La technique et les inventions

  

        

     

 

              

   Dans un livre au titre étonnant : La révolution industrielle du Moyen Âge, Jean Gimpel, un passionné de l'histoire des techniques, affirme que, « du XIe au XIIIe siècle, l'Europe occidentale connut une période d'intense activité technologique et c'est l'une d es époques de l'histoire des hommes les plus fécondes en inventions ». Les ignorants ne sont pas seuls à ignorer cette particularité du Moyen Âge. L’expression révolution industrielle évoque pour nous l'Angleterre du XVIIIe siècle : les ma  chines qui remplacent les travailleurs, les travailleurs qui brisent les machines voleuses d'emplois, les femmes et les enfants exploités honteusement dans les usines, la semaine de soixante-dix heures et d'autres horreurs.

 

Mais pourquoi donc connaissons-nous si peu ou si mal le Moyen Âge de la technique et des inventions ? La raison de cette ignorance vivait encore chez nous au début du siècle. Quand l'Université Laval fut fondée, en 1852, elle ne comptait encore que les quatre facultés des universités médiévales : théologie, médecine, droit et arts. La faculté des sciences a mis bien du temps à s'imposer, et les étudiants en sciences étaient regardés de haut par les autres. Pensez donc : on entrait à cette pseudo-faculté sans la robe nuptiale du baccalauréat ès arts ! Il y avait là des gens sans aucun vernis de latin ni de grec. Les intellectuels ont toujours méprisé le travail manuel et le travail technique des ingénieurs, et ils ne se sont pas intéressés aux gens qui s'y adonnaient.

 

La première révolution industrielle date du Moyen Âge. Les XIe, XIIe et XIIIe siècles ont créé une technologie sur laquelle la révolution industrielle du XVIIIe siècle s'est appuyée pour prendre son essor. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les découvertes de la Renaissance n'ont joué qu'un rôle limité. En Europe, dans tous les domaines, le Moyen Âge a développé, plus qu'aucune autre civilisation, l'usage des machines. C'est un des facteurs déterminants de la prépondérance de l'Occident sur le reste du monde.

 

La principale machine du Moyen Âge, c'est le moulin : moulin à eau, moulin à vent, moulin actionné par la marée. L'énergie hydraulique revêt l'importance du pétrole ou de l'électricité au XXe siècle. Les monastères, ces PME du Moyen Âge, rendent à l'énergie hydraulique un vibrant hommage :

 Un bras de rivière, traversant les nombreux ateliers de l'abbaye, se fait partout bénir par les services qu'il rend. [...] La rivière s'élance d'abord avec impétuosité dans le moulin, où elle est très affairée et se remue, tant pour broyer le froment sous le poids des meules, que pour agiter le crible fin qui sépare la farine du son. La voici déjà dans le bâtiment voisin ; elle remplit la chaudière et s'adonne au feu qui la cuit pour préparer la bière des moines si les vendanges ont été mauvaises. La rivière ne se tient pas pour quitte. Les foulons établis près du moulin l'appellent à leur tour. Elle était occupée à préparer la nourriture des moines, maintenant elle songe à leur habillement. Elle ne refuse rien de ce qu'on lui demande. Elle élève ou abaisse alternativement ces lourds pilons, ces maillets ou, pour mieux dire, ces pieds de bois et épargne ainsi aux [moines] de grandes fatigues [...]. Que de chevaux s'épuiseraient, que d'hommes se fatigueraient les bras dans ces travaux que fait pour nous la gracieuse rivière à laquelle nous devons nos vêtements et notre nourriture ! Quand elle a fait tourner d'un mouvement accéléré tant de roues rapides, elle sort en écumant ; on dirait qu’elle est broyée. Au sortir de là, elle entre dans la tannerie, où elle prépare le cuir nécessaire à la chaussure des [moines] ; elle y montre autant d'activité que de soin, puis, elle se divise en une foule de petits bras pour visiter les différents services, cherchant diligemment partout ceux qui ont besoin de son aide, qu’il s'agisse de cuire, tamiser, broyer, arroser, laver ou moudre, ne refusant jamais son concours. Enfin, pour compléter son œuvre, elle emporte les immondices et laisse tout propre #.

