La croyance populaire sur I'hygiène au Moyen Age, voulant que les gens ne se lavent pas, devrait plutôt être reportée à la renaissance et à la période plus récente, dite moderne, allant du XV e au XVIII e. II ne faut toutefois pas exagérer. Au Moyen Age, c'était surtout les gens de la riche bourgeoisie qui prenaient fréquemment des bains dans leur résidence (parfois même tous les jours de la semaine)et probablement aux étuves publiques ou iI y avait beaucoup plus de monde. A la fin du Moyen Age, les étuves étaient assez mal vues : on disait d'elles qu'elles etaient des lieux de perdition favorables à la fornication et à la prostitution-
Mais revenons à ces bains que certaines femmes de la bourgeoisie prenaient en privé. Le déroulement de ces bains était tout un cérémonial. Tout d'abord, une cuve de bois était apportée dans la chambre de la dame et un drap en molleton épais dépose au fond, avant d'y verser I'eau, et cela pour eviter les échardes certes, mais aussi pour rendre plus agreable Ie bain des autres personnes qui voulaient y faire leurs ablutions. II faut dire que lorsque quelqu'un prenait un bain dans la demeure, on essayait probablement d'y faire participer toute la maisonnée. Les maîtres s'y lavaient d'abord, ensuite les enfants et enfin les domestiques. C'est pourquoi Ie drap, mis au fond de la cuve, avait deux fonctions: la première, la protection contre· les échardes; la seconde, plus pratique, consistait à recueillir les poils ainsi que la crasse. On pouvait ainsi changer Ie drap pour les nouveaux baigneurs ... question d'economiser I'eau.
Pour ce qui est des soins de beauté à cette époque, l'Orient eut une grande influence, par I'apport des Croisades, sur les moeurs hygiéniques occidentales, en particulier ce qui se faisait dans les Hammans royaux. Ces derniers étaient des lieux ou les femmes destinées à être offertes à des Kalifs ou à des Sultans se faisaient refaire une beauté par différents soins, qui se composaient entre autres de massages, de bains aux essences de fleurs et de "saunas" au cours desquels plusieurs huiles aux odeurs enivrantes étaient utilisées. Ces soins avaient pour effet d'assouplir la peau tout en la rendant plus douce au toucher. Ils comprenaient également une diète alimentaire capable de rendre les formes plus harmonieuses selon les canons de beauté en vogue. Au royaume de Grenade, dans les sérails, Ie raffinement atteignait donc son apogée avec tout I'art du corps.
Cet art se caractérisait entre autres par I'agréable moment où les femmes se laissaient parfumer et masser tout Ie corps .. (de quoi éveiller les sens d'un homme). D'autant plus qu'il y avait des parfums pour chaque partie du corps. Les cheveux pouvaient, apres être lavés, exhaler plusieurs odeurs dont la marjolaine, Ie jasmin ou la violette. Les aisselles pouvaient être parfumées avec du myrte; les jambes et les pieds, avec du thym ou du nard; les fesses avec du Lotus et Ie pubis avec du jasmin. L'eau de rose et la poudre de racine d'iris de Florence étaient fréquemment utilisées pour les soins de la peau. L'une pour les soins du visage et I'autre pour fixer les parfums et parfumer la peau, en particulier celle des seins. Le ventre et les cuisses à I'application d'essence de rose, dégageaient une odeur plus suave au contact de la chaleur corporelle. En ce qui concerne la dentition, il etait possible de rendre les dents plus blanches en les frottant avec de la racine de guimauve ou des coquilles d'oeufs pulvérisées. L'haleine, quant à elle, se parfumait souvent par la mastication de fleurs de jasmin et de clous de girofle. Il est à noter que I'épilation des jambes et des autres parties pileuses du corps existait. Elle se faisait à I'aide d'une pâte à base de chaux et d'orpiment que l'on rpulait sur les poils indésirables
Il faut aussi souligner I'importance de la chevelure dans la beauté et les moeurs de cette époque. Les jeunes filles, en règle générale, portaient leurs cheveux dénoués et, lors d'occasions spéciales comme à la fête de mai, pouvaient les orner de fleurs et de rubans. Quant aux femmes mariées, elles les attachaient et les couvraient. Probablement parce que les cheveux à cette époque étaient un élément de séduction qu'une femme de bonne vie devait cacher afin de ne pas exciter I'envie et les sens des autres hommes que Ie sien.
