451
Le concile de Chalcédoine dépose et exile Dioscore et réaffirme la double nature du Christ contre la doctrine « monophysite » qui soutient la primauté de la nature divine de Jésus-Christ et contre le nestorianisme qui met en avant sa nature humaine. Au-delà du débat théologique, l’Égypte, acquise, comme la Syrie, au monophysisme, s’oppose désormais vigoureusement à Constantinople et ces querelles religieuses affaiblissent gravement la chrétienté orientale, ce qui permettra bientôt aux envahisseurs musulmans de la subjuguer plus facilement.
537
Justinien fait fermer le temple de Philae où un culte était toujours rendu à la déesse Isis.
541
Une grave épidémie de peste affecte l’Égypte.
578-605
Damien est patriarche d’Alexandrie et s’efforce de rétablir l’unité de l’Église égyptienne.
619
Conquête de l’Égypte par les Perses Sassanides. Jérusalem est tombée en 614. Le roi Chosroès II s’appuie sur l’Église égyptienne pour affaiblir l’Empire byzantin dont la capitale est par ailleurs privée des cargaisons de blé que lui envoyait jusque-là l’Égypte.
629
La reconquête byzantine menée à bien par l’Empereur Héraclius est perçue en Égypte, attachée au monophysisme, comme le début d’une période d’occupation étrangère – un non Égyptien est même nommé alors à la tête du patriarcat d’Alexandrie –, ce qui explique pour une part l’étonnante facilité avec laquelle se réalise, quelques années plus tard, la conquête arabe.
639
Amr ibn al-As envahit le Sinaï et s’empare d’El-Arish avant de marcher sur Bubastis et Héliopolis sans rencontrer de résistance. Babylone d’Égypte tombe au printemps 641.
640
Prise de Péluse (janvier). Victoire sur les Byzantins à Ayn Chams (juillet).
avril 641
Reddition de Babylone d’Égypte située à la pointe méridionale du Delta.
été 641-septembre 642
Siège et prise d’Alexandrie évacuée par mer par sa garnison byzantine. Prise de Barka et occupation de la Cyrénaïque.
643
Amr fonde à hauteur de Babylone d’Égypte, à la pointe méridionale du delta du Nil, au contact de la basse et de la moyenne Égypte, la ville de Fostât. Il engage ensuite la conquête du pays jusqu’à hauteur de la première cataracte. La mainmise arabe sur l’Égypte a été facilitée par l’antagonisme religieux qui opposait Alexandrie à Byzance depuis le concile de Chalcédoine, ce dont témoigne au XIIe siècle l’historien copte Michel le Syrien : « Le Dieu des vengeances voyant la méchanceté des Grecs qui, partout où ils dominaient, pillaient cruellement nos églises et nos monastères et nous condamnaient sans pitié, amena de la région du sud les fils d’Ismaël pour nous délivrer… Ce ne fut pas un léger avantage pour nous que d’être libérés de la cruauté des Romains… [il entend ici les Byzantins] » Le patriarche d’Alexandrie, Benjamin, déposé par les Byzantins, est rétabli par les Arabes qui, peu nombreux, sont soucieux de ménager la masse de la population qui va bénéficier du statut des dhimmis, « protégés » et ne se convertira que progressivement à l’Islam, sans doute largement majoritaire dès le IXe siècle.
644
Amr ibn al-As est destitué par le calife Othman et remplacé par Abdallah ibn Sa’ad, nommé gouverneur de la province, mais il est rétabli dans ses fonctions en 658 ou 659 par l’Ommeyade Mo’awiya et les conservera jusqu’à sa mort, survenue en 664.
645
Un corps expéditionnaire byzantin reprend Alexandrie mais ne pourra s’y maintenir et en sera chassé par les Arabes l’année suivante.
652 Abdallah ibn Sa’ad remonte le Nil en direction de la Nubie mais se heurte à la résistance des chrétiens nubiens et doit conclure avec eux le traité de paix de Dongola portant notamment sur la fourniture d’esclaves noirs razziés dans la région du sud- Soudan.
