Pourquoi la coccinelle est-elle appelée « Bête à Bon Dieu » ?
Voilà l’histoire vraie.
Cela se passait au moyen-âge. Un homme condamné à mort pour un crime n’avait pas commis, attend d’être décapité.
Comment prouver son innocence, quand tout et tous l’accusent ?
Sur le billot, il voit une coccinelle, la recueille délicatement et la dépose plus loin.
Le bourreau s’approche pour lui lier les mains et procéder à son exécution.
Mais le Seigneur et sa Cour se récrient : il faut libérer cet homme, il faut lui rendre son honneur et sa vie.
Un homme qui épargne une si petite et humble bestiole ne peut avoir commis le crime horrible qui lui valait d’avoir la tête tranchée.
Et depuis ce jour, la coccinelle s’appelle la « Bête à Bon Dieu ».
Enfin, c'est juste une légende...
Pourquoi promet-on des oeufs à Sainte Claire ?
Il y a très longtemps, une terrible période de pluies incessantes, d'orages, de brouillards, de froid rendait la vie impossible dans les prés et les champs. Des moniales, dont la sainteté était reconnue de toutes et tous, vivaient dans l'abbaye toute proche du village. Toutes ces religieuses avaient voué leur vie à la prière pour porter les souffrances que les gens leur confiaient. L'une d'entre elles était particulièrement proche du coeur des pauvres : elle se nommait Claire.
Or donc, les pluies étaient à ce point terribles que les gens commençaient tombaient malades et mouraient.
Une des plus malheureuses se rend au monastère, s'écroule aux pieds de Claire et lui expose les malheurs qui s'abattent sur le village. Claire se recueille dans son oratoire, puis répond à la jeune femme : "Amène-moi demain quelques oeufs, et le soleil et la chaleur reviendront". La pauvre femme s'en retourne et expose la requête de Claire. Tout le monde court relever les oeufs dans les poulaillers et le lendemain elle retourne avec son panier plein.
Claire les reçoit et les dépose sur l'autel de la chapelle.
A la seconde, le soleil chasse les nuages, la chaleur réchauffe les corps et les coeurs, les malades guérissent.... Depuis cette époque Claire, devenue Sainte Claire, est celle qui intercède pour nous pour que le soleil et le beau temps nous rendent le bonheur de vivre.... à condition de trouver un couvent de Clarisses, de promettre des oeufs à Sainte Claire et de les lui apporter !
Enfin, c'est juste une légende...
C’est d’un vilain et de sa femme que je veux vous conter l’histoire. Pour la fête de Notre-Dame, ils allaient prier à l’église.
Avant de commencer l’office, le curé vint faire son prône; il dit qu’il était profitable de donner pour l’amour de Dieu et que Dieu au double rendait à qui le faisait de bon coeur. ‘Entends-tu ce que dit le prêtre? fait à sa femme le vilain. Qui pour Dieu donne de bon coeur recevra de Dieu deux fois plus. Nous ne pourrions mieux employer notre vache, si bon te semble, que de la donner au curé. Elle a d’ailleurs si peu de lait. -Oui, sire, je veux bien qu’il l’ait, dit-elle, de cette façon.’
Ils regagnent donc leur maison, et sans en dire davantage. Le vilain va dans son étable; prenant la vache par la corde, il la présente à son curé. Le prêtre était fin et madré : ‘Beau sire, dit l’autre, mains jointes, pour Dieu je vous donne Blérain.’ Il lui a mis la corde au poing, et jure qu’elle n’est plus sienne.
‘Ami, tu viens d’agir en sage, répond le curé dom Constant qui toujours est d’humeur à prendre; si tous mes paroissiens étaient aussi avisés que tu l’es, j’aurais du bétail à plenté ’ Le vilain prend congé du prêtre qui commande, sans plus tarder, qu’on fasse, pour l’accoutumer, lier la bête du vilain avec Brunain, sa propre vache. Le curé les mène en son clos, les laisse attachées l’une à l’autre. La vache du prêtre se baisse, car elle voulait pâturer. Mais Blérain ne veut l’endurer et tire la corde si fort qu’elle entraîne l’autre dehors, et la mène tant par maisons, par chenevières et par prés qu’elle revient enfin chez elle, avec la vache du curé. Le vilain regarde, la voit: il en a grande joie au coeur. ‘Ah! dit-il alors, chère soeur, il est vrai que Dieu donne au double. Blérain revient avec une autre: c’est une belle vache brune. Nous en avons deux pour une. Notre étable sera petite!’
