L'établissement de son fils Louis III
En 890, Louis III est proclamé roi de Provence à Valence par une assemblée où participe activement l'archevêque d'Arles, Rostaing, le même qui avait soutenu onze ans plus tôt Boson V de Provence à Mantaille. Le nouveau roi réside à Vienne et entreprend au début de son règne (896) quelques tentatives contre les Sarrasins qui continuent à dévaster la Provence.
Louis se décharge sur le comte Teutbert, comte de Provence dès 890, de l'administration de son royaume notamment lors de ses expéditions en Italie. Ce Teutbert, également connu sous le nom de Thibert, intervient à Arles et dans plusieurs cités provençales. Il meurt certainement en 908 car on perd sa trace à cette date. Un de ses petits-fils pourrait être à l'origine de la famille des vicomtes de Marseille. Selon différents historiens, Arlulf de Marseille serait en effet le fils de Thibert II d'Arles, seigneur de 925 à 942. Mais cette interprétation est aujourd'hui contestée à la suite de travaux récents.
En dépit de la présence de ce comte, Louis, occupé par ses aventures Italiennes, néglige ses propres affaires provençales et les grands aristocrates, ecclésiastiques et laïcs, en profitent. Ainsi l'archevêque d'Arles obtient le droit de frapper monnaie ainsi que les bénéfices des tonlieux sur le Rhône. D'après l'historien Jean-Pierre Poly, c'est entre 890 et 910, que la monnaie d’Arles est donnée par le roi à l'archevêque arlésien Rostang.
Arles à la fin du ixe siècle
En cette fin de siècle, Arles est une citadelle dominant un territoire déserté. Plusieurs textes respectivement de 874, 890 et 897, évoquent des terres dépeuplées par l'assaut des barbares. Néanmoins, la Provence rhodanienne, pour des raisons non totalement expliquées va désormais être moins affectée par les Sarrasins dont les activités vont se déplacer en Provence occidentale, probablement à la suite de leur installation dans les années 890 au Fraxinet.
Protégée par ses remparts, la cité conserve toutefois un rôle économique et religieux important. Si Arles a perdu ses fonctions de capitale au profit de Vienne où réside le roi Louis, son port, animé par le commerce amalfitain semble désormais l'emporter sur Marseille en pleine décadence, à l'inverse du siècle précédent. La frappe arlésienne connaît également un apogée autour des années 880-890, probablement en relation avec la belle époque de ce commerce. De même, dans le domaine ecclésiastique, à partir de la fin du ixe siècle les évêques d'Arles accroissent leur pouvoir temporel et spirituel au sein de l'Église provençale.
xe siècle
Arles sous Hugues d'Arles
À partir de 905 tous les diplômes de Louis III sont donnés à Vienne et, dans son royaume de Provence, il semble que le roi ne quitte plus sa capitale après le 24 avril 904, date de son dernier passage à Arles. De même, après 905, la présence du comte Thibert se fait discrète ; il disparait devant le nouvel homme fort Hugues, fils du bosonide Théobald d'Arles qui s'était battu au côté de Boson V de Provence, son cousin, dans les années 880-881. Hugues est désigné par le titre de duc ou de marquis et Liutprand de Crémone le dit duc des Provençaux. Véritable maître du Royaume, Hugues réside dans la cité d'Arles initialement entre 911 et 926, puis de façon plus épisodique lors de son aventure italienne (926-946) et enfin après son retour en Provence jusqu'à sa mort, dans les années 946-947.