706
Le calife ommeyade Walid Ier décide que l’arabe devient la langue officielle de l’Égypte et de la Syrie. En moins d’un siècle, les chrétiens coptes s’arabisent et ne conservent plus l’usage de la langue copte que dans la liturgie.
715
Les fonctionnaires chrétiens sont remplacés par des musulmans.
725
Révolte copte dans le Delta, suivie d’une autre insurrection en Haute-Égypte en 739. Elles sont écrasées.
750
Révolution abbasside. Le centre de gravité du monde musulman passe de Damas à Bagdad.
829-832
Une dernière révolte copte se produit dans le Delta, contre l’aggravation continue de la pression fiscale. Elle est réprimée par le calife abbasside Al-Mamoun
868
Ahmed ibn Touloun, d’origine turque, reçoit du calife abbasside Al-Mutaz mission de rétablir l’ordre en Égypte. Il s’installe à Fostât et construit sur les bords du Nil une nouvelle capitale, Kataf, appelée à devenir Le Caire. Il fait édifier la mosquée qui porte son nom et entreprend même de faire réparer le phare d’Alexandrie. Son fils Khoumaraway poursuit dans cette voie et l’Égypte connaît, sous les Toulounides, une période faste.
878
Ibn Touloun entre en lutte contre le calife abbasside, inquiet de la puissance grandissante de l’Égypte. Les forces d’Ibn Touloun occupent la Syrie, terrain d’expansion naturel de l’Égypte durant ses périodes de puissance.
884
Mort d’Ibn Touloun. Son fils Khoymaraway contraint le calife abbasside à lui reconnaître, pour lui et ses descendants et pour une période de trente ans, le gouvernement de l’Égypte et de la Syrie, contre le paiement d’un tribut annuel.
896
Khoumaraway est assassiné à Damas et ses successeurs ne peuvent maintenir l’autonomie de l’Égypte.
905
L’armée califale écrase les forces toulounides et s’empare de Fostât. L’Égypte redevient une simple province de l’Empire abbasside.
935
Mohammed ibn Toughdj est chargé par le calife de protéger l’Égypte contre les Fatimides et les Berbères d’Ifrikiya. Il reçoit en 939 le titre d’Ikhshid, « serviteur ».
945
Mort de Mohammed ibn Toughdj. C’est le chef de son armée, un eunuque noir du nom de Abou el-Misk Kafour, qui gouverne au nom de ses fils.
966
À la mort du dernier fils de Mohammed ibn Toughdj, Abou el-Misk Kafour est reconnu comme le maître de l’État ikhshide d’Égypte par le calife abbasside. Il meurt deux ans plus tard.
6 juillet 969
L’armée berbère fatimide s’empare de Fostât et du Caire. L’histoire des Fatimides commence avec la rencontre à La Mecque, à l’extrême fin du IXe siècle, d’un prédicateur shi’ite ismaélien et de pèlerins issus de la tribu berbère des Kutama installée en Petite Kabylie. Ces Berbères vont adopter le chi'isme ismaélien pour combattre le royaume aghlabide sunnite de Kairouan dont ils dépendaient jusque-là. C’est ainsi qu’un Arabe, Obeid Allah, se présente comme le « Mahdi », l’envoyé de Dieu, comme l’imam caché attendu depuis la disparition du septième imam de la succession d’Ali, le gendre du Prophète. Obeid Allah prend Kairouan en 904, chasse le dernier Aghlabide, conquiert le royaume kharidjite de Tahert. Partisans d’Ali, les Kharidjites s’en étaient « séparés » quand ils avaient refusé « l’arbitrage » de Siffin lors de la lutte opposant Ali aux Ommeyades et c’est un opposant kharidjite qui avait ensuite assassiné Ali. Après avoir écrasé plusieurs révoltes, Obeid Allah fonde une nouvelle capitale, Mahdia, et entreprend de faire la guerre au califat abbasside de Bagdad, ce qui implique la conquête de l’Égypte. Le Mahdi meurt en 934 et ses successeurs, El-Quaim (934-945) et El-Mansour (946-952), doivent avant tout affermir leur autorité mais El-Mu’izz (952-975) achève d’établir le pouvoir de la dynastie sur le Maghreb. En 969, une expédition formée de contingents berbères placés sous les ordres de Djawar est lancée contre l’Égypte et réalise la conquête de la vallée du Nil. Le centre de gravité du pouvoir fatimide se déplace ainsi du Maghreb vers l’Égypte.
