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Le développement de technologies équestres se fait au même rythme que celui de l’élevage de chevaux. Les modifications apportées à la cavalerie lourde en temps de guerre pendant le bas Moyen Âge sont fondamentales et comprennent l’arrivée de l’étrier et de la selle semi-rigide à partir d’autres cultures. De manière générale, le perfectionnement du harnachement dépend de l'évolution des techniques de combat et du rôle tenu par le cavalier dans la guerre-
Fer à cheval
L'utilisation du fer à cheval doit attendre le Moyen Âge pour se généraliser en Occident. Son développement permet des voyages plus longs, en particulier dans les terres humides du Nord de l’Europe. Il est utile pour les campagnes militaires en terrains variés- En assurant la protection et le soutien des pieds des chevaux, les fers cloutés améliorent aussi l’efficacité du cheval de trait94. Bien que les Romains aient mit au point une forme de protection en fer (l'hipposandale) qui ressemble à une botte pour le sabot, ils ne semblent pas être les inventeurs de la ferrure métallique. Le débat sur les origines du fer à cheval clouté n'est pas clos mais il ne n'est vraisemblablement pas d’invention européenne. Il existe peu de preuves de son utilisation avant 500 ou 600. Les peuples gaulois auraient été les premiers à ferrer du métal sur les pieds des chevaux, toutefois, le plus ancien document écrit faisant clairement référence au fer à cheval date de 910, et l'historien L. White pense que ses premières utilisations remontent à la fin du IXe siècle-
D’autres preuves archéologiques suggèrent que les fers aient été utilisés en Sibérie lors des IXe et Xe siècles, et se seraient propagés à Byzance peu après, pour voir leur utilisation étendue à toute l’Europe au XIe. Au moment des croisades de 1096, les fers à cheval sont très répandus et fréquemment mentionnés dans diverses sources écrites
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Selle
Selle ornée (autrichienne ou hongroise) issue de l'armurerie royale de la tour de Londres, probablement offerte au roi Henry V d'Angleterre lors de son admission dans l'Ordre du Dragon en 1416.
Le selle à arçon rigide fournit une surface d'appui pour protéger le dos du cheval du poids du cavalier, et répartir celui-ci. Les Romains sont crédités de l'invention de la selle solide en bois, peut-être dès le Ier siècle av. J.-C., son usage étant généralisé au IIe siècle. Les selles du haut Moyen Âge ressemblent à la selle romaine dite « à quatre cornes », elles sont utilisées sans étriers. Le développement de l'arçon rigide est important, outre la sécurisation du cavalier sur le dos du cheval, il permet de réduire la pression exercée par pouce carré sur les parties du dos du cheval, ce qui augmente considérablement le confort du cheval et prolonge son utilisation-Les chevaux peuvent porter un poids plus important lorsque celui-ci est réparti via un arçon solide, et le développement de l'arçon accroît la sécurité à cheval. Dès le XIIe siècle, où la selle haute de guerre devient plus commune, le cavalier est mieux protégé et sécurisé, le haut troussequin travaillé dans la selle de bois rigide lui permet d'utiliser la lance beaucoup plus efficacement-
Barde et caparaçon
Détail sur la barde d'un chevalier Saxon, exposés au château de Dresde.
Sous la selle, le caparaçon ou le tapis de selle sont parfois utilisés. et peuvent être décorés ou brodés d'emblèmes et de couleurs héraldiques, ainsi que des armes de certaines familles. Le caparaçon est la pièce de tissu couvrant le cheval afin de le protéger des coups d'épée et des flèches au niveau des jambes, du cou et du poitrail. Ainsi, les premières housses de guerre sont plus longues par devant que par derrière. La housse de poitrail enveloppe la tête du cheval au-dessus des naseaux, deux trous étant prévus pour les yeux. Les oreilles peuvent être découvertes ou protégées. Le caparaçon est doublé au niveau du cou et de la croupe, il est employé à partir de 1220.
