Héritage des civilisations précédentes
Premiers peuplements
Les premières traces humaines en Amérique du sud datent du quatorzième millénaire avant notre ère. Vivant de chasse et de cueillette, ces peuples nomades s'intéressent progressivement à l'agriculture. Les propriétés nutritionnelles du maïs, cultivé dès le troisième millénaire dans la région d'Ayacucho, permettent d'accroître son importance.
Civilisation Chavín
La culture de Chavín est une civilisation précolombienne. Elle doit son nom au village de Chavín de Huántar, au Pérou, où les ruines les plus significatives ont été retrouvées.
Les travaux de Julio Tello ont contribué à établir son rôle de matrice, de culture mère de toutes les civilisations andines. Une société dirigée par une élite de prêtres dont le culte tourne autour de l'image du Jaguar ou du puma. Le lama était aussi considéré comme un dieu. À des fins religieuses, les Chavíns utilisaient un cactus hallucinogène: le "San Pedro". La drogue contenue dans le cactus mettait les prêtres en état de transe, donc plus proche des dieux, et autre avantage, elle leur permettait d'améliorer leur vision (dilatation des pupilles) et de pénétrer au fond du temple, dans le noir absolu, là se trouve un monolithe "El Lanzón" représentant un dieu, qu'eux seuls pouvaient donc voir et consulter pour savoir quelles décisions prendre. Un cours d'eau dévié dans un tunnel, ressortant devant le temple et percé de trous aurait d'après les archéologues, eut un fonctionnement semblable à une flûte géante. En effet, l'inclinaison du sol au-dessus du tunnel fait que chaque trou percé a une taille différente. Lorsque l'eau passant dans le tunnel se fait rare, la résonance du tunnel augmente et les trous émettraient alors des sons aux tonalités variées, indiquant le manque d'eau à venir. Les Chavíns représentaient leurs dieux sur des stèles. Ils sacrifiaient aussi des animaux pour satisfaire leurs dieux.
Elle a émergé vers 1000 av. J.-C. et a vu son apogée vers 800-200 av. J.-C. Elle a disparu vers 200 av. J.-C.. Elle était essentiellement localisée le long du littoral de l'océan Pacifique.
La civilisation de Chavín a introduit le travail du bronze et de l'or en Amérique du Sud. La méthode de travail des métaux était très avancée pour l'époque. Elle pratiquait également d'autres formes d'artisanat, comme la poterie et le tissage. Des stèles qui représentent des félins stylisés en creux, sont attribuées à cette culture. Ils apprirent aussi à apprivoiser le lama.
Tiwanaku et Huari
La civilisation de Tiwanaku (en aymara, ou Tiahuanaco, nom de la ville moderne en espagnol), est une civilisation pré-inca qui a dominé la moitié sud des Andes centrales entre le ve siècle et le xie siècle.
La civilisation de Tiwanaku a pris naissance sur la rive sud du lac Titicaca, à plus de 3 800 mètres d'altitude, aux environs du site archéologique de la Cité du Soleil de Tiahuanaco. Son extension maximale est mal connue, mais les recherches archéologiques témoignent d'une expansion sur de vastes territoires en direction du sud et du sud-est du lac Titicaca. Ces régions correspondent à l'actuel nord du Chili et à l'ouest de la Bolivie.
Quoique déjà peuplée en 800 av. J.-C., Tiwanaku ne se serait pas affirmée avant -500 et ne se serait étendue au-delà des berges méridionales du lac que deux siècles après le déclin de Chavín. Son expansion vers le sud et vers l'ouest en aurait fait, selon Alan Kolata, un « État prédateur ». Plutôt qu'un régime militaire fortement centralisé, il ne se serait agi que d'un archipel de cités fédérées par la reconnaissance de la prééminence religieuse. Impressionnés par la magnificence et redoutant les puissances surnaturelles contrôlées par les prêtres, les roitelets locaux se seraient soumis sans hésiter... Au sein de cette mécanique d'intimidation, la capitale du même nom serait le rouage majeur décisif.
L'histoire de la civilisation de Tiwanaku et de la capitale du même nom, peut être subdivisée en quatre époques :
- formative, un peu avant le xe siècle av. J.-C. au iiie siècle ;
- intermédiaire, du iiie siècle au vie siècle ;
- classique , du vie siècle à la fin du xe siècle (la datation la plus tardive obtenue d'un monument de Tiwanaku au carbone 14 remonte à 950)
- tardive, du xe siècle jusqu'au xvie siècle (mais dans la majorité des études archéologiques on considère la civilisation de Tiwanaku comme disparue dès le xiie siècle, voire à partir du xie siècle).
La civilisation de Tiwanaku présente une grande maîtrise de la taille de la pierre et une architecture préfigurant celle des Incas. La civilisation de Tiwanaku a fortement influencé celle de Huari.
La Cité du Soleil
La porte du Soleil

Statue anthropomorphe rappelant un Moaï de l'île de Pâques

Un des principaux sites archéologiques actuels de la civilisation de Tiwanaku est la Cité du Soleil, lieu de célébration du dieu créateur Kon Tici Viracocha ; elle comporte de nombreux édifices à vocation cérémonielle dont le principal est le temple de Kalasasaya, une vaste enceinte close.
Les deux plus célèbres monuments environnants sont la pyramide à sept degrés d'Akapana et la fameuse Porte du Soleil, considérée par certaines recherches comme un repère astronomique du fait de son alignement avec le soleil, et par d'autres comme un observatoire.
