L'art en Inde médiévale

 

 

 

C’est au VIIème siècle après Jésus Christ, après la fin de l’empire Gupta, que les historiens de l’art font débuter la période médiévale en Inde. Ce terme de « médiévale » n’a cependant aucun sens archéologique pour l’art indien. Durant cette époque, qui se poursuit jusqu‘ au XIIIème siècle, de nombreux pouvoirs politiques coexistent, se superposent, ce qui entraine une grande diversité artistique.

Du point de vue de l’architecture, une nette différence apparaît entre le nord et le sud de l’Inde.

 

   L’architecture médiévale religieuse du Nord de L’inde

- Site de Naresvar.

Dans la région du Madhya Pradesh, sur le site de Naresvar, plusieurs temples assez modestes ont été construits durant le VIIe et le VIIIe siècles sans qu’ils puissent être associés à une lignée particulière. La simplicité de ces temples facilite l’étude de l’archétype architecturale mis en place. Trois temples de ce site en particulier vont nous intéresser. Ces temples construits au VIIème siècle permettent de définir le type architectural caractéristique du nord et sa possible évolution qui comme presque toujours en Inde, se fait du plus simple vers le plus complexe.

Les deux premiers temples 

Les deux premiers temples de type « tour sanctuaire », nom donné à cause de  l’aspect élevé de la toiture  sont caractéristiques de l’époque médiévale au nord, tout comme le plan carré et redenté. Le nombre de ressauts permet de situer chronologiquement le temple par rapport aux autres. En effet, plus les ressauts sont nombreux, plus le temple est tardif selon le principe de l’évolution artistique en Inde.

La cella abrite l’image de la divinité placée sur un piédestal. Au niveau de la porte, une saillie forme une sorte d’antichambre qui devient petit à petit un véritable porche et est ensuite complété par des salles modifiant complètement le plan masse habituel (notamment les zones d’accès). De loin, ces temples apparaissent presque identiques cependant, ils diffèrent par leurs façades secondaires.

Dans le plus ancien, la façade s’orne d’un ressaut comprenant une petite niche dans laquelle était placée une représentation de divinité souvent associé au dieu vénéré au sein de l’édifice, ici Shiva. Les divinités appartiennent donc à sa famille, Durga destructrice, un aspect de son épouse, ou encore ses fils, Ganesha ou Skanda.

Dans l’autre temple, plus récent, le ressaut avec la niche est flanqué de pilastres, un élément décoratif supplémentaire qui permet de replacer chronologiquement ce temple par rapport à l’autre. Les portes de ces temples présentent quand à elles un encadrement riche et de manière récurrente, les figurations des déesses fluviales Ganga et Yamuna, qui purifie symboliquement le visiteur.

 

Du point de vue de l’élévation, les temples du nord de l’Inde se divisent en trois parties : le sous bassement ou la base, le corps principal, la toiture, qui présente au nord de l’Inde une ligne spécifique, et appelée shikhara (flèche).

Le shikhara est en forme de pain de sucre, et les arêtes s’incurvent suivant l’axe du bâtiment et vers le sommet. Il dispose d’une ornementation typique comprenant deux motifs récurrents : des arcatures disposées en nid d’abeille, les chandrasala, et au niveau des arêtes, des pierres sphériques, côtelées et aplati qui rythment la toiture, les amalaka. Un amalaka plus gros est placé au sommet du temple est compose une partie du couronnement de l’édifice. Généralement au dessus des amalaka, on dispose une sorte de vase, réceptacles d’emblèmes, souvent attributs du dieu vénéré dans la cella. Ainsi, dans un temple vishnuïte, on trouvera un chakra (disque), et un trident pour Shiva. Le second temple dispose sur son shikara de plus de nid d’abeille, ce qui permet de dire qu’il est légèrement plus tardif que le premier.



Le troisième temple de Naresvar, VIIème siècle.

 

 

Ce troisième temple présente peu de différences avec les deux temples précédents. L’animation des faces secondaires est plus importante avec toujours une niche au centre des ressauts. Cependant de chaque coté du ressaut médian des niches plus petites ont été aménagées pour recevoir d’autres divinités. Les iconographies se multiplient donc. Cette complexité indique que ce temple est postérieur aux deux étudiés précédemment. Aux angles sont la plupart du temps placées des divinités particulières, gardiennes de l’espace (de points cardinaux), les dikpalas mais ici le temple est encore trop ancien pour qu’elles soient figurées.

