Le Groenland,les Hébrides,les Shelland, les Feroë,les Orcades

 

Les Vikings, partis des côtes de la Péninsule scandinave et du Danemark fondèrent au Moyen âge plusieurs établissements sur diverses îles du Nord de l'Atlantique. En Islande et au Groenland pour commencer. L'Islande, connue de longue date ne ne devint une destination pour les Vikings qu'à partir de 861. Il fut ensuite peuplée par des colons venus de Norvège. Le Groenland de son côté fut découvert en 876, puis colonisé à partir de 983 par Eric le Rouge, qui lui donna le nom Groen land à cause de son aspect verdoyant. La colonie qu'il fonda disparut en 1406. On a ajouté dans cette page quelques informations sur des petites îles dont les Viking prirent également possession : les Hébrides, les Orcades, les Shetland, l'île de Man et les Feroë.

 

Le Groenland

Le Groenland fut découvert par le Viking Gunnbjoern, qui visita la côte Est en 876 ou 877. En 983, Eric le Rouge, fils d'un jarl de Jadar, en Norvège, doubla le cap Farewell et navigua en remontant la côte Ouest jusqu'au lieu où s'élève aujourd'hui Julianeshaab. Il donna à la terre le nom de Groenland et au bras de mer celui d'Ericsfiord. En 985, il retourna en Islande et fit voile de nouveau avec 25 navires chargés d'émigrants et des choses nécessaires à la fondation d'une colonie. Il atteignit Ericsfjord avec 14 navires (le reste ayant été perdu ou forcé de retourner), et il créa un établissement. Eric se déclara seul possesseur du territoire. Les différents établissements qui s'élèvent autour d'Ericsfjord furent appelés collectivement Ostre Bygd (pays de l'Est) et ceux que l'on créa plus au Nord, Westre Bygd (pays de l'Ouest). A une époque, il y eut plus de 300 fermes et villages entre Disko et le cap Farewell On bâtit des églises et des monastères, et au XIIe siècle le Groenland fut érigé en évêché. Le dernier évêque fut consacré en 1406 et le siège fut abandonné en 1409; 60 ans auparavant, le Westre Bygd avait été ravagé par des Inuit. Vers 1420, des pirates anglais détruisirent ce qui restait des colonies, dont on oublia l'emplacement.

Des descendants des Vikings ont vécu au Groenland pendant plusieurs siècles au Moyen Âge, avant l'arrivée des Inuits.

Chronologie générale

début du xe siècle - Gunnbjörn Ulfsson aperçoit les côtes du Groenland.

978 - Snaebjörn Galti y débarque.

982 - début de l'exploration et de la colonisation par Erik le Rouge.

1000 - début de la christianisation.

1000 - 1015 - explorations et tentatives de colonisation en Amérique.

1121 - l'évêque Érik Gnuppson part pour le Vinland.

1124 - premier évêque de Garðar.

1261 - le Groenland reconnaît la souveraineté norvégienne en échange de l'assurance d'être visité par deux bateaux par an. Le commerce avec le Groenland devient alors un monopole royal.

1342 - des habitants émigrent en Amérique, mais le renseignement ne date que du XVIIe siècle.

1347 - un navire groenlandais, poussé du Markland (Labrador) par la tempête, aborde directement en Islande.

1349-1350 - la peste noire tue la moitié de la population.

1355 - le roi Magnus Erikson de Norvège envoie une expédition de secours dirigée par Paul Knudson.

1362 - un texte mentionne qu'une expédition avait été menée pour chasser les Inuits de l'établissement de l'ouest, mais qu'« ils ne trouvèrent personne, ni chrétiens ni hérétiques.»

1368 - dernier bateau envoyé par le roi de Norvège, qui coule l'année suivante.

1378 - mort du dernier évêque résident.

1379 - les Inuits tuent 18 Norvégiens et capturent une femme et deux enfants.

1380 - la Norvège, et donc le Groenland, passent sous domination danoise.

