Le Japon médiéval

 

Période Ancienne (iie ‑ xiie siècles)

Période Yamato

Le Yamato est une structure politique et sociale qui se met en place dans la région de Nara vers 250. 

Cette période peut-être divisée en deux sous-périodes, sur la base de l'arrivée du bouddhisme:
 - La période Kofun (Kofun-jidai) (v. 250–538), du nom des kofun, tertres funéraires typiques de l'époque qui constituent l'une des principales sources de documentation sur cette période.
 - La période Asuka ( Asuka-jidai) (538–710)

Aux ve ou vie siècle, cette structure sociale est hiérarchisée selon des clans sous la domination d'un dirigeant héréditaire. Les clans sont divisés en groupes selon le statut professionnel. L'État du Yamato s'étend par la suite sur l'ensemble du Japon excepté la partie nord où se trouvent les Aïnous.


C'est la période durant laquelle se développent au Japon l'écriture et le bouddhisme venus de Chine (par la Corée). Les techniques chinoises sont aussi assimilées. Les clans étaient partagés entre les partisans du bouddhisme très liés à la Corée (le clan Soga, pour ne citer que lui) et les traditionalistes shintoïstes comme les clans Otomo et Mononobe.

Dès le règne de l'impératrice Suiko et de son régent le prince Umayado, (de son nom posthume Shōtoku) le bouddhisme est encouragé pour devenir religion d'état. En 604, Umayado rédige une Constitution en 17 points qui se présente plus comme une philosophie de la façon de gouverner (telle que la pensée confucéenne). Selon ce texte, la Cour est divisée en 12 rangs regroupés par deux, un mineur et un majeur qui répondent à six vertus essentielles. La Vertu (toku), la Bienfaisance (nin), l'Étiquette (rei), la Probité (shin), l'Équité (gi) et la Sagesse (chi). Les rangs des courtisans ont chacun leurs parures, couleurs, habits propres selon le degré de proximité avec le souverain. Il y a de même un système de hiérarchie basé sur le mérite et pas seulement sur la filiation.
C'est le début d'un véritable état. À la mort de Shōtoku, le clan Soga massacre sa famille et règne en maître jusqu'en 645, date à laquelle son chef meurt, abandonnant le pouvoir au meneur du clan Nakatomi.
Le terme Yamato, peut dans certains textes désigner l'ensemble du Japon. Aujourd'hui, ce terme a des connotations nationalistes certaines. 

La période Kofun marque la naissance d'une vraie société accompagnée de bases culturelles par l'invasion de cavaliers avec la volonté de créer un État japonais. La période Asuka est marquée par l'arrivée du bouddhisme au Japon, en 538. La victoire du clan Soga permet au bouddhisme de devenir religion officielle à la cour du Yamato en 587. Le prince et régent impérial Shôtoku adopte les éléments principaux de la culture sinocoréenne du Yamato en 592, et la première ambassade officielle du Yamato est inaugurée à la cour des Sui en 600.

Les années 645 et 646 sont marquées par un sanglant coup d'État, au cours duquel le clan Soga est écarté du pouvoir. La grande réforme Taika est proclamée pour accélérer la sinisation de l'État du Yamato. Des codes inspirés de ceux des Tang régissent alors la vie publique, le droit et le protocole de l'État. En 663, un corps expéditionnaire est envoyé en Corée pour porter secours au roi de Paekche. Malgré la défaite du corps, et le repli du Yamato sur l'archipel, des immigrants coréens sont accueillis à la cour.

