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| histoire |

Caboche (Simon Lecoustellier, dit), écorcheur de la Boucherie de Paris au commencement du XVe siècle. On ignore la date de sa naissance et celle de sa mort. Il était sans doute fils de "Pierre Le Coustellier, escorcheur de la Grande Boucherie", qui vivait encore en 1401. Simon Caboche apparut au milieu de la lutte des Armagnacs et des Bourguignons; il a joué un rôle important dans les émeutes qui ont agité Paris en 1413. Comme les principaux bouchers, il était en relations secrètes avec Jean Sans Peur, le duc Bourgogne, depuis la seconde moitié de 1411. Bien qu'il ait donné son nom pittoresque aux émeutes de 1413.
Caboche ne semble pas avoir fait autre chose que suivre les chefs des deux grandes familles de bouchers, les Saint-Yon et les Legois on l'écorcheur Denis de Chaumont. On le voit figurer dans les séditions qui succédèrent à la réunion des États de février 1413, aux mois d'avril et de mai. Le 27 avril, il est de ceux qui courent Paris pour exciter le peuple; le 28, il est devant la Bastille avec la foule, il pénètre un des premiers dans l'hôtel du Dauphin où les séditieux viennent chercher pour les mettre en prison les conseillers les plus intimes du duc de Guyenne. Lorsque les bouchers furent maîtres de Paris, Caboche devint huissier d'armes, garde du pont de Charenton, membre d'une commission chargée de lever un emprunt à Paris pour continuer la guerre contre les Anglais. Le 22 mai, il est encore au nombre des envahisseurs de l'Hôtel royal.
Après la publication de la grande ordonnance du 26 mai, quand la puissance des bouchers commença à décliner, il fut parmi ceux qui combattirent le plus violemment toute tentative de conciliation avec les princes du parti d'Orléans. Vers le milieu de juillet, il fit irruption dans l'Hôtel de ville avec une centaine de compagnons et voulut empêcher les délibérations du conseil de ville. Ses efforts et ceux de ses compagnons furent impuissants à empêcher la conclusion définitive de la paix à Pontoise. Le 4 août, le parti Cabochien fut définitivement vaincu dans Paris : Caboche gagna la Bourgogne, tandis que ses neveux, appelés les Cailles, étaient pendus au gibet; il séjourna à Auxonne dix jours, puis gagna Besançon, terre d'Empire.
Excepté de l'amnistie du 29 août 1413, banni au Châtelet le 12 décembre, après la paix d'Arras, Caboche fut parmi ceux auxquels le roi refusait tout pardon. Pendant les années suivantes, il resta aux ordres du duc de Bourgogne. A partir de 1415 nous perdons complètement sa trace : il dut rentrer dans Paris avec les Bourguignons en 1418.
L'histoire de Caboche, si inconnue qu'elle soit, a tenté les amateurs de drame historique : un M. Martiney, " un des rédacteurs du Journal du Notariat", a donné en 1842 un poème tragique intitulé Caboche ou le Peuple de Paris sous Charles VI; la même année Théophile Lavallée a retracé d'une manière fantaisiste les émeutes de 1413 dans une série de scènes dialoguées : les Bouchers de Paris en 1413, où Caboche joue un rôle important. (A. Coville).
La révolte des Cabochiens est un épisode de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Au printemps 1413, Jean sans Peur, duc de Bourgogne parvient à soulever le peuple de Paris et à imposer une réforme appelé ordonnance des cabochiens. Mais après quelques mois les Parisiens aspirent à un retour à l'ordre et les Armagnacs reprennent l'ascendant.
Après l'assassinat, le 23 novembre 1407, du duc Louis d'Orléans, frère cadet du roi Charles VI de France, par une bande de malfrats masqués, au service de Jean sans Peur, duc de Bourgogne, ce dernier domine Paris et s'est acquis une grande popularité auprès du peuple.
Il s'allie avec une faction populaire commandée par Simon Caboche de son vrai nom Simon le Coutelier, d'où le nom donné de cabochiens à ses partisans. Ils sont originaires pour l'essentiel des classes populaires de la cité parisienne mais aussi de la corporation des bouchers, gens riches mais mal intégrés parmi les notables. On les nomme donc également les écorcheurs, Simon ayant lui-même exercé la profession de boucher-écorcheur. Ceux-ci, qui portaient un capuchon blanc signe distinctif de leur parti, se livrent à des massacres dans les prisons et les rues de Paris. Ils commettent nombre d'assassinats, s'emparent de la Bastille le 27 avril 1413, mettent à mort le prévôt de Paris Pierre des Essarts, pénètrent jusqu'au palais du roi, et pendant quelque temps sont les maître de Paris.
L'ordonnance cabochienne
Des universitaires en profitent pour préparer et proposer une réforme administrative, connue sous le nom d'« ordonnance cabochienne », et qui tend à brider le pouvoir monarchique, avec par exemple le contrôle accru des États généraux sur la fiscalité. Elle est promulguée le 27 mai. Cette ordonnance porte ce nom car à ce moment Caboche fait régner la terreur sur Paris mais elle est l'œuvre en réalité des conseillers de Jean sans Peur qui l'impose au roi Charles VI.
En janvier 1413, le roi est obligé de convoquer les États généraux, de signer l'ordonnance, et de coiffer le capuchon des cabochiens, en signe d'acceptation. Mais les exactions des Bourguignons et des cabochiens rendent le peuple de Paris très mécontent et l'incitent à se soulever. De nombreux maîtres de l'Université réunis autour du duc de Bourgogne (Courtecuisse, Cauchon...) et la haute bourgeoisie parisienne emmenée par l'avocat Jean Jouvenel des Ursins favorisent le retour des Armagnacs à la fin du mois d'août.
La répression
Or, le poète Charles d'Orléans, fils du duc Louis d'Orléans, assassiné en 1407, avait épousé Bonne d'Armagnac, la fille du comte Bernard VII d'Armagnac. Le comte Bernard VII, est un seigneur brutal et redouté et qui dispose de nombreux soldats originaires des pays de l'Adour et de la Garonne.
Il se met à la disposition de son gendre, se rend maître de Paris. Les cabochiens qui ne parviennent pas à s'enfuir sont exécutés et l'ordonnance est cassée le 5 septembre 1413. Simon Caboche réussit cependant à prendre la fuite avec Jean sans Peur.
Pour remercier Bernard VII, la reine-mère Isabeau de Bavière, qui préside le Conseil de Régence qui gouverne le pays depuis que le roi a été frappé de folie, quinze ans plus tôt, le nomme connétable.
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