Parmi les croisés qui se rendent en Terre Sainte, peu décident de s'y établir. Les autres, une fois leur quarante jours de service effectués rentraient chez eux. Les Francs installés dans les États latins d'Orient ont contamment eu le défi de défendre le royaume avec les faibles effectifs.
Les seigneurs qui restèrent bâtirent des châteaux, qui leur servaient de résidence et de lieu d'administration de leur fief, mais aussi avec des défenses renforcées. Contrairement à ce que les historiens croyaient au XIXe siècle, il n'y a pas eu de plan général de défense. Ce n'est pas le château qui peut bloquer ou résister à une invasion, mais la valeur de sa garnison, entre les garnisons voisines et l'ost royal.
Peu de seigneurs avaient les moyens d’édifier des grandes forteresses, ce qui conduit les rois à confier les zones les plus exposées à des ordres militaires, tel l’ordre du Temple, l’ordre de l'Hôpital et l’ordre Teutonique.
Akkâr al-`Atîqâ, Qala`a `Akkâr, Gibelacar nom donné par les croisés, contraction de Jabal `Akkâ
Le château aurait été construit aux alentours de l'an 1000 par une personnalité appelée Muhriz Akkar.
La forteresse est restée la propriété de cette famille jusqu'en 1019 lorsqu'elle est prise par le calife fatimide Al-Hakim.
En 1109, après la prise de Tripoli, le fils de Raymond de Saint-Gilles devenu le comte Bertrand de Tripoli marche vers Rafanée. L'atabeg bouride de Damas Tughtekin préfère conclure un traité. Bertrand de Tripoli reçoit les forteresses du Moinestre et d'`Akkâr, contre la promesse de ne plus attaquer Rafanée.
Le sultan zengide Nur ad-Din prend la forteresse pendant ses campagnes en Syrie.
En 1170 les croisés parviennent à reprendre la place. Amaury Ier roi de Jérusalem le remet aux Hospitaliers. La citadelle va faire partie de la seigneurie de Nephin pour revenir finalement au comte de Tripoli Bohémond IV en 1202.
En 1271, Baybars après la prise du Krak des Chevaliers vient mettre le siège devant `Akkâr qui finit par capituler.
Le château d'`Akkâr est situé sur une montagne à plus de 700 m d'altitude d'où il domine la vallée entre deux gorges. Il contrôle ainsi le passage de Tripoli vers Homs et permet ainsi de protéger la plaine d'Arqa de l'irruption des musulmans et de prévenir une coupure des communications entre Tartous et Tripoli. La position d'`Akkâr permet aussi de contrôler la circulation entre la Bekaa est Homs.
Des ruines il ne reste qu'une partie de la tour nord dont l'entrée existe toujours : il fallait une échelle pour atteindre cette porte située trois mètres au-dessus du sol. Une partie de la forteresse a été reconstruite par Baybars, en témoingnent des pierres où sont sculptés des lions, emblèmes de Baybars.
Tell Arqa, `Arqaou Arka est un site archéologique situé près du village de Minyara au Liban à 12 km au nord-est de Tripoli.
La place est stratégique car elle permet de contrôler les routes menant de Tripoli vers Tartous et Homs.
La région est bien arrosée, c'est une plaine alluviale côtière, sans doute favorable à la colonisation humaine depuis longtemps. La rivière passe au pied de la colline de Tell Arqa qui comporte des vestiges remontant au Néolithique.
Période des croisades
Pendant la première croisade (1096-1099)
Après le siège d'Antioche, l'armée franque est en marche vers le sud. Une partie des troupes arrive le 12 février 1099 devant Arqa. En dépit de la bienveillance des gouverneurs arabes de Tripoli, elle s'y trouvera bloquée par la résistance des musulmans installés dans la forteresse. Raymond de Saint-Gilles y perdra le 26 février, Anselme de Ribemont comte d'Ostrevent, ambassadeur des Francs auprès de l'empereur grec, Alexis Comnène. Ne parvenant à la prendre, il lève le siège au bout de trois mois et poursuit vers Jérusalem.
Entre les première et deuxième croisades (1099 - 1147)
Ce n'est qu'en 1108, que son cousin Guillaume Jourdain, comte de Cerdagne prend la ville après trois semaines de siège.
