Aucun élément à afficher

Romanité contre barbares : le choc des odeurs
L'adoption du christianisme comme religion officielle fait reculer l'usage profane du parfum dans l'empire romain et, quand l'Empire s'effondre sous le coup des invasions barbares, les orgies de parfum ne sont déjà plus qu'un souvenir. Pendant un certain temps, l'influence des coutumes barbares conduit à un recul de l'usage des produits parfumés. Il se limite alors à l'utilisation de plantes aromatiques cultivées dans des jardins fermés sur le modèle de ceux mis en place par Charlemagne dans ses palais et abbayes.
Mais, contrairement à une idée répandue, l'hygiène demeure une préoccupation importante de l'époque. Apparaissent alors les pomanders, boules remplies de produits parfumés dont les exhalaisons s'évadent par les perforations ménagées sur la surface.
Toutefois, de nombreuses fragrances sont oubliées dans ces temps de repli sur soi et ne sont redécouvertes qu'à l'occasion de la réouverture des routes commerciales romaines pour les croisades ou de l'accès à de nouvelles civilisations lors des grands voyages de Marco Polo ou de la République de Venise. Venise devient ainsi pour un temps le coeur du commerce de parfum.
L''utilisation des onguents, des huiles, de l'encens et de la myrrhe perdurait dans la liturgie. Dès le milieu du XIIe siècle l'influence du monde arabe à travers les échanges commerciaux et les croisades ainsi que le besoin d'hygiène (utilisation de savon) contribuèrent au renouveau des parfums dans le monde occidental. En 1190, le roi Philippe Auguste autorisait l'existence d'une corporation de parfumeurs gantiers. Au XIIIe siècle, les parfums, sous forme de fumigation ou sous forme de vinaigre aromatisé, servaient de désinfectants.
Herbes et boîtes à senteurs emplies d'épices s'intégraient dans le décor médiéval tandis que la pratique des bains parfumés se développait. Venues d'Orient, les nouvelles senteurs chaudes du musc, de l'ambre, du santal, de la girofle et de la myrrhe s'ajoutaient aux parfums floraux (rose, jasmin, lavande et violette).
Les pratiques parfumées à des fins de séduction :
Au XIVe siècle, pour séduire le jeune roi de Pologne, la reine Elizabeth de Hongrie fit fabriquer la fameuse "eau de Hongrie", mélange de fleur d'oranger, de rose, de mélisse, de citron et surtout de romarin. Ce fut la première préparation alcoolique connue. Coussins à la rose, pommes à senteurs (pommes piquées de nombreux clous de girofle, pommes qui donnèrent le nom de pommade), chapelets odorants et fourrures imprégnées participaient à l'atmosphère parfumée des demeures princières.
Dès le haut Moyen-Age beaucoup de monastères collectaient et cultivaient les simples, des plantes estimées pour leurs vertus curatives. Lorsqu'ils remplacèrent dans leurs anciens élixirs le vin par l'eau ardente, ils furent en possession de produits plus fins, plus puissants. Ce sont les "eaux ardentes composées" obtenues par macération et distillation des fleurs, des feuilles, des racines des plantes aromatiques. Les usages de ces eaux restaient médicinales, mais la parfumerie alcoolique prenait date dès le XIVe siècle de ses premières véritables eaux de senteurs. On pense que c'est en 1370 qu'apparait l'eau de la reine de Hongrie, une eau distillée des sommitées fleuries du romarin. L'ancêtre de cette eau existait déjà dès le XIVe siècle sous forme de fleurs et de feuilles macérées dans une eau de vie à faible titre, sorte de teinture qu'Arnaud de Villeneuve assimilait dans le jargon alchimiste à "l'or potable". Extrait du livre "Parfums et Senteurs du Grand Siècle" d'André Chauviè
C’est sous l’influence des Arabes que l'industrie du savon s’étendit sur les côtes méditerranéennes en Espagne, en Italie et surtout à Marseille à partir du VIIème siècle.
Le port de Marseille était alors le principal centre de transit du savon et des matières premières et parfums servant à le fabriquer.
De nombreuses savonneries s'implantèrent dans la cité phocéenne dès le IXème siècle et se lancèrent dans la fabrication de savons doux à base d'huile d'olive : le fameux Savon de marseille était né !
L'Espagne, l'Italie et la France dominèrent ce marché pendant tout le Moyen Age mais le savon restait un produit de luxe, trop coûteux pour se démocratiser.