970
Les troupes fatimides s’emparent de Ramallah, Tibériade et Damas. Elles échouent devant Antioche reconquise depuis peu par les Byzantins et doivent faire face à la réaction du calife abbasside Al-Mouti qui les contraint à évacuer la Syrie et la Palestine. Bientôt, les royaumes ziride et hammadide constitués en Afrique du Nord rejetteront l’autorité du calife fatimide du Caire.
973
Le calife fatimide El-Mu’izz s’installe au Caire où a été entreprise la construction de la mosquée al-Azhar.
975-996
Règne d’Al-Aziz qui incorpore des contingents turcs dans l’Armée fatimide.
990-1003
Construction de la mosquée dite d’Al-Hakim.
991 Institution au Caire d’un « office de la broderie ».
996-1021
Règne d’Al-Hakim, marqué par les luttes opposant les contingents berbères de l’Armée fatimide à ses autres composantes.
1006
Une armée berbère conduite par un certain Abu Rakwa qui se prétend membre de la famille ommeyade parvient jusqu’à Fostât mais elle est repoussée grâce à l’enrôlement massif de mercenaires nubiens.
1009-1014 Al-Hakim met en œuvre une politique de persécution des coptes, des juifs et des chrétiens de Palestine.
1021-1035 Règne d’Al-Zahir.
1035-1094
Règne d’Al Mustansir. L 'indiscipline gagne l’armée et, pour écarter les Bédouins qui venaient régulièrement piller la vallée du Nil, Al-Mustansir les envoie en 1050 vers le Maghreb pour punir les Zirides de leur dissidence et de leur ralliement au calife de Bagdad. C’est l’origine des invasions « hilalliennes », du nom de la tribu des Beni Hillal, qui seront catastrophiques pour les régions concernées.
1055
Nouveaux venus dans l’Orient arabe, les Turcs Seldjoukides s’imposent comme les protecteurs du calife abbasside de Bagdad. En Égypte, une vague de persécutions s’abat sur les coptes.
1072
Un chef de guerre fatimide, Nasir el-Dawla, emprisonne le calife Al-Mustansir et se rallie au calife abbasside de Bagdad mais le gouverneur fatimide de Palestine, Bar al-Jamali, sauve la dynastie en marchant sur Le Caire et en rétablissant Al-Mustansir en 1074. Une fois brisées diverses mutineries et rébellions, l’Empire fatimide se trouve réduit à l’Égypte (Damas est prise par les Seldjoukides en 1076) mais celle-ci jouit alors d’une belle prospérité, liée pour une part au développement du commerce avec les cités italiennes. Bar al-Jamali, lui-même converti à l’Islam d’origine arménienne, met en œuvre par ailleurs une politique favorable à la minorité copte.
1094: Mort de Badr al-Jamali, suivie de celle d’Al-Mustansir en 1095. Al-Afdal, fils de Badr al-Jamali, installe sur le trône le jeune Al-Hasan mais écarte son frère aîné Nizar dont l’emprisonnement et la mort seront à l’origine de l’ordre des Nizarites, plus connus sous le nom d’« Assassins ».
juillet 1098
Siège de Jérusalem par le vizir fatimide Al-Afdal.
15 juillet 1099
Prise de Jérusalem par les croisés. Francs et Fatimides se font face à hauteur d’Ascalon.
1102
Baudouin Ier de Jérusalem bat les Fatimides à Ramallah et prend Qaysarriya (Césarée).
1116-1118
Expédition des croisés contre l’Égypte, Baudouin Ier occupe le port d’Ayla.
août 115
: Baudouin III s’empare d’Ascalon, dernière base fatimide sur la côte syro-palestinienne.
