La ville des Parisii
Le site de Lutèce
Au cœur d’un terroir riche en blé et en vigne, en forêts et en hommes, est né Paris. La ville bénéficie d’une situation de carrefour sur les axes nord-sud et est-ouest et d’un site propice au développement urbain. Une île, l’île, la Cité, facilite la traversée de la Seine ; une plaine au nord, protégée des inondations par une levée de terre, et quelques collines attirent le peuplement dès l’époque gallo-romaine. Lutèce a grandi à partir de l’île centrale (L'île de la Cité) qui abritait le palais du gouverneur romain (à l’ouest) et le temple de Jupiter (à l’est). Les invasions du IIIe siècle ont entraîné un repli des populations sur cette île, entourée de murailles construites avec les pierres des monuments de la rive gauche abandonnée.
Le Paris de Clovis
Clovis en fait une ville chrétienne et royale dénommée dès lors Paris (la ville des Parisii). C’est dans cette ville que le roi mérovingien réside et meurt (511). Un concile important se teint en 614 à Paris où de grandes abbayes sont fondées : Saint-Germain-des-Prés, Saint-Victor et, à l’extérieur, Saint-Denis et Saint-Maur-des-Fossés. Les Carolingiens délaissent Paris, leur empire étant plus orienté vers l’est (Austrasie), avec Aix-la-Chapelle comme capitale. Devant la menace normande (à partir de 845), Charles le Chauve restaure la muraille de la Cité et fait fortifier son unique pont.
Un pouvoir itinérant
Les premiers rois de France ont été d’infatigables voyageurs, passant d’un palais à une résidence, suivis par une cour itinérante. Ils devaient se montrer aux grands et au peuple pour revivifier sans cesse le lien vassalique qui les unissait aux élites du royaume. Cette itinérance du pouvoir royal était difficilement compatible avec la notion d’une capitale fixe. Le changement dynastique intervenu avec l’élection d’Hugues Capet (987) porte au pouvoir le descendant de Robert le Fort, comte de Paris.
Philippe Auguste, roi de Paris
Philippe Auguste (1180-1223) réside volontiers à Paris et fait installer dans le Palais de la Cité les archives royales au trésor des chartes, annexe de la chapelle du Palais. Des ailes et des tours sont accolées au Palais pour faire face au développement de l’administration et à l’inflation du nombre des clercs et secrétaires. Les réserves financières de la Couronne sont conservées dans le donjon du Temple, tandis que les trésors royaux sont cachés au Louvre, qui sert également de prison. Avant son départ en croisade (1190), Philippe Auguste fait fortifier la ville : le quartier marchand de l’ouest est protégé, mais reste ouvert vers l’extérieur grâce à six portes. Après son retour, il complète la protection de Paris par la construction de la grosse tour du Louvre (1204) et par la fortification du quartier étudiant au sud (1209) et des Halles. Il s’attache à rendre plus salubre et plus belle sa capitale en faisant paver les rues principales (rues Saint-Martin et Saint-Denis) et installer des fontaines liées à un réseau d’aqueducs.
Paris, capitale de la France
La capitale des Capétiens
À partir du XIIe siècle, le roi se fixe à Paris, avec sa cour et une administration centrale de plus en plus élaborée. L’autorité du souverain n’est plus seulement liée à sa position de suzerain suprême, elle repose désormais sur sa fonction sacrée, reconnue par l’ensemble de ses sujets.
Cette évolution politique majeure, sensible entre le XIIe et le XIIIe siècle, permet à Paris d’accéder au rang de capitale. La présence de groupes sociaux à hauts revenus stimule les activités économiques d’une ville qui devient en même temps un centre intellectuel majeur. En quelques décennies, Paris se transforme en un “monstre urbain” de 200 000 habitants environ (en 1297), centre de décision politique du pays, métropole économique et phare des controverses théologiques.