Entre les deuxième et troisième croisades (1148 - 1189)
En 1167, Nur ad-Din, profite de la captivité du comte de Tripoli Raymond III, essaie de prendre Arqa. Le roi de Jérusalem Amaury Ier fait don d'Arqa aux Hospitaliers.
En 1171, l'atabeg de Mossoul revient à nouveau assiéger la forteresse qui résiste.
Entre les septième et huitième croisades (1254-1270)
La citadelle d'Arqa est prise aux Hospitaliers au moment de l'effondrement du comté de Tripoli en 1266 par Baybars
Al-Karak écrit aussi Karak ou Kerak est une ville de Jordanie sur le territoire de laquelle a été édifié un célèbre château fort croisé. Il s'agit de la capitale du gouvernorat de Karak.
Pays Jordanie Jordanie
Province (Muḥāfaẓa) Karak
La ville Al-Karak, comprise autrefois au sein du Royaume de Jérusalem, se situe dans le sud d'Amman sur l'ancienne Route du Roi. La ville est construite sur un plateau triangulaire à environ 1 000 mètres d'altitude avec l'ancienne place forte des Croisés dans sa pointe sud. Du plateau, Al-Karak jouit d'une vue dégagée sur la Mer Morte. Autour du château fort s'est édifiée une ville d'environ 20 000 habitants dans laquelle se trouvent aujourd'hui de nombreux bâtiments du XIXe siècle ottoman restaurés.
Le site d'Al-Karak est habité depuis l'âge de fer, et devient une ville importante à l'époque des Moabites qui appellent l'endroit Qir of Moab. Dans la Bible il est appelé Qer Harreseth et semble avoir été soumis à l'empire assyrien. Le lieu tombe sous la coupe des Nabatéens, puis l'empire romain le conquiert en 105.
Au cours de la période hellénistique tardive, Al-Karak devient une ville importante dénommée Kharkha.
Sous l'Empire byzantin la ville devient un archevêché avec sa très vénérée « église de Nazareth » et reste à dominante chrétienne sous le joug arabe.
La ville devient un centre urbain important au moment des Croisades et de la dynastie ayyoubide auxquelles on doit les plus importants vestiges architecturaux.
Le Al-Ghassasneh (Ghassanides) tribu est considérée comme la première tribu à habiter la ville de Karak et le plus grand en termes de nombre. La tribu se compose de la famille: Suheimat, Dmour, Mbaydeen, Adaileh, Soub, Karakiyeen.
La construction de cette forteresse croisée commence autour de 1140, sous la direction de Payen le Bouteiller, le majordome de Foulque V d'Anjou. Les Croisés l'ont appelé le krak des Moabites ou Kerak de Moab , comme cela se retrouve dans les livres d'histoire (voir krak des Chevaliers, autre forteresse avec laquelle il est souvent confondu). Le château fort se situe au sud du plateau. C'est un bel exemple d'architecture des croisades, un mélange de style européen, byzantin et arabe.
Payen était aussi à la tête de la Seigneurie d'Outre-Jourdain en transjordanie, et Karak était devenu son fief, en remplacement de celui de Montréal moins bien protégé plus au sud.
Le krak de Moab est connu pour avoir abrité Renaud de Châtillon. Ce krak est le plus proche de Jérusalem des trois connus (krak des chevaliers, krak de Moab, krak de Montréal). Il fut construit en 1142 sur une montagne rocheuse et comportait des douves allant jusqu’à 20 m de haut. Comme chaque krak, il était prêt à résister à de longs sièges, autant en besoins qu’en force. Il est encore debout.
De là, Renaud de Châtillon ordonna d’attaquer des caravanes sarrasines escortées, dont des marchands se déplaçant du Caire à Damas et des pèlerins allant à La Mecque, emprisonnant les marchands dans Kérak, ce qui déclencha un siège du krak par Saladin en 1183, lors de la 2e croisade. Mais Renaud alluma un grand brasier du haut du donjon de la citadelle, visible de plusieurs kilomètres, afin d’alerter l’ost royal de Jérusalem, alors encore commandé par le roi lépreux Baudouin IV, qui vint alors au secours de Kérak. Saladin décida donc de lever le siège. Mais cela eut effet de rompre la trêve entre Saladin et Raymond III de Tripoli et déclencha la guerre sainte, la bataille de Hattin et la prise de Jérusalem par Saladin, dernier échec qui amena en partie la 3e croisade.