La pyramide peut apparaître comme une mini-réplique du temple de Kalasasaya, chacune de ses terrasses étant ornée de statues monolithiques sur ses bords. Une autre thèse interprète le monticule comme une figuration des montagnes de la Cordillère des Andes. Le sommet de la pyramide est occupé par des cases — dont l'usage reste inconnu — disposées autour d'une cour intérieure.
En contrebas d’Akapana un contraste saisissant apparaît avec le temple semi-souterrain (semisubterraneo). Celui-ci impressionne par son ingénieux système de canalisations traversant la pyramide pour faire jaillir de l'eau en haut de l'Akapana, qui se déversait ensuite d'un étage à l'autre, le spectacle devait se situer entre celui que dégage une rizière et celui d'une fontaine… Cette magnifique cascade artificielle symbolise certainement les sources du Nevado Illimani.
Enfin des monolithes, comme ceux de Benett et de Ponce, que certains archéologues rapprochent des Moaïs de l'île de Pâques, sont orientés à l'intérieur du site.
Le paysage est dominé par Akapana, pyramide en gradins à sept niveaux au plan général évoquant la croix des Andes. Ce dernier emblème, à structure échelonnée, lui aussi serait omniprésent dans l'art des hautes terres, imitant selon certains la croix du Sud et reproduisant pour d'autres les quatre parties de l'univers... Quoiqu'il en soit, ses architectes font preuve d'un sens certain du spectaculaire : murs de pied faits de blocs de grès ponctués tous les trois mètres de piliers à base rectangulaire de trois mètres de haut. Cet aspect si massif frappe Pedro Cieza de León, premier Européen à découvrir Tiwanaku et qui ne peut, avoue-t-il, « ni comprendre, ni deviner quels outils ou instruments avaient permis de les façonner »... Érigée au centre d'une large douve, Akapana s'intègre par sa forme aux montagnes voisines environnantes. Un réseau très perfectionné de canalisations accentuerait la similitude avec le ruissellement de l'eau sur ses flancs à partir de la citerne placée au sommet: eaux de pluie dégringolant sur les versants des Andes ?
Certaines recherches tendent à démontrer que la construction de la plus ancienne cité de cette civilisation remonterait à plus de 10 000 ans av. J.-C.. Ces analyses se basent notamment sur différentes constructions qui apparaissent comme des quais et qui se trouvent à une distance du lac qui ferait remonter leur construction à 15 000 ans av. J.-C., à l’époque où le lac longeait ces constructions. Cette théorie serait « confirmée » par des dessins et gravures d'animaux dont l'espèce aurait disparu à la fin du pléistocène c'est-à-dire vers 12 000 ans av. J.-C..
Description et histoire de la Cité du Soleil et de l'Empire
La civilisation Huari (ou Wari) fait référence à un peuple qui fleurit durant la période pré-incaïque de l’horizon moyen. Elle prend naissance au vie siècle de l'ère chrétienne dans la région d’Ayacucho située dans les Andes du sud du Pérou actuel. La capitale du même nom est localisée près de la cité moderne d'Ayacucho, au Pérou. Cette cité était le centre d'une civilisation qui couvrait bien des hautes terres et de la côte du Pérou moderne. D'abord, leur territoire s'étendit pour inclure le centre de l'ancien oracle de Pachacamac, bien qu'il semble avoir retrouvé largement son autonomie. Plus tard, il s'agrandit pour inclure beaucoup des territoires de l'ancienne culture Moche et de la tardive culture Chimu. Les restes les mieux préservés de la culture huari subsiste près de la ville de Quinua. Aussi réputées sont les ruines huari de Pikillaqta (la « ville puce »), à une courte distance au sud-est de Cuzco en direction du lac Titicaca, qui datent d'avant la venue des Incas.
L’expansion de cet antique royaume se fit d’abord en direction de la côte vers le très important centre religieux de Pachacamac qui semble avoir gardé alors une forte autonomie. Plus tard, les Huari s’étendent vers le nord sur les terres de l’ancienne culture Moche et où se développera par la suite la civilisation Chimú. A son apogée, la civilisation huari s’étend sur toute la côte et les hauts plateaux du centre du Pérou.
Les Huari furent contemporains de la civilisation de Tiahuanaco qui s'est développée sur le haut plateau bolivien, sur les rives du lac Titicaca. Ces deux civilisations n’ont été que récemment différenciées par les archéologues du fait des nombreux points communs existant entre les deux cultures notamment dans le domaine artistique.
Il semblerait que les deux civilisations n’aient été en contact que pendant une cinquantaine d’année durant lesquelles elles s'affrontèrent sporadiquement. Une source possible des conflits est la présence de mines aux limites d’influence des deux cultures. Les Huari paraissent avoir été affaiblis par cette rivalité, et déclinèrent au ixe siècle.
Les Huari furent de grands bâtisseurs : ils implantèrent des centres administratifs dans plusieurs de leurs provinces ; ils développèrent un système de culture en terrasses pour augmenter la productivité de l’agriculture dans les régions montagneuses ; ils structurèrent également leur royaume grâce à de nombreuses routes que les Incas intègreront plus tard à leur système de communication.
On considère souvent que les Incas, qui émergèrent trois siècles après la disparition des Huari, sont les héritiers de cette civilisation.