L'urbanisation de la rive droite
Les Capétiens urbanisent la rive droite de la ville à partir des noyaux de peuplement souvent constitués par des églises (Saint-Germain-l’Auxerrois). Ils mènent les constructions le long des axes routiers (rues Saint-Martin et Saint-Denis) et au débouché des ponts ou du port (place de Grève). Les foires du Lendit s’établissent au début du XIIe siècle sur la route de Saint-Denis et se spécialisent dans le commerce du vin. Sur la rive gauche, les fonctions intellectuelles dominent grâce à de nombreuses écoles disséminées dans un paysage mi-rural (nombreuses vignes), mi-urbain. À partir de 1163, le chantier de reconstruction de Notre-Dame se met en place pour de nombreuses années. L’évêque Maurice de Sully (v. 1120-1196) couvre la ville d’un maillage de paroisses. Mais c’est véritablement Philippe Auguste qui fait de Paris la capitale du royaume.
Des ruelles nauséabondes
La circulation dans la ville posait déjà de gros problèmes. En effet, l’axe nord-sud était interrompu sur l’île de la Cité, le raccordement entre ses deux parties (la rue Saint-Denis pour la rive droite et la rue Saint-Jacques pour la rive gauche) passait par un lacis de ruelles tortueuses. L’axe est-ouest était également mal raccordé au réseau général de circulation. En outre, ces routes non pavées étaient pleines d’une fange nauséabonde comme le racontent les Chroniques de Saint-Denis : "Un jour que le roi [Philippe Auguste] allait par son palais [...] il s’accouda à une des fenêtres pour prendre l’air. Or il arriva que précisément des charrettes qui passaient sur les chemins remuèrent et touillèrent tant la boue et les immondices, dont la voie est pleine, qu’une puanteur à peine supportable en sortit, monta jusqu’à la fenêtre où est accoudé le roi. Quand il sentit cette odeur affreuse, il quitta la fenêtre, le cœur défaillant." D’après le chroniqueur, c’est cet incident qui décida le roi à faire paver les rues principales.
Des ponts de bois
Les Parisiens disposaient seulement de deux ponts pour traverser la Seine. Jusqu’en 1499, ils étaient en bois et encombrés d’habitations : cent quarante maisons et cent douze boutiques occupaient le Grand-Pont, sans compter les moulins.
Visitant la capitale entre 1175 et 1190, Gui de Bazoches a brossé un éloge de Paris, qui souligne l’importance de la Seine et des ponts.
Égouts et fontaines
Des bateliers assuraient la traversée entre le Louvre et la tour de Nesles moyennant finance. Les rues restaient souvent encombrées d’immondices entassés devant les maisons au mépris de toutes les règles d’hygiène. En 1260, on creusa des égouts dans le Marais pour évacuer les eaux usées, qui se déversaient dans les fossés et dans la Bièvre détournée de son cours. De plus, deux aqueducs (de Belleville et du Pré-Saint-Gervais) approvisionnaient en eau potable les six fontaines aménagées entre 1182 et 1400 (Sainte-Avoye, les Innocents, Maubuée, les Halles, Saint-Julien et Saint-Leu). À la fin du XVe siècle, on comptait 17 fontaines à Paris. Les Parisiens buvaient également l’eau de nombreux puits privés, parfois filtrants.
Mort et maladie
Au Moyen Âge, les cimetières comme celui des Innocents (clos par Philippe Auguste) étaient un lieu de convivialité important (marchés, réunions, lieu de passage) malgré les interdictions ecclésiastiques répétées en vain.
La justice royale était représentée par le gibet royal de Montfaucon situé au nord-est de la ville. En banlieue étaient rejetées les léproseries : celle du Roule (à Neuilly) et celle de Villeneuve-Saint-Ladre.La ville royale
L'empreinte des rois
Saint Louis a laissé sa propre empreinte à la ville royale : il fait construire la Sainte-Chapelle en 1248 pour abriter une relique particulièrement prestigieuse : une épine de la couronne du Christ. Ses successeurs agrandissent le Palais.
Le dynamisme économique, allié aux fonctions de capitale d’un puissant royaume, pousse Paris à déborder rapidement les 250 hectares enfermés dans l’enceinte de Philippe Auguste (construite en 1190-1210). La ville s’étend dans toutes les directions et se divise désormais en trois parties : la "Cité”, le cœur religieux, administratif et judiciaire ; la "Ville”, la rive droite porteuse des activités économiques liées aux ports et aux Halles ; l’"Université”, la rive gauche estudiantine.