Époque de Nara

 

Daibutsu du Tōdai-ji

L'époque de Nara  est l'une des 14 subdivisions traditionnelles de l'histoire du Japon. Elle correspond à l'époque qui s'étend entre 710 et 794- 

Cette époque débute avec l'installation de la capitale par l'impératrice Gemmei à Heijō-kyō ( kyō voulant dire capitale) aujourd'hui connu sous le nom de Nara. Elle prend fin, lorsque l'empereur Kammu déplaça la capitale à Nagaoka pour échapper à l'influence des Six écoles de la capitale du sud. Ce site fut rapidement quitté au profit de Heian-kyō , future Kyōto, car le lieu semblait néfaste.
Cette époque vit également l'accession au trône de la dernière Impératrice japonaise pour presque mille ans. Suite à l'influence néfaste exercée par le moine Dōkyō sur l'impératrice Shōtoku, il fut en effet décidé que plus aucune femme ne serait autorisée à monter sur le trône, ces dernières semblant trop sujette à la « dévotion ».
La majorité des Japonais se consacraient à cette époque à l'agriculture et vivaient dans des villages ou des hameaux autour des puits. La plupart des villageois croyaient dans la religion appelée plus tard, au xiiie siècle, shintō, basée sur l'adoration des kamis, c'est-à-dire les forces de la nature et les esprits des ancêtres.


Bref rappel historique

En 710, le gouvernement japonais fonde sa capitale permanente à Nara. Construite sur le modèle chinois, la ville abrite rapidement plusieurs monastères bouddhiques. L'influence étouffante de ces derniers pousse l'Empereur Kammu à déplacer la capitale à Nagaoka en 784 puis à Heian (Kyōto) qui restera le lieu de résidence de l'Empereur pendant plus de mille ans (jusqu'à la restauration de Meiji, 1868).
Les Japonais intègrent et transforment les apports de la civilisation chinoise. Ils développent un système administratif, une écriture, une religion et des arts spécifiques. La réforme Taika de 645 commence un processus de centralisation du pouvoir sur un modèle chinois qui va cumuler avec les codes de l'ère Taihō en 701, et donner naissance au régime des codes  qui va régir le Japon jusqu'en théorie la fin de l'époque de Heian (fixée à 1185 généralement ). Mais les structures mises en place à cette époque (bureaucratie centrale, système de répartition des rizières...) connaissent des difficultés dès l'époque de Nara.
En 712 et 720 furent compilés respectivement le Kojiki et le Nihon Shoki, les deux premiers textes en langue japonaise. 

L'époque de Nara débute en 710 par la construction d'une capitale fixe à Nara, sur le modèle des capitales chinoises. Les grands monastères de la ville, tels Hōryûji et Tôdaiji, sont construits grâce à l'expansion économique de la civilisation. Les mythes et légendes fondateurs de la dynastie sont rédigés de 712 à 720, et la compilation de l'anthologie poétique du Man'yoshû est réalisée vers 760.  À la fin du viiie siècle, le nord-est de l'archipel passe sous l'influence de la cour impériale, suite aux campagnes militaires. La fin de l'époque de Nara est marquée, en 794, par un nouveau changement de capitale pour Heian Kyô (Kyōto)

Époque de Heian

 

Guerre de Genpei(1180-1185)

L'époque de Heian  est l'une des 14 subdivisions traditionnelles de l'histoire du Japon. Cette période commence en 794 et s'achève en 1185 avec le début de l'époque de Kamakura. 

L'époque de Heian (mot qui signifie « paix » en japonais) est considérée comme l'apogée de la cour impériale japonaise et est célébrée pour ses arts, notamment la poésie et la littérature 


L'époque de Heian fait suite à la période Nara et commence en 794 après le déplacement de la capitale du Japon à Heiankyō (littéralement « capitale de la paix », aujourd'hui Kyōto) par l'empereur Kammu, 50e empereur du Japon, qui cherchait à fuir l'influence des puissants monastères de Nara. Cette époque voit également la montée en puissance de la classe des bushis, qui finit par prendre le pouvoir, mettant fin à la période Heian et commençant ainsi la période féodale (Chūsei) de l'histoire du Japon.
Nominalement, l'empereur règne, mais, à partir de 866 le pouvoir passe entre les mains des Régents Fujiwara. En effet, pour protéger leurs possessions en province, les Fujiwara et d'autres familles nobles requièrent des gardes, une police et des soldats. La classe guerrière gagne ainsi progressivement de grands pouvoirs durant la période Heian.