1154
Nur al-Din, devenu « l’homme fort » du califat abbasside de Bagdad, s’installe à Damas pour entreprendre la reconquête des États latins de Terre sainte.
1161
Face au danger que représente Nur al-Din, les princes francs de Terre sainte se rapprochent des Fatimides, ce qui conduit Nur al-Din à envoyer en 1164 en Égypte une armée commandée par Shirkuh. Elle se retire sous la pression du roi de Jérusalem Amaury Ier. En 1167, Amaury oblige de nouveau Shirkuh à évacuer l’Égypte qui devient tributaire des croisés mais Amaury échoue devant Damiette en 1168. L’année suivante, à la mort de Shirkuh, son neveu Salah al-Din ibn Ayyub (Saladin) lui succède et dépose, pour prendre sa place, le grand vizir du calife fatimide Al-Adid dont il fait massacrer la garde noire.
1171
Mort d’Al-Adid, dernier calife fatimide. La prière est désormais dite au nom du calife abbasside de Bagdad ; l’Égypte se rallie à l’orthodoxie sunnite après deux siècles de califat fatimide ismaélien.
1174
Mort de Nur al-Din. Saladin, maître de l’Égypte, s’impose également à la Syrie et constitue l’empire ayyubide dont l’unité va être cimentée par la lutte contre les croisés francs installés en Palestine et en Syrie. Aden est occupée. Les persécutions reprennent contre les coptes, suspectés de complicité avec les Latins et la cathédrale d’Alexandrie est détruite.
1176
Saladin entreprend la reconstruction de la Grande Citadelle du Caire.
1177
Baudouin IV de Jérusalem, le roi lépreux, bat Saladin à Montgisard.
4 juillet 1187
Victoire de Saladin sur les forces chrétiennes à Hattin (Tibériade) et reconquête de Jérusalem par les musulmans (novembre).
1190-1192
Troisième croisade.
1193 Mort de Saladin. Des querelles de succession affaiblissent durablement l’État ayyubide.
1200-1218
Règne d’Al-Malik al-Adil qui reconstitue l’unité des territoires ayyubides.
1217-1221
Cinquième croisade. Après un échec en Syrie, les croisés débarquent à Damiette prise en 1219 puis reperdue. Une trêve est conclue pour huit ans.
1218-1238
Règne d’Al-Kamil. Il apparaît tolérant vis-à-vis de la communauté copte, reçoit saint François d’Assise et négocie en 1229 avec Frédéric II de Hohenstaufen, chef de la sixième croisade, la paix de Jaffa qui permet à l’Empereur de coiffer pour un temps la couronne de Jérusalem.
1240
Al-Malik al-Salih, arrière petit-neveu de Saladin, s’installe au Caire et y règne jusqu’en 1249. Il reprend Ascalon et la Galilée en 1247.
1243 Inauguration au Caire de la madrasa Salihiyya.
1249
Débarquement à Damiette de la septième croisade conduite par saint Louis. Les Francs sont vaincus à la bataille de La Mansourah (1250) et le roi est fait prisonnier. Alors que le successeur d’Al-Malik al-Salih, Turanshah, est absent d’Égypte, ce sont les Mameluks – des mercenaires turcs, slaves et circassiens recrutés ou achetés initialement comme esclaves par le Sultan – qui, commandés par Baybars, battent les croisés. Ils en tirent un prestige qui ne peut que mettre en cause l’autorité de Turanshah dont ils se débarrassent en 1259 pour proclamer sultan l’un des leurs, Koukouz, le premier d’une dynastie de quarante-cinq sultans mameluks appelés à régner sur l’Égypte jusqu’à la conquête ottomane (dont vingt-deux arriveront au pouvoir par la force).
1258
Chute de Bagdad dévastée par les Mongols. Mort d’Al-Mustasim, le dernier calife abbasside.