Ce fabliau veut nous montrer que fol est celui qui ne se résigne. Le bien est à qui Dieu le donne et non à celui qui l’enfouit. Nul ne doublera son avoir sans grande chance, pour le moins. C’est par chance que le vilain eut deux vaches, et le prêtre aucune. Tel croit avancer qui recule.
Jean Bodel, Fabliaux, traduction Gilbert Rouger, coll. Folio, Ed. Gallimard, 1978.
Pendant la dynastie de Song du Nord, alors que le jeune Fan Zhongyan (un célèbre érudit et fonctionnaire du gouvernement de la dynastie Song) étudiait encore à Suiyang, il fit connaissance avec un alchimiste.
Pendant la dynastie de Song du Nord, alors que le jeune Fan Zhongyan (un célèbre érudit et fonctionnaire du gouvernement de la dynastie Song) étudiait encore à Suiyang, il fit connaissance avec un alchimiste.
Un jour, l'alchimiste tomba gravement malade et demanda à quelqu'un d'aller chercher Zhongyan. Il dit à Fan : «J'ai une recette d'alchimie secrète. Mon fils est encore jeune et je ne peux lui enseigner la technique de la pointe d'or. J'aimerais que tu m'aides à garder cette recette secrète.»
L'alchimiste enferma dans un paquet la recette secrète ainsi qu'un jin (environ une livre) de platine qu'il avait fabriqué par alchimie et remit le paquet à Fan, puis mourut.
Plusieurs années plus tard, Fan devint un fonctionnaire du gouvernement dont le rôle était de fournir des critiques et des suggestions au gouvernement. Il alla trouver le fils de l'alchimiste et lui dit : «Ton père avait la technique de la pointe d'or. Quand il est décédé, tu étais encore très jeune et il m'a donné la recette secrète pour que je la garde pour toi. Maintenant, que tu es grand, je dois te la remettre.» Il prit alors le paquet contenant la recette ainsi que le jin de platine qu'il donna au fils de l'alchimiste. Le scellé était intact prouvant que le paquet n'avait jamais été ouvert.
Le fils de Fan Zhongyan, Fan Chunren, suivit aussi la volonté de son père. En gouvernant Luoyang, il apporta le bonheur à la communauté locale grâce à son intégrité morale et à son honnêteté. Grâce à sa façon de gouverner : «personne ne s'appropriait ce qu'il trouvait sur la route, et aucune famille ne fermait sa porte la nuit. (enregistré dans la littérature historique)»
Il y a une histoire enregistrée du temps du gouverneur Fan. À Baisimapo, alors qu'un vieil homme était assis à l'ombre contre un mur, quelqu'un vint lui dire : «Le veau jaune de ta famille a été volé.» Ayant entendu ce message, le vieil homme n'en resta pas moins assis. Il ne bougea pas du tout ni ne prononça un mot. Un instant plus tard, une autre personne se présenta et lui parla à nouveau de la perte du veau. Le vieil homme lui dit calmement : «Tu n'as pas besoin de le chercher. Ce doit être quelqu'un qui a voulu faire une blague et l'a caché.» Les villageois passant par là ont trouvé cela bizarre et ont demandé au vieil homme : «Monsieur, votre famille a perdu un veau. Les gens vous l'ont dit plusieurs fois et vous ne vous en souciez pas?» Le vieil homme répondit avec un sourire : «Depuis que M. Fan vit ici, qui veut devenir voleur? Ce n'est pas possible.» Un moment plus tard, le veau réapparut comme il s’y attendait.
Près de Tokyo vivait un grand samouraï, déjà âgé, qui se consacrait désormais à enseigner le bouddhisme Zen aux jeunes. Malgré son âge, on murmurait qu'il était encore capable d'affronter n'importe quel adversaire.