Dès 939, Taira no Masakado menace l'autorité du gouvernement central, dirigeant un soulèvement dans la province orientale de Hitachi, et presque simultanément, Fujiwara no Sumitomo se rebelle dans l'ouest. Cependant, la prise du pouvoir par les militaires était encore loin.
L'influence de la classe guerrière à la cour est un résultat de la rébellion de Hōgen en 1156, et surtout de celle de Heiji en 1160. À cette époque, Taira no Kiyomori est nommé Daijō-daijin (Premier ministre) et forme le premier gouvernement samouraï de l'histoire. En 1180, remettant au goût du jour une pratique des Fujiwara, il place son petit-fils Antoku sur le trône pour régner par régence. Cet acte cause la guerre de Gempei, qui se termine cinq ans plus tard par l'élimination du clan Taira et l'arrivée au pouvoir de Minamoto no Yoritomo qui établit son bakufu à Kamakura, dans l'est du pays. Kamakura a été choisie car cette ville était assez éloignée de la capitale impériale, Kyōto, où les monastères et les nobles de la cour exerçaient une certaine influence. En y instaurant son bakufu, Minamoto no Yoritomo pouvait agir sans opposition sur les affaires du pays.


Développement du bouddhisme

 

Kūkai, fondateur de l'école Shingon.

 


Le bouddhisme commence à se répandre au Japon au cours de l'ère Heian, principalement au travers de deux grandes sectes ésotériques, Tendai (« Terrasse céleste ») et Shingon (« parole vraie »). Tendai est originaire de Chine et est basé sur le Sūtra du Lotus, l'un des plus importants textes du Bouddhisme mahāyāna. Shingon est une secte japonaise ayant de proches affiliation avec les bouddhismes tantriques indien et tibétain, fondée par Kūkai.


Kūkai impressionna beaucoup les empereurs qui succédèrent à l'empereur Kammu (782-806), ainsi que des générations de Japonais, non seulement à cause de sa sainteté mais aussi de sa poésie, calligraphie, peinture et sculpture.
Kammu quant à lui était un patron reconnu de la secte Tendai, qui a gagné une grande puissance au cours des siècles suivants. De proches relations se sont développées entre le complexe monastique du mont Hiei et la cour installée dans sa nouvelle capitale au pied de la montagne. En conséquence, Tendai a développé une grande révérence pour l'empereur et la nation. Son influence se mesure aussi dans la naissance et la montée en puissance des moines-guerriers sōhei.
La période Heian voit aussi fleurir l'école Jōdo shinshū, ou Vraie Terre Pure, fondée par Shinran.


Économie de l'époque de Heian

Bien que l'époque de Heian soit indubitablement une période de paix inhabituellement longue, elle a affaibli l'économie du Japon et conduit à la pauvreté presque tous ses habitants. Les aristocrates bénéficiant de la culture Heian (les Yokibito, ce qui signifie le « Bon Peuple »), ne représentent qu'environ 5000 personnes sur une population de cinq millions d'habitants.
L'une des raisons qui permet aux samouraïs de prendre le pouvoir est que la noblesse dirigeante prouve son incompétence dans la gestion du Japon et de ses provinces. Aux alentours de l'an mil, le gouvernement se trouve incapable de produire de l'argent et la monnaie disparaît peu à peu. L'absence d'une monnaie d'échange solide est implicitement illustrée dans les romans de l'époque, montrant par exemple des messagers récompensés par des objets utiles tels qu'un kimono de soie, plutôt que de percevoir un salaire. Les dirigeants Fujiwara s'avèrent également incapables de maintenir des forces de police efficaces, ce qui laisse les voleurs libres de fondre sur les voyageurs. Ceci est à nouveau implicitement illustré dans les romans au travers de la frayeur que le voyage de nuit inspire aux personnages principaux.


Littérature de l'époque de Heian


Morceau du rouleau du Genji Monogatari.
 