L’élévation du temple est caractéristique des architectures du nord de l’Inde, tripartite. Le sous bassement se compose de moulures superposées, le corps principal est décoré de niches sur ses différentes faces. La toiture enfin présente des arêtes s’incurvant vers l’axe de l’édifice et vers le sommet, et un décor de chandrasala en résille sur les différentes faces et d’amalaka sur les arêtes et au sommet de l’édifice.

-  Site de Bubaneshvara.

Haut lieu du shivaïsme. Une centaine de monuments y ont été construit, des constructions modestes à des temples gigantesques.

                                                             Temple de Parasuramesvara, VIIème siècle.

Parasurameva

 

 

Bubaneshvara

 


             Une vue générale du temple permet d’observer une architecture typique du nord de l’Inde pour ce qui est de la tour sanctuaire en elle-même (plan, élévation, toiture) cependant à la place de l’antichambre habituelle a été construite une salle particulière, le mandapa, destinée à accueillir les fidèles ceux-ci ne pouvant pénétrer dans la cella. En fonction des régions le nom de cette salle généralement à piliers, diffère.

La tour sanctuaire présente donc les caractéristiques des temples du nord de l’Inde durant la période médiévale cependant, on note une irrégularité puisque la tour ouvre à l’ouest et non à l’est comme il est d’usage pour les temples dédiés à Shiva. Le mandapa présente deux rangées de trois piliers à l’intérieur, l’accès principal se situe à l’ouest mais des portes et des fenêtres ouvrent également les bas cotés pour rendre l’atmosphère de cette pièce viable (lumière, air). En élévation, le mandapa possède trois sections, une base composée de moulures horizontales, un corps principal présentant différentes ouvertures mais aussi des niches contenant des représentations de divinités et une toiture plate épousant parfaitement le plan de l’édifice. Celle-ci présente deux niveaux, le niveau supérieur est en relation avec l’allée centrale, le niveau inférieur correspond aux bas cotés. Ce sont les piliers de la salle qui soutiennent la toiture centrale la plus haute et les murs des bas cotés les toitures latérales donc extérieurement la composition de l’intérieur du mandapa est donc compréhensible.

Le décor extérieur est couvrant et se compose de guirlandes de fleurs, de fruits, d’éléments rappelant l’orfèvrerie et d’espaces prédéfinis pour accueillir les statues des dieux.

Dans ces niches on identifie différents aspects du dieu Shiva, une série de dikpalas disposés en ligne et non aux points cardinaux comme il est d’usage postérieurement, une série de déesses, les sept mères. Les sept mères sont des déesses protectrices, contrepartie féminines des grands dieux hindous. Plus tard elles seront au nombre de huit. Les divinités mineures placées ici sont localisés dans l’espace par rapport au dieu vénéré dans la Cella. Il y a donc un décor rigoureux permettant un microcosme divin.

Parmi les dikpalas, Varuna, gardien de l’ouest et des eaux est identifiable par le lien qu’il tient et par sa monture figurée sous son siège, un canard.

Dans une autre niche, Shiva androgyne est représenté dansant selon une iconographie fréquente.

Les fenêtres du mandapa sont pour certaines simples, avec un treillage taillé dans la pierre. D’autre présente un décor ajouré plus audacieux figurant des hommes dansant et jouant de la musique comme lors des offrandes de danse faites au dieu . Les proportions des personnages sont peu idéales, et l’ensemble de la scène est traité de manière assez naïve mais la technique de sculpture est cependant virtuose.

Le fronton de la tour sanctuaire, à la jonction avec le mandapa présente un démon tentant de détourner Shiva, et une autre représentation de la danse de Shiva. 

La face nord du corps principal comprend une niche vide où se plaçait à l’origine une sculpture de Durga destructrice. Au sud et à l’est, les sculptures de Ganesha et de Skanda sont encore présentes. Ganesha   est reconnaissable à sa tête d’éléphant dont la trompe plonge dans un bol de friandises, son animal véhicule, le rat n’est cependant pas représenté. Skanda  tient quand à lui sa lance, assis sur un trône sous lequel se tient sa monture, le paon. L’aspect du dieu est juvénile notamment avec ses trois mèches enroulées, coiffure des jeunes hommes. Le style est trapu mais les iconographies sont complètes.

Une image de Durga provenant du temple Vaital Deul datant du VIIIème siècle est sans doute assez proche de celle qui ornait à l’origine la niche de la face nord. La déesse Durga domine le démon buffle, symbole de l’ignorance. L’attitude de la déesse, qui dispose ici de 8 bras, est très dynamique tandis qu’elle pourfend l’être hybride de son trident.