Le teint :
Pour entretenir la beauté de la face, il faut deux fois la semaine oindre la face d'huile de myrrhe, ou se laver la face quand on va se coucher d'eau de fleurs de Tillot.
Ceux qui ont un beau teint n'ont besoin d'aucun remède. Mais ils le doivent seulement conserver un bon régime et se contregarder des choses externes qui y peuvent nuire, comme la chaleur d'un grand feu, la trop grande chaleur du soleil, un grand froid, la fumée, poussière, tristesses, fâcheries, pas trop jeûner, veiller, dormir ou se colérer : car par ces choses, et autres occasions, le beau teint tournera en une grande laideur."
Les taches de rousseur :
Elles sont considérées comme des imperfections, et on utilise divers ingrédients pour les faire disparaître.
Ainsi les oeufs de poule, qui amollis dans le vinaigre, sont ensuite mélangés à de la farine de moutarde sauvage.
Ou encore la même farine associée à de la poudre de gingembre et de l'encens blanc.

Les boutons :
On trouve dans les recettes contre les boutons des éléments comme ll'alun et l'absinthe, ainsi que le vif-argent.
Les rides :
Selon Roger Bacon, au XIIIeme siècle, les rides peuvent apparaître précocément suite à une exposition à un froid très rigoureux, ou à une chaleur intense.
Pour combattre les rides, de la violette et de la mauve sont mises à bouillir dans du vin. Il faut alors placer le visage au-dessus de la vapeur qui s'en dégage.
La blancheur de la peau :
La couleur de la peau ne devant pas être hâlée, les femmes ont recours à des fards pour obtenir un teint clair et immaculé. Chez les plus coquettes, même les mains sont gantées, les gants pouvant être parfumés.
La recherche d'un beau teint pâle passe surtout par l'application de blanc sur la peau. Plus le blanc sera profond, meilleure sera la recette.
Aldebrandin conseille de passer le soir une préparation à base de farine, puis au matin d'"estuver" le visage, puis de lui appliquer une poudre colorante blanche permettant d'obtenir l'effet désiré. Parmi ces ingrédients, on compte la farine, le marbre blanc, le corail blanc, le cristal blanc, et même la céruse à base de plomb.
On peut aussi trouver des recettes à base de noyaux de pêche séchés et réduits en poudre, ou de savon délayé avec de la mie de pain, qu'on applique sur le visage lavé.
Si la peau est rugueuse, le fard blanc de froment est préconisé : du froment est mis à macérer dans de l'eau bien propre pendant "quinse jurs" puis broyé et passé à travers une étamine. Le tout est appliqué sur le visage lavé au préalable à l'eau de rose.
Avec l'âge, le visage devient "mult discoloré" et se farder devient une nécessité. Dans "L'ornement des dames" une recette est proposée, à base de froment, de blanc d'oeuf et de graisse.
Le regard :
Les sourcils sont idéalement bruns et ne doivent pas être trop grands. Si l'espace entre les sourcils n'est pas suffisant, il est conseillé de les "ostez".
Pour protéger les cils et éviter leur chute, on pile de la gomme de ciste avec un pilon chaud et de l'huile.
Et si les paupières sont gonflées et rouges, il convient de faire une préparation à appliquer le soir au coucher sur un linge ou sur la taie d'oreiller. Suivant les recettes, du jus de verveine ou de fenouil est mélangé à un jaune d'oeuf.
Pour décolorer les cernes sous les yeux, une procède à une friction à l'eau chaude et un fard colorant à base de froment.
Les dents :
La blancheur des dents est primordiale pour séduire, à une époque où l'hygiène concerne essentiellement les parties visibles du corps.
Les recettes sont destinées à préserver les gencives et leur couleur, blanchir les dents et avoir une bonne haleine.
Aldebrandin conseille d'éviter de manger successivement des aliments très froid puis très chauds. Il préconise surtout de se garder "de vomir souvent", ce qui abîme les dents.
Hildegarde de Bingen quant à elle conseille d'utiliser au matin de l'eau pure gardée en bouche une heure durant, afin d'amollir le dépôt autour des dents, ce qui les rendrait plus solides.
