayard, 1980. In-8° broché, 678 p., illustrations hors texte.

En quatrième de couverture :

L'auteur de Philippe le Bel s'attache aujourd'hui à ce long siècle qui suivit la mort des derniers Capétiens. Mais fallait-il écrire l'histoire d'une guerre ? Jean Favier montre que ce conflit n'est pas seulement phénomène en soi, il exprime les mouvements profonds qui animent la société médiévale : par delà les batailles – où il arrive que le sort d'un royaume se joue en quelques quarts d'heure – la guerre devient facteur déterminant des infléchissements de l'histoire dès lors que le noble et le clerc, le bourgeois et le paysan pensent et se comportent en fonction de cette guerre. Qu'elle soit réelle ou supposée, proche ou lointaine, voilà qui change peu cet horizon mental qu'est la guerre pour cinq générations qui ont su qu'elle faisait partie de leur vie.

 

La guerre de Cent Ans a été le lot commun des individus comme des groupes humains, celui des féodaux encore pris dans leurs fidélités contractuelles, celui des officiers royaux découvrant le service de l'État à mesure qu'ils le conçoivent, celui des maîtres de l'Université que leurs engagements intellectuels mènent à des conflits qui n'étaient point les leurs.

 

En un étonnant contrepoint où passent les visages renouvelés d'un Charles le Mauvais, d'un Bertrand du Guesclin, d'un Pierre Cauchon et bien d'autres, Jean Favier fait jouer les thèmes divers qui s'appellent le nationalisme naissant, la réforme de l'État et l'unité de l'Église, le prix du blé et le salaire du maçon, l'influence parisienne et la force provinciale, le métier des armes et la volonté de paix

 

 

 FAVIER (Jean) — L’histoire administrative et financière du Moyen Âge occidental depuis dix ans. Paris, 1969. In-8° agrafé, [77] p., envoi de l’auteur.

 

Extrait du t. CXXVI, 1968 de la Bibliothèque de l’École des chartes, pp. 427-503 (Bibliogrtaphie).

 

Avant-propos :

 

« L'histoire est une, et tout cloisonnement a ses défauts. Mais l'auteur d'un bulletin bibliographique ne saurait tout embrasser, et force lui est de tracer des limites en espérant qu'on les lui pardonnera, pour peu qu'elles soient nettement définies. Avant de passer en revue les principales publications qui nous sont parvenues depuis une dizaine d'années, pour les domaines conjoints de l'histoire administrative et de l'histoire financière médiévales, nous préciserons donc les limites de notre entreprise.

 

Il s'agit ici, avant tout, de l'Europe occidentale. Nous n'avons fait état, pour l'Europe centrale et orientale, que de quelques publications ayant attiré notre attention. Quant à Byzance et à l'Islam, nous les avons délibérément exclus. Nous avons également restreint l'extension de ce bulletin en laissant de côté les travaux touchant à la nature de l'État, aux structures féodales et au pouvoir monarchique, pour lesquels on se reportera aux récentes mises au point publiées dans la Revue historique, et ceux qui ressortissent à la numismatique, pour lesquels on se reportera aux revues spécialisées. Ont de même été omises les études relatives au droit médiéval et à la justice, malgré les connexions humaines et institutionnelles qui existent entre les cours de justice et les administrations non judiciaires.

 

En sens contraire, nous avons fait place à l'histoire des institutions représentatives et de conseil, bien que cette histoire soit notablement politique. Il nous a semblé que l'on ne pouvait disjoindre des études consacrées à l'impôt celles qui portent sur les conditions de son octroi. »

 

La bibliographie est répartie en trois : Les Sources ; Histoire de l'administration ; Les finances publiques.

 

 

 FÉDOU (René) — Le terrier de Jean Jossard. Coseigneur de Châtillon-d'Azergues 1430-1463.

Paris, Bibliothèque Nationale, 1966. In-8° sous reliure d'éditeur, 160 p., illustrations, tableau et deux cartes à déplier hors texte, (« Collection de Documents Inédits sur l'Histoire de France - Série in-8° », vol. 5), couverture plastifiée, marque manuscrite d'appartenance du professeur Jean-Jacques Hoebanx à la page de garde.