Après la bataille de Hattin en 1187, Saladin fait à nouveau le siège de Karak et finit par le prendre en 1189. La légende raconte qu'au cours du siège les assiégés ont dû vendre femmes et enfants pour acheter de la nourriture.
En 1263, le mamelouk Baybars agrandit et construit une tour au coin nord-ouest du château.
En 1840, Ibrahim Pacha prend possession de la place et détruit la quasi totalité de ses fortifications.
Le musée archéologique de Karak est situé dans la cour basse du château. Il a été entièrement rénové et a rouvert ses portes en 2004. Il présente l'histoire locale et l'archéologie de la région depuis la période préhistorique jusqu'à l'ère islamique. Il se concentre particulièrement sur l'histoire des croisés au sein de leur forteresse d'Al-Karak.
La forteresse de Beaufort, appelée Qala'at ash-Shqif est un château fort ayant appartenu aux croisés au Liban, situé à environ un kilomètre au sud-sud-ouest du village d'Arnoun
Le château a été nommé "Beau fort" par les croisés qui l'occupèrent pendant le XIIe siècle. Le nom Arabe Qala'at ash-Shqif signifie Château du Haut Rocher, son nom complet étant Qala'at ash-Shqif Arnoun qui est une combinaison du mot Arabe Qala'at (château) avec le mot Syriaque Shqif Arnoun (Shqif voulant dire haut rocher).
On ne sait que peu de choses à propos du site de Beaufort avant sa capture par les croisés en 1139, bien que certains historiens supposent que l'éperon rocheux de sept cent mètres d'altitude sur lequel le château est implanté représentait déjà une position stratégique pendant les périodes biblique et romaine-
Le château a été pris par Saladin en 1190 après un siège qui dura toute une année. En 1240, Ismâ'îl, le malik de Damas, sollicita une aide militaire de la part des Francs contre la coalition du jeune sultan égyptien 'Adil II avec le malik de Transjordanie. En contrepartie, il proposa de leur rétrocéder tout l'ancien royaume de Jérusalem jusqu'au Jourdain. Dans un premier geste, le malik de Damas rendit immédiatement aux Francs un vaste territoire allant de Sidon à Tibériade, comprenant la forteresse de Beaufort. Cette cession ne fut pourtant pas facile, la garnison refusant de céder la place. Ismâ'îl dût lui-même mener un siège pour ensuite céder le tout au comté de Sidon. La possession devint templière lorsque Julien de Sidon leur vendit Beaufort en 1260, ainsi que Sidon et les terres environnantes, n'ayant pas les ressources financières nécessaires à la reconstruction de cette dernière, ceci après la représaille mongole suite à certaines de ses exactions. Les templiers perdirent le château le 15 avril 1268 suite à une attaque menée par le sultan Baybars, notamment avec 26 machines de siège. Beaufort ne connut des moments plus calmes qu'à partir du XIVe siècle et jusqu'au XVIe siècle.
Au XVIIe siècle, Fakhr-al-Din II inclut le château dans son réseau de fortifications mais l'émir est ensuite défait par les Ottomans, lesquels détruirent la partie supérieure de la citadelle. Le château demeura sous le régime féodal jusqu'en 1769-
La Roche-Guillaume était une forteresse templière en Terre Sainte. Elle était située dans la principauté d'Antioche (Turquie) au nord de la ville.
Désormais, il ne reste de ce site que la chapelle castrale
Les Templiers entrèrent en possession de la forteresse à une date inconnue, en revanche on sait qu'elle était possédée par la famille de la Roche.
En 1118, Saladin assiégea le château car un chevalier nommé Jehan Gale s'y trouvait. Celui-ci, excommunié de la communauté chrétienne pour meurtre, trouva refuge chez le sultan en territoire musulman. Il reçut pour mission d'éduquer le neveu du sultan mais voulant racheter sa faute, il livra l'homme aux Templiers. Pour se venger Saladin assiégea La Roche-Guillaume mais fut contraint à lever le siège à cause de mauvaises nouvelles de Palestine.
Le roi de Petite Arménie prend le château en 1203 mais il fut repris par les Templiers en 1237 en même temps que celui de Trapessac à quelques kilomètres de là.