 

La société médiévale remplaça le travail manuel par le travail des machines .

 Les administrateurs que Guillaume le Conquérant dépêcha, en 1086, pour recenser les biens du royaume d'Angleterre nous fournissent quelques chiffres sur le nombre impressionnant de ces précieux auxiliaires de l'homme. Pour une partie de l'Angleterre dont la population s'élève à 1 400 000 habitants, les recenseurs de Guillaume ont inventorié 5 624 moulins. Une certaine rivière comptait 30 moulins sur 16 kilomètres, soit un moulin à tous les 500 mètres. À Paris, au début du XIVe siècle, il y avait environ 70 moulins flottants amarrés sur la rive droite de la Seine. Ce phénomène s'explique par la rentabilité, comme s'explique de nos jours toute prolifération analogue.

 Beaucoup de ces moulins étaient possédés en copropriété. En France, au XIIe siècle, les citoyens de Toulouse formèrent une société par actions, la Société du Bazacle. La valeur des actions fluctuait avec le rendement des moulins. Ces actions s'achetaient et se vendaient librement sur le marché. Selon Jean Gimpel, « la Société du Bazacle est sans doute la plus ancienne entreprise capitaliste du monde ». Elle ne fut nationalisée qu'au XXe siècle.

 Un moulin médiéval représente un investissement important et, pour cette raison, il est protégé par la loi. Le propriétaire a le droit d'interdire la construction d'un moulin susceptible de nuire au sien, ou bien il peut demander une compensation financière. Cette coutume était encore en usage au XIXe siècle.

 Là où les cours d'eau à flot rapide sont peu nombreux ou gèlent en hiver, l'énergie hydraulique présente de sérieux inconvénients. Les ingénieurs médiévaux se tournent alors vers l'énergie éolienne. Mais les courants d'air sont plus capricieux que les courants d'eau : ils soufflent un jour dans un sens, dans l'autre le lendemain. Beau problème à résoudre. Les ingénieurs médiévaux imaginèrent d'installer le mécanisme du moulin sur un pivot central qui s'accommoderait des caprices du vent. Au XIIe siècle, les moulins à vent se multiplient, et ils sont si lucratifs que le pape Célestin III (1191-1198), qui avait un grand besoin d'argent, ne résista pas à la tentation de les taxer. Les moulins lui apparaissaient comme des « bergeries remplies de laine et de lait », selon le mot de Nicolas de Clamanges.

 Les ingénieurs médiévaux s'intéressèrent aussi à l'énergie des marées et surent la capter. Les moulins à marée sont utiles dans les régions où le courant des rivières n'est pas assez fort pour faire tourner les roues des moulins. On érige donc des barrages pour former des étangs artificiels. Un système d'écluses, ouvrant dans les deux sens, permet à la marée montante de remplir les étangs ; à la marée descendante, la pression de l'eau ferme automatiquement les écluses. Le meunier ouvre les vannes quand le niveau de la mer est suffisamment bas pour former une chute capable de faire tourner la roue de son moulin. Tributaires des marées, ces moulins ne jouèrent pas un bien grand rôle dans l'économie médiévale, même si leur nombre alla grandissant jusqu'au XIXe siècle.

 Le génie médiéval se manifesta de manière éclatante dans l'exploitation des carrières. L’extraction de la pierre était une industrie d'une importance telle qu'elle supporte la comparaison avec l'exploitation du charbon au XIXe siècle ou du pétrole au XXe. Le sous-sol de la France était d'une richesse inégalée en bonnes pierres de taille. Les carrières à ciel ouvert se comptaient par dizaines de milliers ; les carrières souterraines ressemblaient à de véritables labyrinthes. Paris se mérita la réputation de « ville suspendue » avec ses 600 hectares de galeries souterraines, serpentant sur 300 kilomètres — 100 de plus que le métro de Paris.