Hugues à Arles
Royaume d'Arles
En 911, Arles devient la vraie capitale du Royaume et Vienne que la résidence du malheureux souverain infirme Louis III. Toutefois, la venue d'Hugues crée de fortes tensions entre l'aristocratie locale et l'aristocratie bourguignonne amenée par le comte. On peut se rappeler par exemple, que Manassès d'Arles, l'archevêque d'Arles désigné en 914, était fils d'un comte de Chalon et neveu d'Hugues. Il devient à cette époque le seul métropolitain en Provence nommant à la tête des évêchés des clercs de son entourage. Ces tensions qui se traduisent parfois par des meurtres, culminent dans les années 914-920. La région est également soumise à des troubles exogènes. Les Magyars dévastent la Provence et la vallée du Rhône en 924. Ils atteignent Mende et Nîmes, en épargnant la cité d'Arles, probablement mieux défendue. Toutefois, d'une manière générale, la région d'Arles est moins exposée à ces troubles et aux razzias des Maures que la Provence orientale. Ainsi en 923, l’archevêque d’Arles Manasses cède à l’Église de Marseille, menacée par les bandes sarrasines, les églises de Fos et l’abbaye Saint-André de la Cape où l’évêque de Marseille Drogo, fidèle de l’archevêque et ancien clerc arlésien, peut se réfugier. Déjà en 921, l'archevêque avait reçu du roi Louis III des droits sur la ville dont ceux perçus sur les Grecs et les autres gens venant à Arles, laissant ainsi supposer une activité portuaire significative à cette date.
Peu de temps après, en 924, Raoul, neveu du roi Boson de Provence et frère de Hugues le Noir, élu roi des Francs, intervient dans le royaume de Provence où l'aristocratie méridionale avait refusé de le reconnaître et était restée fidèle à la légitimité carolingienne. Hugues d'Arles doit lui consentir hommage et scelle une alliance par le mariage de Berthe, sa nièce avec Boson le frère de Raoul.
Hugues en Italie
En juillet 926, Hugues quitte Arles pour prendre la couronne de roi d'Italie et se fait remplacer à Arles par son frère également appelé Boson (dit Boson d'Arles ou Boson VI de Provence). Hugues revient toutefois dans la cité dès 928 à la mort du roi Louis pour lui succéder sur la Provence. Sans prendre prendre le titre de roi, il continue de porter le titre de marquis de Provence et roi d’Italie. Il cède toutefois le Viennois au roi Raoul.
Engagé dans des conflits en Italie, Hugues ne peut s'occuper correctement de la Provence. À la suite d'un arrangement conclu en 926, il la cède en 934 à Rodolphe II roi de Bourgogne, tout en conservant ses propriétés dans la région d'Arles. L'union des deux royaumes est appelée royaume des Deux Bourgogne ou royaume de Bourgogne ou royaume d'Arles (934-1032). En réalité, grâce à ses proches, Hugues reste très puissant et continue à tenir le pouvoir dans la région, même s'il doit mater une rébellion de son frère Boson en 936. À la mort de Rodolphe (937), Hugues revient temporairement à Arles et tente en vain de mettre la main sur la veuve et surtout l'héritier, le jeune Conrad qui est alors protégé par le roi de Germanie, Otton.
La fin de l'aventure italienne
En 945 en Italie, Bérenger II, appelé aussi Bérenger d'Ivrée, petit-fils maternel de Bérenger de Frioul réussit à convaincre de nombreux aristocrates italiens de le suivre en promettant terres et honneurs. Hugues se voyant isolé, confie le royaume à son fils Lothaire et retourne en Provence en 947. Chassé d'Italie, Hugues trouve refuge auprès de sa nièce Berthe, la deuxième fille de son frère, dans la ville d'Arles où il meurt en 948.
Naissance de la Ire dynastie des comtes de Provence
La suzerainté de Conrad le Pacifique
L'abbaye de Montmajour fut érigée sur une butte dominant la plaine marécageuse s'étendant au nord d'Arles
Dès 948 (ou 949), Conrad, dit le Pacifique, appuyé par le roi de Germanie, réussit à faire reconnaître sa suzeraineté sur l'ancien royaume de Provence. Conrad affirme son autorité en créant le marquisat de Provence et en nommant trois comtes et des vicomtes, étrangers au pays, dont un à Arles qui va rapidement supplanter tous les autres. Il s'agit du comte d'origine bourguignonne ou auvergnate Boson II (parent éloigné du Boson de la fin ixe siècle), à l'origine de la première lignée des comtes de Provence.