Et comme pour le visage, les ingrédients utilisés pour blanchir les dents sont de couleur blanche : marbre blanc, "coral blanc", os de sèche, sont réduits en poudre pour constituer des pâtes abrasives dont on frictionnera les dents. Ensuite ces dernières seront lavées au vin, et les gencives "frotés d'un drapiel d'escarlate".
Dans "L'ornement des Dames", une recette consiste en un mélange de farine d'orge, de poudre d'alun et de sel, amalgamés avec du miel fondu.
Les mains :
Comme tout ce qui découvert et à la vue de tous, les mains doivent être blanches, et elles seront l'objet de soins attentifs.
Pour les adoucir, on utilise l'huile d'amande douce ou le miel.
Les cheveux :
Après la blancheur du teint, la chevelure est la deuxième préoccupation en ce qui concerne les soins de beauté.
Les cheveux seront de préférence longs et blonds. Ils incarnent la beauté féminine et sont décrits dans la littérature comme des rayons de soleil tant ils resplendissent. Le roux aussi est apprécié, quand il n'est pas associé au malin.
Ainsi, beaucoup de femmes cherchaient à teindre leurs cheveux ou à les décolorer, même si un grand nombre de teintures se révélaient dangereuses.
Pour teindre les cheveux en blond, Aldebrandin préconise de "faire cuire en lessive" de la paille d'avoine ou des fleurs de genêt, et "vo teste laver". Filippo Degli Agazzari conseille d'exposer les cheveux au soleil de nombreuses heures.
Pour décolorer les cheveux, on procèdera à un premier lavage au moyen de savon cuit avec du safran, puis on effectuera un second lavage avec de l'alun dissout par ébullition. Pour être efficace, cette préparation sera laissée toute la nuit.
La couleur rousse pourra être obtenue avec le safran et l'alcaune.
Pour teindre les cheveux en noir, on trouve une recette ressemblant à celle de l'encre dite gallo-ferrique, à base de rouille de fer, de noix de galle, de brou de noix, et de l'alun, le tout étant mis à bouillir dans du vinaigre.
Enfin, pour maintenir la couleur de cheveux châtains afin de cacher les cheveux blancs, on utilisera la noix de galles, ou "tan de chastaine", trempée dans de l'eau de pluie puis cuite avec des feuilles de noyer.
Pour que les cheveux aient de la tenue, ils sont parfois crêpés. Dans le but de les épaissir, Aldebrandin conseille l'orpiment réduit en poudre et mélangé à de l'huile d'olive, tandis que "L'ornement des Dames" propose plutôt l'huile de laurier.
Pour favoriser la pousse des cheveux, la "brionnie" cuite dans le vin est employée.
L'entretien régulier consiste en une "bonne lessive" à base de savon, qui se fera de préférence le samedi, jour où "les femmes ont coutume de se laver les cheveux", après le grand ménage hebdomadaire.
Les cheveux seront ensuite peignés et recoiffés, tressés ou attachés en chignon en-dessous de la coiffe.
Pour éliminer les pellicules, qui "funt les chevrous porrir", les préparations sont composées de feuilles ou fleurs de genêt, de semence d'ortie, ou de jus de mauve, mélangées à du vinaigre.
Pour parvenir à la beauté dépeinte par les poètes et pour séduire les hommes, les femmes du Moyen Age ont recours à certains artifices.
De la littérature de l'époque, il ressort que seuls les riches paraissent satisfaire leur soif de beauté, et les élégantes peuvent passer beaucoup de temps à leur toilette.
A l'époque, la femme se doit d'avoir la peau aussi blanche et immaculée que possible, et certaines femmes s'estimant trop "noires" sont prêtes à tout pour atteindre cet objectif. Elles demandent aux médecins des drogues pour les blanchir, lesquelles souvent font partir la peau en même temps que la "noirceur".
Les élégantes utilisent également des teintures pour leurs cheveux et se parfument.
De même, la femme use de subterfuges quand la jeunesse est passée, car alors elle n'est plus considérée comme attirante.