3 septembre 1260
Les Mameluks égyptiens battent les Mongols non loin de Naplouse et les contraignent à la retraite au-delà de l’Euphrate
.1260-1277
Règne de Baybars qui s’est débarrassé de Koukouz en le faisant assassiner et qui réunit la Syrie à l’Égypte, en faisant ainsi de celle-ci la grande puissance musulmane du temps. Il reprend aux croisés Jaffa, Césarée, Safad, le Krak des Chevaliers et Antioche.
1264
Contre les Francs encore présents en Terre sainte et contre la menace mongole, les Mameluks recherchent l’alliance byzantine et feront de même en 1281.
1266
Baybars soumet le royaume arménien de CiIicie coupable d’avoir recherché l’alliance mongole.
1268
Prise de Jaffa, d’Antioche et du château de Beaufort. Tous les défenseurs d’Antioche sont massacrés malgré la promesse d’avoir la vie sauve.
1277-1280
Saïd Berké, fils de Baybars, accède au trône mais il est incapable de régner et c’est son beau-pète, Kalaoun, qui lui succède de 1280 à 1290. Il conclut une trêve avec Bohémond de Tripoli et les ordres militaires pour pouvoir se retourner contre les Mongols.
octobre 128
1 Les Mongols et leurs alliés arméniens sont tenus en échec devant Homs et contraints d’évacuer la Syrie.
1284
Construction de la mosquée funéraire de Kalaoun.
août 1287
Après avoir pris Markab en 1285, les Mameluks s’emparent de Lattaquié.
février 1289
Prise de Tripoli dont toute la population est massacrée ou réduite en esclavage.
11 novembre 1290
Mort de Kalaoun. Son fils Al-Achraf Khalil lui succède.
18 avril 1291
Les Mameluks prennent Saint-Jean d’Acre, la dernière place importante tenue par les croisés. Les derniers points d’appui chrétiens de Tortose, Tyr et Beyrouth sont également emportés.
1293-1341
Règne d’Al-Nasir Mohammed ibn Kalaoun, l’un des fils de Khalil. C’est un enfant et la réalité du pouvoir appartient à Kitbuga qui se proclame sultan en 1295. Il est renversé en 1296 par Ladjin, un autre chef mameluk, qui se proclame sultan avant d’être lui-même assassiné en 1299. Nasir est alors rétabli sur le trône mais le pouvoir revient de fait à Rukn al-Din Baybars et à Sayf al-Din Safar.
1302 Traité de commerce entre Venise et l’Égypte
avril 1303 Après la défaite subie en 1299 à Homs et après la perte d’Alep et de Damas, les Mameluks prennent une éclatante revanche lors de la bataille de Mardj-al-Saffar, près de Damas.
1304
Les Mameluks conduisent une nouvelle campagne en Arménie qui les mène jusqu’à Malatya et ruine complètement le royaume du roi Héthoum, contraint de verser à l’issue un très lourd tribut.
1309
L’abdication de Nasir porte au pouvoir Rukh al-Din Baybars, un Circassien élu sultan par ses pairs sous le nom de Baybars II mais Nasir retrouve bientôt son trône en liquidant l’usurpateur et en se débarrassant aussi de Sayf al-Din Safar dont il s’était fait un allié. Nasir reprend ainsi le pouvoir pour la troisième fois, à un moment qui voit l’apogée de la puissance mameluke, débarrassée de la présence des croisés et de la menace mongole.
1315
Le dernier souverain chrétien du royaume nubien de Dongola est emprisonné en Égypte et remplacé par un roi musulman. En 1317, la cathédrale de Dongola est transformée en mosquée. Le dernier royaume chrétien nilotique, celui d’Aloa, disparaîtra en 1504 pour devenir le royaume de Sennar.
1317
L’autorité d’Al-Nasir est reconnue à La Mecque et à Médine.
1319-1320
Vague de persécutions et de massacres contre les coptes dont de nombreux monastères et églises sont détruits.
1340-1346
Six fils de Nasir se succèdent et sont régulièrement renversés. Seul Hasan réussit à régner plus durablement de 1347 à 1351, puis de 1354 à 1361. L’Égypte est alors frappée, de 1348 à 1350, par la grande épidémie de peste qui va bientôt s’abattre sur l’Europe.