 

Les carriers creusent de longues galeries parallèles coupées de galeries transversales. L’ensemble forme une sorte de damier. Certaines galeries superposées comptent jusqu'à trois étages. Pour prévenir les effondrements, qui pourraient les écraser, les carriers laissent des piliers ou bien ils en construisent. Malgré ces précautions, leur métier était très dangereux. De plus, ils souffraient très souvent de silicose, et l'humidité n'était pas moins néfaste pour les articulations que de nos jours. Enfin, comme un malheur ne vient jamais seul, ces travailleurs étaient plutôt mal rémunérés.

 

Le coût d'un chargement de pierres étant égal au coût de son transport par voie terrestre sur une distance de 18 kilomètres environ, les constructeurs trouvent là matière à exercer leur génie inventif. Avant d'ouvrir un nouveau chantier, ils prospectent les environs afin de savoir où se trouve la carrière la plus proche ; pour diminuer le poids de la pierre à transporter, ils la taillent dans la carrière même. Ils inventent des machines pour charger et décharger les pierres. Comme le transport par voie d'eau a toujours été le plus avantageux, ils n'hésitent pas à creuser des canaux pour faire circuler les péniches chargées de pierres.

 

Après la pierre, le fer. « On a pu dire que l'Âge du fer commença réellement avec le Moyen Âge #. » Un moine franciscain, Barthélemy l'Anglais, fait l'éloge de ce métal : « À de nombreux points de vue, le fer est plus utile à l'homme que l'or, bien que les plus cupides convoitent l'or plus que le fer. Sans le fer, le peuple ne pourrait pas se défendre contre ses ennemis ni faire prévaloir le droit commun ; les innocents assurent leur défense grâce au fer, et l'impudence des méchants est châtiée par le fer. De plus, tout métier manuel demande l'emploi du fer, sans lequel nul ne pourrait cultiver la terre, ni construire une maison #. »

 

L’une des raisons de l'importance du fer tient à la nécessité de ferrer les chevaux de trait et ceux des chevaliers. On fabrique les fers à cheval en quantité industrielle. En préparant la troisième croisade, Richard Cœur de Lion commande 50 000 fers. L’importance croissante des armures de combat contribua également beaucoup au développement de la sidérurgie — d'un mot grec qui signifie forgeron. Il fallut fabriquer des cottes de mailles, protection indispensable quand apparut la puissante arbalète à ressort de métal. En agriculture, le fer servait à renforcer les outils, mais, comme ce métal coûtait cher, on ne renforçait que le côté tranchant des bêches, des pelles et des socs de charrue. Dans la construction, le fer était utilisé pour la fabrication de nombreux outils et d'une étonnante variété de clous aux noms bizarres : braggenayl, knopnayle, spyking, lednail, stotnayl, etc.

 

Sans les progrès techniques réalisés à cette époque, la révolution industrielle du XVIIIe siècle aurait été impossible. Les ingénieurs médiévaux, les premiers, adaptent l'énergie hydraulique à la métallurgie : une vraie révolution. On construit, pour marteler le fer, des moulins hydrauliques qui libèrent les forgerons du travail de l'enclume. La frappe est beaucoup plus régulière, et le poids des marteaux atteint jusqu'à 1 600 kg. On fabrique des marteaux de 300 kg, qui assènent de 60 à 120 coups à la minute ; d'autres plus légers — de 70 à 80 kg —, qui frappent jusqu’à deux cents coups à la minute.

 

Grâce à des soufflets actionnés par la force de l'eau, on parvient à élever à 1 540°C la température à l'intérieur des fours. C'est la température de fusion du fer. Désormais, on connaît la fonte. Jusque-là, on n’utilisait que le fer spongieux, forgé au marteau pendant qu'il est encore rouge. Maintenant, on fond le fer et le coule au lieu de le marteler. La fabrication de la fonte marque une étape capitale, en Europe, à la fin du Moyen Âge. Un document de 1323 mentionne un fourneau équipé de souffleries hydrauliques, mais on admet généralement que le premier véritable haut fourneau date de 1380.