Les chevaux de guerre pouvaient être équipés de protections supplémentaires, couvertures et armures nommés la barde, à des fins décoratives ou de protection. Les premières formes d'armure pour cheval, généralement limitées aux tournois, comprennent des pièces en cuir rembourré, recouvertes par un tissu décoré, l'ensemble n'étant pas particulièrement lourd-La maille et l'armure de plaque étaient aussi utilisé occasionnellement, il y a des références littéraires à l'armure du cheval (une « couverture de fer ») à partir de la fin du XIIe siècle-
Étriers
Étrier du Xe siècle, probablement un modèle utilisé par les Vikings.
La selle rigide autorise une utilisation plus efficace de l'étrier. Il est développé en Chine, et largement utilisé dans ce pays en 477 AD. Au VIIe siècle, principalement en raison des invasions venues d'Asie centrale, comme celle des Avars, les étriers arrivent en Europe et les cavaliers européens les adoptent vraisemblablement au cours du VIIIe siècle- Leur adoption est lente et la plus ancienne source iconographique représentant l'étrier remonte à un manuscrit de la fin du IXe siècle, conservé à l'abbaye de Saint Gall.
Entre autres avantages, les étriers fournissent plus d'équilibre et de soutient en selle, ce qui permet au chevalier d'utiliser son épée de manière plus efficace, sans tomber, en particulier contre l'infanterie. L'utilisation accrue de l'étrier dès VIIIe siècle facilite la stabilité et la sécurité du guerrier sur sa selle lorsqu'il combat. Cela peut avoir mené à une plus grande utilisation des tactiques de choc, même si une lance abaissée en position d'arrêt peut être utilisée efficacement sans étriers- Charles Martel a tout particulièrement reconnu le potentiel militaire de l'étrier, et distribué les terres saisies à ses vassaux à la stricte condition qu'ils le servent au combat en chevauchant à la nouvelle manière.
Une théorie connue sous le nom grande controverse de l'étrier fait valoir que les avantages guerriers découlant de l'utilisation de l'étrier ont conduit à la naissance du féodalisme lui-même. D'autres chercheurs contestent toutefois cette affirmation, suggérant que les étriers fournissent peu d'avantage dans la mêlée, et que leur utilité se résume à permettre à un cavalier de se pencher plus à gauche ou à droite sur la selle tout en combattant, et réduit simplement le risque de tomber. Par conséquent, ce ne serait pas la raison du passage de l'infanterie à la cavalerie dans les armées médiévales, ni la raison de l'émergence de la féodalité.
Brides, mors et rênes
Détail du tableau Adoration des Mages (1423) par Gentile da Fabriano, panneau principal. Les mors ont des ornements sur l'anneau de mors.
Une grande variété de systèmes est mise au point pour contrôler les chevaux, principalement la bride et des mors variés. Bon nombre de mors utilisés pendant le Moyen Âge ressemblent au mors de filet et au mors de bride qui sont encore d'usage courant au XXIe siècle. Toutefois, ils étaient souvent décorés à un plus haut degré : l'anneau de mors et les parties extérieures du mors de bride sont couvertes de grandes figures ou de « bosses » ornementales- Certains modèles sont plus sévères que les mors modernes. Le mors de bride est connu depuis la période classique, mais n'est généralement pas utilisé pendant le Moyen Âge, jusqu'à la moitié du XIVe siècle. Certains styles de mors de filet utilisés pendant le Moyen Âge ont l'aiguille ou la spatule allongés, à la manière des anneaux de mors à spatule, à demi-spatule ou à aiguille. Jusqu'à la fin du XIIIe siècle, les brides n'ont généralement qu'une seule paire de rênes. Après cette période, il devient courant pour les chevaliers d'utiliser deux ensembles de rênes, similaire à ceux des doubles brides modernes, et souvent au moins l'une des deux est décorée.