 

Bien que le chinois demeure la langue officielle de la cour impériale de la période Heian, l'introduction des kana favorise le développement de la littérature japonaise. Malgré l'arrivée de plusieurs nouveaux genres littéraires tels que le roman, le conte (monogatari ), journal intime, la littérature n'est répandue que parmi la cour et le clergé bouddhiste.
Les paroles de l'actuel hymne national japonais, Kimi Ga Yo, sont écrites durant la période Heian, de même que le Dit du Genji de Murasaki Shikibu, l'un des premiers romans en japonais. Les descriptions des us et coutumes de la cour impériale de Kyōto, écrites par la contemporaine et rivale de Murasaki Shikibu nommée Sei Shōnagon, sont compilées dans le Makura no sōshi (« Notes de chevet ») dans les années 990. Le célèbre poème japonais connu sous le nom de Iroha est aussi écrit durant la période Heian.


La régence des Fujiwara

Quand Kammu déplace la capitale à Heian (Kyōto), qui demeure la capitale pour les mille années suivantes, il ne le fait pas seulement pour augmenter l'autorité impériale (en la soustrayant aux puissants monastères de Nara), il le fait également pour améliorer géopolitiquement le siège du gouvernement. Kyōto dispose d'un bon accès à la mer via la rivière Yodo qui débouche dans la baie d'Osaka et est également accessible par la route depuis les provinces de l'est.


Le Heian ancien (794-967) est une prolongation de la culture de l'époque de Nara. La capitale Heian est basée sur le modèle de la capitale chinoise Chang'an, comme l'était Nara, mais sur une plus grande échelle. Malgré le déclin des réformes Taika-Taihō, le gouvernement impérial est vigoureux durant le Heian ancien. Le fait que Kammu ait évité toute réforme drastique a diminué l'intensité des luttes politiques, et il est connu comme l'un des empereurs les plus puissants de l'histoire du Japon.


Bien que Kammu ait abandonné la conscription universelle en 792, il continue de mener de grandes offensives militaires pour prendre le contrôle des Emishi, ou Aïnous, un peuple vivant dans l'est et le nord du Japon. Après des victoires temporaires en 794, il nomme un nouveau commandant sous le titre de Seii Taishōgun ("Grand général pacificateur des barbares", souvent abrégé en Shogun.). En 801, le shogun vainc les Emishi et étend les domaines impériaux jusqu'à l'extrémité orientale de Honshū. Cependant, la domination impériale sur les provinces était devenue très ténue. Au cours des IXe et xe siècles, la plus grande partie de l'autorité est perdue en faveur des grandes familles, qui dénigrent le système de terres et de taxe d'inspiration chinoise imposé par le gouvernement de Kyōto. Le Japon de la période Heian connaît la stabilité, mais, même si la succession au trône est assurée par l'hérédité dans la famille impériale, le pouvoir est à nouveau concentré dans les mains d'une seule famille, les Fujiwara.


Après la mort de Kammu en 806 et une guerre de succession entre ses fils, deux nouveaux organismes sont mis en place dans un effort pour ajuster la structure administrative Taika-Taihō. À travers le nouveau « Bureau privé de l'empereur », celui-ci peut émettre des édits administratifs plus directement et avec plus d'assurance qu'auparavant. La nouvelle Police métropolitaine remplace la Garde impériale, au rôle largement cérémoniel. Bien que ces deux organismes renforcent temporairement la position de l'empereur, ils sont bientôt, à côté d'autres structures d'origine chinoise, complètement dépassés par les réalités d'un pays en plein développement.


L'influence chinoise chute de manière effective après la dernière mission impériale en Chine en 838. La dynastie Tang est alors en déclin, et les bouddhistes chinois sévèrement persécutés, minent le respect des Japonais pour les institutions chinoises. Le Japon commence à se replier sur lui-même.