 

Nouvel objet d'étonnement, les techniques agricoles. Les bêtes de trait vont prendre une valeur inestimable, et l'on va assister à une véritable promotion du cheval comme force motrice pour les labours et le transport. Dans l'Antiquité, la force motrice des chevaux était si faible que ces bonnes bêtes ne collaboraient pas aux travaux des champs. Les Anciens attelaient les chevaux comme s'ils étaient des bœufs, des courroies remplaçant le joug. Dès que les pauvres bêtes se mettaient en marche, les courroies les étouffaient et les forçaient à rejeter la tête en arrière, comme le montrent bien certaines sculptures. On comprend alors que l'empereur romain Théodose ait émis, en 438, un décret interdisant des chargements de plus de 500 kg.

 

Les gens du Moyen Âge imaginèrent un collier rigide, appuyé sur les épaules, qui ne gênait en rien la respiration. Les fers cloués, en protégeant les sabots dans les terrains rocailleux, accrurent encore davantage le rendement du cheval. Et c'est ainsi que le cheval transporta des charges jusqu'à dix fois supérieures à la limite imposée par l'empereur Théodose et qu'il fut utilisé pour les labours, de préférence au bœuf, aussi fort, mais moins rapide et moins endurant. Le cheval coûtait plus cher, cependant.

 

Mais l'invention qui exerça le plus d'influence sur l'agriculture médiévale, ce fut la mise au point de la charrue munie d'une roue, comme nous la connaissons aujourd'hui. Ce formidable instrument comprend un coutre, un soc et un déversoir recourbé, qui rejette la terre de côté. On en fabrique à deux roues pour qu'elles se déplacent plus facilement d'un champ à l'autre. Le laboureur qui guide une telle charrue contrôle aisément la profondeur et la régularité des sillons. Cette charrue puissante permit le défrichement et la mise en valeur de vastes territoires jusque-là inexploités.

 

L'usage généralisé de cette charrue eut d'importantes répercussions. Tout d'abord, il fallut employer plusieurs bêtes de trait : on fit des attelages de 6 à 8 bœufs, ou de 2 à 4 chevaux ; parfois, on associait les chevaux et les bœufs dans un même attelage. Pour manœuvrer en bout de champ un attelage aussi lourd, il fallut modifier la topographie traditionnelle et former des champs de plus grande dimension. Enfin, le coût d'un tel équipement ne permettait pas à chaque fermier de se le procurer. Les fermiers se groupèrent donc, comme il serait souhaitable qu'ils le fassent davantage de nos jours encore pour certaines machines. Ces inventions régnèrent jusqu'à l'arrivée du tracteur, pendant la deuxième moitié du XXe siècle.

 

Si l'on demandait quelle est la machine qui caractérise le mieux l'esprit inventif des gens du Moyen Âge, un interlocuteur averti répondrait sans hésiter : l'horloge. Les humains cherchaient depuis des millénaires des moyens de mesurer l'écoulement du temps. Ils avaient utilisé d'abord l'ombrage de simples tiges enfoncées dans le sol, ensuite les cadrans solaires, puis l'horloge à eau ou clepsydre et enfin le sablier. C'est pendant la seconde moitié du XIIIe siècle que des recherches sont menées pour trouver une solution mécanique au problème que posent les horloges à eau dans les pays froids. Giovanni di Dondi, un Italien, aurait fabriqué la première horloge mécanique à la fin du XIIIe siècle ou au début du XIVe. Le mouvement de ces premières horloges était assuré par la chute d'un poids attaché à une corde enroulée autour d'un cylindre. À partir de la seconde moitié du XIVe siècle, les horloges et les pendules mécaniques se multiplient. Nous pouvons encore admirer deux pendules parfaitement conservées : celle de Wells, qui date de 1392, et celle de la cathédrale de Salisbury, qui sonne les heures depuis 1386 — treize cent quatre-vingt-six !