1389 - un bateau de contrebandiers fait naufrage en revenant du Groenland.

1407 - bûcher d'une sorcière.

1408 - mariage dans l'église de Hvalsey.

1410 - retour direct en Norvège d'un contrebandier du Groenland (le commerce avec le Groenland reste un monopole royal, même si aucun bateau ne l'assure) qui ne signale rien d'anormal.

1418 - dernier denier de saint Pierre connu parvenu à Rome.

1435 - dernier vestige (une robe) daté au radiocarbone.

1484 - à Bergen, en Suède, des marchands de la Hanse tuent des marins qui revenaient du Groenland avec des objets de valeur.

1492 - le pape Alexandre VI nomme le moine bénédictin Matthias évêque, mais on pense qu'il n'y parvint pas.

1519 - le pape Léon X nomme le 30e et dernier évêque catholique Vincentius Pedersen Kampe, confesseur du roi Christian II de Danemark, mais il n'y parvient pas non plus.

1520 ou 1534 - Ögmundur Palsson, évêque de Skalholt en Islande, rejeté par la tempête à Herjulfsnes, y aperçoit des hommes, des étables, des moutons et des agneaux.

1540 - le capitaine islandais Jon, dit le Groenlandais, y trouve des Inuits et le cadavre d'un colon.

1541 - le capitaine hambourgeois Gerd Mestemaker ne peut entrer en contact avec personne.

1576 - redécouverte du Groenland par Martin Frobisher qui y trouve des Inuits et des ruines.

1578 à 1674 - un douzaine d'expéditions danoises trompées par la dénomination d'"ouest" et d'"est" des colonies, ne les retrouvent pas.

1723 - redécouverte de l'établissement de l'est par Hans Egede.

 La découverte du Groenland

Selon les sagas islandaises, un certain Gunnbjörn Ulfsson aurait découvert vers 930 les rochers qui portent aujourd'hui son nom, alors que son navire était détourné de sa course lors du voyage de la Norvège à l'Islande. Ces rochers, qu'il nomma Gunnbjarnarsker (Rochers de Gunnbjörn), se situent probablement à proximité d'Angmagsalik. Ils auraient été ensuite habités jusqu'au xviie siècle. Il n'y débarqua pas, mais ramena la nouvelle en Islande. EN 978, Snaebjörn Galti débarque sur la côte ouest.

En 982, Erik le Rouge, riche propriétaire terrien banni de Norvège puis d'Islande pour meurtres part à la recherche de cette terre, il explore la côte est puis la côte ouest. Selon les sagas, il nomma cette terre Pays Vert « car les gens auraient fort envie d'y aller si ce pays portait un beau nom ». En fait, si ce nom peut paraître étonnant pour ce pays, il n’en est pas moins justifié : « À la belle saison, le Groenland peut, sur ses côtes, présenter de vastes étendues d'un vert effectivement peu banal ». Par ailleurs, d'après Le Roy Ladurie, le Groenland était à l'époque bien plus vert qu'aujourd'hui et un peu plus hospitalier notamment sur les côtes (en raison de l'optimum climatique médiéval).

Il revint en Islande trois ans plus tard pour convaincre d'autres colons de l'accompagner au Groenland. Une nouvelle expédition partit alors d'Islande en 985 avec 25 navires. Seuls 14 arrivèrent à destination.

 Les établissements scandinaves au Groenland

Vie des colons

 La colonie fondée par Érik le Rouge a compté jusqu'à environ 5 000 personnes (3 000 seulement selon Régis Boyer), en 250 fermes regroupées autour de quatorze églises principales, réparties pour les trois quarts dans les « établissements de l'est » (Eystribyggd) situés tout au sud-sud-ouest de l'île (Qaqortoq), et pour un quart dans les « établissements de l'ouest » (Vestribyggd), situés cinq cents kilomètres plus au nord (Nuuk).

