La Russie médiévale

 

 

 

 

  L’origine des Vénèdes

 

 Peut-être qu’Hérodote dans ses voyages du Ve siècle av. J.-C. en Scythie et en Tauride (la Crimée d’aujourd’hui) avait entendu parler des Slaves (plus exactement des proto-slaves) et, qu’il les avait rencontrés-

 

 Les migrations des peuples qui ont eu lieu dans les IV-Ve siècles ap. J.-C. du nord de l’Europe en direction du sud ont provoqué une telle confusion dans le cadre historique artificiellement crée par l’Empire Romain qu’il ne serait plus possible de reconstruire avec certitude quel était le lieu d’origine des Slaves ou des autres peuplades (inclus les Baltes) qui émigrèrent dans la plaine Russe.

 Depuis Hérodote d’autres auteurs de l’Antiquité se sont occupé des gens du nord et Pline l'Ancien parle déjà des Vénèdes ou Vénètes qui habitent au nord des Carpates. Tacite, lui-même, les mentionne parmi les peuples de la Mer Baltique et finalement Claude Ptolémée au IIe siècle ap. J.-C. affirme qu’ils appartiennent aux grandes tribus sarmatiques.

 Mais qui sont ces Vénètes ou Vénèdes ? Sa consonance avec celui des peuplades vénitiennes de l’Europe nord orientale et nord-balcanique et le mystère que Pline mentionne une ville Tergeste (aujourd’hui Trieste) avec cette dénomination slave (T’rgeste signifie simplement marché en slave), nous suggèrent probablement l’ethnonyme latin, Veneti, se referait à une population illyrique aujourd’hui disparue. Quelques siècles plus tard une grande confédération de peuples non-germaniques se fixèrent dans les zones du nord des modernes Pologne et Allemagne et évidemment l’appellation illyrique fut étendue par les Germains à leurs voisins slaves (en all. Wenden) qui après ça conservèrent ce surnom. Dans la fameuse table géographique Peutingerienne copiée après d’anciens documents (entre lesquels la Géographie de Claude Ptolémée inclus !) du XIIIe siècle ap. J.-C. apparaissent également ces Vénèdes.

 Une source primaire, bien qu’avec un peu d’incertitude, soit Jordanès qui écrit d’origine actibusque Getarum c’est-à-dire Origine et Entreprises des Goths au VIe siècle ap .J.-C. en se référant à des documents antérieurs et en fournissant beaucoup de renseignements sur les Slaves. Par exemple, il parle de la fameuse liqueur d’hydromel (appelé medos ou miod) consommé à l’occasion du banquet aux funérailles d’Attila.

 

 L’historien Jordanès

Jordanès parle des actions du roi des Goths, Hermanaric :

 «Entre ces deux fleuves (Danube supérieur et Istrum c’est-à-dire Danube Inférieur) se trouve la Dacie qui comme une couronne embrasse les Alpes rocheuses. Dans la zone aux pieds des montagnes (des Carpates) qui décline vers le nord, commençant de la zone où se trouvent les sources de la Vistule, sur une région très étendue s’est établie la tribu des Vénèdes (Venethae) et, bien que leur nom se change dans notre époque à cause des nombreuses peuplades qui les composent et des régions différentes qu’ils sont en train d’habiter, toutefois ils ont pris les dénominations de Sclaveni et de Antae. Les Sclaveni habitent peu loin de la ville de Novietunum (probablement à identifier avec l’ancienne Noviodunum ou la moderne Isaccea en Roumanie) et du lac de Mursia (?) jusqu’au fleuve Danastrum (Dnestr) et au nord jusqu’à la Viscla (Vistule). Marécages et forêts entourent leurs villes. Les Antae sont les plus puissants, spécialement où le Pontus (Mer Noire) fait un courbement s’élargissant jusqu’au Danaprum (Dnepr)... »

Jordanès n’est pas le seul auteur qui parle des Slaves. Procope de Césarée dans sa Guerre contre les Goths et le Strategikon attribué à l’empereur byzantin Maurice parlent d’eux parce qu’ils pressent à la frontière septentrionale de l’Empire et ils nous disent que les Vénèdes se divisèrent en deux branches. L’une des Sclavini qui occupèrent la rive droite du Dnepr et l’autre des Antae qui se sont distribués le long du cours moyen du Dnepr et du Dnestr et tout ça concorde parfaitement avec les informations données par Jordanès. Ils faisaient mention de quelques noms personnels qui sonnent sans doute comme slaves et, en particulier, rappellent dans la prononciation et dans l’étymologie les noms des Slaves Orientaux qui apparaîtront dans des documents successifs.