De la même manière que les Soga avaient pris le contrôle du trône au vie siècle, les Fujiwara du ixe siècle s'imposent par des mariages successifs avec la famille impériale, et un de leurs membres devient le premier dirigeant du Bureau privé de l'empereur. Un autre Fujiwara devient régent pour son petit-fils, un empereur encore mineur, un autre encore devient Kanpaku, régent d'un empereur adulte. Avant la fin du IXe siècle, plusieurs empereurs avaient tenté sans succès de se débarrasser des Fujiwara. Durant un temps, cependant, au cours du règne de l'empereur Daigo (897-930), la régence des Fujiwara est suspendue, l'empereur régnant directement.
Cependant, les Fujiwara ne sont pas démis par Daigo et deviennent en fait plus puissants durant son règne. Le pouvoir central du Japon continuait à décliner, et les Fujiwara, de même que d'autres grandes familles et des fondations religieuses, acquirent un pouvoir politique encore plus grand au début du xe siècle. Au début de l'ère Heian, les Shōen avaient acquis un statut légal, et les grands établissements religieux avaient cherché les titres incontestables de leur perpetuité, leur permettant de lever des impôts, et s'assurant l'immunité contre l'inspection, par le gouvernement, des Shōen qu'ils contrôlaient. Ceux qui travaillaient la terre trouvaient avantageux de transférer le titre aux porteurs de shōen en échange d'un partage des récoltes. La population et les terres échappaient de plus en plus au contrôle impérial et à ses taxes, retournant de facto aux conditions ayant précédé la réforme de Taika.


Durant les décennies suivant la mort de Daigo, les Fujiwara ont un contrôle absolu de la cour. En l'an mil, Fujiwara no Michinaga est capable de mettre sur le trône ou de déposer, à volonté, un empereur. Peu de pouvoir restait dans les mains des officiels traditionnels, et les affaires du gouvernement étaient gérées par l'administration privée de la famille Fujiwara. Les Fujiwara étaient devenus ce que l'historien George B. Sansom a appelé des « dictateurs héréditaires ».

La cour impériale connaît sa période de paix. Ses arts, particulièrement la poésie (manyoshu) et la littérature, resplendissent

 

Période féodale (xiie-xvie siècles)

Plusieurs ères couvrent cette époque féodale, dans laquelle de puissantes familles locales, daimyō, se partagent le pouvoir avec les seigneurs de guerres.

Période Kamakura

Les invasions mongoles du Japon(1274 et 1281)

Nichiren

L'époque de Kamakura est l'une des 14 subdivisions traditionnelles de l'histoire du Japon. Cette période commence en 1185 et s'achève en 1333. 

Cette statue de Kongōrikishi en bois fut créée durant la période Kamakura au cours du xive siècle. Elle gardait à l'origine la porte de l'Ebaradera, un temple de Sakai.
En 1185, la guerre de Gempei entre les deux familles nobles Minamoto  et Taira se termine avec la bataille de Dan-no-ura sur la victoire du shogun Minamoto no Yoritomo (en japonais, «no» signifie «de») et la disparition de la famille Taira. Yoritomo installe ensuite le bakufu (shogunat) à Kamakura en 1192. Après le troisième shogun de Kamakura, les Hojo  succèdent aux descendants de la famille Minamoto. Durant cette période, deux tentatives d'invasions mongoles ont échoué, l'une grâce au kamikaze, ou vent divin qui a coulé les flottes mongoles parties de Corée.

Pendant l’époque de Kamakura, alors que les pouvoirs civils et militaires sont réunis dans les mêmes mains, le samouraï acquiert statut et prestige. À l’origine, c’est un serviteur armé attaché à la personne d’un aristocrate de la cour. Lorsque les princes partent s’installer en province, ces serviteurs se voient chargés de fonctions multiples, et les plus habiles deviennent progressivement de petits seigneurs locaux (daimyō), disposant de pouvoirs étendus, variant selon les cas du rôle de mercenaire à celui de gouverneur d’un domaine voire d’une province entière.


Culture

Durant le siècle et demi de la sage administration des shoguns de Kamakura, les lois féodales sont codifiées, la riziculture s’étend grâce à la paix relative et le commerce intérieur peut se développer. Une culture empreinte d’austérité et de vigueur naît pour cette société purement militaire : « Poésie mâle et tendre à la fois, grandes narrations militaires sur le thème des rivalités des premiers clans, arts dépouillés, sculpture noble et sobre, peinture sans éclat ni mièvrerie, d’admirables armes et une architecture au dépouillement campagnard, robuste, aussi solidement plantée que le régime ». De nouvelles sectes bouddhiques, celle de Nichiren, et l’Amidisme, rapprochent cette doctrine du menu peuple tandis que le Zen, fondé sur la quête personnelle du salut, convient davantage à la caste guerrière en rejetant le recours aux textes et aux images pour ne s’adresser qu’à la maîtrise de soi.