L'ensemble des colonies fondées au Groenland va se calquer presque en tout point sur leur patrie d'origine, l'Islande. Ainsi, jusqu'à sa disparition, cette colonie est restée radicalement européenne, adoptant immédiatement toutes les évolutions culturelles, vestimentaires et autres de la métropole. Comme les établissements sont restés déserts du XVIe siècle presque jusqu'à nos jours, leurs vestiges constituent les restes les mieux conservés d'habitats ruraux européens du Moyen Âge.

Comme les vikings de Norvège et des autres colonies atlantiques, les colons étaient des paysans qui pratiquaient essentiellement l'élevage. Dans les premières années les espèces élevées étaient les mêmes qu'en Norvège ou en Islande (vaches, cochons), mais, comme en Islande, des espèces moins prestigieuses (moutons, chèvres) mais plus robustes les remplacèrent progressivement. En effet le climat groenlandais impose de nourrir les vaches et les cochons à l'étable la plus grande partie de l'année et donc de cultiver du fourrage, qui pousse mal sous ces latitudes. Seuls les fermiers les plus riches continuèrent à élever des vaches, surtout pour leur lait. Les fermes les plus importantes, comme celle d'Erik à Brattahlid ou celle de l'évêque à Gardar, comptaient plus de cent vaches. Il n'y a en revanche aucun vestige d'animaux de basse-cour dans les établissements.

Selon Jared Diamond, qui se base sur des relevés archéologiques, les colons pratiquaient également la chasse (rennes et phoques, ces derniers pouvant constituer les trois quarts du régime alimentaire dans les fermes les plus pauvres) mais bizarrement pas du tout la pêche6, même au cours de la dernière période, où les rations alimentaires devinrent insuffisantes.

Cette absence du poisson dans le régime alimentaire des colons, alors que les eaux douces et de mer sont particulièrement poissonneuses et que les Norvégiens de métropole avaient un régime composé pour moitié de poisson est un des principaux mystères archéologiques de la colonie, avant même sa disparition.

Les colons pratiquaient une sorte de transhumance, occupant des refuges situés sur les hautes terres (400 mètres au maximum) au cours de l'été. Ils se dépêchaient d'y faire une maigre récolte et y faisaient paître leurs bêtes le temps pour les pâturages de la ferme principale de se remettre du pâturage de printemps.

Les établissements, particulièrement ceux de l'ouest, se trouvaient à l'extrême limite de la zone où l'agriculture est possible et une année un peu plus froide ou un hiver un peu plus long pouvaient compromettre l'alimentation du bétail, et, partant, la survie des habitants. En effet il n'était pas envisageable au Moyen Âge d'importer de la nourriture même depuis l'Islande : compte tenu des voyages recensés, le volume moyen des importations devait être seulement de trois kilos par personne et par an.

Les principales exportations du Groenland étaient l'ivoire de morse (qui constituait un substitut à l'ivoire d'éléphant avant que les croisades ne permettent de retrouver accès à cette ressource) et la fourrure d'ours blanc, ainsi que, comme en Islande, le vaðmal, un tissu de laine. Les principales importations étaient également des produits de prestige, plus le bois (extrêmement rare au Groenland), le fer (dont la fabrication aurait nécessité de trop grandes quantités de bois) et le goudron (obtenu par chauffage de bois résineux).

Les colons ne disposaient que de quelques bateaux à rames, de petite taille, utilisés pour la chasse au morse, mais d'aucun bateau de haute mer.

Malgré la pauvreté de la colonie, des constructions de prestige ont été élevées. L'église de Hvalsey est l'un des rares monuments en pierre des colonies norvégiennes de l'Atlantique, la cathédrale de Gardar était aussi grande que les deux cathédrales d'Islande qui desservaient une population dix fois plus importante, et une grande partie des importations, réduisant d'autant les chargements de bois et de fer, était destinée au mobilier religieux.