  Les Pallavas

Au sud, dans la région du Tamil-Nadu, la dynastie Pallava règne entre le VIIème et le VIIIème siècle. Cette dynastie devient importante au VIème siècle. Mahendravarman Ier va agrandir les territoires de son royaume et on lui associe également des constructions excavées.

Son fils, Narasimhavarman est également appelé Mamalla, au VIIème siècle également.

Plusieurs sites importants, Kancipuram l’ancienne capitale, et Mahabalipuram.

 

Kancipuram

 

 

Mahabalipuram


 

Les Pallava sont à l’origine de deux types de monuments : excavé et construit. Les excavations en début de période sont simples, mais très diversifiées dans leur plan, en effet aucune règle ou tradition précise n’est encore mise en place. Dans les inscriptions, ces structures sont mentionnées comme des nouveautés, les bâtiments précédents étaient donc sans doute construits en matériaux non pérennes.

Sanctuaire dédié à la Trimurti, Mandagapattu, (600-630).

C'est une grotte sanctuaire qui présente une façade austère, rythmée par des piliers réservé dans la roche, peu élégant. Les piliers sont tripartites (carré, octogone, carré) et surmonté d’un soutien d’entablement en quart de rond. Ce style lourd et puissant est sans doute du au manque de maitrise technique. De chaque coté de la façade, dans des niches ont été sculptés des hommes armés, les gardiens de portes chargés de la défense du sanctuaire.

Les gardiens à l’entrée sont armés et appuyés sur des massues. Postures déhanchées, dynamiques… Taillés dans une roche dure, ils ne bénéficient pas d’un traitement très raffiné.

 

 

Mandagapattu

 

La Grotte de Trichy 

 

 


 

Commande de Mahendravarman, dédiée à Shiva.
Les piliers de la façade sont robustes avec des motifs de lotus ciselés en partie médiane, symbole de pureté. La cella est placée sur un coté et non au fond sans que l’on puisse l’expliquer, des gardiens sculptés flanquent son accès. Différents thèmes shivaïtes sont sculptés sur les parois, dont certains associés au pouvoir royal comme Shiva recevant le Gange dans ses cheveux, en face du sanctuaire. Shiva, en position central est en taille héroïque, et reconnaissable à son troisième œil et à son chignon d’ascète, jata. Autour de lui, des dieux sont représentés en attitude de vol ou agenouillés, en position d’hommage. Shiva dénoue l’une de ses mèches sur laquelle se tient un petit personnage féminin, Ganga, en fait la voie lactée descendue sur Terre, symbole de création et de pureté. C'est une conographie très importante donc dans le mythe shivaïte.

 

 

Mamallapuram



 Site de Mamallapuram ou Mahabalipuram.
La ville de Mahabalipuram était une cité portuaire à l’époque. Les collines ont été sculptées, creusées dans une technique hybride, entre la construction et l’excavation. Extérieurement, les monuments ont donc un aspect construit. Sur ce site, plusieurs édifices importants :
 Le mandapa de Kotikal
 La grote de Mahishmardini
 La grotte de Varaha (Vishnu sanglier)
 Le panneau de la descente du Gange
 Les pancha ratha, les cinq chars (sanctuaires).
 Le temple du rivage.
 Le mandapa de kotikal

 


Sanctuaire dédié à la déesse Devi.

Cet édifice date du règne de Mahendravarman, donc d’époque Pallava. On retrouve les piliers caractéristiques de ce roi. Au dessus de la façade, des mortaises pour soutenir des éléments en bois qui servaient probablement d’auvent. Une salle rectangulaire et une toute petite cella. Des gardiennes de portes à l’entrée de la Cella. Images féminines qui permettent de dire que l’on vénérait ici une divinité féminine. Comme à Trichy, une sculpture en faible relief, des postures très déhanchées typique des Pallava. Grand dynamisme aussi. Elles sont appuyées sur des armes (massue et arc). Des figures très longilignes, typique de l’inde du sud et des pallava, en opposition avec le nord à la même époque.