 

Certains lecteurs du roman d'Umberto Eco, Le nom de la rose, ont sursauté en voyant, sur la couverture de l'édition en Livre de Poche, un moine avec une paire de lunettes sur le nez. À tort : les lunettes sont une autre invention du Moyen Âge. On n’en connaît pas avec certitude l'auteur, et aucun écrit n'en fait mention avant la fin du XIIIe siècle. Le premier portrait d'un homme portant des lunettes date de 1352. Les gens du Moyen Âge n'inventèrent cependant que les lentilles convexes, qui ne corrigent pas la myopie. Les lentilles concaves, qui corrigent ce défaut de l'œil, furent inventées quelques années après la fin du Moyen Âge. Le pape Léon X (1513-1521) aurait été l'un des premiers à porter ce genre de lunettes.

 

C'est au génie inventif du Moyen Âge que nous devons encore la brouette. Ce mot vient du latin birota, qui signifie deux roues. À l'origine, la brouette était un véhicule à deux roues. Une chaise à porteur, montée sur deux roues, était une brouette. Le nom a été donné au petit véhicule médiéval à une seule roue qui sert à transporter des fardeaux à bras d'homme et dont se servent autant les jardiniers et les terrassiers que les constructeurs.

 

Le rouet est une invention du début du XIIIe siècle. Il rencontra de l'opposition comme en rencontrèrent les métiers à tisser et bien d'autres machines pendant la révolution industrielle du XVIIIe siècle. On trouvait que le fil obtenu au moyen du rouet manquait de finesse. À certains endroits, on en interdit l'usage, ou bien on ne l'autorisa que pour les fils de trame. Le rouet à pédale apparut au début du XIVe siècle. Le bouton, qui produisit une petite révolution dans le domaine du vêtement, est une autre invention du Moyen Âge — début du XIIIe siècle.

 

Le génie inventif du Moyen Âge s'exerça aussi dans le domaine militaire. Je ne signalerai que deux inventions. Tout d'abord, l'arbalète à ressort de métal, que j'ai déjà évoquée. Cette arme était tellement meurtrière qu'un concile, tenu au Latran en 1139, en interdit l'usage, mais sans succès. L’autre invention militaire : le canon. Un texte rapporte que le roi de Grenade utilisa, en 1325, des « machines de guerre qui lançaient des globes de feu en répandant du tonnerre et des éclairs ». Des canons, sans aucun doute. Le premier dessin de cette pièce d'artillerie se trouve dans un livre rédigé à l'intention du roi d'Angleterre, Édouard III, en 1326. D'autres faits permettent de conclure que le canon date de la première moitié du XIVe siècle.

 

L’imprimerie est la dernière grande invention que nous devons au Moyen Âge, et non la moindre. On considère, en effet, que l'imprimerie moderne est née de l'invention des caractères mobiles en métal par Jean Gutenberg (né vers 1400 — mort en 1468). Le Moyen Âge donnait ainsi au monde un véhicule extraordinaire pour la propagation des idées.

 

On n'en finirait pas d'énumérer toutes les inventions qui datent du Moyen Âge, mais, puisqu'il faut terminer, faisons-le sur une note pétillante. La champagnisation du vin blanc a été réalisée à l'abbaye de Clairvaux, au XIVe siècle. Et l'on se demande comment le fondateur de cette abbaye, l'austère saint Bernard, qui n'avait jamais avalé une goutte de vin sur la terre, a pu permettre que le champagne, associé à toutes les fêtes mondaines, soit découvert par ses fils spirituels...

 

Cela suffit, je pense, pour pulvériser la boutade qui présente les gens du Moyen Âge préoccupés par des questions futiles comme le sexe des anges et la propriété antidébordante de la carpe.


Source

Martin BLAIS Philosophe, Université Laval (1990)     Sacré Moyen Âge !

collection : "Les classiques des sciences sociales" dirigée et fondée par Jean-Marie Tremblay, professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi 

collection développée en collaboration avec la Bibliothèque Paul-Émile-Boulet de l'Université du Québec à Chicoutimi

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