En outre, la préoccupation de l'hygiène, comme la propreté des mains et des dents, est retrouvée autant dans les traités écrits par les médecins que dans les pratiques populaires
Les femmes de tous milieux, nobles ou campagnardes, connaissent d'innombrables recettes de beauté pour rehausser leur apparence, au grand dam des clercs et des moralistes qui dénoncent ces pratiques.
Les recettes connues à l'époque, comme celles de "L'ornement des Dames" écrit au XIIIeme siècle, consistent en toutes sortes d'onguents, de crèmes à base de saindoux, d'huile d'olive ou de lait d'amande, mais aussi de lotions à base de plantes macérées ou bouillies, comme la mauve, la violette ou la fleur de sauge.
Pour obtenir la couleur blond roux des cheveux tant recherchée, l'emploi de safran ou de crocus est largement prôné.
La pharmacopée apparaît très étendue, végétale, mais aussi minérale (sel, sel gemme, sel d'ammoniac, orpiment, c'est-à-dire le trisulfide d'arsenic), ou animale (axonges diverses, graisse de boeuf, lézard, sangsues, etc). Certains ingrédients, hautement toxiques, sont utilisés couramment, tels que l'arsenic, mais aussi le mercure ou la céruse à base de plomb.
La plupart des cosmétiques sont fabriqués à la maison, suivant des recettes transmises oralement. Pour autant, il semble que l'apothicaire ait été le pharmacien autant que le salon de beauté de cette époque.
La Vieille du "Roman de la Rose", dans la partie écrite par Jean de Meun à la fin du XIIIeme siècle, donne des conseils aux femmes pour séduire les hommes. Ces conseils traitent aussi bien des différentes parties du corps que de la manière de se vêtir. La femme recourra aux faux cheveux, aux teintures, fards et onguents, afin de mettre en valeur les avantages qu'elle possède ou au contraire cacher ses imperfections.
Ainsi, elle va se décolleter si elle est pourvue d'une gorge appétissante, porter une robe légère si ses épaules sont un peu lourdes, porter des gants ou soigner ses mains si celles-ci ne paraissent pas belles et nettes. Une pièce de toile serrée soutiendra une poitrine un peu tombante. La chaussure cachera un pied laid, une chausse fine une grosse jambe. Si elle a une mauvaise haleine, elle devra se détourner du nez des gens et ne pas parler à jeun. Elle rira la bouche fermée, surtout si ses dents sont mal rangées. Il existe même un art de pleurer*
Au Moyen Age, la beauté féminine, tantôt redoutée, tantôt désirée, représente un objet de phantasme pour les laïcs, comme pour les religieux
Connaissance du corps féminin au Moyen Age et apparition de la cosmétique dans la littérature
Jusqu'au haut Moyen Age en Occident, la médecine occidentale repose sur la médecine antique, et le corps féminin est mal connu.
Après le savoir et le souci d'embellissement de l'Antiquité, on voit réapparaître l'idée des soins de beauté vers la fin du XIIeme siècle, inspirée des nouvelles sources que constituent les textes arabes de Rhazès et Avicenne, traduits à Tolède. L'influence de ces auteurs va entraîner une recherche croissante de l'ornement et l'embellissement, et des chirurgiens français notamment (Henri de Mondeville, chirurgien de Philippe le Bel, et Guy de Chaubac) vont s'intéresser à la cosmétique.
On retrouve des références à la cosmétique dans la littérature médicale à cette période sous forme de recettes, essentiellement pour la peau et les cheveux, avec des formules d'onguents, mais aussi de dépilatoires, de teintures, etc.
Les premiers ouvrages sont conçus à Salerne. Ainsi le "Catholica magistri Salerni", un traité datant du milieu du XIIeme siècle, et dont le premier livre commence avec un chapitre consacré aux cheveux et les moyens de les faire pousser, de les rendre blonds ou dorés, et de les préparer à recevoir une teinture.
A la même époque est écrit, toujours à Salerne, le "De ornatu mulierum" ("L'ornement des Dames"), qui propose des recettes pour soigner les cheveux et améliorer son teint, pour prévenir les rides et guérir les dartres, blanchir les dents, s'épiler, etc.
On trouve également parmi ces oeuvres le "Régime du corps", d'Aldebrandin de Sienne.
