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Une mosaïque ethnique
L'Afghanistan constitue une véritable mosaïque ethnique, où l'on recense une quinzaine de langues et de cultures, la langue pachtoune étant dominante.
Les Pachtouns représentent environ 40% de la population. Ils sont surtout présents dans le sud et l'est du pays (ainsi que dans les zone tribales du Pakistan, de l'autre côté de la frontière, où ils se dénomment Pathans). Ils forment un groupe fortement fragmenté sur des bases claniques mais n'en dominent pas moins politiquement les autres ethnies depuis le XIXe siècle. C'est parmi leurs rangs que sont nés les talibans («étudiants en théologie»).
Les Tadjiks, persophones, forment le deuxième groupe ethnique du pays (30% environ). Traditionnellement, ils étaient considérés comme une ethnie d'agriculteurs, commerçants ou artisans, tandis que les Pachtouns adoptaient l'élevage ou les métiers des armes.
Également persophones, les Hazaras aux yeux bridés (15% de la population) prétendent descendre des guerriers de Gengis Khan, le conquérant mongol. Ils sont marginalisés en raison de leur appartenance au chiisme. Les Ouzbeks, les Turkmènes et les Kirghizes, turcophones, installés à l'ouest et au nord, viennent compléter la mosaïque afghane.
Au VIe siècle avant JC, Zarathoustra recruta ses premiers adeptes dans le Nord de l'Afghanistan. Cette zone fertile fut conquise un peu plus tard par Cyrus II le Grand et devint une satrapie de l'empire achéménide.
Alexandre le Grand s'en empara à son tour en 329-327 avant JC. Des colons grecs et macédoniens s'y implantèrent alors. Vers 245, le satrape Diodotos proclama le royaume indépendant de Bactriane, du nom de Bactres (ou Bakhr), sa capitale, une cité aujourd'hui en ruines.
Au IIe siècle avant JC, une grande partie de la Bactriane fut conquise par Mithridate Ier, roi des Parthes. Après les Séleucides et les Parthes, la région fut disputée tout à tour par des tribus hindoues puis perses, arabes et turques. Elle fut également saccagée par les Huns au Ve siècle après JC.
Au nombre d'une centaine de milliers, les Kafirs (les «impurs»), population indo-européenne, sont censés descendre de soldats de l'armée macédonienne d'Alexandre le Grand restés sur place. Ils ont été islamisés par la contrainte en 1896 et leur province a dès lors pris le nom de Nouristan («pays de la Lumière»).
L'islam s'impose
L'islam s'impose dans le pays à partir du VIIe siècle, alors que la population afghane se compose entre autres de mazdéens, de bouddhistes, de juifs et d'hindous. Kaboul est prise une première fois par les Arabes en 663 mais ils n'installent un gouverneur soumis au calife de Bagdad qu'en 871.
Convertis à l'islam, les Afghans sont entraînés par Mohammed de Ghor à la conquête de l'Inde du nord. Ils fondent le sultanat de Delhi au XIIIe siècle. Au XVIe siècle, Babur chah, lointain descendant de Tamerlan, établit sa capitale à Kaboul et se taille un royaume dans le nord de l'Inde, d'où naîtra la puissante dynastie des sultans moghols.
Le nord-ouest de l'Afghanistan, la Bactriane fut occupée dès l'Âge du bronze. Ce fut une région célèbre durant l'Antiquité grâce à ses ressources minérales et à ses terres fertiles. Ceci explique pourquoi de nombreux conquérants voulurent s'en emparer.
Plusieurs sites archéologiques datant pour les plus anciens du Néolithique attestent de l'ancienneté du peuplement sédentaire et de la domestication en Afghanistan : Aq Köprük (Néolithique) dans la région de Balkh, Mundigak (Chalcolithique, Âge du bronze), Shortugaï (Âge du bronze, Bactriane), certains sites du Complexe archéologique bactro-margien. C'est par l'Afghanistan que passent les populations indo-aryennes qui vont s'installer dans la vallée de l'Indus vers le milieu du IIe millénaire avant J.-C.