Avant-propos :

Le voyageur qui, pour la première fois, remonte la vallée de l'Azergues pour gagner le cœur du Beaujolais, ne voit pas sans curiosité, alors qu'il vient juste de quitter la plaine, s'esquisser à un détour de route la silhouette d'une forteresse féodale. Plus il s'en approche, plus ces ruines de teinte ocre prennent fière allure à ses yeux. Le donjon, deux autres tours, une échauguette, le clocher de la chapelle surplombent le village tapi à leurs pieds auquel ce castellum a donné son nom : Châtillon.

 

Ce château – le monument le plus remarquable de l'architecture militaire du Moyen Âge que possède le Lyonnais – fut, au XVe siècle, la demeure d'un fils de Hugues Jossard, ce précurseur de Jacques Cœur qui avait fait fortune dans l'exploitation des mines de la région et placé une part importante de ses profits dans l'acquisition de fiefs. En 1430, Jean Jossard décida la « rénovation » du terrier de sa seigneurie. Conservé dans la série E, Familles, non inventoriée, des Archives du Rhône, ce document nous a paru mériter la publication, moins pour l'intérêt – pourtant majeur – qu'il présente touchant l'histoire des Jossard et de Châtillon, qu'en raison des renseignements qu'il contient ou suggère sur la vie des campagnes lyonnaises à la fin du Moyen Âge.

 

Sur une carte des régions de France ayant donné lieu jusqu'ici à des travaux consacrés à l'histoire rurale de cette époque, le Lyonnais formerait en effet une « tache blanche ». L'étude qui suit n'a pas la prétention de combler la lacune. Elle voudrait être plus, toutefois, qu'une simple introduction au « terrier Jossard » : une enquête limitée à un secteur géographique restreint – celui même de la seigneurie envisagée –, une de ces « monographies... qui s'attacheraient à l'analyse de petites unités régionales » que G. Duby appelait récemment de ses vœux, un travail qui, prenant le terrier pour base, mais l'éclairant et le complétant par d'autres sources, pût servir de préface à des études plus larges dans l'espace et plus étendues dans le temps.

 

 

 FLACH (Jacques) — Les origines de l'ancienne France. Xe et XIe siècles.

Tome III : La renaissance de l'État. La royauté et le principat. Paris, Librairie de la Société du Recueil Général des Lois & des Arrêts, 1904. In-8° broché, VIII, 580 p.

Après l'introduction et la bibliographie, ce volume contient :

 

Première partie : Les bases et les éléments constitutifs de l'État.

 

1. Les bases de l'État.

 

1. Que la base essentielle de l'État est la foi lige naturelle.

 

2. Le rôle du bénéfice dans l'État (la largesse et l'honneur ; la lente formation de l'État féodal).

 

3. Que les progrès de l'organisation féodale de l'État sont en raison directe de l'homogénéité politique et de la force du pouvoir.

 

Appendice : le fief languedocien de 900 à 1071.

 

2. Les éléments constitutifs de l'État.

 

1. Que le groupement territorial est clairsemé et secondaire.

 

2. La seigneurie personnelle.

 

3. Les groupements fondamentaux (les groupements ethnique, familial, domanial, religieux).

 

Deuxième partie : Les organes gouvernementaux.

 

1. Le gouvernement laïque.

 

1. Aspect général.

 

2. La théorie historique léguée par les feudistes.

 

3. Qu'aux quatre groupements fondamentaux de l'État correspondent quatre caractères distincts de la royauté et du principat.

 

2. La royauté.

 

1. Les destinées du droit royal de Louis de Débonnaire à Hugues Capet.

 

2. Les quatre faces de la royauté.

 

3. L'indépendance de la couronne.

 

4. Les prérogatives et les attributs de la royauté.

 

5. Les « compagnons en la majesté royale ».

 

6. Les organes et les moyens d'action de la royauté.

 

3. Le principat.

 

La genèse historique des grandes principautés et leurs rapports avec la royauté.

 

La Francie (les principautés laïques ; les principautés ecclésiastiques).

 

 

 FOLZ (Robert) — Le Couronnement impérial de Charlemagne. 25 décembre 800. Paris, Gallimard, 1967. In-8° broché, 333 p., illustrations hors texte, (collection « Trente Journées qui ont fait la France », n° 3), Rhodoïd et bande d'avis aux libraires.