Le roi Conrad se manifeste dès 945 à Arles où il tient de nombreux plaids à partir des années 963 ainsi qu'en 976 et 978. Il participe également en 949 à la donation de Teucinde d'Arles qui permet la fondation de l'abbaye de Montmajour à une lieue d'Arles. Sa présence pourtant va devenir sporadique après 980, compte tenu de l'évolution du pouvoir en Provence.
La sécurité en Provence : le problème des Maures
À cette époque, le problème sécuritaire le plus important en Provence surtout dans la partie orientale, ce sont les Sarrasins. La lutte contre ces pillards n'est d'abord que sporadique dans la mesure où les comtes de Provence se trouvent engagés en Italie dans leurs entreprises de conquête. En 940, par exemple, Hugues d'Arles demande au calife de Cordoue de protéger les marchands provençaux qui commercent avec l'Andalousie, des pirates du Freinet. De même, en 941, Hugues entreprend une expédition contre les Sarrasins retranchées dans le massif des Maures qui tourne court, faisant alliance au dernier moment avec eux contre ses ennemis en Italie.
La lutte devient plus efficace à la fin du siècle qui voit l'éradication des dernières bases sarrasines. À la suite à l'enlèvement de l'abbé Mayeul, les princes de Provence réunis sous l'égide du comte Guillaume Ier, qui a succédé à son père Boson en 968, sont définitivement victorieux des Maures à la bataille de Tourtour en 973.
L'établissement de la première dynastie comtale à Arles
Cette victoire obtenue sans les troupes de Conrad est importante : elle permet à Guillaume d'obtenir la suzeraineté de fait de la Provence (il va distribuer les terres reconquises à ses vassaux) et à Arles de retrouver son statut de capitale où peu après 981, le comte devenu marquis de Provence revient s'y établir. Le comte réside dans un palais, le Palais de la Trouille construit sur les ruines d'un vaste monument antique, les thermes de Constantin, de Pâques au 15 août (l'hiver la cour réside à Manosque) et il y tient des plaids ou assemblées plénières de justice deux fois par an, en principe à Pâques et à l'Assomption. La tenue de ces plaids est un acte solennel de la juridiction comtale célébré devant un groupe nombreux d'assistants, théoriquement tous citoyens arlésiens. En réalité, il s'agit de notables, les boni homines qui ont des biens dans la cité. On peut rappeler par exemple le plaid de 991 où Riculf l'évêque de Fréjus, implore à Arles auprès du prince la restitution des anciens domaines de l'évêché.
Sur le plan politique Arles rayonne du fait de la renommée et de la puissance du comte. La princesse Azalaïs appelée aussi Adélaïde d'Anjou (947-1026), ancienne épouse du futur roi de France Louis V, se réfugie à Arles en 983 et se marie contre l'avis du pape avec le comte Guillaume en 984. Leur fille, Constance d'Arles (986-1032) sera reine de France par son mariage avec Robert II.
Débute alors une période de paix et de stabilité politique qui se traduit à Arles par un renouveau économique, marqué par un fort accroissement démographique et le développement agricole (vigne et céréales), par des travaux entrepris dès 972 visant l'assèchement des marais qui entourent l'abbaye de Montmajour, par l'extension, déjà commencée en 972, de la ville en dehors de ses remparts (le Vieux Bourg au sud)et sur le plan religieux, par la création vers 980 d'un des premiers chapitres de France (avec celui d'Avignon). À côté des chrétiens figurent également les nombreux juifs d'une communauté bien représentée. Certains de ses membres gèrent une partie du patrimoine de l'archevêque Ithier et quelques-uns tels Abamari Ben Astruc, Joseph Bona Fide ou Bohume possèdent de nombreuses terres dans l'arrière-pays arlésien.
Ce développement démographique et agricole ne se retrouve toutefois pas sur le plan commercial et financier. La frappe arlésienne, abondante à la fin du ixe siècle grâce au commerce amalfitain, disparait vers l'an mil. L'argent fin, tribut payé par les grecs, disparait et l'atelier d'Arles n'est plus alimenté. C'est l'image d'une région dont le commerce périclite et qui achète peu.