 

Les tribus slaves

 Entre les V et Ve siècles des tribus slaves étaient déjà en mouvement en direction de l’Empire Romain d’Orient et qui se heurtèrent avec les armées impériales durant les époques suivantes peu à peu s’emparant des territoires de la Péninsule Balkanique où ils s’établirent définitivement. Cela n’était pas la seule émigration qui prit la direction de l’Empire.

 Il faut remarquer ici que le mot SKLAVENOS est une adaptation en grec du mot SLOVENE ou SLAVENE du paléobulgare ou russe ancien qui est présent avec une bonne fréquence dans toute la région slave européenne, tandis que le mot ANTI est complètement disparu.

 Ce dernier ethnonyme n’a pas de consonance slave et donc les ANTI pourraient être «collègues» des Alains de l’Antécaucase, plus qu’avec les Slaves. Cela semble confirmé par Procope lors qu’il dit que les ANTI se trouvaient à son époque (VIe siècle ap. J.-C.) non seulement sur la rive gauche du Danube et du Dnepr, mais plus loin encore, jusqu’au Don et à la Mer d’Azov. Est-ce que ça nous suggère que les ANTI dans une position si éloignée étaient encore en relation avec ses terres d’origine et qui s’étaient plus tard dirigées vers occident et puis vers nord ou, au contraire, ils venaient de l’Europe centrale ? Le problème reste donc ouvert. Il serait d’importance mineure si n’avait pas été soutenu par le professeur B.A. Rybakov qui voit les Anti comme les ancêtres des peuples qui se trouvent aujourd’hui dans la Grande Plaine Russe. La demande reste : Pourquoi l’ethnonyme est disparu ?

L’archéologie ne nous permet pas de donner une réponse certaine. Nous pouvons constater que les Anti, s’ils n’ont jamais existés comme peuple particulier dans l’Europe centrale, en se déplaçant en la direction de nord-est se trouvèrent face aux Marécages du Pripiat et durent ou les contourner au nord en traversant la Biélorussie moderne ou du côté sud en gravissant sur les reliefs de la Podolie et de la Volynie et en s’établissant autour des collines où se trouve Kiev aujourd’hui.

 Jordanès à cet égard indique des peuplades qui avaient été subjuguées par Hermanaric lors que ce roi Goths avait fondé son grand royaume dans le sud de la plaine russe. Dans la description qu’il donne de l’itinéraire parcouru par ce roi et ses hommes le long des courants d’eau russes de la Baltique jusqu’au Mer d’Azov, il fait mention des tribus rencontrées et entre ces noms on peut reconnaître les peuples baltiques qui habitaient la zone.

 Si les Anti étaient les premiers Slaves qui entraient dans la plaine russe, ils avaient été précédés par les Baltes, mais, comme l’archéologie nous confirme, ils n’y eurent pas de combats importants et la chose se conclut pacifiquement car l’espace à disposition était suffisant. Peut-être Procope a raison d’être convaincu, lui aussi, que les Anti et les Sclavini n’étaient pas de gens belliqueuses. Il nous dit à ce propos :