Il a été reconquis par les Musulmans en 1298-1299.
La forteresse occupait une position stratégique. En effet, elle était construite sur un piton rocheux culminant à 1 250 m d'altitude et contrôlait la route qui arrivait à Antioche par le nord mais aussi la vallée du Kara Çu.
Il ne reste guère que des vestiges parsemés sur le rocher principalement des courtines et des tours.
Les constructeurs avaient fait preuve d'une grande technicité en utilisant au maximum le rocher, les tours sont presque toutes constituées d'un socle taillé.
L'histoire de la tour du Détroit, appelée aussi la Pierre Encise ou encore Via Stricta dans les chroniques, est étroitement liée à celle d'un étroit corridor, passage obligé à l’époque des Croisades pour qui parcourait le littoral palestinien. Situé entre Caiffa et Césarée, là où la plaine littorale ce resserre, ce lieu consistait en un long défilé taillé dans la roche, d’une largeur de seulement quelques mètres pour une longueur de plus de deux cents environ. L'origine même de l'aménagement de ce passage semble remonter à l'Antiquité et la présence d'encoches se faisant face, dans les parois constituant les deux extrémités du conduit semble indiquer qu’il put être fermé par des portes à cette époque.
Au tout début de la présence franque, la région que traversait ce défilé était infestée de maraudeurs, ce qui rendait les communications entre les métropoles littorales dangereuses, notamment pour les Pèlerins se rendant sur les lieux Saints, comme en attestent leurs récits. Aussi le roi Baudouin Ier de Jérusalem, revenant en juillet 1103 du siège avorté d’Acre, profita-t-il de son passage par la Pierre Encise pour éradiquer la présence de ces brigands. L'histoire raconte que lors de cette opération, il y fut à grièvement blessé.
A une date inconnue, les Templiers construirent non loin du défilé une tour destinée à le sécuriser durablement. Forte comme un château, entourée d'une petite enceinte rectangulaire, cette tour fut apparemment démantelée à l’occasion de la construction en 1218 du château de Chastel-Pèlerin, situé à environ 1km à vol d’oiseau. Ce nouvel ouvrage, par sa force sans précédent éclipsait sans aucun doute l'intérêt stratégique qu'avait pu représenter jusqu'alors la tour du Destroit-
De la tour, il ne reste que quelques assises enchâssées sur un socle rocheux taillé en talus. Avec une section rectangulaire, dont le plus grand côté mesure environ 15 mètres et une épaisseur de murs atteignant 2,4 mètres la tour est semblable à d'autres réalisées par les Francs dans le Royaume de Jérusalem.
Elle renfermait deux citernes aménagées dans la roche ainsi qu’un système d’acheminement complet de l’eau pluviale. La première citerne est aménagée sur la face ouest de la tour au pied de l'ouvrage tandis que la seconde est accessible par la partie supérieure du socle rocheux qui forme à cet endroit le seuil du premier niveau.
L'ensemble ne se limitait cependant pas à la seule tour que nous venons de décrire. Les assises d’une enceinte en protégeant les faces Sud et Est sont toujours visibles. Treize mangeoires y avait été ménagées et la présence de trous de boulins laisse penser que cet espace était probablement couvert.
Au delà de cette enceinte, on trouve sur le front Est les vestiges de ce qui semble être une nouvelle courtine, partiellement extrudée de la roche, à la manière de celle déjà évoquée. Certains de ces différents vestiges étaient encore crénelées lors du passage du Baron Guillaume Emmanuel Rey en 1859.
D'autres structures non connexes, éloignées de seulement quelques dizaines de mètres ont aussi été aménagées dans la roches. On peut notamment y reconnaitre des écuries et plusieurs chambres munies de niches.
Au vu de ces aménagements, cet ensemble, original à bien des égards, pouvait vraisemblablement accueillir une petite garnison de 15 à 20 hommes avec leurs montures.
Le casal de la Recordane – jadis Tell Kourdaneh, aujourd’hui Afeq – n’est mentionné dans les chroniques qu’à partir de 1154, date de son acquisition par l’Ordre de l’Hospital. Idéalement situé aux sources du nahr al-Na’mein (le fleuve Belus des Francs), entouré de terres marécageuses, ce casal surveillait le Basset el-Kerdan ou Palus Cendiva, retenue d’eau existant sans doute depuis l’Antiquité. Il comprenait quelques moulins à eaux régulièrement cité dans les chartes, lesquels fonctionnaient toujours en 1925.