A la veille de l'an mil, apparition de la féodalité
En parallèle à cette émancipation de la Provence vis-à-vis des rois de Bourgogne, apparaît entre 950 et l'an 1000, le système féodal et ses castes, miles et caballerius. À Arles, il s'agit des fondateurs des plus illustres familles arlésiennes : d'abord Pons juvenis pour la famille des Baux dès 952 et ensuite Daidonat en 972 pour celle des Porcelet. D'autres personnages comme les vicomtes de Marseille ou les Châteaurenard possèdent un pied-à-terre à Arles où avec d'autres arlésiens sporadiques ils demeurent entre deux campagnes en Provence occidentale. À partir de 972, s'y rajoutent de nombreux Provençaux exilés en Bourgogne au début du xe siècle qui regagnent leur domaine d'origine. Cette féodalité arlésienne a ses propres particularités : elle est bien sûr rurale, mais aussi urbaine et commerciale. Cette naissance s'accompagne de spoliations/restitutions de temporels religieux, de conflits féodaux et au final d'une perte de ressources du comte. Ainsi, dès la mort de Guillaume en 993, ses successeurs moins puissants, ne contrôleront plus que la région d'Arles.
Chronologie
VIe siècle
501 : à l'occasion du conflit entre Francs et Burgondes (500-501) la ville repasse sous le contrôle des Wisigoths; en effet, pour se défendre de son frère Godégisile et de Clovis qui l'assiègent à Avignon, Gondebaud doit s'allier avec le roi Wisigoth Alaric II qui profite de la situation pour récupérer la cité.
502 : les Francs et les Burgondes réconciliés essayent de prendre la cité, une première fois par Thierry, fils de Clovis, qui est battu près d'Arles, puis dans la plaine de Bellegarde probablement au début de 502.
507-508 :
Les Francs et les Burgondes interviennent une seconde fois après la bataille de Vouillé et la mort du roi Alaric.
Lors de cette seconde tentative, la cité assiégée est secourue par les Ostrogoths de Théodoric le Grand qui se mettent en route vers la Gaule le 24 juin 508.
511-536 : Libérius, préfet du prétoire des Gaules nommé par Théodoric.
512 : Césaire, après avoir fait une première tentative hors des murs dans les années 506-507, installe finalement le 26 août 512 le monastère Saint-Jean dans l'angle sud-est du rempart où sous le nom de Saint-Césaire, il est demeuré jusqu'à la Révolution.
513 : l'archevêque Césaire reçoit du pape Symmaque le droit de porter le pallium et devient ainsi son représentant en Gaule.
524 : l'archevêque Césaire d'Arles préside le concile d'Arles.
527 : l'archevêque Césaire d'Arles préside le concile de Carpentras.
529
L'archevêque Césaire d'Arles préside le concile de Vaison.
L'archevêque Césaire d'Arles préside le deuxième concile d'Orange qui condamne le semi-pélagianisme et donne une formulation théologique de la grâce telle qu'elle avait été prônée par Augustin contre ceux qui, comme Jean Cassien, donnaient un rôle plus important au libre arbitre.
533 : l'archevêque Césaire d'Arles préside le concile de Marseille.
534 : la ville est assiégée par Théodebert.
536 : cession de la cité et de la Provence par les Ostrogoths aux Francs. Au cours de l'hiver 536 / 537, Théodebert fils de Thierry et son oncle Childebert viennent prendre possession de leur nouvelle acquisition.
548 : Aurélien fonde à Arles un monastère pour hommes sur ordre du roi Childebert. Ce monastère intra-muros, dénommé des Saints-Apôtres, est à l’origine de l’église Sainte-Croix dans le Bourg-Vieux.