Philippe le Bel (1285-1314) accomplit les plus grands travaux : reconstruction du Palais, édification de la grande salle du Parlement à partir de 1299 (tribunal suprême du royaume), ornée de statues des rois de France et d’une table de marbre. Le logement du roi est situé à l’ouest. À la pointe de l’île, le jardin du roi donne sur un port. Près de la Sainte-Chapelle se trouve la Chambre des comptes. Aux temps fastueux de Philippe le Bel, la cour du roi ne compte pas moins de sept cent cinquante personnes.
Les rois Charles V puis Charles VI préfèrent résider à l’hôtel Saint-Paul, la rive droite est alors dotée d’une nouvelle muraille.
À partir du XIVe siècle, le dynamisme de la ville repose largement sur sa fonction de capitale politique.
Le gouvernement de Paris
À partir de 1266, le gouvernement de Paris repose sur une organisation bicéphale : le prévôt de Paris et le prévôt des marchands. Le prévôt de Paris représente le roi et siège au Châtelet, tandis que le prévôt des marchands représente la municipalité (avec quatre échevins) et la hanse des marchands de l’eau. Cette hanse regroupe les négociants qui utilisent le réseau fluvial de la Seine pour leurs transactions ; ils entendent imposer leur monopole jusqu’à Rouen (depuis le XIIe siècle). À partir de 1357, son siège est installé en place de Grève dans la Maison aux Piliers (le Parloir aux Bourgeois) qui fait office d’hôtel de ville. Le prévôt des marchands et les échevins sont chargés de l’administration municipale (gestion matérielle de la ville, justice commerciale et police des ports et des marchés). Cette exception institutionnelle parisienne était un moyen pour le roi d’éviter la constitution d’une commune difficile à dominer, mais elle n’empêcha pas des tensions politiques fortes, qui dégénérèrent en véritables insurrections à la fin du Moyen Âge
La ville universitaire
Au cœur des débats intellectuels
À partir du XIIe siècle, Paris est reconnu comme un centre intellectuel d’importance à cause des nombreuses écoles de la rive gauche, notamment celle du cloître Notre-Dame et celles des abbayes Saint-Victor et Sainte-Geneviève. Pierre Abélard (1079-1142) voit les élèves affluer de toute la chrétienté pour écouter ses leçons et le suivre lorsqu’il est exilé loin de Paris. Dès 1200, les maîtres s’organisent en une communauté autonome, l’Université, dotée de privilèges qui l’exemptent de la justice séculière et des impôts royaux. Celle-ci obtient des privilèges du pape en 1215, renouvelés et élargis en 1231, qui lui octroient une large autonomie et de multiples franchises fiscales et judiciaires. Au XIIIe siècle, des maîtres de renom comme saint Thomas d’Aquin et saint Albert le Grand font de la faculté de théologie parisienne le haut lieu des débats de la chrétienté.
Le développement des collèges
Des collèges se multiplient pour accueillir les étudiants : celui de la Sorbonne en 1257 puis celui de Navarre en 1304. Aux XIVe et XVe siècles le phénomène se poursuit, on compte une soixantaine de collèges en 1500. Les étudiants qui affluent à Paris se réunissent en "nations" (française, picarde, normande, anglaise, etc.).
Afin de mieux surveiller cette jeune Université, le pape lui impose d’intégrer les studia (écoles propres aux couvents des frères mendiants) des dominicains et franciscains parisiens (ce qui ne se fit pas sans heurts, notamment en 1252-1256). L’organisation de l’Université ne met pas fin aux ingérences de l’évêque dans les enseignements théologiques et philosophiques : c’est ainsi que l’évêque de Paris, Étienne Tempier, condamna fermement l’averroïsme en 1277. Les titres acquis dans les universités parisienne étaient reconnus dans toute la chrétienté et celles de théologie et de philosophie jouissaient du plus grand prestige.
De la surveillance du pape à la tutelle du roi
Lors du grand schisme de 1378, l’Université crut pouvoir jouer un rôle majeur. Elle y perdit son prestige auprès de la papauté et dans les pays d’Empire et d’Europe centrale, où se développèrent de nouvelles universités. Le recrutement de l’université de Paris se restreignit peu à peu à la France du Nord. De plus, le choix malheureux de l’Université en faveur des Anglo-Bourguignons entraîna son passage sous la tutelle royale : au XVe siècle, ses privilèges et exemptions furent supprimés au profit des tribunaux royaux (1436 puis 1452).