village russe

« ...car ces tribus-là, des Anti et des Sclavini, n’ont pas d’un souverain, mais depuis des temps les plus anciens vivent en démocratie. A cause de ça, les événements favorables ou défavorables de la vie, la réussite ou la faillite dans les affaires, sont toujours considérés des questions d’intérêt commun. Et dans tous autres champs la loi et la vie de ces tribus barbares sont identiques. Ils ont un seul dieu, créateur de la foudre et ils le considèrent le seigneur de tout et lui amènent sacrifices des bœufs et ont bien de rites religieux. Ils ne reconnaissent point qu’il y a un Fatum déjà fixé ou un pouvoir au-dessus d’eux qui décide du destin de l’homme et lors que la maladie les emporte ou la mort menace ou se trouvent en danger en guerre ils promettent à leur dieu de faire des sacrifices exceptionnels s’il les sauverait. Ils adorent les fleuves et les nymphes et d’autres dieux, leur font des sacrifices et connaissent le futur à travers avec leur aide. Ils habitent dans des cabanes misérables, parsemées et éloignées l’une de l’autre et souvent ils changent de résidence. En guerre ils vont à pied contre l’ennemi commun avec un écusson et une lance dans les mains, mais sans d’armure. Beaucoup d’eux n’ont pas ni de camisoles ni de manteaux. Quelqu’un d’eux porte des pantalons maintenus par une ceinture étroite sur les hanches et se rendent ainsi vêtus à l’ennemi. Ils parlent tous la même langue, une langue barbare et non raffinée. Il n’y a pas de différence entre eux par les traits du visage ou les formes du corps. Des autres barbares voisins ils se distinguent pour leur grande taille et pour leur grande force, leur peau n’est pas si blanche ni si rosée, mais jamais si obscure, seulement un peu brunie au soleil. Leur façon de vie est pareille à celle des Massagètes, rude sans aise. Ils sont toujours couverts d’ordure, battu par la pauvreté, mais jamais par le mal et ils tiennent la morale très simple des Huns».

 Maurice même reçut une impression pareille :

« ...Ils ont des façons de portement très similaires dans la vie, les coutumes et ils sont très libres, ils ne subiraient jamais l’esclavage, n’importe lequel, au moins dans leur terre natale. Ils sont très nombreux et résistants aux fatigues, à la chaleur et au froid ou à la pluie, même s’ils leur manquent la nourriture ou le vêtement. Ils sont très gentils avec l’hôte et les accompagnent n’importe où l’hôte doit se rendre, pour le protéger et si l’hôte à cause de leur manque est exposé à des souffrances parce que celui qui avait pris l’hôte en consigne n’a pas été attentif, alors ils querelleront entre eux pour les responsabilités. Ils jugent qu’un hôte doit être vengé pour l’offense. Les hommes détenus par eux en captivité, reçoivent la liberté après un temps stipulé préalablement qui n’est jamais si long comme font d’autres gens. Ils le laissent libre et, s’il le veut, il peut rester chez eux, mais d’homme libre, ou, s’il le veut, il retournera à son pays. S’il choisit de s’en aller, il doit payer une indemnité... »


 La migration vers le  nord-est dans la Plaine Russe

On trouve un témoignage de la migration vers nord-est dans la Plaine Russe à partir de la présence des Sclavini (Slovènes ou Slavènes) dans la tradition sur la fondation de la ville de Novgorod le Grand. Ces Slovènes montèrent le long des fleuves pour arriver jusqu’à la limite de l’agriculture possible et s’établirent autour du Lac Ilmen au IXe siècle J.-C.

Le cadre qui se dessine correspond à un certain nombre d’émigrations radiales qui se répartissent plus ou moins entre les fleuves d’Elbe et l’Oder et dans un mouvement migratoire des peuples du nord nommé.

 Les moines s’occupent exclusivement de la vie de l’élite au pouvoir et ils disent très peu sur les peuples slaves et non slaves. Malgré ça les Chroniques représentent une source très spécifique indispensable pour le développement de nos thèses et nous y référerons en chaque cas de nécessité.

 Le géographe Ibn Rusté, a écrit autour de 930 ap. J.-C. à propos des as-Saqalibat (nom générique pour les Slaves de la plaine russe) que :

« Le pays des Slaves est plat et plein de forêts et ils vivent justement là. Ils possèdent des espèces de tonneaux où ils conservent le miel. Ils ne cultivent pas la vigne ni la terre (de la même notre façon). Leurs tonneaux en bois servent pour conserver non seulement le miel, mais les gaufres aussi. Ils appellent ces derniers ulidj (en russe moderne ulei) et de ces tonneaux ils tirent plus de 10 seaux de miel. Ils élèvent le porc comme nous élevons les brebis. La majorité des cultures sont du millet (Panicum sp.). A l’époque de la récolte ils prennent un seau de millet, le dressent vers le ciel et disent : O Seigneur ! Toi, tu nous as donné notre nourriture jusqu’ici ! Je te prie que tu nous en donnes encore et en grande quantité ! Ils ont une boisson enivre faite avec du miel ».