Les explorations menées à partir du Groenland

Les éléments rapportés ci-après reposent principalement sur des sources écrites du Moyen Âge, que ce soit des sagas islandaises (Saga d'Erik le Rouge et Saga des Groenlandais) ou des sources occidentales (chroniques d'Adam de Brême, notamment). Les preuves archéologiques sont extrêmements maigres, des vestiges n'ayant été retrouvés qu'à L'Anse aux Meadows.

Vers 985, selon la Saga des Groenlandais, Bjarni Herjólfsson, se rendant d'Islande au Groenland, est dérouté et aperçoit une terre couverte de forêts au sud-ouest du Groenland.

En 1000, Leif le Chanceux, fils d'Érik, acheta le bateau de Bjarni et se mit en quête de terre neuve. Il découvrit plusieurs parties du continent américain, probablement la terre de Baffin, le Labrador, et Terre-Neuve, où il érigea des « baraquements ». Puis il rentre au Groenland.

Son frère Thorvald passa l'hiver suivant dans les « baraquements de Leif » (Leifsbuðir) puis explora la région. Les Norvégiens rencontrèrent neuf indiens, et ils en tuèrent huit. Les représailles ne se firent pas attendre : Thorvald fut tué dans les combats qui s'ensuivirent et les survivants rentrèrent au Groenland.

En 1005 Thorfinn Karlsefni, gendre d'Eirik, emmena une soixantaine d'hommes pour coloniser la région explorée par Leif. Après deux hivers, les relations avec les indiens devinrent trop mauvaises pour que la colonie puisse être viable et les Norvégiens renoncèrent alors définitivement à l'Amérique. L'exploration du site de l'Anse aux Meadows (qui correspond probablement au Straumfjord où se serait implanté Thorfinn Karlsefni selon la Saga d'Eric le Rouge, les Leifsbuðir étant sans doute situés sur l'actuel site de Bay St Lawrence, au nord du Cap Breton en Nouvelle Ecosse) a montré que cet abandon s'était traduit par un déménagement calme et méthodique.

Il est néanmoins probable que des expéditions aient encore été menées vers le Labrador pour en ramener du bois, dont le Groenland manquait cruellement. On en trouve une trace dans un texte de 1347.

 Les causes de la disparition des Vikings du Groenland

 Les dernières sources écrites concernant les Vikings du Groenland proviennent d'un mariage effectué à l'église de Hvalsey en 1408 ; aujourd'hui la ruine viking la mieux conservée.

La civilisation européenne médiévale implantée au Groenland a disparu au xve siècle d'abord dans l'établissement de l'ouest, puis, sans que les historiens n'aient de traces des événements qui ont provoqué cette disparition, dans l'établissement de l'est. Toutefois l'archéologie fournit de nombreux indices permettant de se faire une idée relativement claire de la situation dans les dernières années de la colonie.

Les chercheurs ont pu constater que le Groenland a progressivement connu une grave pénurie de fer ; ainsi, les archéologues n'ont retrouvé que très peu d'objets en fer (clous, etc.) et aucune arme, alors que l'analyse des cadavres montre qu'il s'agissait d'une société particulièrement violente. Les quelques outils retrouvés étaient usés jusqu'à la dernière limite.

L'étude des dépotoirs de l'établissement de l'ouest montre que les derniers habitants avaient épuisé leurs réserves de combustible et de nourriture, et qu'ils sont certainement morts de faim et de froid. Avec la disparition de l'établissement de l'ouest, les colons perdirent l'accès à leurs principales exportations de haute valeur.

 Jared Diamond considère que l'ensemble des cinq facteurs qu'il a recensés comme causes de l'effondrement des sociétés ont joué simultanément dans le cas du Groenland :

 - dégradation anthropique de l'environnement,

 - changement climatique,

- voisins hostiles,

- défection de partenaires commerciaux amicaux (chute des cours de l'ivoire et de la fourrure d'ours),

 - réponses inadaptées aux autres facteurs.