A Ayacucho existait la culture huarpa qui développa d’importantes contacts économiques avec la civilisation nazca. Ainsi se produisit un notable développement de la production artisanale dans cette cité.
La présence de la culture Tiahuanaco o Tiwanaku à Ayacucho est attestée par la représentation d’une divinité gravée sur la «Porte du Soleil». Cette image, tout comme les anges l’accompagnant, est dessinée sur de grandes urnes d’Ayacucho, que l’on connait sous le nom de style conchopata, car ce style est issu de cette localité. Conchopata n’était pas une grande cité mais s’étendait sur une aire considérable, sans agglutiner la population.
Dans ce contexte se déploya la culture huari depuis la culture huarpa, entre 560 et 600. On observe le développement d’une céramique cérémonielle connue sous le nom de «Robles Moqo» s’étendant sur une aire plus grande, comprenant les régions d’Ayacucho, Ica, Nazca, la vallée du Santa et par delà la montagne jusqu’au Callejón de Huaylas. Cette première expansion consacre la première phase de l’Empire Tiwanaku-Wari.
Conchopata se situe à 25 km au nord-est d’Ayacucho. Cette cité fut la capitale d’un Etat impérial complexe dont l’aire d’influence s’étendait de Cajamarca et Lambayeque (au nord) à Moquegua et Cuzco (au sud). Ainsi, elle couvrait pratiquement 120 hectares, pour la partie la plus dense, où vécurent quelques milliers de familles. La cité était faite de pierres rustiques, avec de très hautes murailles de pierres et de boue, tout comme les terrasses et plateformes. La création de l’empire fut rendu possible par l’union avec Tiahuanaco'.
Dans la cité de Huari, on peut observer des édifications monumentales, tels les édifices publics, les mausolées, les temples et résidences. Les plus célèbres se situent dans les secteurs Uspa Qoto et Capillayoq. Dans le secteur Cheqowasi, se trouvent des pièces de pierre très travaillées. Il s’agit de mausolées souterrains comprenant diverses chambres. Ces pièces durent probablement être utilisées pour la conservation des corps d’importants dignitaires de la cité. Par ailleurs, au pied des murs des édifices, l’approvisionnement de l’eau était assuré par un réseau de canaux. Dans cette cité était produite une céramique polychrome très élaborée, des tissus polychromes, de petites sculptures en turquoise, des bijoux et diverses œuvres d’artisanat.
La culture Tiwaniku se développa sur les hauts plateaux entre 550 et 900. Son influence sur les huari est notable dans le domaine religieux et les rites funéraires. Sur certaines céramiques, apparaît la représentation de divinités aux traits anthropomorphes et zoomorphes, similaires à ceux de Viracocha (dieu des bâtons) de la culture tiahuanaca. Cette divinité se retrouve dans les cultures ultérieures. Elle est représentée sur la Porte du Soleil située dans le complexe de Kalasasaya (en Bolivie).
Parmi les trois grandes époques des huari, la seconde (du VIIe au Xe siècle) est celle de l’apogée. Elle est définie par le style de céramique appelé clairement huari qui comporte des variations régionales: Viñaque, Atarco, Pachacamac, Qosqopo, etc. Il s’agit de l’époque de l’empire huari, lorsque son expansion atteint Lambayeque et Cajamarca (au nord), et Moquegua et Cuzco (au Sud) tandis que Tiwanaku s’étendait de Cuzco au Chili et à l’est de la Bolivie.
Les huari introduisent une nouvelle conception de la vie urbaine, en créant le modèle d’un grand centre urbain ceint de murailles. Les cités huari de plus grande renommée sont Pikillaqta (près de Cuzco) et Wiracochapampa (près de Huamachuco, dans la région de La Libertad). Ces cités se sont développées dans les territoires aux limites de l’empire.
La cité de Huari basa principalement son économie sur l’exploitation impériale, c’est-à-dire sur l’exploitation des colonies conquises. Les tribus des colonies ainsi que les autres ressources découlant de la domination permirent de maintenir la grande cité.
La troisième époque concerne le déclin et la décomposition de la politique et de l’économie des huaris, avec l’abandon de la cité et la perte du contrôle sur les anciennes colonies.
Après le XIe siècle, les peuples soumis à l’empire huari reprennent le chemin de l’indépendance et du développement. Ayacucho décline en abandonnant le modèle de vie urbaine pour revenir à une structure de population rurale villageoise, similaire aux phases primitives des Huarpa.
La cité de Huari était la capitale homonyme. Aux côtés de Tiwanaku, cette cité fut le centre du premier empire des Andes, avant l’avènement des Incas.
Le centre urbain de Huari s’étendait sur un territoire de près de 2000 hectares. Pendant l’apogée de la civilisation, on suppose que la cité était composée de nombreuses ruelles, de temples ceints de murailles, de cours intérieures, de tombeaux royaux et d’édifices d’habitation pouvant atteindre six étages. La plupart des constructions étaient recouvertes de plâtre blanc. Ainsi, la cité brillait au soleil des montagnes.
Initialement, la cité était certainement un centre administratif, se chargeant des fonctions politique et religieuse. Mais, avec la croissance de la population (certains archéologues parlent de près de 70 000 habitants à son apogée), la cité prit également une ampleur en tant que siège du pouvoir impérial. Selon les preuves archéologiques, la population de la cité de Huari se réduisit vers l’année 1000. Cependant, les raisons et le processus de ce déclin ne sont actuellement pas connues.
