Ordre de la Très-Sainte-Trinité pour la rédemptiion des captifs

 

 

L' ordre des Trinitaires (ou ordre de la Très Sainte Trinité pour la Rédemption des captifs appelés aussi Mathurins) est un ordre religieux catholique fondé en 1194 à Cerfroid par les Français saint Jean de Matha et saint Félix de Valois, à l'origine pour racheter les chrétiens prisonniers des Maures. (Leur nom de Mathurins leur vient du couvent de Saint-Mathurin, à Paris, qu'ils construisirent avec l'aide de Philippe Auguste). Aujourd'hui ils aident les prisonniers et les captifs de toutes sortes.

 

 

Le symbole des Trinitaires est une mosaïque datant de 1210 qui représente Jésus libérant deux captifs, un noir et un blanc. Il s'agit de la vision qu'a eue le fondateur de l'ordre lors de sa première messe le 28 janvier 1193. Offerte par Innocent III à saint Jean de Matha, la mosaïque se trouve encore aujourd'hui à Rome sur le fronton de l'église de l'hospice de Saint-Thomas-in-Formis.

 Il est un des deux ordres dits rédempteurs de l'Eglise, l'autre fondé quelques années plus tard est l'ordre des Mercédaires.

L’ordre est fondé à Cerfroid près de Brumetz dans l'Aisne, et confirmé par le pape Innocent III le 17 décembre 1198 par la bulle Operante divine dispositionis.

 Les Frères de la maison de la Trinité devront vivre dans l'obéissance, la charité, la prière, et le jeûne, sans rien posséder personnellement. Une partie de leurs revenus sera affectée statutairement au rachat des captifs emprisonnés par les païens. Ils ont tenus à la célébration en commun de l'office. Le pape attribue à l'ordre nouveau le monastère Saint-Thomas-in-Formis, première fondation trinitaire à Rome.

 


 Jean de Matha et ses compagnons ramenèrent d'un premier voyage en Afrique cent quatre-vingt-six prisonniers libérés.

La tradition trinitaire voit en Félix de Valois le co-fondateur de l'ordre, compagnon de Jean de Matha dans la solitude de Cerfroid. C'est à Cerfroid que s'implante la première communauté trinitaire. C'est pourquoi on considère cette maison comme maison-mère de tout l'ordre.

 Les membres de cet ordre sont également appelés Trinitaires, ou Mathurins, du nom de leur église à Paris, Saint-Mathurin, ou encore Frères aux ânes car leur règle leur interdisait de monter à cheval

 C'est la plus ancienne institution officielle de l'Église catholique consacrée au service de la rédemption sans armes à la main.

Jean de Matha fonde un projet de vie religieuse dans l'Église, nouveau et original, dont la texture est profondément évangélique. Il rattache la Trinité et la rédemption des captifs : l'ordre est l'ordre de la Sainte Trinité et de la Rédemption des captifs, et les frères de Jean de Matha sont les frères de la Sainte Trinité et de la Rédemption des captifs.

En 1200, Jean de Matha fonde un hôpital à Marseille pour accueillir des captifs libérés par les musulmans. Il meurt à Rome en 1213 Il sera canonisé par le pape Innocent XI en 1679. Vers 1240, l'ordre des Trinitaires compte déjà plus de six cents maisons. Le développement assez considérable de l'ordre au Moyen Âge explique aisément que des activités pastorales ou missionnaires plus larges aient occupé beaucoup de religieux, tandis que l'ordre s'annexait également des monastères de contemplatives.

 

 


 La règle rédigée par Jean de Matha est le principe et le fondement de l'ordre Trinitaire. Adaptée au cours de 800 ans par la tradition, principalement par l'esprit et l'œuvre, en 1599, du réformateur espagnol Jean Baptiste de la Conception suivant le modèle offert par la réforme des carmélites, elle se prolonge dans les Constitutions Trinitaires approuvées par le Saint-Siège.