 La palynologie montre que les Norvégiens découvrirent un pays couvert de forêts de saules et de bouleaux qu'ils s'empressèrent de défricher pour créer des pâturages. L'analyse des sédiments montre que l'érosion s'accéléra brutalement dès leur arrivée, au point que même le sable présent sous la terre végétale fut entraîné dans les lacs.

La colonisation du Groenland avait commencé vers le début de l'« optimum climatique du Moyen Âge », mais le climat commença à se refroidir à partir du XIVe siècle, et en 1420 le petit âge glaciaire était bien installé.

Contrairement aux Inuits qui se chauffaient et s'éclairaient à l'aide de graisse animale, les Norvégiens continuèrent jusqu'à la fin à n'utiliser que le bois et la tourbe, aggravant ainsi leurs problèmes environnementaux. Ils n'ont jamais tenté non plus d'imiter les techniques de chasse des Inuits.

La colonie était plus saine que ce que l'on pensait et les colons n'étaient pas simplement morts de faim. Ils auraient plutôt été exterminés lors d'attaques européennes ou de populations locales, ou auraient abandonné leurs colonies pour se rendre soit en Islande, soit au Vinland. L'absence d'effets personnels sur ces sites suggérerait ainsi que les Vikings sont simplement partis.

 Les Inuits XIIIe siècle-XVIIIe siècle

 Les Inuits étaient d'habiles pêcheurs de baleines-Les Inuits, dont la civilisation est centrée sur des techniques particulières de chasse (phoque, morse, baleine, caribou), pénètrèrent au Groenland par le détroit de Smith vers 1250. Ils y développèrent la culture de Thulé.À partir de 1300 environ, ils descendirent le long des côtes du Groenland en raison du refroidissement du climat (Petit âge glaciaire). C'est probablement à cette époque qu'ils apprirent de la Culture de Dorset la construction des igloos.

Au cours de leurs migrations, ils découvrirent les établissements vikings, celui de l'ouest d'abord, puis, vers 1400, celui de l'est, avec lesquels ils entrèrent certainement en concurrence. Les Inuits avaient un avantage évident, leurs techniques de chasse étant plus élaborées. Une colonie de plusieurs centaines d'habitations s'installa alors à Sermermiut (Ilulissat) sur les principales zones de chasse à l'ours et au morse des Norvégiens.

Le petit âge glaciaire eut néanmoins une influence néfaste sur l'économie inuit également, et de nombreuses familles moururent de faim et de froid. Ils ont toutefois survécu à cette période difficile, contrairement aux descendants des Vikings.

 

 Les Hébrides

 Les Hébrides furent parmi les dernières terres des Îles Britanniques à être occupées, peut-être dès l'époque mésolithique, aux environs de -8500 à -8250, dès que les conditions climatiques permirent l'occupation humaine. On trouve des exemples de structures datant peut-être de -3000, l'un des plus beaux exemples étant les pierres dressées de Calanais (Callanish), mais certains archéologues datent le site de l'Âge du bronze. On sait peu de choses des peuples qui occupèrent les Hébrides, mais ils étaient probablement de même origine que ceux qui s'étaient installés en Écosse. Les établissements humains de Northton et Harris ont des habitations caractéristiques de la culture campaniforme et du Néolithique.

 Période celte

 La première mention écrite des Hébrides extérieures est due à l'historien grec Diodore de Sicile en -55. Il évoque une île qu'il appelle Hyperborée (ce qu'on peut traduire approximativement par "loin au nord") où se trouvait un temple circulaire d'où la lune semblait apparaître à faible distance de la terre tous les 19 ans, référence possible au cercle de pierres de Callanais. Pomponius Mela, géographe né en Espagne au 1er siècle, fait référence à un groupe de sept îles auxquelles il donne le nom de Haemodae (Hébrides ?). D'autres auteurs de l'Antiquité tels que Pline l'Ancien, l'astronome égyptien Ptolémée, et Solinus (iiie siècle) semblent mentionner les Hébrides, ce qui atteste de contacts entre les peuples qui y habitaient et le monde romain.