Au Ier millénaire, une partie de l'Afghanistan est peut-être intégrée au royaume des Mèdes. Cette région est en tout cas intégrée à l'Empire des Perses achéménides aux vie et ve siècles, entre les règnes de Cyrus II et de Darius Ier.
Des statues, des pièces de monnaies et des inscriptions témoignent du passage d'Alexandre le Grand vers 323 av. J.-C. Bien que son empire n'ait guère duré, certains royaumes grecs comme le royaume gréco-bactrien de Bactriane dans le nord-est lui succédèrent environ deux cents ans et furent à l'origine de la culture dite gréco-bouddhiste.
Jusqu'à l'arrivée des Arabes en 637, le bouddhisme était présent partout en Afghanistan avec le zoroastrisme, comme s'en sont fait l'écho les voyageurs chinois, comme Xuanzang, qui visitaient cette zone lors de leur séjour en Inde. Les deux bouddhas de Bâmiyân détruits par les Talibans en 2001 (et vus par Xuanzang) dataient de cette période, également marquée par l'établissement de la Route de la soie reliant l'Empire romain à la Chine et à l'Inde.
Peu avant l'an 1000 fut fondé par Subuktigîn, beau-fils d'un esclave turc, un empire ayant pour capitale Ghaznî. Son fils Mahmûd fut à l'origine d'une véritable expansion de l'islam et toute la région, de l'Afghanistan à Bénarès et du Panjâb au Goujerat, fut convertie par les armes et pillée au cours de dix-sept campagnes.
Mahmûd de Ghaznî ambitionnait de réunir à sa cour les plus grands esprits de l'époque et patronna le poète Firdawsi, rédacteur du Shâh Nâmâ, l'épopée mythologique persane, et le grand savant encyclopédiste Al-Biruni, mais le "prince des médecins" Avicenne refusa d'entrer à son service et s'enfuit dans l'Iran actuel.
Ensuite vint le bref mais dévastateur passage de Gengis Khan. Une délégation de Gengis Khan envoyée à Ghaznî pour obtenir allégeance fut renvoyée après avoir eu la barbe brûlée. Humilié, Gengis Khan donna l'ordre de détruire tout ce qui vivait, hommes, bêtes et arbres.
Tamerlan engloba l'Afghanistan dans son empire, dont la capitale était Samarcande. Sous ses successeurs, les Timourides, Hérat fut, avec Samarcande, l'un des phares de la période culturelle et artistique brillante, qui couvre le xve siècle, appelée Renaissance timouride.
Hérat fut la capitale de Shah Rukh, plus jeune fils de Tamerlan et père d'Oulough Beg, le prince-astronome de Samarcande, puis de Husayn Bayqara, grand mécène qui fit travailler le poète et mystique persan Djami, le poète et ministre turc Mir Alisher Navoï et le miniaturiste Behzad, père de la miniature indo-persane.
Naissance de la dynastie Durrani
Les siècles suivants furent dominés par les Moghols et les Perses, se combattant les uns les autres pour le contrôle de l'Afghanistan. La fin de cette période fut marquée par un perse, Nadir Shah, au milieu du xviiie siècle, qui envahit Delhi et pilla les trésors des Moghols, en particulier le fameux diamant Koh-I Nor, la montagne de lumière.
Les tribus afghanes, en particulier les Ghilzai et les Abdali, en dépit de guerres perpétuelles, trouvèrent une bonne raison avec un envahisseur perse de s'allier mais elles furent défaites et se soumirent à Nadir Shah. Mais quand finalement ce dernier fut tué, elles étaient libérées de la domination perse, indienne ou ouzbèque. En 1747, elles trouvèrent en Ahmad Khan, un jeune commandant de Nadir Shah, le leader dont elles avaient besoin et qui prit le nom de Ahmad Shah.
Ahmad Shah, un guerrier poète, caractère afghan idéal, passa sa vie à combattre les autres tribus et sous-tribus et étendit son empire du Khorasan perse jusqu'à Lahore. Après sa mort, le pays plongea dans la chaos pour plus de 150 ans, chaos ponctué par les guerres anglo-afghanes.
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