549-600 : peste de Justinien; elle est évoquée à plusieurs reprises par Grégoire de Tours dans son Histoire des Francs : il la cite en particulier à Arles en 549. Quelques années plus tard, en 588, l'épidémie toujours présente emporte l'archevêque Licerius.
561 : partage de la Provence et création du couloir austrasien reliant l'Auvergne à Marseille et isolant Arles.
567 : une épouse de Gontran roi de Bourgogne (561-591), est enfermée chez des moniales arlésiennes.
570 : Arles est assiégée à deux reprises, initialement par les généraux Austrasiens Firmin et Audovère qui s'emparent de la cité, puis par les troupes du comte burgonde Celsus envoyées par Gontran qui bénéficiant d'un stratagème de l'évêque Sapaudus, écrasent l'armée austrasienne et reprennent la ville.
574 : Arles est assiégée par les Lombards qui pillent la ville et razzient le bétail de la Crau.
580 : une crue historique noie les faubourgs de la ville ; le cirque d'Arles dévasté ne sera jamais réhabilité.
585 et/ou 587 : Arles est assiégée par les Wisigoths qui en représailles de l'invasion de la Septimanie par Gontran en 585, inondent la ville en détournant les eaux du Rhône. La cité a probablement été deux fois l'objet de représailles, en 585-586 et 587. Au cours de cet épisode, la région et la ville d'Arles sont défendues par Leudegisèle.
591 : le pape Grégoire le Grand réprimande l'archevêque d'Arles, Virgile, à la suite de nombreuses plaintes à propos de conversions forcées de juifs chassés d'Orléans qui se réfugient en Provence;
595 : le 12 août, Grégoire le Grand adresse à l'archevêque Virgiles sa lettre O quam bona sur la simonie, pour le mettre en garde contre les méfaits de cette hérésie.
596 : préparation à Arles et à Marseille de la mission d'évangélisation de l'Angleterre, confiée à Augustin.
597 : le 17 novembre, Augustin de Cantorbéry est de retour à Arles après avoir converti le roi, la reine et les principaux officiers. À la demande de Grégoire Ier, et entourés de nombreux évêques, il est consacré archevêque de l'Église d'Angleterre dans la basilique Saint-Trophime par l'archevêque d'Arles, Virgile, alors vicaire du Saint-Siège en Gaules.
VIIe siècle
613 : le pape Boniface IV confère le pallium et le vicariat des Gaules à l'évêque d'Arles Florianus.
634-656 : sous Dagobert Ier puis Clovis II, présence d'une Provence arlésienne (en opposition à la Provence marseillaise); cette Provence arlésienne semble aller de pair avec l'existence, comme au siècle précédent sous Gontran, du couloir austrasien.
663-673 : sous Clotaire III, présence d'une Provence arlésienne.
675-681 : sous Thierry III, présence d'une Provence arlésienne.
682 : concile présidé par l'évêque d'Arles Felix au sujet du célibat des prêtres.
683-788 : trou des évêques connus dans la liste épiscopale entre les évêques Wolbertus et Elifant.
VIIIe siècle
vers 714 : révolte du patrice Antenor entraînant des troubles en Provence. À la mort de Pépin de Herstal, Antenor veut établir l'indépendance de la Provence .
719 : les Sarrasins traversent les Pyrénées et prennent Narbonne.
725 : razzia des Sarrasins en Septimanie, dans la vallée du Rhône et jusqu'à Autun prise le 22 août. Arles est semble-il épargnée.
733 : le duc ou gouverneur Mauronte de la Provence essaye de se rendre indépendant et se ligue avec d’autres gouverneurs contre Charles Martel alors occupé en Aquitaine. Informé ce dernier intervient en Bourgogne et consolide son pouvoir à Lyon.
734 : rendus plus circonspects, Mauronte et ses confédérés passent un accord avec Jussef Ibn Abd-er-Rhaman, le gouverneur sarrasin de la Septimanie. En rétribution de son secours, ils promettent de lui livrer des places fortes et de l’introduire au-delà du Rhône.