Pour remédier à la faible productivité de la terre, d’importants ouvrages de canalisation et de drainage s’engagèrent. De plus, la création des terrasses agricoles permit d’augmenter considérablement la surface cultivable. Construites sur les flancs des collines, elles se trouvent principalement près des complexes urbains majeurs et secondaires, afin de satisfaire les besoins de consommation des populations.
L’ensemble des constructions huari demeure enterré pour la majeure partie. En effet, les travaux de fouilles archéologiques réalisés sur ce site sont bien inférieurs aux multiples complexes architecturaux existants.
Les chercheurs ont divisé la zone centrale de la cité (qui s’étend sur 18 kilomètres carrés) en douze secteurs.
Monqachayoc
On trouve des galeries souterraines aux toits formés par de grands blocs de pierre d’une seule pièce. Les murs sont recouverts de pierres plates de forme allongée. De plus, on trouve des tubes en pierre qui ont certainement été utilisés pour transporter de l’eau à la cité.
Ce secteur est formé par de grands murs doubles mesurant entre huit et douze mètres de haut. Sur ses 400 mètres de long, le mur s’affine à mesure qu’il prend de la hauteur. En effet, la base a une épaisseur de trois mètres tandis qu’au sommet il ne mesure plus qu’entre 0,80 et 1,20 mètre.
Ce secteur tient son nom de la présence de restes de turquoises issues de perles de collier ou de petites sculptures. La concentration de ce matériau est telle que l’on pense que les ateliers dédiés à son façonnage se situaient dans ce secteur.
La maison de Blas
Sur l’ensemble de cette aire, on trouve de nombreux restes d’outils lithiques, tels que des pointes de projectiles, des poinçons et des silex taillés. Les matières premières utilisées était l’obsidienne, le silex et l'os du bassin de cuy.
Canterón
On suppose qu’une carrière se trouvait dans ce secteur.
Il s’agit d’un ensemble d’édifices divers situés près d’une place. Trois grandes murailles ont été construites en parallèle. Les structures sont semi-circulaires et on trouve des souterrains.
Robles Moqo
Dans ce secteur, on trouve des pots de céramique et des ouvrages lithiques fragmentés. Un style de céramique, caractéristique de Huari est appelé Robles Moqo, car il fut déterminé par les fragments découverts dans ce secteur par un guide local nommé Robles.
Campanayoq
Il s’agit d’enceintes circulaires et trapézoïdales, complètement détruites. On peut néanmoins en apprécier les fondations.
Trankaqasa
Seize pétroglyphes sont gravés dans la pierre. Des sillons ont été creusés sur des surfaces planes puis ont été légèrement polis. Il s’agit de lignes concentriques, volutes, serpents, cercles et autres figures géométriques.
Ushpa
Des modelages de représentations humaines ont été trouvés dans cette aire. Ainsi, on suppose qu’elle était utilisée comme aire spécifique de services, d’ateliers et de magasins.
Gálvezchayoq
Cette cavité de onze mètres de diamètre et dix mètres de profondeur a été creusée intentionnellement. A l’intérieur, un tunnel soigneusement creusé est orienté vers le nord et un second vers le sud.
Churucana
Des murs similaires à ceux de Capillapata forment des enceintes trapézoïdales et rectangulaires.
En août 2008, quelques tombes et momies huari ont été trouvées à la Huaca Pucllana à Lima, démontrant ainsi que les huaris avaient dominé la culture Lima dans ses années de déclin.
Pumatampu
La Dame au Masque, momie wari trouvée dans la pyramide de Huaca Pucllana, Lima.
Entre le Ier et le VIIIe siècle l'unité créée par la civilisation Chavín disparaît au profit de cultures plus locales (Mochica, Paracas-Nazca, Tiwanaku). Le développement agricole, notamment l'irrigation et l'aménagement de terrasses, continue. A partir du viiie siècle, deux villes des hautes terres rayonnent particulièrement et regroupent sous leur bannière les peuples andins : Tiwanaku vers le Sud jusqu'au Nord du Chili et Huari vers le Nord .
Empire Chimú
La civilisation chimú fut une importante civilisation précolombienne pendant plusieurs siècles, de 1000 à 1470.
Les Chimú étaient les habitants du royaume de Chimor. Leur capitale était Chan Chan, une grande cité construite en adobe située dans la vallée mochica, près de la ville actuelle de Trujillo, au Pérou. L'empereur inca Tupac Inca Yupanqui conquit le territoire des Chimú vers l'an 1470, 50 ans avant l'arrivée des conquistadores dans la région Les chroniqueurs espagnols purent décrire la culture chimú à partir de témoignages de personnes ayant vécu avant la conquête inca. Les recherches archéologiques laissent penser que la culture chimú est issue des restes de la culture mochica ; les plus anciennes poteries chimú présentent des ressemblances avec la poterie mochica. Leurs céramiques étaient entièrement noires et leurs objets de métal comportaient des ciselures fines et complexes.
Les Chimú habitaient la côte nord du Pérou. « Elle consiste en une étroite bande désertique de 20 à 100 miles de large entre le Pacifique et les contreforts ouest des Andes, traversée ici et là par de courtes rivières descendant des montagnes et créant des oasis vertes et fertiles. » Les plaines sont très plates et propices à l'irrigation, qui est probablement pratiquée ici depuis les débuts de l'agriculture. La pêche étaient également très pratiquée et considérée comme presque aussi importante que l'agriculture.