On sait peu de choses de l'histoire des peuples des Hébrides avant le vie siècle, étant donné que, comme le reste de l'Écosse, ils n'avaient pas d'écriture. Les premiers témoignages écrits sur ces îles apparaissent avec saint Colomban, au vie siècle. Ce moine irlandais introduisit le premier le christianisme dans les îles et y fonda plusieurs églises.

 Domination norvégienne

Dès avant le ixe siècle, les Norvégiens commencèrent à s'installer aux Hébrides et à les contrôler. Ces îles étaient connues sous le nom de Suðreyar ou îles du sud en Vieux norrois. La domination norvégienne des Hébrides fut formalisée en 1098 quand Edgar Ier d'Écosse reconnut les prétentions de Magnus III de Norvège. La reconnaissance écossaise de la souveraineté de Magnus III sur les îles suivit la conquête par les Norvégiens des îles Orcades, des Hébrides et de l'Île de Man au cours d'une rapide campagne menée cette même année contre les divers chefs locaux norvégiens qui contrôlaient ces îles. Magnus III soumit les Normands qui s'étaient emparés de ces îles des siècles auparavant et les unifia sous son contrôle royal direct.

Le contrôle des Hébrides intérieures et extérieures par les Norvégiens fut à l'origine de guerres incessantes jusqu'au partage de 1156. Les Hébrides extérieures restaient la possession du Royaume de Man et des Îles tandis que les Hébrides intérieures s'en détachèrent sous la conduite de Somerled, un parent celto-normand de Lulach et de la maison royale de Man. Bien que les Hébrides intérieures, connues à partir de 1156 sous le nom de Royaume des Hébrides, fussent encore en droit sous la souveraineté norvégienne, ses chefs étaient écossais de langue et de culture plus que scandinaves.

Après sa victoire en 1156, Somerled conquit deux ans plus tard l'île de Man elle-même et devint le dernier roi de Man et des Îles à régner à nouveau sur l'ensemble des îles que comprenait autrefois le royaume. Après sa mort en 1164, les souverains de Man cessèrent de contrôler les Hébrides intérieures.

 Domination écossaise

En 1262 eut lieu un raid écossais sur Skye, ce qui amena le roi de Norvège Håkon IV à se rendre en Écosse afin de régler l'affaire. Vers la fin de l'année 1263, Håkon fit voile vers l'Écosse avec une armée d'invasion forte de 200 navires et de 15000 hommes. La flotte norvégienne essuya des tempêtes près des côtes écossaises, et il fallut transporter quarante navires par voie de terre jusqu'au Loch Lomond. Finalement eut lieu une petite escarmouche à la bataille de Largs, dans laquelle les Norvégiens et leurs alliés de Man commandés par Magnus III de Man n'obtinrent qu'un léger avantage tactique sur les Écossais commandés pas Alexander Stewart. Après la bataille, le mauvais temps obligea la flotte norvégienne et mannoise à se retirer vers les Orcades. À son arrivée à Kirkwall, Håkon, malade et fatigué, décida de passer l'hiver dans le palais de l’évêque Heinrkr pour reprendre sa campagne l'été suivant. Ses plans furent cependant déjoués lorsqu’il mourut en décembre.

Sa couronne passa à son fils Magnus VI de Norvège, qui jugea que faire la paix avec les Écossais était plus important que de maintenir les possessions norvégiennes sur les îles à l'ouest de l'Écosse et en mer d'Irlande. Le traité de Perth de 1266 laissa les Hébrides et l'île de Man à l'Écosse pour 5000 marcs et un tribut annuel de 100 marcs. L'Écosse confirmait en même temps la souveraineté norvégienne sur les îles Shetland et les Orcades. Cependant le contrôle de Man par les Écossais ne devint effectif qu'après la défaite des Mannois et de leur dernier roi norvégien, Godfred Magnuson de Man, à la bataille de Ronaldsway en 1275.>Les habitants des Hébrides vécurent à peu près autonomes, sous leurs chefs, jusqu'au IXe siècle. Les Hébrides furent, avec le royaume de Man, soumises à la Norvège vers 870. Elles restèrent dans sa dépendance jusqu'en 1266, où la bataille de Largs fit passer la suzeraineté nominale à l'Écosse. En fait, les chefs y étaient indépendants. Le principal Macdonald, se subordonna les autres et prit le titre de lord des îles (1346). En 1540, l'annexion fut consommée et maintenue malgré un insurrection en 1614. Cependant ce ne fut qu'en 1748 que les héritiers des anciens chefs furent définitivement annihilés par un acte du Parlement qui les priva de leurs droits.