Féodalité dualiste

L'époque de Kamakura mérite le nom de féodalité dualiste, dans la mesure où le pouvoir militaire existe parallèlement au pouvoir civil, qui n'a pas disparu. La cour continue de garder une certaine influence, mais surtout les guerriers sont chassés dans des provinces (pour les shugo) ou dans des domaines (pour les jitō). La rébellion de l'ère Jokyū avait affaibli la noblesse de cour. L'échec de sa tentative pour reprendre le pouvoir et les temps troublés qui suivirent au xive siècle lui portèrent le coup de grâce.

Restauration de Kemmu

La restauration de Kenmuou l'ère Kenmu désigne une des 14 subdivisions traditionnelles de l'histoire du Japon. Cette période dure de 1333 à 1336. Elle couvre les trois ans séparant la chute du shogunat de Kamakura de l'arrivée au pouvoir du shogunat Ashikaga, quand l'empereur Go-Daigo se lance dans la tentative avortée de rétablir le contrôle impérial sur le Japon. 

Durant cette période, Go-Daigo tente de mettre fin au règne des shoguns et de restaurer la prééminence impériale, ce qui met fin à l'époque de Kamakura. Au début du xive siècle, le gouvernement militaire, appelé Bakufu de Kamakura et contrôlé par le clan Hōjō, perd de l'influence : l'effort nécessaire pour repousser les tentatives d'invasions mongoles du Japon de 1274 et 1281 a été très coûteux, et le shogun incapable de récompenser les dirigeants provinciaux qui s'étaient ralliés sous sa bannière.
En 1318, Go-Daigo monte sur le trône en tant que membre de la branche Daikaku-ji de la maison impériale, mais refuse de céder ensuite le trône à un membre de la branche Jimyō-in, et devient déterminé à renverser le shogunat. Il est envoyé en exil en 1331, des hommes qui le soutiennent, tels que le guerrier provincial Masashige Kusunoki, continuent la lutte, et en 1333 le shogunat est détruit lorsque Takauji Ashikaga se retourne contre lui.


Go-Daigo retourne alors à Kyōto en étant convaincu que les jours des shoguns et autres usurpateurs étaient terminés et que l'empereur pourrait régner dans les faits comme dans le passé. Ce passé glorieux est« un état ancien, plus ou moins imaginaire, dans lequel l'empereur et ses proches détenaient le pouvoir ». Cependant, son régime n'a ni l'expérience administrative, ni le pouvoir sur les provinces nécessaires pour gérer les réalités d'une société dominée par les guerriers. Go-Daigo refuse de nommer Takauji shogun même lorsque celui-ci le lui demande directement en 1335, et quand ils s'affrontent l'année suivante, le résultat est immédiat. Takauji écrase les restes des loyalistes à la bataille de Minatogawa et installe un empereur fantoche, Kōmyō, sur le trône, avant de se faire officiellement nommer shogun en 1338 et d'établir le shogunat de Muromachi. De son côté, Go-Daigo fuit Kyōto pour se réfugier à Yoshino où il établit sa cour du Sud. Ceci débute alors un schisme entre les deux branches rivales de la famille impériale, qui durera jusqu'en 1392, la période de 1336 à 1392 étant appelée époque Nanboku-chō. Les descendants de Takauji Ashikaga gardent le titre de shogun jusqu'à la fin de l'époque de Muromachi.

La restauration de Kenmu est un échec, mais l'idée d'un règne impérial reste vivante, et débouche finalement sur la fin de siècles de gouvernement shogunal lors de la restauration de Meiji en 1868. 