Conquise par Saladin après le désastre de Hattin, la Recordane connut sous ses murs une bataille rangée entre les troupes ayyûbides et franques durant le siège d’Acre.
En cette fin d’année 1190, dans l’attente de l’arrivée des Rois de France et d’Angleterre, les troupes franques s’enlisaient dans une guerre de position éprouvante. Craignant une démoralisation générale, les barons, conduits par Frédéric de Souabe et Hugues de Champagne, décidèrent de lancer une marche vers Caiffa.
Le 12 novembre 1190, une puissante colonne franque marcha sur Tell al-‘Ayâdiya, puis remonta la rive orientale du nahr al-Na’mein passant par le casal de Doc pour arriver à La Recordane.
C’est précisément cet endroit que les troupes ayyoubides choisirent pour assaillir l’armée franque et la bataille, au témoignage des sources médiévales, fit de nombreuses pertes de part et d’autre : Malgré leur infériorité numérique, « Les Francs, leur infanterie formant comme un mur, demeuraient rivés au sol, impassibles ». Cette résistance ne leur permis toutefois pas de poursuivre leur route vers Caiffa et ils s’en retournèrent rapidement vers Acre le 14 novembre 1190.
Le casal est ensuite mentionné dans le cadre de la longue querelle qui opposa les ordres Hospitalier et Templier (propriétaire du casal de Doc, légèrement au sud, lequel comprenait également des moulins) relative à la propriété et l’exploitation des eaux du fleuve. Cette querelle ayant pris naissance en 1235 semble s’être finalement réglée par un accord signé à Acre en 1262.
Pour appréhender une telle querelle, il faut comprendre l'enjeu économique fort que le contrôle de l'eau avait pour la région. L’existence d’un accord entre le roi Baudouin III de Jérusalem et un certain Rainald le Fauconnier (peut-être le seigneur de la Recordane ?) révèle que la Recordane fut un des casaux lucratifs dédié au commerce du sucre. Cet accord autorise le roi à détourner le fleuve Belus en autant de cours d’eau qu’il voudra pour l’exploitation de plants de cannes à sucre à condition que, tous ses frais couverts, le roi accorde à Rainald le cinquième de son gain, et, sur tous les moulins d’Acre, les mêmes droits que ce dernier avait déjà sur ceux du fleuve Belus.
Ruinée par le sultan Baïbars, la Recordane reste dans le giron des Hospitaliers aux termes du Traité du 29 mai 1267, la terre environnante étant attribuée pour moitié aux Mamelouks. Une dernière mention apparaît en 1283 dans un nouveau traité laissant, une dernière fois, la propriété du casal aux Hospitaliers.
Sous le mandat anglais, le site fut occupé – et bétonné – par l’armée de sa majestée, jusqu’en 1948. Il est aujourd’hui ouvert aux touristes.
Le site se compose d’une tour à laquelle sont accolés deux bâtiments civils, lesquels renfermaient les fameux moulins.
La tour est aujourd’hui constituée d’un premier niveau voûté d’arête et d’un second voûté en berceau, le passage de l’un à l’autre se faisant par un escalier coudé aménagé dans l’épaisseur des murs. Le niveau le plus élevé ne possède aucune trace de couronnement et l’on ne peut exclure qu’il y eut au moins un étage supplémentaire.
Trois archères défendant la tour sont toujours en place : deux sur la face Nord et une sur la face Sud. Toutes présentent un étrier finement travaillé à leur base. Pour défendre la porte qui perce la face ouest, une bretèche portée par deux consoles, toujours en place, avait été aménagée.
L’état de l’angle Nord-Est de la tour porte les symptômes d’un arrachement et il n’est pas impossible que la structure ait pu être plus longue.
Les moulins sont eux aussi bien conservés. Celui situé au sud fut agrandi pendant la période ottomane, mais le canal d’alimentation principal, franc, est resté inchangé. Celui qui fut placé au nord de la tour est encore mieux préservé et ne subit aucune évolution majeure pendant les siècles qui suivirent le départ des Francs.
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