Les Chimú étaient connus pour adorer la Lune, contrairement aux Incas qui adoraient le Soleil. Les Chimú considéraient le Soleil comme destructeur, probablement à cause de l'impitoyable rayonnement solaire régnant dans le désert où ils vivaient. Les offrandes constituaient un élément important de leurs rites religieux. Les coquillages de spondyles étaient fréquemment utilisés comme offrandes. Ils étaient aussi utilisés comme matériau par les artisans. Le spondyle vit dans les eaux chaudes côtières au large de l'Équateur. Il est associé à la mer, la pluie et la fertilité. Les spondyles étaient très appréciés par les Chimú qui en faisaient commerce
Les Chimú sont renommés pour leur céramique monochrome caractéristique, ainsi que pour leur travail raffiné des métaux : cuivre, or, argent, bronze et tumbago (un alliage de cuivre et d'or). Les poteries ont souvent la forme d'une créature. D'autres représentent un personnage assis ou debout sur une bouteille parallélépipédique. La surface noire et brillante de la plupart des poteries chimú ne provient pas de vernis. Elle est obtenue en cuisant la poterie à haute température dans un four artisanal fermé, ce qui empêche l'oxygène de réagir avec l'argile. D'après le roman Queer de William S. Burroughs, on aurait trouvé plusieurs exemples de poteries chimú représentant des relations homosexuelles-
La langue quingnam est une langue précolombienne péruvienne qui a disparu de la région avant le commencement de l'empire Chimú. Le quingnam était parlé par les l'ethnie des Chimú dans les anciens territoires des Mochicas, une région au nord de la vallée de la rivière Chicama Chao. Au point culminant des conquêtes de l'empire Chimú, la langue quingnam était pratiquée dans un vaste espace, depuis la rivière Jequetepeque au nord, jusqu'à Carabayllo (près de Lima) au sud. Le quingnam était la langue de la culture chimú. Il était proche de la langue mohica, le muchik. La langue courante des chimú était le muchik, mais les pêcheurs chimú parlaient un dialecte que les missionnaires espagnols appelaient « la langue des pêcheuses. »
La langue quingnam disparut peu de temps après l'arrivée des conquistadors, principalement pour les raisons suivantes :
le « cœur » de la langue quingnam (l'espace où elle était le plus largement parlée) était la capitale de l'empire chimú, Chan Chan, qui était proche de la nouvelle ville hispanophone Trujillo
l'aire de transmission de la langue quingnam était bien plus limitée que celle de la langue mochica : elle n'était parlée que par les élites chimú dans les territoires de l'empire chimú. Le quingnam était parfois parlé à Tumbes, Piura et Lambayeque, qui étaient des zones où on parlait habituellement mochica. Le quingnam était la langue principale dans la zone côtière depuis Jequetepeque jusqu'à la rivière Huaral, Ancon, voire jusqu'à la rivière Chillon (Carabayllo)
la plupart des personnes qui parlaient quingnam moururent à cause des épidémies apportées par les Espagnols
les personnes qui parlaient quingnam et avaient survécu aux épidémies furent déplacées loin de leur lieu de naissance. Ces indigènes furent achetés par les Espagnols pour aider l'exploitation, car ils étaient plus efficaces pour le travail agricole et artisanal
beaucoup de personnes abandonnèrent la langue quingnam pour un dialecte hispanique. La langue mochica était gutturale, et la langue quingnam l'était plus encore
Ancienne civilisation chimú (civilisation muchique)
La plus ancienne civilisation de la côte nord du Pérou est l'ancienne civilisation chimú, également appelée civilisation muchique. La civilisation muchique commença à une époque indéterminée avant JC et s'acheva vers l'an 500 après JC. Elle s'organisait autour des vallées Chicama, Moche et Viru. « De nombreuses grandes pyramides sont attribuées à l'ancienne civilisation chimú ». Ces pyramides sont construites en adobes rectangulaires moulées. « On trouve aussi des cimetières qui ne sont pas associés à des pyramides. Les morts étaient enterrés allongés dans des tombes aménagées. Les tombes sont rectangulaires et tapissées d'adobes sur les murs et le plafond. Des niches dans les murs contenaient des bols de poterie. » La poterie ancienne se caractérise par des formes figuratives réalistes et des scènes peintes
Expansion et organisation sociale
Expansion
La culture chimú s'est développée dans le territoire où régnait la culture mochica pendant les siècles précédents. Comme la culture mochica, la culture chimú était une culture côtière. Elle s'est développée dans la vallée Moche au sud de Lima, au nord-est de Huarmey, jusqu'au centre de Trujillo, puis vers Arepiqua. Les chimú apparurent vers l'an 900. « La cité de Chimor se trouvait dans un vaste site appelé aujourd'hui Chanchan entre Trujilo et la mer. On suppose qu'à l'origine Taycanamo fonda un royaume à cet endroit. Son fils Guacri-caur conquit la partie basse de la vallée. Son fils Nancen-Pinco posa les véritables bases du royaume en conquérant le haut de la vallée de Chimor et les vallées voisines de Sana, Pacasmayo, Chicama, Viru, Chao et Santa »
On estime que le royaume chimú a été créé dans la première moitié du XIVe siècle. Nancen-Pinco a probablement régné vers l'an 1370. Après lui 7 autres rois se succédèrent. Puis vint Minchancaman, qui régna entre 1462 et 1470, à l'époque de la conquête inca L'expansion territoriale du royaume chimú fut progressive. Elle se déroula en plusieurs phases sur plus d'une génération, principalement pendant la dernière période de la civilisation chimú, appelée Chimú tardif 5. Nancen-Pinco "a sans doute étendu ses frontières jusqu'à Jequetepeque et Santa, mais la conquête de la région dans son ensemble fut un processus accumulatif que ses prédécesseurs avaient commencé"
Le royaume chimú finit par englober un vaste espace et de nombreux groupes ethniques. Au maximum il s'étendit jusqu'aux limites du désert côtier, de la vallée Jequetepeque au nord et de Carabayallo au sud. La limite sud de l'expansion est controversée. L'expansion au sud fut bloquée par la puissance militaire de la grande vallée de Lima-
Organisation sociale
La société chimú était organisée selon une hiérarchie à quatre niveaux. Une élite puissante était à la tête des centres de pouvoir. La hiérarchie était organisée autour des villes fortifiées appelées ciudadelas à Chan Chan . La puissance de Chan Chan est clairement démontrée au vu de la quantité de travail nécessaire à la construction du canal de Chimú et à l'exploitation agricole.