Alep, au nord-ouest de la Syrie, est une des plus vieilles villes du monde. Des recherches historiques et archéologiques ont montré que depuis 3000 ans on y fabrique traditionnellement un merveilleux savon naturel aux étonnantes vertus cosmétologiques et dermatologiques.
Ce savon, dit savon d’Alep, possède d’extraordinaires vertus cosmétiques et dermatologiques.
Pour élaborer ce précieux savon les maîtres savonniers d’Alep utilisent l’huile d’olive locale et de la soude végétale. Mais ils ont un secret de fabrication qu’ils se transmettent de père en fils depuis des millénaires.
Ils ajoutent dans leur composition un merveilleux ingrédient
naturel supplémentaire : l’huile de baies de laurier.
C’est l’huile de baies de laurier qui procure au savon d’Alep ses qualités incomparables. Il n’attaque pas la peau mais au contraire l’embellit.
C’est le seul savon qu’utilisaient les princesses et les favorites des sultans dans les harems des palais orientaux. En effet, contrairement aux savons ordinaires, le savon d’Alep n’assèche pas l’épiderme. Il nourrit la peau, l’adoucit et lui donne éclat, satiné et velouté. Le corps irradie de beauté !
La découverte du savon par les croisés !
En Europe, on connaissait depuis l’époque gauloise, un savon fait de suif animal et de cendres alcalines mais il était trop actif. On ne l’utilisait que pour le blanchissage du linge et éventuellement comme shampoing.
Ce sont les croisés au Moyen Age qui rapportèrent en Occident le véritable savon de toilette. Ils le découvrirent en Orient et plus précisément en Syrie.
Le savon se répandit alors sur le pourtour méditerranéen : au XIIe siècle en Italie, en Espagne et au XVe siècle, en France il atteint Marseille, dont le tout aussi célèbre savon de Marseille est l'héritier direct du Savon d'Alep.
Plus largement, le savon d'Alep est à l'origine de la totalité des savons durs dans le monde.
Mais du fait de son prix, seules les dames de la noblesse pouvaient l’acquérir.
Du fait de l’importance des plantations d’oliviers dans les campagnes environnantes, Marseille devint ainsi un important centre de production de savon en Europe. De là, le début de la renommée du savon de Marseille.
Au XIXe siècle on remplaçât l’huile d’olive par des huiles de coprah ou de palme et le savon devint alors un produit de consommation courant, à bas prix, et produit industriellement.
L'interdiction du maquillage Au Moyen Âge, le maquillage, sous prétexte qu'il travestit les créatures de Dieu, est interdit par l'Eglise toute puissante. Une seule couleur est tolérée, "le rouge de la pudeur". La Vierge Marie est alors généralement représentée comme une statue sans aucune féminité : la statuaire romane la présente comme un simple support ayant le Christ dans ses bras. La Vierge à l'enfant est une exception : il s'agit en fait d'un portrait d'Agnès Sorel, maîtresse du roi Charles VII (1403-1461), travestie en Vierge. On peut remarquer son teint très pâle : symbolisant la pureté, mais aussi la richesse et l'oisiveté, la blancheur de la peau est alors très recherchée. Agnès Sorel s'est également épilé le front : une manière de conserver un visage aussi juvénile que possible et de mettre le regard en valeur.
Secrets de beauté
Les femmes de l'époque s'appliquaient un mélange de chaux vive et de sulfure naturel d'arsenic sur le front pour l'épiler. Pour empêcher la repousse du poil, rien ne valait le sang de chauve-souris ou de grenouille...
Beauté chaste et fière... reines, princesses, chaudron magique et contes de fées
Les visages impassibles, empreints de résignation, de foi traduisent les préceptes de la foi chrétienne.
Le maquillage est diabolique. Il est considéré comme un subterfuge qui dissimule l'horreur et la puanteur réelles du corps et de l'âme. Il mène à la luxure et la débauche, anéantissant l'entreprise de l'homme.
La " belle" qui bouleverse le cœur des chevaliers a la peau " blanche comme lys, lait ou aubépine ".
Elle est jeune , a un visage lisse, un haut front bombé, une chevelure longue et dorée.
A l'époque les nobles utilisent des onguents faits de cendre de hérisson, de sang de chauve-souris, de sulfure d'arsenic, de chaux vive, des décoctions de lézards verts dans de l'huile de noix, du soufre pour blondir leur chevelure... préparés dans un chaudron magique!
Aucun commentaire pour l'instant, soyez le premier à laisser un commentaire.
Créer un site gratuit avec e-monsite.com - Signaler un contenu illicite