 

 Les Orcades

Quatre mille ans avant Jésus-Christ, des Pictes quittent les Highlands et traversent le Pentland Firth pour s'installer aux Orcades alors inhabitées. De ces premiers occupants, les îles conservent de nombreux témoignages : habitations, pierres tombales, structures souterraines (earth-houses), tumuli et cairns, brochs et cercles de mégalithes.

Occupées par les Vikings au ixe siècle, lesquels ont détruit la civilisation picte, les îles sont dirigées par un Jarl, ou « comte », qui règne également sur les Shetland. Une saga, la Orkneyinga saga, retrace l'histoire des Jarls des Orcades. Les îles sont ensuite dirigées par des Jarls d'origine écossaise issus des familles d'Atholl, d'Angus et enfin de Strathearn.

 Passées sous domination danoise avec la Norvège, les Orcades, ainsi que les Shetland, sont enfin cédées à l'Écosse en 1469 : elles font partie de la dot de Marguerite de Danemark qui épouse le roi Jacques III d'Écosse.

 Le montant de la dot était fixé à 60 000 florins dont les Orcades données en gage à concurrence de 50000 florins. Le roi Christian Ier de Danemark, père de la mariée, n'ayant réuni lors du mariage que 2 000 florins, il ajouta les Shetlands pour couvrir les 8 000 florins impayés. Jamais l'argent ne fut versé, d'où l'annexion des îles par l'Écosse en 1471.

 C'est la flotte d'Agricola qui connaître les îles Orcades aux Romains, vers 84. Au Xe siècle, elles furent conquises par des Vikings qui en exterminèrent les habitants; plus tard, elles passèrent à la Norvège , le roi d'Ecosse Jacques III les recouvra par son mariage avec Marguerite, fille du roi de Norvège (1470). Jacques Vl consolida cette possession, qui était disputée par le Danemark, en épousant Anne, fille du roi de ce pays. Données en apanage à un fils naturel de Jacques V, elles passèrent en 1696 dans la famille Hamilton. Les Orcades, jointes aux Shetland formeront par la suite un des comtés d'Ecosse.

 

Les Shetland

 Durant le viie siècle, des missionnaires arrivent sur l'île pour tenter de convertir les habitants au christianisme. L'île est conquise par les Vikings dans le courant du ixe siècle et restera norvégienne durant cinq siècles.

Ce n'est qu'en 1472 que les Écossais obtiendront ces îles, ainsi que les Orcades, en compensation du non-paiement de la dot de Marguerite de Danemark, épouse de Jacques III d'Écosse. Les tentatives ultérieures des Scandinaves pour racheter ces îles resteront sans suite.Les îles Shetland, connues des Anciens sous le nom d'Emodae insulae furent peuplées par les Scandinaves vers le IXe siècle; le roi d'écosse les acquit de la Norvège au XIIIe siècle, après quoi le christianisme y fit sont entrée. Les Danois s'en emparèrent durant les luttes de l'Ecosse avec l'Angleterre au siècle suivant. Elles ne revinrent à l'Écosse que lorsque Jacques VI épousa Anne de Danemark au XVIe siècle.