Chan Chan était au sommet de la hiérarchie chimú ; Farfan, dans la vallée Jequetepeque, lui était subordonnée - Le fait que cette organisation démarra dès la conquête de la vallée Jequetepeque donne l'impression que le système hiérarchique fut créé dès le début de l'expansion territoriale. L'élite des centres secondaires du pouvoir, par exemple la vallée Jequetepeque, était intégrée à des niveaux inférieurs de la hiérarchie du gouvernement chimú . Les centres secondaires du pouvoir étaient chargés de gérer les terres, l'eau et la force de travail. Les centres principaux du pouvoir étaient chargés de transférer les ressources vers Chan Chan ou de prendre des décisions administratives
Certains villages ont servi de centres de supervision technique pour la construction des canaux, puis de centres de gestion pour leur entretien. En témoigne le grand nombre de bols cassés découverts sur le site de Quebrada del Oso, car ces bols ont sans doute servi à nourrir les nombreux ouvriers chargés de la construction et de l'entretien d'un tronçon de canal. Les ouvriers étaient probablement logés et nourris au frais de l'État.
Il y avait des classes sociales sous la direction d'un état au royaume de Lambayeque à Sican jusqu'à sa conquête. Les récits mythologiques et guerriers attribués à Naylamp dans la culture sican furent transposés à Tacayanamo dans la culture chimú. Le peuple versa un tribut aux vainqueurs sous forme de marchandises ou de travail. Vers 1470, le royaume chimú fut vaincu par les Incas à Cuzco. Le roi Minchancaman fut déporté à Cuzco. De l'or et de l'argent furent offerts pour orner le temple du soleil.
Économie
Les contrôles d'accès à l'information générèrent à Chan Chan une véritable bureaucratie. Le système économique et social fonctionnait grâce à l'apport de matériaux bruts à Chan Chan, où ils étaient transformés en objets manufacturés par les artisans. C'est à Chan Chan qu'étaient traitées toutes les autres questions concernant l'organisation, la production, le stockage, la distribution et la consommation des biens.
Dans chaque ciudadela, la majorité des citoyens étaient des artisans. À la période du Chimú tardif, on comptait environ 12 000 artisans rien qu'à Chan Chan. Ils pratiquaient l'artisanat, mais aussi la pêche, l'agriculture ou le commerce. Les artisans n'avaient pas le droit de changer de métier. Ils étaient répartis dans la ciudadela selon leur spécialité. L'accroissement soudain de la production artisanale chimú suggère que des artisans d'autres régions furent transférés à Chan Chan suite aux conquêtes chimú Le fait qu'on a retrouvé dans les mêmes habitations des traces de travail du métal et de tissage suggère que les hommes comme les femmes s'adonnaient à l'artisanat. Les chimú pratiquaient la métallurgie. Ils fabriquaient des céramiques. Il tissaient le coton et les laines de lama, d'alpaga, de guanaco et de vigogne. Ils pêchaient avec des canoés de papyrus. Ils pratiquaient la chasse. Ils utilisaient des pièces de monnaie en bronze pour les échanges commerciaux.