Un jour arriva un guerrier réputé pour son manque total de scrupules. Il était célèbre pour sa technique de provocation : il attendait que son adversaire fasse le premier mouvement et, doué d'une intelligence rare pour profiter des erreurs commises, il contre-attaquait avec la rapidité de l'éclair.
Ce jeune et impatient guerrier n'avait jamais perdu un combat- Comme il connaissait la réputation du samouraï, il était venu pour le vaincre et accroître sa gloire.
Tous les étudiants étaient opposés à cette idée, mais le vieux Maître accepta le défi.
Il se réunirent tous sur une place de la ville et le jeune guerrier commença à insulter le vieux Maître. Il lui lança des pierres,lui cracha au visage, cria toutes les offenses connues - y compris à ses ancêtres.
Pendant des heures, il fit tout pour le provoquer,mais le vieux resta impassible. A la tombée de la nuit, se sentant épuisé et humilié, l'impétueux guerrier se retira.
Dépités d'avoir vu le Maître accepter autant d'insultes et de provocations, les élèves questionnèrent le Maître :
" Comment avez-vous pu supporter une telle indignité ? Pourquoi ne vous êtes-vous pas servi de votre épée, même sachant que vous alliez perdre le combat, au lieu d'exhiber votre lâcheté devant nous tous ?
Si quelqu'un vous tend un cadeau et que vous ne l'acceptez pas,à qui appartient le cadeau ? demanda le samouraï.
A celui qui a essayé de le donner, répondit un des disciples.
Cela vaut aussi pour l'envie, la rage et les insultes, dit le Maître. Lorsqu'elles ne sont pas acceptées, elles appartiennent toujours à celui qui le porte dans son coeur. "
Devenu Saint patron des chasseurs et de la forêt, Hubert était auparavant un aristocrate au temps de Charlemagne qui se laissait aller à tous les plaisirs terrestres, mais surtout à la chasse. Sa passion l’entraînait loin au fond des bois et son épouse Floribane en était délaissée plus souvent qu’à son tour.
Un jour alors que la forêt d’Ardenne avait revêtu ses milles couleurs automnales et qu’Hubert y poursuivait un gibier depuis plusieurs heures, son cheval s’arrêta d’un coup et poussa un long hennissement de peur avant de se cabrer.
Devant eux, à quelques mètres se dressait un cerf blanc d’une stature anormalement grande et tout auréolé d’une lumière surnaturelle.
Hubert mit pied à terre et s’approcha un peu, suffisamment pour entrevoir un crucifix scintillant entre les bois de l’animal.
Une voix puissante se fit entendre alors, semblant provenir de partout à la fois : « Hubert ! Jusqu’où t’entraînera ta passion pour la chasse ? Ne vois-tu pas que ton salut réside désormais dans une vie de prière et de pénitence ? Ta femme vient de mourir de chagrin en te laissant un fils, reprends-toi pour sauver ton âme et la sienne ! »
Hubert tomba à genoux et décida de se consacrer aux autres alors que l’apparition s’évanouissait dans la paysage.
Il revint chez lui, éduqua chrétiennement son fils puis partit pour Rome où le Pape le fit évêque de Maëstricht. Il fondera la ville de Liège lors de son retour et mourut vers 727 après avoir vécu saintement et fait de nombreux miracles.
On raconte également que ce saint homme de la région de Mézières, obligea un ours à lui servir de monture après que ce dernier eut dévoré son cheval.
C'était bien beau ces barques, ce bac, ces gabarres pour traverser le Lot ; mais combien mal commode ! C'était un pont qu'il fallait à Cahors, un beau, grand pont solide et fortifié pour traverser le Lot. Malheureusement l'entreprise était ardue car la rivière fougueuse et capricieuse résistait aux hommes et tout ce qui avait été tenté jusque là avait échoué.
C'est alors qu'arriva dans la ville un maître maçon ; il venait de terminer son "tour de France" et conscient se son savoir faire, il se présenta aux Consuls. Il obtint ainsi le marché et la construction du pont put commencer.