A partir du IX siècle ap .J.-C. on peut y lire dans la Plaine Russe (la Terre Russe) : « ...il y a des Slaves de la Russie de Kiev : les Polyanes, les Drèvlyanes, les Slaves de Polotsk, les Drégovitches, les Sévérianes, les Slaves du Boug de Biélorussie et enfin les Volyniens... ». Les Slaves de Novgorod le Grand ne sont pas mentionnés par le moine pour des raisons qui restent inconnues.

 

 Lors d’une campagne militaire (944 ap. J.-C.) le prince Igor de Kiev engagea : « ...des Varègues, des Rus, des Polyanes, des Slovènes, des Krivitches, des Tivertses, des Petchénègues... » Ici on remarque que les Rus sont mentionnés à côté des Varègues pour indiquer qu’à cette époque il y avait déjà des bandes varègues complètement slavisées. Un texte nous informe : « Et les tribus suivantes paient leur tribut à Kiev : Tchudes, Merya, Ves, Muroma, Tcheremisses, M’rdva, Perm, Petchéra, Yam, Lithuaniens, Semigallles, Courons, Noroma, Livoniens... ».

 A la moitié du Xe siècle la configuration ethnique slave de la Plaine Russe s’est stabilisée et les migrations slaves se sont interrompues.

La Rus' de Kiev ou principauté de Kiev (dite aussi Russinie, Russynie ou Ruthénie) est le premier État organisé à s'être formé dans la région occupée aujourd'hui par l'Ukraine, la Biélorussie et une partie de la Russie occidentale (862). Fondée par des Varègues venus de Scandinavie à travers les différents fleuves de la plaine russe et ukrainienne, elle est dirigée par la dynastie des Riourikides, et son nom vient du scandinave Rodslagen: le gouvernail. Elle forme un État peu structuré dont les sujets sont les tribus de Slaves orientaux et des peuples finno-ougriens comme les Tchoudes et les Maris. Les princes varègues développent la route commerciale qui relie la mer Baltique, la mer Caspienne et la mer Noire en empruntant le Dniepr et la Volga. 

À partir de 860, ils deviennent pour l'empire byzantin un important partenaire commercial (bois, fourrures, ambre contre produits manufacturés, miel, parfums, soieries). En 882, Oleg le Sage déplace sa capitale de Novgorod à Kiev après s'être emparé de Smolensk. La paix commerciale est entrecoupée de guerres (voir guerre russo-byzantine de 907, de 941 et de 1043). Pour la Rus', l'Empire byzantin est tantôt un allié contre les peuples nomades des steppes, venus de l'est (Khazars, Petchenègues, Coumans et autres) tantôt un adversaire qui s'allie à ces mêmes peuples contre elle.


Ainsi, en 907, Oleg le Sage s'allie à l'Empire byzantin en campagne contre les Bulgares du Danube, ces campagnes débouchent en 911 sur un accord commercial avec Byzance, mais aussitôt la Bulgarie vaincue, l'alliance est rompue et la Rus' est à nouveau en guerre contre les byzantins... aux côtés des Bulgares. Byzance en sort victorieuse, et la Rus' doit se retirer des Balkans.
Entre 912 et 913, la principauté de Kiev tente d'accroître son influence sur de nouvelles tribus slaves dont les Drevlianes. Igor de Kiev organise une campagne vers la mer Caspienne avec 500 navires. La troupe pille Gillian, Tabaristan et Chirvan et prend un grand butin. La troupe du prince de Kiev est cependant repoussé par la suite par les Khazars. Igor doit retourner à Kiev pour reconstituer ses forces

 


 

Entre 915 et 916, les Petchenègues, un peuple de la steppe d'origine turque venu de l'Est, s'établit au sud du territoire de la principauté de Kiev, entre les Carpates et la boucle du Don, et pendant un siècle ils règnent sur la plaine qui borde les rivages septentrionaux de la Mer Noire.
En 941, Igor de Kiev à l'instar d'Oleg le Sage, après avoir fait la paix avec les Petchenègues, organise une nouvelle expédition contre Byzance : il est repoussé par les Byzantins, qui utilisent le feu grégeois. Entre 943 et 945, la Rus' combat successivement les peuples de la mer Caspienne et Byzance sans plus de succès. Enfin, la paix est signée avec Byzance dans le Delta du Danube. Mais en 945, Igor de Kiev est tué par les Drevlianes à Iskorosten alors qu'il menait une expédition pour percevoir leur tribut.