Éperons
Paire d'éperons du Moyen Âge, le premier à longue tige, le second à molette.
Les éperons, connus depuis longtemps, se révèlent particulièrement cruels sur la période médiévale, ils consistent la plupart du temps en une longue tige pointue, conçue pour piquer le flanc du cheval et dont l'utilisation donne lieu à des expressions populaires telles « chevaucher à pointe d'éperon ». Ces éperons pointus sont notamment représentés sur la tapisserie de Bayeux. Vers le milieu du XIVe, les éperons à molette, qui consistent en une tige au bout de laquelle est fixée une roulette dentelée et acérée, font leur apparition. En tournant sur son axe, la roulette crantée peut entrer superficiellement dans la peau du cheval, et le blesser légèrement.
Technologies d'attelage
Sur ce croquis d’un attelage médiéval, les chevaux de volée portent des bricole, et les timonier des colliers d’épaule. L’un des chevaux est sellé.
Le développement de technologies liées à l’agriculture accroît l’importance et l’utilisation des chevaux, en particulier pour tirer les charrues et autres véhicules hippomobiles. L’invention du collier d'épaule est dans ce sens d’une importance capitale. Il aurait été inventé en Chine au cours du Ve siècle et serait arrivé en Europe au cours du IXe siècle95. Son usage se répand dans toute l’Europe au cours du XIIe siècle- Il permet aux chevaux de tirer plus de poids, ce qu’ils ne peuvent pas faire s'ils sont attelés à un véhicule au moyen des jougs ou des bricoles utilisés par le passé Le joug, conçu pour les bœufs, n’est pas adapté à l’anatomie du cheval car il impose à ces animaux de tirer avec leurs épaules plutôt que d’utiliser la puissance de leur arrière-main. Exploités de cette manière, les chevaux d’attelage ne peuvent tirer plus de 500 kg. La bricole, qui est une sorte de grosse lanière de cuir passant à plat au bas du cou et sur la poitrine de l’animal, n’a que peu d’utilité pour les gros travaux car elle ne permet de tracter que des véhicules légers. Ces sangles passent contre la trachée du cheval, gênant sa respiration et réduisant sa puissance de traction. Deux chevaux attelés avec une bricole sont limités à un total de traction d’environ 500 kg. En revanche, le collier d'épaule repose, comme son nom l’indique, sur les épaules des chevaux et ne gêne pas leur respiration. Cela permet au cheval d’utiliser sa pleine capacité en poussant avec ses membres postérieurs plutôt qu’en tirant avec ses épaules. Avec le collier d'épaule, un cheval peut fournir un effort de travail supérieur de 50 %, car cette invention lui permet à la fois de se déplacer à une vitesse plus grande et de conserver son endurance ainsi que sa capacité à travailler plus d’heures dans la journée. Un seul cheval avec un collier d’épaule peut tirer un poids d’environ 680 kg-
Une autre amélioration réside dans la nouvelle disposition des équipes d’attelage de chevaux, les uns derrière les autres plutôt que côte à côte, le poids peut être réparti de manière plus égale et la puissance de traction s’en trouve accrue.
Professions liées aux chevaux
Détail de l'Adoration des Mages (1423) par Gentile da Fabriano, pose d'éperons à molettes.
Les métiers équestres médiévaux sont souvent différents des métiers modernes, aux cotés de métiers ou de grades qui ont perduré tels celui de maréchal-ferrant en figurent d'autres qui sont spécifiques à la période, notamment celui de chevalier, de maréchal et d'hippiatre, que l'on peut considérer comme l'ancêtre de la médecine équine.
