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Le 20 août 636, quatre ans après la mort du prophète Mahomet, les cavaliers arabes triomphent d'une nombreuse armée byzantine sur les rives du Yarmouk, un affluent du Jourdain, à une centaine de kilomètres au sud de Damas.
Alban Dignat
Divorce en Méditerranée
Après la bataille du Yarmouk, les Arabes vont connnaître une longue suite de victoires. Elles vont leur livrer tout le bassin méridional et oriental de la Méditerranée. C'est la fin de l'unité du bassin méditerranéen organisée autour de la culture gréco-romaine et de la foi chrétienne.
Une nouvelle époque historique commence où le bassin méditerranéen est organisé autour de trois grandes aires de civilisations : l'aire gréco-byzantine, chrétienne orthodoxe autour de la mer Égée et des Balkans, la chrétienté catholique romaine, à la pointe occidentale de l'Europe, enfin le monde musulman, de l'Andalousie au Moyen-Orient.
Un homme de caractère
Deux ans plus tôt, les Arabes musulmans ont porté à leur tête le calife Omar, en remplacement du vieil Abou Bekr.
Issu d'une famille obscure de La Mecque, Omar ibn al-Khattab s'est rallié tardivement à Mahomet après l'avoir violemment combattu. À la mort du prophète, en 632, son intervention a permis de maintenir l'unité des musulmans autour du premier remplaçant (ou «calife»), le vieux Abou Bekr. Avant de mourir, en 634, Abou Bekr l'a naturellement désigné pour lui succéder.
Énergique quadragénaire, Omar s'octroie le titre de«Commandeur des Croyants» (Amir al Mou'mimin), établit les règles de la théocratie musulmane et fait débuter le décompte des années à l'Hégire.
Triomphe inattendu
Le calife est un jour prévenu qu'une partie de ses troupes est menacée par une armée grecque au sud de Damas, en Syrie. Il en avertit son général Khalid qui vient de mener des incursions victorieuses sur le territoire de l'empire perse. Le général se porte au secours de ses coreligionnaires. Après cinq jours de marche, il rassemble l'ensemble des combattants musulmans et décide de faire face à l'ennemi.
L'affrontement décisif a lieu sur le fleuve Yarmouk avec une armée byzantine supérieure en nombre mais peu motivée...
L'armée rassemblée par l'empereur Héraclius et confiée au commandement du général Théodore est surtout composée d'Arméniens et... d'Arabes.
Elle est pénalisée par les dissensions théologiques au sein de l'empire romain d'Orient entre le patriarcat de Constantinople et les chrétiens monophysites du Proche-Orient.
Les chrétiens orientaux ont déjà pris le parti des Perses contre les Byzantins. Cette fois encore, ils se montrent peu soucieux de refouler l'envahisseur et se gardent de prêter leur concours à l'armée de Théodore. Celle-ci est donc battue sans que cela affecte d'ailleurs beaucoup les dirigeants de Constantinople, qui s'inquiètent bien davantage du péril perse ou encore avar.
Fort de cette victoire inespérée, l'année suivante, en 636, Khalid occupe Damas, capitale de la Syrie. Seules une quinzaine d'églises sont laissées aux chrétiens.
Le conquérant (en arabe, fatih : celui qui ouvre une contrée à l'islam) occupe par ailleurs Antioche, métropole prestigieuse de l'Orient hellénistique. C'est ainsi que la riche Syrie tombe sous la domination arabe.
Comme le calife Omar craint la popularité de Khalid, il lui enlève son commandement et le transmet à Abou Obayda. C'est à ce dernier que revient la gloire de conquérir Jérusalem en 638. Les chrétiens sont tolérés dans la ville sainte moyennant tribut cependant que les juifs en sont chassés.
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