735 : après la mort d'Eudes, Mauronte et ses alliés de Provence et de Bourgogne voyant Charles Martel occupé à la guerre qu'il fait en Aquitaine aux enfants de ce prince, se saisissent de cette occasion pour lever l'étendard de la rébellion ; les Sarrasins entrent en Provence et occupent la ville d’Arles.
736 : Charles après avoir terminé en diligence ses différents avec Hunold et ses frères, marche promptement contre les rebelles, soumet en peu de temps tout le pays depuis Lyon jusqu'à Marseille et Arles. Mais à la suite de la révolte des Saxons Charles doit quitter précipitamment la Provence. Mauronte et ses alliés, à peine informés du départ du prince franc, reprennent aussitôt les armes, et en exécution du traité secret qu'ils avaient fait avec les Sarrasins, leur livrent la ville d'Avignon.
737 : Charles Martel dès la reprise de la rébellion à la faveur de la guerre qu'il fait alors aux Saxons décide d'en arrêter le cours. Après avoir assemblé une armée composée de Français, de Bourguignons et des autres peuples de sa domination il descend au printemps 737 en Provence. Il prend la ville d’Avignon dont il passe les habitants au fil de l’épée, puis négligeant Arles, franchit le Rhône et entre en Septimanie qu’il abandonne précipitamment à l’annonce en septembre, de la mort du roi Thierry IV.
738 : les Sarrasins reviennent en Gaule, mais repartent rapidement pour régler des affaires internes. Toutefois Mauronte et ses alliées sarrasins restés dans la région d’Arles se rendent maître de la Provence.
739 : nouvelle expédition franque avec le soutien des Lombards.
Charles agit du côté du Rhône et le long de la côte avec l'armée française ; Luitprand attaque le duc Mauronte dans les montagnes. Les Sarrasins défaits par la coalition franquo-lombarde, prennent le parti de repasser le Rhône. Charles soumet alors Arles et toute la Provence jusqu'à Marseille à son obéissance.
Le lombard Luitprand allié des Francs participe à la bataille de l'étang de Berre contre les Maures (défaite musulmane de 739).
794 : au concile de Francfort, les limites entre les provinces ecclésiastiques d'Arles et de Vienne sont à nouveau débattues. Arles perd les diocèses d'Aix et d'Embrun, qui sont élevés au rang de métropoles, mais conserve cependant huit suffragants : Marseille, Toulon, Orange, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Avignon, Vaison, Cavaillon et Carpentras.
IXe siècle
800 : Théodulfe, évêque d'Orléans, de passage dans la cité signale tous les produits qu'on peut y trouver grâce à son port : draps de soie, peaux de Cordoue, encens, ivoire et bien d'autres produits de la Syrie, de la Perse et de l'Inde; Arles est à cette époque un port franc prospère ouvert sur le monde méditerranéen.
800-820 : Arles se trouve sur un des itinéraires des marchands chrétiens et juifs qui vont vendre des esclaves à Cordoue (Espagne). Agobard (778-840), évêque de Lyon, reproche par exemple aux juifs d'y amener des chrétiens enlevés à Arles et Lyon.
802 : au printemps, Arles voit probablement passer l’éléphant blanc destiné à Charlemagne
813 : en mai, pour remédier à l'état de l'Église, quatre conciles se tiennent sur l’ordre de Charlemagne dans les villes de : Mayence, Tours, Chalon-sur-Saône et Arles. Celui d’Arles à Saint-Trophime est présidé par Jean II archevêque de la cité.
815 : l'archevêque d'Arles Jean II est envoyé par Louis le Pieux à Ravenne pour réconcilier le pape et l'archevêque de Ravenne.
824 : le 7 novembre, l'archevêque d'Arles Noton, échange des terres de la campagne arlésienne avec le comte Leibulf (?-ap.829);
825 : un autre échange (ou la confirmation du précédent) est mentionné le 3 janvier 825 (diplôme de Louis le Débonnaire, daté du 3 janvier 825).
c.835 : pour lutter contre les pirates, l'empereur regroupe vers 835 l'ensemble des comtés provençaux sous l'autorité d'un duc résidant à Arles, probablement Leibulf déjà comte en 824 et 829.