 

Avertissement :

Ce n'est pas sans une certaine appréhension que nous livrons ces pages au public. D'abord en raison de la complexité du sujet. Ce fait en apparence si clair, ce fait que chacun de nous apprend dès son enfance, Charlemagne recevant, tel un beau cadeau, le jour de Noël, la couronne impériale, est en réalité l'un des moins connus et des plus complexes de l'histoire de l'Occident. Si nous savons à peu près ce qui s'est passé à Rome le 23 et le 25 décembre 800, la préparation du couronnement de Charlemagne, son interprétation aussi, continuent à poser des questions difficiles à résoudre. Aussi celui qui raconte cette histoire marquée de tant d'incertitudes devra être attentif à tous les détails, souvent bien menus, susceptibles de nous livrer quelque chose de la pensée des meneurs du jeu, poser des hypothèses qui peuvent être étayées avec quelque vraisemblance, se méfier de la solution qui apparemment explique tout et s'avère finalement être une simple vue de l'esprit. Et surtout ne jamais perdre de vue le fond du problème : comment il a pu se faire que le roi des Francs soit promu à une dignité éteinte depuis plus de trois siècles et paraisse ainsi successeur .des anciens Césars.

 

Les hésitations redoublent lorsqu'on sait que ce volume doit prendre place dans une collection qui se propose d'attirer l'attention du public sur un certain nombre de journées décisives pour l'histoire de France. En toute honnêteté intellectuelle, il faut citer ici le jugement porté non seulement, sur le couronnement de Charlemagne mais sur toute la période carolingienne par le maître des études médiévales françaises que fut Ferdinand Lot : « Charlemagne cesse de nous appartenir en entier... la future France n'est qu'une partie de ses États et, en dépit de la légende, ce n'est pas elle qui retient le plus son attention. Sans l'importance d'ordre général qui s'attache aux soixante-dix ans qui s'écoulent de 771 à 840, nous serions en droit de n'en pas traiter... l'événement du 25 décembre, s'il eût produit ses conséquences durables, aurait eu pour résultat qu'il n'y aurait pas eu d'histoire de France. » Il ne nous appartient pas de discuter cette opinion. Nous dirons simplement qu'elle nous paraît excessive. Certes Charlemagne n'appartient pas à la France seule. Mais existait-elle au VIIIe siècle ? Nous n'en sommes pas sûr et pensons qu'elle est née en 843 de la décomposition de l'Empire carolingien. Mais il est certain aussi que la période franque et spécifiquement la phase carolingienne de celle-ci élabora les matériaux avec lesquels se fera la France. Quand notre pays aura pris conscience de lui-même, il reconnaîtra en Charlemagne le principal fondateur de sa grandeur et de son indépendance, le créateur aussi de la place qu'il tenait en Occident au point de vue intellectuel.

 

Nous avons donc essayé, après bien d'autres, de raconter ce que fut le couronnement de Charlemagne. La matière a été répartie en trois livres. Le premier a pour objet de mettre le lecteur en présence de l'État franc. Le second analyse le couronnement impérial en progressant sur des itinéraires convergents qui nous rapprochent du sujet, sans que celui-ci puisse néanmoins être saisi dans sa totalité. Des zones obscures demeureront comme sur les cartes où le trait continu des routes s'achève assez brusquement en pointillé. On espère qu'on verra au moins comment l'Empire se fit et comment les contemporains essayèrent de le comprendre. Quant au dernier livre, il nous fera assister tout à la fois à la désagrégation de l'Empire dans les faits et à sa survie dans l'esprit des hommes pour lesquels « Charles li reis » est demeuré « nostre emperere magne » et est devenu le patron de notre royauté qu'il couvrit de son ombre. Croyance tellement enracinée que Jeanne d'Arc put affirmer qu'avec saint Louis, saint Charlemagne intercédait auprès de Dieu pour son successeur Charles VII.

 

 

GRABAR (André) et NORDENFALK (Carl) — La peinture romane du onzième au treizième siècle.

 Lausanne, Skira, 1958. In-4° sous reliure et jaquette d'éditeur, 229 p., nombreuses illustrations contrecollées en couleurs, (collection « Les Grands Siècles de la Peinture »), très bel exemplaire.

 

Sur la jaquette :

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Commentaires (2)

1. womenshi 20/02/2012

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2. profile 27/03/2012

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