Textiles
Le filage est une technique primitive qui consiste à tordre ensemble des fibres textiles pour créer un long fil continu, à l'aide d'un instrument appelé fuseau. Le fuseau est constitué d'un bâton habituellement plus mince aux extrémités. Un disque est inséré dans le bas pour le lester et assurer la tension du fil. Les fibres textiles sont enroulées autour d'une quenouille. On fait tourner le fuseau, ce qui entraîne les fibres de la quenouille vers le fuseau. Au passage, les fibres sont rapidement pincées entre le pouce et l'index et une torsion leur est appliquée pour les assembler en un long fil. Lorsque la longueur de fil désirée est atteinte, les fils sont tissés de diverses façons pour fabriquer des tissus. Les Chimú fabriquaient des gazes, des brocarts, des tissus brodés, doublés, peints, etc. Ils les ornaient parfois de plumes et de plaques d'or et d'argent. Les couleurs provenaient de plantes contenant du tanin, du faux-poivrier et des noix ; de minéraux comme l'argile ferrugineuse ou les sels d'aluminium (en tant que fixatifs) ; d'animaux comme la cochenille. Les vêtements étaient fait de la laine de quatre animaux : le guanaco, le lama, l'alpaga et la vigogne, ainsi que du coton, qui pousse naturellement en sept couleurs. Les Chimú portaient des pagnes, des chemises sans manches parfois frangées, des ponchos courts, ainsi que des tuniques. La majorité des textiles chimú étaient en laine d'alpaga sur trame de coton-
Céramique
Les céramiques chimú servaient de récipients pour l'usage domestique au quotidien, mais aussi pour les offrandes rituelles lors des funérailles. La poterie à usage domestique était fabriquée sommairement sans finition élaborée, alors que les céramiques funéraires témoignent d'une recherche esthétique plus poussée. Les vases chimú se caractérisent souvent par une petite sculpture à la jonction du col et de l'anse. Les céramiques rituelles étaient moulées alors que les poteries domestiques étaient modelées à la main. Les céramiques chimú sont généralement d'un noir métallique avec des nuances. Le brillant caractéristique était obtenu en exposant la céramique à la fumée après l'avoir polie. Des céramiques plus claires étaient également fabriquées, mais en plus faibles quantités. De nombreux animaux, fruits, personnages et déités sont peints sur les céramiques chimú.
Métallurgie
Le travail des métaux se développa rapidement à la fin de la période chimú. Certains artisans travaillaient dans des fabriques divisées en ateliers spécialisés chacun dans une technique de travail du métal : placage, dorure, estampage, moulage à cire perdue, perle, filigrane, gaufrage avec des moules en bois, etc. Ces techniques permirent la fabrication d'objets très variés : tasses, couteaux, récipients, figurines animales pleines ou creuses, bracelets, épingles, couronnes, etc. Lors de la fabrication de leurs alliages, les chimú utilisaient un mélange d'acides présents à l'état naturel dans leur environnement. Les minerais devaient être extraits de mines à ciel ouvert, de mines souterraines ou de rivières. Les principaux métaux utilisés étaient le cuivre, l'argent, l'or et l'étain.
Un groupe de fabriques à Cerro de los Cemetarios pratiquait la fusion des métaux sur une grande échelle. La fabrication part d'un minerai extrait de mines ou de rivières, qui est chauffé à très haute température puis refroidi. Le résultat est un bloc constitué d'éléments métalliques (de petites boules de cuivre, par exemple) à l'intérieur d'une masse de scories (matériaux inutiles). Les éléments métalliques étaient extraits du bloc par martelage, puis fondus ensemble pour former des lingots de métal. Les lingots servaient ensuite à fabriquer divers objets.
Le cuivre peut être trouvé dans la nature sur la côte, cependant les chimú utilisaient surtout du cuivre provenant de terres en altitude, à environ 3 jours de voyage. C'est probablement parce que la plus grande partie du cuivre était importée que les objets utilitaires réalisés en cuivre sont de très petite taille : fils, aiguilles, pointes de pioches, pinces ou bijoux.
Le tumi (tranchoir sacrificiel) est une spécialité de l'artisanat chimú. Ils fabriquaient aussi de superbes costumes rituels composés d'éléments en or avec des coiffes de plumes ou d'or, des boucles d'oreilles, des colliers, des bracelets et des pectoraux.
Alimentation et agriculture
Les chimú développèrent une agriculture intensive, principalement grâce à des travaux associés à des techniques hydrauliques, qui permettaient d'unifier plusieurs vallées en créant de vastes complexes agricoles.
Exemples :
- le complexe Chicama-Moche réunissant 2 vallées à La Libertad,
- le complexe Lambayaque, réunissant les vallées de La Leche, Lambayeque, Reque, Sana et Jequetepeque,
- le complexe Fortaleza, réunissant les vallées de Pativilca, Paramonga et Supe.
D'excellentes techniques agricoles accrurent la fertilité des aires cultivées :
- Huachaques : terres basses, où le sable superficiel a été retiré pour pouvoir cultiver le sol humide sous-jacent, exemple : Tschudi
- Puquios : réseaux d'aqueducs souterrains, exemples : Kiriwac, Larrea, Alto y Bajo, Costa Rica
- Embalses : endiguement des rivières et récupération des eaux
Les chimú construisaient des puits à degrés comme ceux de Nazca pour extraire l'eau souterraine, ainsi que des réservoirs alimentés par l'eau des rivières. L'eau ainsi obtenue alimentait un système d'irrigation, grâce auquel les chimú cultivaient des haricots, des patates douces, des papayes et du coton. Le système d'irrigation accroissait la production agricole et donc la richesse des chimú, qui à son tour contribuait à la formation d'un système bureaucratique.
L'importance du système d'irrigation à grande échelle persista jusqu'au début de la période du Chimú tardif. Il se produisit alors une évolution vers un système axé sur la spécialisation des aires de production, reposant sur l'importation et la redistribution des biens produits par des communautés locales Apparemment, un réseau complexe de sites locaux fournissait des biens et services aux chimú. Beaucoup d'entre eux produisaient des denrées que les chimú ne pouvaient pas produire eux-mêmes. Les premiers sites exploitaient les ressources marines. Après l'essor de l'agriculture de nouveaux sites se créèrent vers l'intérieur des terres, où les ressources marines n'étaient pas accessibles. L'élevage des lamas offrait une source de viande. Au début de la période du chimú tardif, les sites de l'intérieur des terres utilisaient les lamas comme source principale de viande, mais ils conservaient cependant des contacts avec les sites côtiers pour se procurer des ressources d'origine marine.