841 : le 25 juin, le duc Guerin (ou Warin) avec ses contingents arlésiens et provençaux, au côté de Charles et Louis, participe de façon décisive à la bataille de Fontanet qui consacre la défaite de Lothaire devant ses frères.
842 : Arles est pillée par les Sarrasins.
843 : après le traité de Verdun, Arles et la Provence passe sous l'autorité de Lothaire Ier et de ses représentants.
ap. 843 : le diacre Florus, parle en effet d’Arelas optima portus (Arles, riche port).
845 : le duc Fulcrad tente une sécession de la Provence avec la participation probable des Arlésiens.
850 : Arles est à nouveau attaquée, mais contrairement à 842, elle se défend avec succès et massacre les barbaresques dans leur fuite.
855 : à la suite décès de Lothaire Ier, le partage de son royaume donne naissance à la Provence (royaume incluant le Lyonnais, la Viennoise et la Provence proprement dite) dévolue à Charles qui laisse l'administration de son royaume à Girart de Roussillon.
859 : les Normands dévastent le territoire d'Arles à défaut de la cité. Ayant hiverné en Camargue lors de hiver très rigoureux de 859/860, ils remontent au printemps le Rhône avant d'être défaits par Girart de Roussillon probablement au niveau de Valence, et continuent ensuite leur raid vers l'Italie.
863 : à la mort de Charles, la partie sud de son royaume, c'est-à-dire la Provence limitée aux territoires d'Arles, Aix et Embrun, revient à Louis II le Jeune empereur et roi d'Italie. À Arles le pouvoir semble alors exercé par les évêques qui sont amenés à prendre la défense de la population.
865-870 : le géographe arabe Ibn Khordadbeh dans son livre des Routes et des Royaumes évoque les marchands juifs qu'il appelle Radhanites et qui à partir des ports du pays franc (ie Arles et Marseille) se dirigent vers le Moyen-Orient, emportant des marchandises d'origine septentrionale (esclaves, épées et peaux) pour ramener des épices.
869 : en septembre, lors d'une razzia en Camargue, les Sarrasins surprennent l'archevêque Roland en train de superviser la mise en défense de la région. L'évêque fait prisonnier, est échangé contre des armes, des esclaves, et autres richesses. Malheureusement, les Arlésiens ne récupéreront que son cadavre, habillé et mis sur un siège par les barbaresques au moment de la remise de rançon.
875-900 : plusieurs textes respectivement de 874, 890 et 897, évoquent des terres dépeuplées par l'assaut des barbares.
875 : à la mort de l’empereur, la Provence est récupérée par Charles le Chauve qui nomme Boson, duc de Provence.
878 : Au printemps, Boson accueille à Arles le pape Jean VIII qui menacé en Italie vient trouver des alliés de l'autre côté des Alpes. À cette occasion l'évêque d'Arles Rostang, reçoit le pallium. Puis après avoir résider quelque temps dans la cité, Boson et Jean VIII participent au mois de juillet suivant au concile de Troyes.
879 : le 15 octobre, Boson entre en rébellion contre les successeurs carolingiens contestés Louis III et Carloman II et se fait sacrer Roi de Provence dans son château de Mantaille avec l'appui des grands, de l'archevêque de Vienne et celui minoritaire des évêques provençaux dont Rostaing archevêque d'Arles ce qui souligne l'engagement fort, dès cette époque, de l'épiscopat arlésien auprès des princes bourguignons.
881 ou 882 : après la reprise de la Provence à la suite de la prise de Vienne en octobre 881, Carloman descend en Septimanie et laisse comme trace de son autorité quelques deniers frappés à Arles.
av.883 : les Sarrasins pillent à nouveau la cité, ou du moins ses faubourgs, peu de temps avant 883.
887
Boson, qui est rentré en grâce, s'éteint à Arles (ou à Vienne d'après d'autres sources) le 11 janvier.