De même, dans sa "Chirurgie", Henri de Mondeville donne des recettes de fards, de dépilatoires, d'onguents, de teintures capllaires, de pommades, de savons et de drogues, destinés à s'embellir et se rajeunir.
Cependant, même si les médecins s'intéressent au domaine des soins de beauté, ce sujet pose un problème d'importance pour l'époque. En effet, les soins de beauté et le souci d'embellissement sont condamnables d'un point de vue moral et chrétien, car ils sont signes de vanité contre l'oeuvre de Dieu.
Tandis que certains médecins dispensent des conseils aux femmes pour s'embellir et que les poètes vantent les beautés féminines, les Pères et les moines, de la fin du XIIeme jusqu'au XVeme siècle, donnent aux femmes leurs propres conseils dans une littérature didactique et pastorale.
Pour ces derniers, la femme qui se farde, change la couleur de ses cheveux, et cherche à dissimuler les marques de l'âge, ou qui se vêt somptueusement, est une créature qui, à l'instar de Lucifer, prétend améliorer, et donc conteste, l'apparence que le Créateur lui a donné, finissant par se croire capable d'influer sur les lois du temps régies par Dieu seul. Les femmes qui apparaissent dans la société avec un corps orné et fardé passent alors pour subvertir les règles sociales, amenant corruption et désordre dans la communauté. D'ailleurs, le mot fard est issu du verbe médiéval "farser", qui signifie tromper.
Celles qui écoutent les conseils de ces religieux et qui les pratiquent, apprennent peu à peu à s'éloigner des charmes du monde et des désirs du corps pour vivre recluses entre les murs d'une maison ou d'un monastère, dans le but de privilégier la précieuse intériorité de leur âme par rapport à l'extériorité de leur corps, en accord ave l'ordre voulu par Dieu.
Les canons de la beauté féminine au Moyen Age :
La beauté de la femme au Moyen Age est décrite avant tout par les poètes, non pas dans l'objectif de peindre la réalité, mais dans celui de mettre en valeur ce que la femme doit posséder pour provoquer les sentiments qu'ils veulent inspirer par leurs textes. Chez ces auteurs, les canons de la beauté féminine restent les mêmes du XIIeme au XVeme siècle.
La femme idéale aux temps féodaux est dépeinte dans la littérature sous les traits de l'Iseult de Tristan, de la reine Guenièvre, de l'Eve d'Autun, ou encore de la belle Hélène.
La beauté idéale est celle de la jeunesse, celle de la pucelle. Le corps de la jeune fille symbolise la pureté et la blancheur de l'innocence. La femme, par la suite, n'est plus aussi attirante, tandis que la vieille femme est considérée comme le symbole de la laideur.
Le visage est le siège et la demeure de la beauté. C'est lui qui est découvert, à la vue de tous, sans être caché comme le sont les autres parties du corps.
L'idéal de beauté est clair et blond, alors que les femmes vivent majoritairement en plein air et proches de la nature, et ont donc le plus souvent un teint hâlé.
"Le teint est ce qui se remarque le mieux, celui qui se présente en premier." (Jean Liébault, 1582)
"La beauté parfaite du teint dépend principalement de trois points, à savoir de la vive couleur qui doit être blanche, vermeille, semblable à la couleur de rose incarnate. Secondement, de l'étendue égale, bien vive et polie de toutes parts. Tiercement, de la pureté, netteté, ténuité et transparence du cuir de la face." (Louis Guyon, 1664)
Les cheveux aussi retiennent l'attention, longs, blonds et fauves comme de l'or, ondulés ou frisés.
La blancheur de la peau et la blondeur des cheveux ondulés s'allient à la pâleur du teint, rehaussée par le rose des joues et le vermeil des lèvres. L'éclat des yeux est comparé à celui des étoiles ou des diamants. Les dents blanches et éclatantes ressemblent à de l'ivoire. Les sourcils fins et bruns embellissent un front large et dégagé. Le corps est svelte, élancé, la taille bien prise aux hanches étroites et au ventre saillant, les seins hauts placés, les chevilles fines.
Source
Produits de beauté au Moyen Age et au début des temps modernes : Les soins de beauté, Moyen Age, début des temps modernes. Actes du IIIe Colloque international, Grasse (26-28 avril 1985)
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