Vers 1400, l’université de Paris regroupait environ 4 000 étudiants et maîtres, autour desquels gravitait tout un monde de bedeaux, copistes et libraires. Ses maîtres étaient régulièrement consultés par les rois sur des points de théologie (à partir de Philippe le Bel). Les plus célèbres furent d’abord issus des ordres mendiants (saint Thomas d’Aquin, Bonaventure, saint Albert le Grand), puis de l’Église séculière (Buridan, Gerson, Oresme et d’Ailly). Mais au XVe siècle, l’humanisme se développa hors de l’Université qui n’accueillit que timidement ses disciplines phares : le grec et la rhétorique. Cependant c’est à la Sorbonne que fut installée la première presse d’imprimerie du royaume en 1468-1470.
La vie économique parisienne au Moyen Âge
Paris est un monstre urbain par sa taille et la concentration de pouvoirs qu’elle représente dès le XIIIe siècle. Pour nourrir ses quelque 200 000 habitants, elle fait venir ses produits alimentaires des régions avoisinantes sur un périmètre très large.
Les privilèges des marchands
À Paris même, la hanse des marchands de l’eau réserve à ses seuls membres le monopole de la navigation sur la Seine jusqu’à Rouen. La politique d’expansion du domaine royal menée avec succès par les Capétiens profite au commerce parisien, qui donne en échange son appui à la monarchie sous forme de prêts et d’une aide pour la gestion des finances. Le roi Philippe Auguste s’assure de la fidélité des marchands en multipliant les privilèges commerciaux et judiciaires en faveur de la hanse des marchands de l’eau (1190 et 1204).
Quelques documents comme le Livre des métiers d’Étienne Boileau, le registre de la taille de 1297 et le premier recensement de 1328 permettent de se faire une idée assez précise de la vie économique et sociale des Parisiens.
La réglementation des métiers
L’exercice des métiers à Paris était précisément réglementé comme l’atteste le Livre des métiers (composé en 1268 par Étienne Boileau prévôt de Paris), qui recensait plus d’une centaine de professions. Chaque atelier (appelé hostel) était dirigé par un maître entouré par un groupe d’apprentis et de compagnons. Ceux-ci travaillaient à la lumière du jour à l’ouvroir donnant sur la rue, de manière que l’on puisse vérifier la qualité de l’ouvrage. Les cloches rythmaient la journée de travail, qui pouvait varier de neuf heures en hiver à seize heures en été.
Les Halles (aux Champeaux) furent aménagées dès 1137 par Louis VII pour stocker et vendre le grain, le sel, le bétail, les draps de Flandre et de Normandie, et les articles de mercerie. Les ports de la Seine étaient très actifs, le plus important étant celui de Grève. Le vin, le sel, le poisson de la Manche, le bois et la pierre étaient acheminés par bateau. Les cris des vendeurs jurés, des mesureurs, des courtiers, des avaleurs (ceux qui déchargent les marchandises) retentissaient sur les quais et se prolongeaient dans les tavernes et auberges environnantes.
Même si Bruges dominait les transactions financières européennes, les foires de Saint-Denis et du Lendit, situées aux porte de Paris, apparaissaient comme des places commerciales très actives.
La concentration des revenus royaux dans la capitale attirait une classe d’affaires de banquiers et changeurs, particulièrement nombreux à partir du XIVe siècle, avec associés, représentants et succursales permanents dans la capitale.Une société en mouvement
Les fluctuations démographiques
La population de Paris, qui comptait 50 000 habitants vers 1220, atteignit un maximum de 200 000 habitants en 1328, pour redescendre à 80 000 habitants environ vers 1420 et retrouver son maximum vers 1500.
Le recensement de 1328 dénombrait 61 098 feux, soit environ 200 000 habitants, ce qui est considérable pour l’époque. La ville ne comptait alors pas moins de trente-cinq paroisses (d’où son nom de ville aux cent clochers). Elle était l’une des plus grandes d’Europe, et la seule à cumuler les fonctions de capitale et de première université de théologie de la chrétienté.