Dans son testament l’archevêque d’Arles Rostang, donne un nouveau départ à l’abbaye Saint-Césaire, qui paraît avoir cessé d’exister du VIIe au IXe siècle.
ap.890 : la Provence rhodanienne est désormais moins affectée par les Sarrasins dont les activités vont se déplacer en Provence occidentale, probablement à la suite de leur implantation dans les années 890 au Fraxinet.
Xe siècle
911 : véritable maître du Royaume, Hugues d'Arles s'installe à Arles qui devient la vraie capitale et Vienne que la résidence du malheureux souverain infirme Louis III.
911-920 : fortes tensions entre l'aristocratie locale et l'aristocratie bourguignonne amenée par le comte Hugues; ces tensions qui se traduisent parfois par des meurtres, culminent dans les années 915-920.
923 : l’archevêque d’Arles Manassès cède à l’Église de Marseille, menacée par les bandes sarrasines, les églises de Fos et l’abbaye Saint-André de la Cape où l’évêque de Marseille, Drogo (?) peut se réfugier.
924
Les Magyars dévastent la Provence et la vallée du Rhône en 924. Ils atteignent Mende et Nîmes, en épargnant la cité d'Arles, probablement mieux défendue.
Raoul, neveu du roi Boson de Provence et frère de Hugues le Noir, élu roi des Francs, intervient dans le royaume de Provence. Hugues d'Arles lui consent hommage et scelle une alliance par le mariage de Berthe, sa nièce avec Boson le frère de Raoul.
926 : Boson d'Arles succède à son frère Hugues en tant que comte d'Arles lorsque celui-ci quitte Arles pour l'Italie.
934 : à la suite d'un arrangement conclu en 926, Hugues cède la Provence à Rodolphe II roi de Bourgogne, tout en conservant ses propriétés dans la région d'Arles. L'union des deux royaumes est appelée royaume des Deux Bourgogne ou royaume de Bourgogne ou royaume d'Arles (934-1032)
946 : Hugues, chassé d'Italie, retourne en Provence dans la ville d'Arles, auprès de sa nièce Berthe, où il meurt en 948.
948 : Conrad, dit le Pacifique, appuyé par le roi de Germanie, réussit à faire reconnaître sa suzeraineté sur l'ancien royaume de Provence.
949 : le 7 octobre 949, Teucinde, une femme de l’aristocratie Bourguignonne qui a suivi Hugues d'Arles en Provence, achète l’île de Montmajour qui appartient à l'archevêché d'Arles Manassès et en fait donation aux religieux qui y vivent dessus ; l’abbaye est fondée; Teucinde confirme cette donation dans son testament en 977.
960 : date des premières donations à l’abbaye de Montmajour à l’époque de son premier abbé Mauring et de son premier prieur Pons.
963 : le pape Léon III place le monastère de Montmajour sous son autorité directe.
972 : l’abbaye Saint-Césaire retrouve son autonomie sous la direction de l’abbesse Ermengarde nommée par l’archevêque d’Arles Ithier.
972 c. : renouveau démographique et économique, avec :
l'extension de la ville au sud-ouest de la ville (Vieux-Bourg)
l'assèchement des marais qui entourent l'abbaye de Montmajour
973 : Guillaume Ier est définitivement victorieux des Maures à la bataille de Tourtour en 973 (972 ou 975 selon d'autres historiens). Cette victoire permet à Guillaume devenu le suzerain de fait de la Provence d'installer le système féodal dans cette province.
977 : Teucinde confirme sa donation à abbaye de Montmajour.
980 c. : création vers 980 du chapître d'Arles, l'un des premiers chapitres de France, avec celui d'Avignon.
981 : Guillaume Ier installe la cour comtale à Arles.
992 : le marquis de Provence Guillaume Ier restitue à l’abbaye Saint-Césaire d’importants domaines.
Source : Paul-Albert Février (dir.) - La Provence des origines à l'an mil - Éditions Ouest-France Université, 1989 - (ISBN 2737304563)
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