1342
Conclusion d’un traité de commerce avec Venise.
1347
Les Mameluks s’emparent de Lajazzo, un port de Petite Arménie fréquenté par les marchands génois et vénitiens et tentent de détourner vers l’Égypte les flux commerciaux apportant en Méditerranée les produits orientaux. Ils s’emparent également en 1359, dans le même but, d’Adana et de Tarse.
1361-1363
Règne de Mohammed, petit-fils de Nasir.
1363-1376
Un autre petit-fils de Nasir, Chaban, détient le pouvoir en Égypte.
1365 La croisade conduite par Pierre de Lusignan, roi de Chypre, se limite à un débarquement à Alexandrie qui est mise à sac et à une expédition de pillage demeurée sans lendemain. Considérés comme favorables aux envahisseurs chrétiens, les coptes sont victimes de nouvelles persécutions.
1376 Après l’assassinat de Chaban, une période d’anarchie de plusieurs années affecte l’Égypte.
1382-1517 Règne des Mameluks Burdjites ou Circassiens (Tcherkesses) qui mettent fin au principe dynastique pour élire leurs sultans au sein de l’aristocratie militaire.
1382-1399
Règne de Barkouk qui doit faire face à une rébellion de la Syrie en 1389. Son successeur, Faradj, qui règne quelques mois en 1399, puis de 1405 à 1412 est un demi-fou sanguinaire et incapable.
1394 Conclusion d’une alliance entre les Mameluks et les Ottomans pour faire face au danger que représente Tamerlan.
1400-1401
Tamerlan ravage la Syrie et l’Irak et repousse les Mameluks mais se retourne ensuite contre les Ottomans du sultan Bayézid pour les écraser à la bataille d’Angora, ce qui sauve l’Égypte de l’invasion.
1412
À la mort de Faradj, les chefs mameluks décident de proclamer sultan l’héritier du califat abbasside de Bagdad réfugié au Caire mais Al-Mustain ne règne que peu de temps car un chef circassien s’empare du pouvoir sous le nom de Muayyad et l’exerce de 1412 à 1420. Ce souverain consacrera surtout son règne à des campagnes en Cilicie et en Asie Mineure pour rétablir la frontière septentrionale de la puissance mameluke sur le Taurus.
1422-1437
Règne de Barsbay. La succession de Muayyad correspondait à une période de chaos mais, en avril 1422, Barsbay est proclamé sultan et, sous son autorité, le sultanat mameluk connaît une brillante renaissance. Sa suzeraineté est reconnue sur La Mecque et Médine, les villes saintes du Hedjaz.
1426
Expédition contre Chypre qui doit accepter de payer tribut à l’Égypte.
1426
Établissement d’un monopole d’État sur le commerce des épices orientales.
1438-1453
Règne de Tchakmak, qui a déposé Yusuf, le fils de Barsbay.
1444 Les Égyptiens échouent dans leur tentative de conquérir Rhodes défendue par les chevaliers de l’Hôpital.
1453-1461
Règne d’Inal qui a écarté Osman, un fils incapable de Tchakmak
1453
La prise de Constantinople par les Turcs ottomans bouleverse le rapport des forces en Méditerranée orientale et met à terme en danger la puissance mameluke.
1461-1467
Règne de Kouchkadam qui a déposé Ahmed, le fils d’Inan écarté pour avoir voulu réformer en profondeur l’État mameluk.
1468-1496
Règne de Kaitbay après une nouvelle crise de succession. Au nord de la Syrie, Mameluks et Ottomans commencent à s’affronter. Âgé de quatre-vingt-six ans, Kaitbay abdique en faveur de son fils Mohammed qui règne de 1496 à 1498.
1481
Kaitbay accueille au Caire Djem fils du sultan ottoman Mehmed II et rival de son frère Bayezid II.
1483-1491
Guerre entre Mameluks et Ottomans.
1492
Une épidémie de peste fait deux cent mille morts, dont un tiers de l’effectif mameluk. Une terrible disette affecte le pays deux ans plus tard.
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