Les élites laïques et ecclésiastiques
Une bonne part des élites laïques (ducs, comtes) et ecclésiastiques (archevêques) se faisaient construire un hôtel à Paris pour résider auprès du roi quelques mois dans l’année. On peut encore admirer de nos jours l’hôtel des archevêques de Sens, construit comme une forteresse, et celui des abbés de Cluny, moins austère et entouré de jardins.
Les confréries
La société parisienne était dominée par les grands marchands et maîtres des métiers les plus prestigieux, mais cette élite devait accueillir de plus en plus de gens de robes et d’officiers royaux, également actifs dans la vie urbaine (échevinage, confréries, chapitres).
Les artisans d’un même métier avaient tendance à se regrouper dans les mêmes rues comme l’atteste le registre de la taille de 1297.
Les confréries encadraient sur le plan religieux les hommes d’un même métier, qui se réunissaient pour la fête de leur saint patron (saint Éloi pour les orfèvres), pour les funérailles d’un confrère ou pour leur banquet annuel. Elles apportaient leur secours aux veuves et aux orphelins. Ces confréries avaient parfois leur propre chapelle dans les cathédrales et participaient aux processions et aux fêtes de la ville, ainsi qu’à l’organisation de spectacles religieux (jeux liturgiques et mystères).
Paris en révolte
Les révoltes et troubles "révolutionnaires" se multiplient dans la capitale à la fin du Moyen Âge. Durant ces périodes troublées, les rois apprécient le refuge de Vincennes, proche mais hors des limites de cette ville turbulente.
L'insurrection d'Étienne Marcel
Étienne Marcel (1356-1358), prévôt des marchands qui, avec Robert le Coq, représentait la bourgeoisie aux états généraux de 1355 et 1356, contribua à imposer au Dauphin (le futur Charles V) la grande ordonnance de 1357 (qui prévoyait le contrôle des subsides par les états), un conseil adjoint au Dauphin et le renvoi des conseillers de Jean II. N’ayant pas réussi, Étienne Marcel choisit la voie de l’insurrection à partir du 22 février 1358 : le palais fut envahi par les insurgés, qui assassinèrent deux conseillers et obligèrent le Dauphin à promulguer la grande ordonnance de 1357. Le roi s’enfuit et les tentatives d’Étienne Marcel pour rallier la province à son mouvement échouèrent. Il s’allia Charles II le Mauvais (roi de Navarre 1349-1387) et périt assassiné en 1358 par un partisan du Dauphin.
La révolte des Maillotins
La révolte des Maillotins (1382-1383) partit d’un mécontentement fiscal et aboutit à une révolte de toute la bourgeoisie qui ferma l’accès de la ville aux agents du roi pendant plusieurs mois. En représailles, Paris resta désarmé et privé d’institutions municipales jusqu’en 1412. Les privilèges de la hanse des marchands de l’eau et la prévôté des marchands furent supprimés.
Le mouvement des Cabochiens
Le mouvement des Cabochiens (avril-août 1413) fut lancé par le duc de Bourgogne Jean sans Peur dans le cadre de la guerre civile des Armagnacs et des Bourguignons. Il porte le nom d’un valet écorcheur, Simon le Coustelier dit Caboche. Cette insurrection populaire fut relayée par un courant réformateur animé par des théologiens et des juristes, qui s’attela à la réforme de l’État et rédigea une ordonnance cabochienne qui ne fut jamais appliquée.
Après l’entrée des Bourguignons dans Paris en 1418, la ville demeura ruinée sous domination anglo-bourguignonne jusqu’en 1436, date de son ralliement à Charles VII.
La méfiance des rois
À partir des années 1445, la prévôté des marchands ést tenue non plus par les représentants des marchands et maîtres de métiers, mais par des officiers royaux, (gens de justice ou de finance).
Les rois se méfient de cette ville turbulente qu’ils désertent pour longtemps, bien qu’elle reste officiellement capitale du royaume, notamment grâce à l’action de Charles VII qui y rétablit l’administration centrale.
Source : BNF
1. 16/02/2012
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