Sous le règne de Vladimir, le territoire s'étend et en 988, il se convertit au christianisme orthodoxe, qui devient religion d'État et l'un des facteurs de l'unité nationale russe. Lors du schisme de 1054, la Rus' reste fidèle à l'orthodoxie, alors que les Slaves de l'Ouest (Polonais, Tchèques, Slovaques...) ainsi que les peuples baltes, passent dans l'obédience de Rome ; les Finnois se divisent : ceux de l'ouest (les futurs Finlandais et les futurs Estoniens) passent dans l'obédience de Rome, tandis que ceux de l'est (le futurs Vepses et Caréliens) restent orthodoxes. Plus tard encore, les Finlandais, les Estoniens et une partie des Lettons deviendront protestants.
À partir du xiie siècle, après une longue période d'instabilité interne en raison des partages successoraux entre les descendants de Vladimir, la principauté de Kiev se désintègre au fil des années, tandis que les Coumans remplacent et assimilent les Pétchénègues au sud. La population slave s'étend vers le nord-est et de nombreuses villes-principautés nouvelles sont ainsi crées, parmi lesquelles Moscou en 1147. La Rus' fait alors place à une quinzaine de principautés comme la République de Novgorod. En 1276, la principauté de Moscou ou Moscovie, voit le jour.


Les princes qui dirigent ces principautés règnent sur une masse de paysans à cette époque généralement libres, et vivant en paroisses, initialement maîtres de leurs terres, lesquelles n'appartiennent que nominalement au prince. Mais les armées des princes, formées de ces mêmes paysans, sont encadrées par des boyards, auxquels les princes font don de terres et qui deviendront progressivement des propriétaires terriens. Dès lors, les boyards ont tendance à exiger des paysans de plus en plus de corvées et de taxes, et à les maintenir sur la terre plutôt qu'à les envoyer à la guerre : ainsi se mettent en place le servage d'un côté, et des armées de guerriers de métier de l'autre. La principauté de Vladimir-Souzdal et surtout la république de Novgorod toutes deux situées au nord de la principauté de Kiev vont profiter de leur indépendance pour se développer. La république de Novgorod, cité-État dotée d'un système de gouvernement original, prospère grâce à ses échanges commerciaux avec les pays de la Baltique. Elle repousse à plusieurs reprises les tentatives d'expansion des chevaliers teutoniques, comme celle qui mène à la bataille du lac Peïpous.



L'invasion tataro-mongole

En 1226, un peuple nomade guerrier venu de Mongolie, appelé Tataro-Mongols par les Russes, attaque les principautés. Entre 1237 et 1242, le khan Batou, petit-fils de Gengis Khan, défait les unes après les autres les armées des princes et réduit en cendres les principales villes, dont Vladimir, Riazan, Souzdal, Rostov, Kiev et Moscou. Les populations sont massacrées ou réduites en esclavage. Seule Novgorod et dans une certaine mesure Pskov, situées au nord-est, réussissent à conserver une certaine autonomie. Les Mongols n'occupent pas les territoires vaincus mais les principautés doivent payer tribut et reconnaître la suzeraineté des Mongols qui fondent un État au sud de la Volga : la Horde d'Or. Cette vassalité ne prendra fin que trois siècles plus tard.
Les Mongols tatars ont profondément marqué la Russie, ethniquement avec l'installation de peuples turcophones, culturellement avec l'islamisation des peuples de l'Est de Moscou, entre Vladimir et Kazan qui renforcera le poids de l'Église face à l'occupation musulmane. Le vocabulaire russe s'enrichit de nombreux termes de la langue mongole tels que yam (poste) et tamga (péage). Administrativement, les Russes intègrent les tributs ainsi que les levées de troupes. Comme les Mongols, les princes russes vont jusqu'à imposer à leurs sujets de maintenir un service de relais de poste. Enfin, militairement, l'armée russe reprendra à son compte l'usage de la cavalerie légère1.
Dans le même temps, le Grand-duché de Lituanie s'étend sur une grande partie du sud-ouest de la Rus'. La République de Pskov a aussi déclaré son indépendant par rapport à la République de Novgorod.

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