Religion
Divinités
La Lune (Shi) était la principale divinité à Pacasmayo. Ses adorateurs la considéraient comme plus puissante que le Soleil parce qu'elle apparaît la nuit et le jour, à cause de son influence sur les marées et la croissance des végétaux, et parce que ses lunaisons servaient à marquer le temps qui passe. Ils lui sacrifiaient certains de leurs propres enfants, en croyant qu'ils seraient déifiés après leur mort. Les enfants étaient sacrifiés vers l'âge de 5 ans, sur des piles de tissus de coton colorés, avec des offrandes de fruits et de chicha. Des « animaux et des oiseaux étaient également sacrifiés à la Lune»
Le Soleil (Jiang) était associé à des pierres sacrées appelées alaec-pong ou pierres caciques. On croyait que ces pierres étaient les ancêtres des habitants de la région et qu'ils descendaient du Soleil
« La mer (Ni) était une importante divinité. On lui offrait notamment de la farine de maïs blanche et de l'ocre rouge, en lui adressant des prières pour demander du poisson en abondance et une protection contre les noyades »
Plusieurs constellations jouaient aussi un rôle important. Dans la ceinture d'Orion, deux étoiles étaient considérées comme des émissaires de la Lune. La constellation des pléiades, appelée Fur, dont l'apparition coïncide chaque année avec le début des moissons, était utilisée pour calculer les années et on croyait qu'elle veillait sur les récoltes.
Mars (Nor) et la Terre (Ghis) étaient aussi adorés.
Chaque région avait aussi ses propres divinités locales et des sanctuaires, qui variaient en importance. Ces sanctuaires, appelés huacas, sont également répandus dans d'autres régions du Pérou. On y trouvait un objet sacré appelé macyaec associé à des légendes et des cultes
Sacrifices humains
Dans le sanctuaire de la Lune, les tombes de 6 ou 7 adolescents de 13-14 ans et de 9 enfants ont été mises au jour. Si ces tombes sont des preuves de sacrifices humains, alors il est possible d'affirmer que les chimú sacrifiaient des enfants à leurs dieux.
Architecture
L'architecture chimú est basée sur la séparation des élites et du peuple. À Chan Chan, 10 larges zones encloses appelés ciudadelas étaient probablement des palais destinés aux rois de Chimor. Elles sont ceintes de murs d'adobes de 9 mètres de hautqui leur donnent l'aspect de forteresses. Les murs sont parfois décorés de frises en relief ou peints. Les décorations représentent des figures zoomorphes, des oiseaux, des poissons ou des figures géométriques.
La plus grande partie de la population chimú, environ 26 000 personnes, vivait dans des barrios à l'extérieur des ciudadelas-Les barrios se composaient de nombreux logements. Chaque famille disposait d'un logement composé d'espaces destinés à la cuisine, au travail artisanal, aux animaux domestiques et au stockage.
Dans les ciudadelas, on trouve souvent des espaces en forme de U, composés de 3 murs, d'un sol surélevé et d'une cour intérieure. À l'intérieur d'un même palais, on peut trouver plusieurs espaces en U, souvent jusqu'à 157. Au début de l'époque chimú, les espaces en U étaient placés à des endroits stratégiques qui permettaient le contrôle des flux de marchandises en provenance des réserves. Ils ne servaient pas d'espaces de stockage, mais ils auraient servi à conserver les traces des distributions de marchandises. Au fil du temps, le nombre des espaces en U augmenta. Leur répartition évolua : au lieu d'être dispersés, ils se regroupèrent. Leur emplacement évolua aussi : ils s'éloignèrent des circuits de circulation des marchandises.
Dans les sites ruraux aussi, l'architecture suggère une organisation hiérarchique de la société. Les sites ruraux possèdent des zones similaires aux ciudadelas, remplissant des fonctions administratives adaptées au contexte rural. Leurs murs sont généralement moins élevés. Elles comportent de nombreux espaces appelés audiencias placés à des emplacements stratégiques et servant à contrôler les accès à certaines zones-
La cité de Chan Chan ne présente pas de plan d'ensemble ni de schéma d'urbanisme. Le tissu urbain se compose de six types d'architecture
- habitations et ateliers destinés aux classes moyennes, répartis dans la cité
- constructions intermédiaires destinées aux aristocrates qui ne sont pas de sang royal
- 10 ciudadelas, sans doute les palais des rois chimú
- 4 huacas (temples)
- espaces en U appelés audiencias
- logements exigus et contigus, destinés au peuple
Les États de Tiahuanaco et Huari s'effondrent brusquement au xiie siècle. À nouveau, le régionalisme prévaut dans un premier temps, puis de nouvelles tentatives d'intégration impérialistes ont lieu Ainsi, vers le milieu du xiiie siècle, le peuple Chimú initie la création d'un nouvel empire, sur la côte nord du Pérou actuel, fondé sur l'aménagement hydraulique L'Empire Chimú s'étend le long de la côte jusqu'à l'actuelle frontière équatorienne, et il entre inévitablement en rivalité avec l'empire inca, l'autre grand empire andin du xve siècle, ce qui lui sera fatal
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