Seulement,bien que les ouvriers, sous la direction du maître maçon,travaillassent vaillamment toute la journée, un maléfice faisait, qu'au matin, tout le travail de la veille était détruit pendant la nuit. Les consuls mécontents menacèrent le pauvre homme de pendaison si l'ouvrage n'était pas achevé dans les délais. Désespéré, le maître maçon se lamentait auprès de sa femme en cherchant une solution, quand cette dernière prit la décision de se mettre en quête d'une 'fatsillière", cette bonne fée quercynoise pour conjurer ce mauvais sort.
La Fée lui apprend alors, que c'est un petit diablotin, pas vraiment méchant, un "dracounet" (un petit Draç) facétieux qui défait chaque nuit l'ouvrage de la journée. Il suffit de le neutraliser en étant plus malin que lui.
La "fastillière" lui explique à la femme du maître maçon que le Diablotin craint la lumière du jour et lui indique tout bas ce qu'il faudra faire. Elle remercie la bonne fée et rentre rassurer son mari. Le lendemain, juste avant l'aube, la femme du maître maçon est postée derrière une des piles du pont avec son coq qu'elle a amené avec elle sur les conseils de la Fée. Le diablotin s'approche pour poursuivre ses destructions et c'est alors que le coq se met à chanter.Le "dracounet" est aussitôt changé en statue de pierre que le maître maçon s'empressera, aussitôt l'ouvrage terminé, de sceller dans l'angle supérieur de la tour centrale du pont.
Si vous ne me croyez pas, allez visiter le pont Valentré ; le petit diable y est encore aujourd'hui.
Colin, Hauvis, Jetrut, Hersent autrefois avaient l'habitude de conter de belles histoires pour les fêtes et les veillées. Aujourd'hui partout à Paris, dans les maisons et dans les rues, on s'entretient de ce que firent il n’y a pas longtemps trois femmes. En quelques mots je le dirai si vous voulez bien m'écouter. Je ne ferai pas de mensonge : cette histoire est vérité pure; jamais en nul pays du monde n'arriva pareille aventure.
C'était en l'an 1320, au grand jour des rois de Cologne.
Le matin, avant la grand-messe, la femme d'Adam de Gonesse et sa nièce Marion Clippe voulurent aller à la tripe et y dépenser deux deniers. Elles partent sans plus tarder pour aller chez Perrin du Terne : c'étaít un nouveau tavernier. Et comme elles pressaient le pas, impatientes d`arriver, il leur advint de rencontrer dame Tifaigne la coiffière qui dit : « Je sais vin de Rivière si bon que tel ne fut jamais. En boire, c'est la vraie santé, car c'est un vin clair et brillant, fort, fin, frais, friand sous la langue, doux et plaisant à avaler. Où on en boit il faut aller : aucun vin n’aurait tel bouquet. Y resterait-on trois jours pleins, on ne saurait nous y trouver. L’hôte à chacune volontiers nous fera crédit de dix sous. - "Que celle qui parla si bien ait le corps béni et absous, répondit Margue; allons-y donc. S'il y fait bon, Dieu méconduise."
Toutes trois prennent le chemin de la taverne des Maillets. Avec elles vint un valet ; c'était le fils Drouin Baillet; grâce à lui, je connais l'histoire, car il leur servit à manger et leur apporta à leur gré tout ce qu'on peut trouver de bon. Il fallait les voir jouer des dents, emplir et vider les hanaps : en un rien de temps, je crois bien, quinze sous furent dépensés. « Rien pour moi n'aura de saveur dans ce repas, dit Margue Clouve, si nous n'avons une oie bien grasse avec des aulx plein une écuelle.» Drouin enfile la ruelle, vacourant chez le rôtisseur. Il prend une oie, et puis des aulx de quoi remplir tout un grand plat, et pour chacune un gâteau chaud; il ne s`attarde pas en route. Quel tableau de les voir tâter des aulx piquants et de l'oie grasse qui fut mangée en moins de temps qu'il n'en fallut pour la tuer !