 

Les Féroë ou Faeröer

 L'histoire des îles Féroé est assez incertaine dans ses origines. Les textes fiables sont rares, mais il semble qu'elle débute assez tardivement, lorsque des moines irlandais aperçoivent les îles entre le vie siècle et le viiie siècle et s'y installent.

Au début du xe siècle, les îles sont colonisées par les vikings puis évangélisées au tournant de l'an 1000. D'abord rattachées au royaume de Norvège, elles sont ensuite une dépendance du royaume du Danemark

L'histoire ancienne des îles Féroé est peu connue. Il est possible qu'au vie siècle, saint Brendan, un moine irlandais, ait pu apercevoir les Féroé au cours de son voyage. Il dit en effet avoir aperçu une « île de moutons», véritable « paradis pour les oiseaux ».

 A la fin du viie siècle ou durant le viiie siècle, les îles ont été visitées par des moines irlandais à la recherche de solitude. Ces îles sont alors devenues un lieu d'ermitage, tout comme l'Islande.

Le premier texte connu décrivant vraiment les îles Féroé a été écrit par un moine irlandais nommé Dicuil.

 Période scandinave

On ne sait que peu de choses sur les Féroé jusqu'au xive siècle. La seule source écrite est la saga des Féroïens (Færeyinga Saga), écrite au xiiie siècle, dont la valeur historique est discutée. De plus, la version originale de cette saga n'est pas parvenue jusqu'à nous : il en existe plusieurs versions qui ont été recopiées ultérieurement.

Selon une version, le colonisateur des Féroé, Grímr Kamban, serait venu durant le règne de Harald Ier de Norvège, qui dirige ce pays entre 880 et 931. Selon d'autres versions, et selon la chronique de Dicuil, Grímr Kamban serait venu avant ce règne. 'Grimr' est un prénom nordique, mais 'Kamban' est un nom irlandais, ce qui laisserait supposer que ce colonisateur aurait eu une double origine.

 Durant le ixe siècle, un Alþing doit avoir été établi sur l'île, à l'emplacement de l'actuelle capitale, Torshavn. Cette institution, semblable à celle qui a existé en Islande, est une assemblée des hommes libres où sont prises les décisions politiques et juridiques.

Les habitants sont convertis au christianisme aux alentours de l'an 1000, et une église est construite au Sud de l'île de Streymoy. En 1035, l'archipel devient également une partie du royaume de Norvège. Ces deux faits auraient été l'œuvre de Sigmundur Brestisson, envoyé par le roi Olaf Ier de Norvège pour s'emparer des Féroé.

En 1380, les îles deviennent possession de la monarchie double du Danemark et de la Norvège.

 Histoire du quatorzième au vingtième siècle

 Le roi Christian III a introduit le luthérianisme aux Féroé pour remplacer le catholicisme, la conversion des habitants aux idées nouvelles fut "menée à bien" en cinq ans. Dès lors, le danois remplaça le latin durant les offices religieux.

Les Féroë sont un groupe d'îles au Nord de l'Écosse a été découvert par des Norvégiens au IXe siècle (établissemnt de Gamle en 961), et correspond à l'ancienne Frislande que l'on retrouve sur les vieilles cartes; il passa ensuite avec la Norvège sous domination danoise et fait toujours partie du Danemark (Les Anglais l'ont occupé de 1807 à 1814). On y parle toujours une langue dérivée de l'ancien nordique et mélangée à l'islandais et au danois. La religion luthérienne y a été introduite pour remplacer le catholicisme par Christian III vers la fin du XVIe siècle.

Durant le viie siècle, des missionnaires arrivent sur l'île pour tenter de convertir les habitants au christianisme. L'île est conquise par les Vikings dans le courant du ixe siècle et restera norvégienne durant cinq siècles.

Ce n'est qu'en 1472 que les Écossais obtiendront ces îles, ainsi que les Orcades, en compensation du non-paiement de la dot de Marguerite de Danemark, épouse de Jacques III d'Écosse. Les tentatives ultérieures des Scandinaves pour racheter ces îles resteront sans suite.

 

 

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