Le livre d'heures: définition

Le livre d'heures tire son nom des huit heures, dites canoniales, constituant les offices qui scandaient les journées du chrétien.


 Le livre d'heures, un objet culte

  Le livre d'heures était le livre de dévotion favori des laïcs. Il apparaît tardivement au Moyen Âge et s'inspire en partie du bréviaire utilisé par les prêtres. Le genre s'est surtout répandu au XIIIe siècle. Sa production prit son essor au XIVe siècle et se poursuivit à partir du XVIe siècle sous forme imprimée. Chaque fidèle veut avoir son livre d'heures, signe extérieur de richesse et de statut social, ce bel objet contribue au lustre des familles. Il est intégré au trousseau des jeunes filles à marier et sert aussi bien de " livret de famille " : à la fin ou au début du manuscrit, des feuillets laissés en blanc permettaient parfois d'inscrire la date de mariage du couple et les naissances des enfants. Un monde sépare les ouvrages de séries copiés à des milliers d'exemplaires et les manuscrits luxueux et très personnalisés peints par les meilleurs artistes du temps pour des mécènes exigeants qui faisaient ajouter ou retrancher des prières au gré de leurs dévotions personnelles. Ceux-ci pouvaient intervenir dans le choix et le traitement des illustrations. Exceptionnellement, les commanditaires payaient les pigments et même les fournissaient.

 La production de livres d'heures s'est poursuivie jusqu'au XVIIIe siècle. Aujourd'hui encore, ils suscitent l'intérêt des bibliophiles du monde entier. Le livre d'heures de Jacques de Châtillon est le seul représentant, et probablement le plus beau, restant en France de la production amiénoise des années 1430-1450. Parmi les livres d'heures les plus célèbres conservés à la BnF : Les Petites Heures (env. 1385), Les Très Belles Heures (entre 1390 et 1410) et Les Grandes Heures (1409) de Jean de Berry ; Les Grandes Heures de Rohan (vers 1430-1435), Les Grandes Heures d'Anne de Bretagne (vers 1503-1508).

 Parmi les livres d'heures les plus célèbres conservés à la BnF :

Les Petites Heures (env. 1385), Les Très Belles Heures (entre 1390 et 1410) et Les Grandes Heures (1409) de Jean de Berry ; Les Grandes Heures de Rohan (vers 1430-1435), Les Grandes Heures d'Anne de Bretagne (vers 1503-1508).

 


  livre d'heures de Jeanne de Bretagne livre d'heures du duc de Berry

 

 

livres d'heures de Marguerite d'Orléans  


 

 

 

livre d'heures de Jacques de Bréguille 

  

livre d'heures de Mary Burgundy

 

 

 

livre d'heures de Nicolas Elairié

couverture en cuir d'un livre d'heures

 

Dans l’occident médiéval, le laïc n’a pas la même perception du temps que nous, hommes du XXIe siècle. Au XVe siècle, la société française demeure très rurale et, malgré le développement de l’urbanisation et l’apparition de la bourgeoisie marchande, les activités humaines sont structurées par le cycle des saisons et des fêtes religieuses.

 La journée s’organise autour de la sonnerie des cloches de l’église ou du monastère : matines à minuit, laudes vers 3 h, prime vers 6 h, tierce vers 9 h, sixte à midi, none vers 15 h, vêpres vers 18 h, complies vers 21 h. Ces heures canoniales règlent la vie monastique et ecclésiastique. Les offices, divisés en sept parties, sont récités tout au long de la journée. Les calculs précis restent l’apanage d’un petit nombre de clercs et l’homme du Moyen-Age n’a pas une vision linéaire du temps, rythmée par l’écoulement des heures, des minutes et des secondes. Sa perception est beaucoup plus cyclique, fondée sur la permanence et sur un recommencement troublé seulement par la sensation d’un lent vieillissement.

 Pour l’immense majorité de la population, ce calendrier de la vie rustique est inscrit dans la pierre des portails des cathédrales (Amiens, Chartre, Paris, Reims, Saint-Denis ou Senlis) ; les aristocrates et les riches bourgeois possèdent chez eux l’outil indispensable aux exercices de piété privée : le livre d’heures.

Un livre d’heures est un livre liturgique à l’usage des riches laïques. C’est au XIVe siècle qu’il prit le nom de « livre d’Heures » car son lecteur devait l’ouvrir sept fois par jour aux heures canoniales.

Il s’ouvre la plupart du temps sur un calendrier dont chaque mois occupe une page illustrée par une scène évoquant une occupation humaine caractéristique du mois. Y sont notés également le cycle lunaire, les solstices et les équinoxes. Viennent ensuite les prières célébrant les grands événements de la vie du Christ, de la Vierge et des saints et les fêtes religieuses.

 Les manuscrits plus étoffés peuvent contenir également les Heures de la Croix qui incitent à méditer sur les étapes de la Passion du Christ ; les Heures du Saint-Esprit pour commémorer la Pentecôte et le Baptême du Christ. A ces offices s’ajoutent habituellement des extraits des Évangiles, l’office des morts, quelques prières et les suffrages des saints.


Les très riches Heures : ordre habituel d’un livre d’heures

Calendrier / Extraits des évangiles / les oraisons à la Vierge / les heures de la Vierge / les Psaumes de pénitence / La grande litanie / Les heures de la Croix / Les heures du Saint-Esprit / L’Office des morts / L’office de la semaine / les heures de la Passion / fêtes de l’année liturgique-

 Entre 1350 et 1500, ce type d’ouvrage est produit en très grand nombre. Les princes s’offrent ces précieux livres les uns aux autres, favorisant ainsi les échanges artistiques, stimulant l’invention et la création. Les membres de la grande bourgeoisie ne sont pas en reste : au XVe siècle, le livre d’Heures est – comme le portrait au temps des Clouet – un signe de reconnaissance sociale.

 Les enfants princiers apprenaient à lire dans les livres d’heures. Ce fut le cas de Jean le Bon, père du duc de Berry, du duc lui-même et de ses frères.

Le calendrier des Très Riches heures du duc du Berry est illustré par les travaux de la vie rurale et par les occupations princières qui rythment l’année. C’est en effet un ouvrage destiné à un grand seigneur, grand propriétaire foncier. Au XVe siècle, les riches bourgeois sont de plus en plus nombreux à posséder des livres d’heures et les artistes qui les exécutent remplacent, dans le calendrier, les loisirs princiers par des occupations bourgeoises ; les travaux des champs sont parfois relégués à l’arrière-plan, derrière les activités marchandes et les paysages urbains façonnés par ces riches bourgeois.

 


 Réalisation d’un livre d’Heures : c’est un véritable chantier qui peut s’étaler sur un grand nombre d’année.

Sa réalisation s’organise en cinq étapes :

1) réalisation de la maquette qui fixe les emplacements réservés aux miniatures.

2) Calligraphie.

3) Un peintre décore les initiales et les bouts de ligne.

4) Exécution des miniatures : esquisse à la plume puis exécution des fonds, ciel, paysage, monuments, premier plan puis les personnages en dernier lieu.

5) Décoration des marges et des grandes lettrines.

Commentaires (1)

1. Anderson 18/01/2012

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