Lille

 

 

Au moment de son émergence dans l'histoire, Lille appartient au comté de Flandre, alors une des régions les plus prospères d'Europe. Lille intègre un réseau de villes dont certaines sont héritées de l’urbanisme antique (Boulogne, Arras, Cambrai) tandis que d'autres sont de développement plus tardif, à l'époque carolingienne (Valenciennes, Saint-Omer, Gand, Bruges, Anvers, Douai). L’essor ou le renouveau urbain repose alors sur la fabrication, la diffusion de draps de laine et sur le commerce.

 Dès le XIIe, la renommée de la foire aux draps de Lille s'accroît. En 1144 apparaît dans les sources la « paroisse saint Sauveur » qui donna son nom au quartier « saint Sauveur ».

 Les comtes de Flandre, de Boulogne et du Hainaut, l'Angleterre et le Saint Empire Germanique s'unissent pour faire la guerre à la France et à son roi Philippe Auguste. Lors de cette guerre, le roi de France Philippe Auguste bat le comte de Flandre et l'Empereur Germanique Othon IV, elle s'achève par la victoire française de Bouvines en 1214. Le comte Ferrand de Portugal est emprisonné et le comté tombe en « quenouille » : c'est son épouse, Jeanne, comtesse de Flandre et de Constantinople qui gouverne la ville. La comtesse était, dit-on, fort aimée des Lillois. Lille compte alors 10 000 habitants.

 En 1224, l'ermite Bertrand de Rains, sans doute poussé par des seigneurs locaux, essaye de se faire passer pour Baudoin Ier de Constantinople, père de Jeanne de Flandre disparu à la bataille d'Andrinople. Il pousse les comtés de Flandre et du Hainaut à la sédition contre Jeanne pour recouvrer ses terres. Elle en appelle à son cousin le roi Louis VIII le Lion. Celui-ci démasque l'imposteur qui est ensuite pendu par la comtesse Jeanne. Le roi consent en 1226 à libérer Ferrand de Portugal, qui meurt en 1233, ainsi que sa fille, Marie, peu après. En 1235, Jeanne octroie une charte à la ville de Lille par laquelle les mayeurs et les échevins sont choisis à chaque Toussaint par quatre commissaires désignés par le souverain. Le 6 février 1236 elle fonde, dans l'enceinte de son palais lillois, l'hôpital Comtesse, qui demeure l'un des plus beaux bâtiment du Vieux-Lille. C'est en son honneur que la maternité du centre hospitalier régional universitaire de Lille fut baptisée hôpital Jeanne de Flandre au XXe siècle.

 À la mort de la comtesse, sans descendance, en 1244 en l'Abbaye du repos de Notre-Dame de Marquette, les comtés de Flandre et du Hainaut échoient à sa sœur Marguerite II de Flandre puis au fils de Marguerite, Gui de Dampierre. Suite à la victoire des milices flamandes, en 1302, lors de la bataille des Eperons d'Or, Lille à son tour, chasse les Leliaerts et se joint à ses compatriotes flamands. Lille passera tout de même sous la tutelle de la France de 1304 à 1369, après la bataille de Mons-en-Pévèle.

 Le comté de Flandre est rattaché au duché de Bourgogne après le mariage en 1369 de Marguerite de Male, comtesse de Flandre, et de Philippe II le Hardi, duc de Bourgogne. Le duc crée en 1385 le Conseil de Lille comprenant une Chambre des Comptes et une cour de justice, le Conseil de Flandre. Ce conseil est sédentaire et s'occupe des affaires financières et judiciaires de l'ensemble des territoires du duc à l'exception de la Bourgogne. Par la suite, Jean sans Peur déplace le Conseil de Flandre à Gand mais conserve la Chambre des Comptes à Lille où elle a la charge des affaires financières de tous les territoires à l'exception du Brabant, de la Hollande, de la Frise et de la Bourgogne- Lille devient alors l'une des trois capitales du duché bourguignon avec Bruxelles et Dijon. En 1445, Lille compte 25 000 habitants. Philippe le Bon, duc de Bourgogne, et plus puissant que le roi de France, fit de Lille une capitale administrative et financière.

 Le 17 février 1454, soit un an après la prise de Constantinople par les Turcs, Philippe le Bon organise en son palais ducal de Lille un banquet pantagruélique resté célèbre sous le nom de « Banquet du Vœu du faisan ». Le duc et ses suivants y firent le serment sur un faisan richement paré de porter secours à la Chrétienté.

 

En 1477, à la mort de Charles le Téméraire dernier duc de Bourgogne, son héritière Marie de Bourgogne épouse Maximilien d'Autriche, apportant la ville aux Habsbourg, qui prend ainsi le titre de comte des Flandres. A Lille, en 1477, la Chambre des Comptes de Lille est alors supprimée. À la fin du règne de l'empereur romain germanique Charles V, dit Charles Quint, les Flandres espagnoles échoient à son fils aîné. Lille passe donc sous la tutelle de Philippe II d'Espagne, roi d'Espagne. La ville resta sous autorité espagnole jusqu'au règne de Philippe IV d'Espagne.

Commentaires (0)

Aucun commentaire pour l'instant, soyez le premier à laisser un commentaire.

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau

 


 

 

Créer un site gratuit avec e-monsite.com - Signaler un contenu illicite