Et Margue commence a suer, et boit à grandes hanapées. En un clin d'œil furent vidées trois chopines dans son gosier. « Dame, j'en atteste saint Georges, dit Maroclippe sa commère, ce vin me fait la bouche amère; ce que je veux, e'est du grenache. Me faudrait-il vendre ma vache , j'en aurai au moins un plein pot. » Elle hele à grands cris Drouin et lui dit : « Va nous apporter, pour nous ragaillardir la tête, trois chopines de bon grenache. Garde-toi de nous faire attendre. Apporte des oublies, des gaufres, amandes pelées, du fromage, des noix, du poivre, des épices, que nous en ayons à plenté pour florins et pour gros tournois. » Drouin galope et elle entonne par jeu une chanson nouvelle! « Commère, menons grande joie ! Le vilain paiera la dépense mais au vin ne goûtera pas. » Chacune ainsi prend du bon temps. Drouin apporte le grenache et le verse dans les hanaps : « Ma commère, buvons-en bien, dit Marie à dame Fresens. C'est du vin, pour garder sa tête, bien meilleur que le vin français. » Chacune de lever son verre. Aussitôt, en un tournemain, tout fut lapé et englouti. « Ce méchant pot est trop petit, dit Marion, par saint Vincent, et vraiment nous n'avons pas peur de boire le quartier d'un cent. »
Je n'ai fait que goûter au vin. J`en veux encore, il est si bon. Va, Drouin -- Dieu te vienne en aide! -, et rapporte-nous~en trois quartes. Avant que tu partes d'ici tout sera lampe. » Drouin court; il revient le plus tôt qu'il peut et donne à chacune sonpot. « Tiens, camarade bienvenu, mange un morceau et bois un coup.
Cela vaut mieux que vin d'Arbois ou que vin de Saint-Emilion. - C'est bien vrai, répond Marion. Que mon pot soit plein jusqu'aux bords, bientôt il n'en restera goutte. - Que tu as la gorge gloutonne, dit Maroclippe, belle nièce! Je ne le boiraipas d'un coup, mais le boirai à petits traits, pour mieux le garder sur la langue. Il est bon de faire un soupir uninstant entre deux lampées : ainsi plus longtemps reste en bouche la douceur du vin et sa force. »
Chacune se met en devoir d'engloutir son pot de grenache et personne ne pourrait croire comment elles s'y employèrent.
Du matin jusqu'à la mi-nuit elles menèrent vie joyeuse, ayant toujours le hanap plein. « Je voudrais m'en aller dehors, dit Margue Clippe, dans la rue danser sans que nul ne nous voie. Cela couronnera la fête. Nous nous découvrirons la tête et mettrons notre corps à l'air. - Vous laisserez ici vos robes, dit Drouin, en guise de gage. » Et Drouin les pousse dehors chantant chacune à pleine voix :« Amour, au vireli m'en vais. »... Leurs pauvres maris les croyaient toutes trois en pèlerinage...
Les trois commères, que Drouin a déshabillées pour s'approprier leur garde-robe, gisent ivres mortes dans la rue, « plus embouées que pourceaux » : spectacle qui attire les badauds.
On finit par les porter au cimetière des Innocents où on les enterre. La nuit venue - il est surprenant qu'elles n`aient pas été étouffées! - elles se raniment, réussissent à se dégager et font quelques pas; se croyant encore à la taverne, elles appellent Drouin : ~Drouin, qu'es-tu donc devenu? Apporte trois harengs salés et un pot de vin, du plus fort, et ferme la grande fenêtre. Surprises par le froid, elles s’évanouissent. Les retrouvant au petit matin, celui qui les a enterrées pense que ce sont des diablesses : «Tout le cœur du ventre m'en tremble !~ dit-il.
Les trois dames finissent par s'enfuir et chacune regagne son « refuit » - son refuge.
En ce matin illuminé, Gauvain, écuyer de Monflanquin, se vêtit d’habits blancs et se dirigea vers la place centrale de son village pour recevoir son adoubement. Le comte Arthur le revêtit d’une cotte et, par-dessus, d’un surcot. Il lui posa l’heaume sur la tête. Celui-ci brillait de mille reflets qui provenaient des pierres précieuses. Il lui donna une épée en or massif et son fourreau. Le jeune homme était très fier. Le comte se baissa et lui mit l’éperon droit, comme le voulait la coutume. Cette cérémonie était à peine finie que déjà le nouveau chevalier devait partir au combat…
Arrivé sur le champ de bataille, Gauvain courut tête haute au combat pour affronter ces « barbares » sans pitié. Le combat fut très éprouvant, les épées volaient de tous les côtés. Puis la bataille tourna en un tête à tête. D’un côté le jeune homme courageux et de l’autre un chevalier très connu, appelé Rigaut.