 

Période Muromachi

L'époque de Muromachi est l'une des 14 subdivisions traditionnelles de l'histoire du Japon. Elle correspond à l'époque qui s'étend entre 1336 et 1573.

Samouraïs de la période Muromachi, 1538


Jardin zen du temple Ryōan-ji

Pendant cette période, le Japon fut contrôlé par des shoguns de la famille des Ashikaga qui étaient installés à Kyōto. Le nom de cette période vient du site choisi à Kyōto, par les Ashikaga pour y installer leur bakufu
La période de Muromachi regroupe la brève période de restauration de l'ère Kemmu (1333-1336) qui marque l'entrée dans un deuxième âge féodal caractérisé par un chaos généralisé dans le royaume et par une division dans la maison impériale, entre la cour du sud (de Yoshino) et la cour du nord, (de Kyōto) qui avait confié le rôle de shogun à Ashikaga Taka, autorisant ainsi la fondation du deuxième bakufu, celui des Ashikaga (1338-1573). On désigne les années 1336-1392 sous le nom de "période des cours du nord et du sud", Nanboku-chô; avant la guerre, on ne parlait que de la période de la cour de Yoshino, parce que l'historiographie officielle considérait que la succession légitime s'était transmise par la cour du sud, bien que la réunification se soit effectuée dans l'intérêt de la cour du nord.

On admet souvent que l'époque Muromachi va de 1336 à 1573, et que la période des cours du nord et du sud n'en constitue que la première partie. L'époque de Muromachi est caractérisée par l'affaiblissement de l'autorité des shôgun sur les gouverneurs militaires provinciaux (daimyo). L'apogée de ce régime se situe au début du XVè siècle, avec le gouvernement du troisième shôgun Ashikaga (1358-1408). A partir de 1467, les troubles se sont généralisés et on est entré dans la période des luttes entre les provinces (sengoku). Elle constitue la période finale de l'époque de Muromachi et se caractérise par la prise d'indépendance totale et le renouvellement rapide, surtout au XVIè siècle, des familles de daimyô, ce que des contemporains appellent, d'une expression reprise par certains historiens, « l'âge de la subversion », du renversement des hiérarchies, gekokujō jidai. C'est aussi à cette époque que les villes et le commerce se sont le plus développés, et que les contacts avec les Occidentaux ont été établis, apportant le christianisme et les armes à feu. C'est une des raisons qui pousse les historiens à considérer cette époque comme le début des temps modernes et non comme la fin du Moyen Âge.


Cette période prit fin lorsque Oda Nobunaga chassa de Kyōto le dernier des shoguns Ashikaga, Ashikaga Yoshiaki, et inaugura la période appelée époque Azuchi Momoyama.


Art

D'un point de vue artistique, on souligne deux périodes dans l'époque de Muromachi; l'extrême fin du XIVe et le début du XVe siècle, évoquée comme "période d'épanouissement des arts et des lettres de Kitayama" qui fleurit autour du shôgun Yoshimitsu et tire son nom du lieu situé dans les collines du nord de Kyōto où il avait placé sa résidence, connue par la suite sous le nom de Pavillon d'or. Ainsi que la seconde moitié du XVè siècle, désignée comme "période d'épanouissement des arts et des lettres de Higashiyama", parce que le shôgun Yoshimasa s'était installé dans les collines de l'est de Kyôto au Pavillon d'argent.


Cuisine

La noblesse devenant plus présente, la cuisine évolue et devient plus recherchée. La cuisine officielle de banquet devient le honzō ryōri (servi sur un plateau, c’est un des 3 styles fondamentaux de la cuisine japonaise). Il renouvelle la disposition des plats, l’ordre pour les déguster, ainsi que celui des étapes de la cérémonie des couteaux. De même, la technique de découpage des poissons change. De plus, des écoles de cuisine commencent à apparaître (école Shijō, école Ōkusa, école Ikama, école Shinshi).
Le soja, le sucre, les algues et d'autres aliments courants de nos jours, existent à cette époque et l'utilisation de la bonite séchée râpée a commencé à ce moment. 

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