Grotte de Mahishamardini
La grotte Mahishamardini est différente. En façade, au dessus des colonnes, un décor n’est pas terminé. Aux piliers se sont substitués des colonnes cannelées et effilées pourvues en partie haute de chapiteaux complexes. Cette mutation des piliers s’opère avec Narasimhavarman Ier. Stylistiquement, la façade s’en trouve allégée, plus raffinée. Cependant, cette dernière présente des irrégularités comme des colonnes rajoutées, des chapiteaux incomplets ou des parties inachevées notamment en partie haute. A l’intérieur, trois sanctuaires ont été creusés dans le mur du fond. Un porche réservé dans la roche magnifie la cella principale. Cette triple cella est dévouée à la trimurti avec Shiva au centre, Bhrama et Vishnu sur les côtés.
Sur les parois latérales enfin, deux hauts reliefs. Les colonnes du porche appartiennent au nouveau type apparu sous Narasimhavarman mais sont plus riches qu’en façade, avec des éléments orfévrées en trompe l’œil telle que des bagues décoratives, des perles, des fleurs, des cannelures. Un soutien d’entablement en quart de rond surmonte le chapiteau complexe et en partie basse du fût des lions assis magnifient l’accès.

 

 

Mahishamardini



Les reliefs représentent d’une part Vishnu dans son sommeil sur Ananta, ici complètement endormi, serein, en méditation. On voit cependant la présence de deux démons qui voulaient dérober les vedas mais qui sont arrêtés par les attributs personnifiés de Vishnu. La roche étant très dur, le traitement est sobre, brut, moins raffiné. L’esthétique du sud de l’Inde est très présente, sobre et mesurée, avec un canon élancé.
L’autre relief sur le mur opposé représente le combat de Durga contre le démon buffle. La scène est rare puisque ici, la déesse n’a pas encore vaincu le démon, elle le poursuit en chevauchant son lion. Le démon est en posture fendue, indiquant qu’il cherche à s’échapper, autour de lui, ses alliés ont déjà été vaincus par Durga et son armée de nains/gnomes.
Les deux compositions, calme d’un coté, agité de l’autre, s’opposent et s’équilibrent. Une fois le monde crée par Vishnu, Durga le sauve de l’ignorance. L’élégance des proportions, l’allongement des silhouettes sont propre à l’art Pallava tout comme les visages ronds et peu détaillés.

Dans la cella central, il y a un relief montrant un groupe avec Shiva assit au centre. Son animal monture en dessous. A côté de lui un enfant, Skanda, sur les genoux de Parvati. Derrière, deux autres personnages, Vishnu et Bhrama. Il s’agit donc de la sainte famille et de la trimurti.

 


Grotte de Varaha.

Règne de Narasimhavarman Ier. On ne sait pas a qui elle était consacrée. Elle est plus petite, mais elle est terminée en façade. Des réductions d’édifices au dessus de l’entrée, et encore des mortaises pour les auvents. Caractère architectural bien marqué donc qui évoque des bâtiments annexes et donc des divinités annexes, anonymes. Programme iconographique qui met donc en place un microcosme divin.
Des piliers de type de Narasimhavarman en façade, octogonaux avec des lions cornus (vyala). Une salle rectangulaire et une cella pour Vishnu ou Shiva. Des panneaux sculptés dans la salle et dans la cella.
A l’entrée de la cella, des gardiens, beaucoup moins dynamiques, déhanchés comme à Trichy ou dans la grotte de Mahishamardini. Panneau de Varaha, l’avatar sanglier de Vishnu avec la déesse terre dans ses bras. Autour, des divinités louant le dieu. (1)
Un autre panneau avec la représentation de Shri (fortune…), épouse de Vishnu (Lakshmi). Elle trône sur une fleur de lotus avec un éléphant. Symbole de la bonne fortune, garante de la prospérité, caractère bénéfique. (2)
Une représentation de Durga aussi, combattant avec un lion. Associée à la pratique rituelle. Un personnage agenouillé à ses pieds qui va se trancher la gorge. Il s’agit de l’offrande suprême, offrande de sa vie. Ce n’est qu’une offrande symbolique, et l’expression de la foi la plus complète. (3)
Un dernier panneau montre un autre aspect de Vishnu, dans son avatar du nain, qui va reconquérir le monde par la ruse (avec les trois pas). Ici, il effectue l’un des trois pas. (4) Symbole de la victoire du divin sur les forces des ombres… Là encore deux pôles extrêmes du divin, la création (varaha) et la sauvegarde (dernier panneau).

Panca Ratha
Groupe de cinq sanctuaires appelés « rathas » c'est-à-dire char, qui prennent la forme de temples même s’ils ont été sculptés dans la roche et non pas construits. Ces temples sont dédiés à des divinités mal identifiées et ils portent le nom d’héros du Mahabarata.