Le combat commença, Gauvain lui coupa une main, lui enfonça sa prodigieusement épée au milieu des côtes , heurta le coeur et il lui transperça le corps. Ainsi il sortit victorieux du duel.
Au retour de sa conquête, tout le monde l’applaudit pour sa grande victoire.
Gauvain avait rencontré une jeune fille à la foire du village, elle s’appelait Capucine. Il voulait absolument la revoir mais elle s’était faite capturée le même jour par l’affreux seigneur Hiscors. Il fit des recherches pour savoir où se trouvait le mystérieux château d'Hiscors Une veille dame lui indiqua le chemin à travers les bois, les fleuves et les villages. Il arriva devant le château de Bonaguil, la peur de se faire brûler vif par de la chaux bouillante lui disait de faire demi-tour mais son coeur le fit changer d’avis. Les remparts étaient si épais que même un boulet de canon ne pouvait le transpercer.
Il y avait deux remparts : un premier qui protégeait la barbacane et un deuxième qui défendait le donjon et les appartements de la famille. Le donjon était en forme de coque de bâteau, on entendait les prisonniers crier dams leur geôle. Cette structure imposante, dans le paysage,l’éblouissait.
Mais une question se posait:" comment allait-il faire pour rentrer sans se faire repérer ? Il y avait beaucoup de canonnières, il ne savait donc pas par où passer. Il avait entendu parler d’une poterne secrète qui servait de sortie en cas d'extrème urgence pour les femmes et les enfants . Il ne restait plus qu’à la trouver. Gauvain monta dans un arbre et vit un homme du château sortir par la porte secrète .
Gauvain décida de s’y infiltrer le soir-même.
Lorsque le soleil se coucha, il pénétra dans le château mais il restait encore un mur à passer. Il alla discrètement au moineau pour rentrer mais là aussi il y avait des gardes. Les sentinelles firent une pose de cinq minutes Le jeune chevalier décida d’agir. Le temps était court mais il réussit à pénétrer dans la cour d’honneur où il se cacha à l’ombre d’une tour. Il avait toujours un fouet avec lui, il le déroula et il s’approcha du rebord d’une fenêtre. Il grimpa, puis le relança, il continua et arriva au donjon où se trouvait Capucine.
Après avoir monté les trois étages, il s’apprêtait à ouvrir la porte derrière laquelle se trouvait enfermée la jolie demoiselle. Son coeur battait à toute vitesse.Il enfonça la porte et enfin, il la vit. Elle se retourna, Gauvain se mit à genoux devant elle et lui dit :
- Ma chère, votre beauté éblouit mes yeux ;
- Vous avez eu beaucoup de courage pour venir me sauver des mains de cet affreux seigneur, lui répondit la jeune demoiselle ;
- Mon courage, je l’ai trouvé dans mon coeur et vous êtes mon coeur, lui murmura Gauvain.
Capucine le regarda d’un air hautain. Gauvain se sentit faible mais lui déclara :
- Mon amour, pour vous, est si fort que je pourrais aller me battre contre votre tortionnaire.
- L’amour que vous éprouvez pour moi est très fort, mais j'ai fait promesse de ne point m'évader lui dit Capucine en tournant le dos;
- Mais je ne peux pas vivre sans vous, je vous aime et vous veux épouser lui déclara Gauvain en se relevant.
Capucine s’avança vers le beau jeune homme et lui murmura les yeux dans les yeux,lèvres contre lèvres :
- Enfin,je n’attendais que votre déclaration d'amour pour m’évader de cet horrible château
Gauvain prit la main de sa chère mie, jeta la couverture qui recouvrait son lit par la fenêtre et descendit. Il refit le même chemin , la fit monter sur sa monture. Quelques minutes après, on ne voyait plus que deux petits points à l'horizon.
1. 11/02/2012
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