Maréchal et connétable
Un grand nombre de métiers existent pour assurer la gestion des élevages équins. Dans la plupart des cultures, le maréchal est responsable de tous les aspects relatifs au cheval : ses soins, la gestion des cavaleries d’usage militaire, ainsi que les déplacements impliquant une cavalerie. La position de maréchal est élevée et enviable, le haut maréchal est également responsable de la gestion de nombreuses questions militaires. Un autre important responsable militaire est le connétable, qui s’occupe de la protection et du maintien de l’ordre, et peut régler certaines questions militaires avec les maréchaux, par exemple organiser des joutes et autres événements chevaleresque. Parfois, le « maréchal » a aussi des fonctions de marhskalk, c’est-à-dire qu’il s’occupe des soins aux chevaux et des fonctions attribuées au maréchal-ferrant. Les « marhskalk » hautement qualifiés équipent les chevaux de fers, prennent soin de leurs pieds, et s’occupent des soins vétérinaires. Durant tout le Moyen Âge, une distinction est faite entre le « marhskalk » et le maréchal-ferrant, dont le travail est plus limité.
Hippiatrie
Les soins aux chevaux (hippiatrie) forment un savoir traditionnellement hérité des hippiatres grecs et arabes, l'héritage antique fait que les vieux traités, incluant l'utilisation de formules magiques, font autorité durant des siècles.
Les textes hippiatriques grecs conservés sont formés en grande partie à partir d’extraits, répartis par matières, d’œuvres aujourd’hui perdues. En d’autres termes, il s’agit d’une collection où l’on classe les différents textes de chaque auteur. Les auteurs de base étaient sept : Apsyrtos, Hiéroclès, Hippocrate [l'hippiatre], Pélagonius, Théomnestos, Eumèlos de Thèbes et Anatolios.
Situer la période d’activité des sept auteurs cités plus haut, qui sont à l’origine du Corpus hippiatricorum graecorum, semblait être un problème résolu depuis les travaux de G. Björck. Néanmoins, on est revenus dernièrement sur la période d'activité d’Apsyrtos que G. Björck situait entre 150 et 250 ap. J.-C. La datation d'Apsyrtos est d’autant plus importante qu’elle constitue la pierre angulaire à partir de laquelle est établie celle de la plupart des autres hippiatres. Ce n’est que l’identification d’un des correspondants d’Apsyrtos qui a incité à reconsidérer les propositions de G. Björck. En effet, Apsyrtos s’adresse dans une lettre à un certain Ursus. Or, cet Ursus est, selon toute vraisemblance, Flavius Ursus, consul prior en 338. Les textes de ces auteurs-hippiatres circulaient au départ indépendamment jusqu’à ce qu’on en réunisse une partie dans une collection hippiatrique qu’on appelle le Corpus hippiatricorum graecorum. Ce rassemblement des textes a eu lieu à une date inconnue. La majorité de ces œuvres, mais aussi cette première opération de rassemblement, ne nous sont pas parvenues. Seules sont connues actuellement quatre recensions dérivées de cette collection hippiatrique primitive-
Les premiers hippiatres étaient probablement capables de déceler les maladies équines, mais pas d'en expliquer les causes, ce qui rend l'efficacité de leurs remèdes peu probable : la posologie, détaillée dans les traités, comprend des potions, décoctions, infusions, onguent et cataplasme dont l'utilisation est détaillée, les remèdes « sérieux » en côtoyant d'autres « complètements fantaisistes ». Les hippiatres peuvent recourir à d'autres méthodes, telles la prière. La médecine vétérinaire progresse très peu en Occident, contrairement à ce qu'on observe en Orient.
Autres métiers
Un certain nombre de commerçants traitent avec les chevaux. Les maquignons achètent et vendent ces animaux, et ont souvent la réputation d’être malhonnêtes sur leurs chiffres ou de récupérer des chevaux volés. D’autres offrent des chevaux à la location et s’occupent de l’organisation de grands déplacements sur les routes- Il faut y ajouter toutes les professions liées à la fabrication et au commerce du matériel équestre : éperonnier, sellier, maréchal-ferrant, etc.
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