Les structures sont variées :
• Le ratha de Draupadi (épouse des 5 frères Pandava)
• Le ratha d’Arjuna (meilleur des cinq frères).
• Le ratha de Bhima (le plus fort des frères)
• Le ratha de Dharmaraja (le plus sage des Pandava)
• Le ratha de Nakula et Sahadeva (les jumeaux Pandava, les moins respectueux)
Entre les monuments prennent place trois rondes-bosses animalières, un lion face au temple de Draupadi, un taureau derrière le temple d’Arjuna, un éléphant près du temple de Nakula et Sahadeva.

Le Ratha de Draupadi : de plan carré, simple est surmonté d’une toiture qui donne l’aspect d’une hutte, avec un toit incurvé, sans doute à l’image des temples en matériaux périssables. Ce type d’architecture n’aura pas de postérité. L’iconographie est principalement féminine, avec des gardiennes de portes et sur les faces secondaires, dans les niches, des représentations de Durga victorieuse. La terrasse est sculptée de têtes de lions, symbole de souveraineté et monture de Durga. Les parois de la cella sont épaisses avec un relief de la déesse entourée de ses dévots. Durga est un aspect de l’épouse de Shiva, mais aussi la sœur de Vishnu, c’est pourquoi ici elle tient la conque et le disque, les attributs du Dieu. Les dévots sont en position de prière, l’un exécute le geste suprême de vénération, il se tranche la gorge, métaphore du sacrifice du dévot accompli (fréquent dans les iconographies shivaïtes). Le style quand à lui est typiquement pallava, avec pour caractéristique une forte économie de moyen, des proportions élancés, une grande finesse. Le manque de détail est sans doute dû à la dureté de la roche.

Le ratha de d’Arjuna : de plan carré, possède une élévation typique de l’architecture du sud de l’Inde, notamment sa toiture. A la cella carré s’adjoint une antichambre qui se développe avec le temps jusqu’à devenir un mandapa. L’élévation est tripartite, le sous bassement présente souvent des moulures horizontales dont la dernière est en quart de rond. Le corps principal est scandé de pilastres engagés qui alternent avec des zones de décors et des sculptures de divinité, ici Shiva et Vishnu. La toiture détermine le style du monument, elle est dite à faux étages décroissants, selon la typologie classique de l’architecture de l’Inde du sud. Des réductions d’édifices sur ces faux étages comme dans le nord de l’Inde, représentation du séjour des dieux… On verra même parfois de petites divinités dans ces édifices… Une sorte de dôme au sommet, classique dans cette architecture. Dans la cella étroite, il n’y a pas de reliefs. Les figures sur les façades présentent toutes des proportions élancées, selon le style de l’Inde du sud.
Devant ce temple, un rocher sculpté à l’image d’un bœuf à bosse couché. Il s’agit de Nandi, la monture de Shiva. Cette sculpture permet de dire que ce temple est probablement voué à Shiva.

Ratha de Bhima : temple inachevé sans doute pour des raisons techniques comme le laisse à penser une fissure. La corniche est ornée de réductions d’édifices encore comme le temple d’Arjuna, selon la typologie décorative de l’Inde du sud. En revanche, on voit un plan différent ici, rectangulaire et non plus carré. La toiture, en berceau brisé est quand à elle adapté au plan au sol de l’édifice. Des piles d’angles forment l’armature du corps principal, des séries de piliers, du style le plus sophistiquée de l’époque, avec des lions assis au niveau de la base (symbole royal), ornent les cotés. Le type de plan de cet édifice est ensuite réemployé en tant que porte d’accès au sanctuaire.

Ratha de Dharmaraja : il présente une structure comparable à celle d’Arjuna à quelques différences près : la structure est plus grande, avec plus de faux étages décroissant et réductions d’édifices et aucun porche n’est présent. Les piliers en partie inférieure sont sculptés de lions assis. Sur les piles d’angles, huit divinités sont sculptés en relief. Ce temple est le plus ambitieux, le plus complexe et le plus riche de l’ensemble. Egalement une représentation d’un personnage non divin, le commanditaire. Cela est fréquent dans les fondations royales, mais peu dans les temples. Un portrait de Narasimhavarman Ier, nommé par une inscription (Mamalla). Se représenter ainsi et un manifeste, le fidèle voit son roi comme un dieu. Discours politique donc. Cela est caractéristique du Sud de l’inde. Dans la toiture, l’architecture est complétée par la figuration de centaines de divinités qui peuplent ce microcosme divin.

Ratha de Nakula et Sahadeva : Cet édifice adopte un plan complètement différent. En effet, il est absidal et couvert en berceau. On retrouve les faux étages de toitures. Des piliers à l’entrée, et des pilastres sur les bords. Pas de descendance particulière pour ce type d’édifices.

 

 


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