Bien que les Trinitaires aient une règle particulière, plusieurs historiens les mettent au nombre de ceux qui suivent la règle de Saint Augustin et qui sont des Chanoines réguliers-Dans plusieurs manuscrits très anciens, la règle de saint Augustin se trouve jointe à celle de l'ordre des Trinitaires

« Ils ne pouvaient se servir d'autres montures dans les voyages que d'ânes, c'est pourquoi on les appellait autrefois les Frères aux ânes, l'on trouve dans un Registre de la Chambre des Comptes à Paris de l'an 1330 que les Religieux du Couvent de Fontainebleau, y sont appelés les frères des ânes de Fontainebleau, Mais par la seconde Règle il leur fut permis de se fervir de Chevaux, d'acheter de la viande , du poisson &: les autres choses nécessaires à la vie. »

« Saint Jean de Matha obtint, avec Félix de Valois, du pape Innocent III, en 1198, la permission d'instituer un ordre religieux, dont le but était la rédemption des captifs tombés entre les mains des infidèles. Cet ordre a pris le nom de la sainte Trinité, parce que Dieu lui-même en avait provoqué la fondation par des visions miraculeuses.

 

 


 

 Après avoir établi son ordre en France, Jean de Matha se rendit en Espagne, où il exhorta les rois, les princes, les seigneurs et les peuples, à la compassion envers les malheureux chrétiens captifs. Il fut favorablement accueilli en Castille, par Alphonse IX, en Aragon, par Pierre II, et en Navarre, par Sanche V.

 Sa parole produisit les fruits qu'il en attendait chez une nation qui avait été en guerre avec les Mahométans. Des monastères et des hôpitaux du nouvel ordre furent fondés. D'Espagne, Jean de Matha passa à Tunis, d'où il conduisit à Rome cent vingt captifs qu'il avait rachetés.

 Pendant ce temps, Félix de Valois établissait, à Paris, un couvent qui fit donner aux religieux Trinitaires de la rédemption le nom de Mathurins, parce qu'il y avait une chapelle dédiée à saint Mathurin là où il fut bâti.

 Saint Jean de Matha mourut à Rome, en 1213 ou 1214. Son corps a été ensuite transporté en Espagne. L'ordre qu'il léguait à l'Église fut définitivement approuvé par le pape Clément IV, en 1267. Au temps du pape Innocent XI, dans la seconde moitié du XVIe siècle, les Trinitaires espagnols furent autorisés à élire un général- Mais, après l'avènement de Philippe V au trône d'Espagne, le général de l'ordre entier, qui résidait en France, obtint du pape Clément XI sa rentrée dans ses droits, et il n'y eut plus, depuis 1705, qu'un général universellement reconnu par tous les religieux de l'ordre.

 

 Le relâchement s'était introduit parmi les Trinitaires en Espagne, les religieux de Castille, d'Aragon et d'Andalousie, résolurent, dans un chapitre tenu en 1594, d'établir dans chacune de ces provinces deux ou trois maisons où on observerait la règle primitive, et où on vivrait avec plus d'austérité.

 Cette réforme fut opérée dans un couvent bâti à Valdepeñas, en 1596, par la munificence d'un commandeur de Saint-Jacques, et Saint Jean-Baptiste de la Conception en fut l'instituteur. Les religieux qui y entrèrent prirent des habits plus grossiers que ceux qu'ils portaient précédemment, et ils n'eurent plus aux pieds que des sandales.

Le père Jean-Baptiste obtint du pape Clément VIII, en 1599, que les Trinitaires déchaussés fussent séparés de l'ancien ordre ; mais ce ne fut pas sans une vive opposition de la part des religieux chaussés que le bref du saint-siège put être mis à exécution.

 Le père Jean-Baptiste mourut à Cordoue, en 1613, après avoir fondé dix-huit couvents de la réforme des Trinitaires déchaussés.

 Ces religieux furent exemptés en 1636, par le pape Urbain VIII, de la juridiction du général de l'ordre entier des Trinitaires, et il leur fut permis d'élire un général de leur congrégation. Elle se multiplia beaucoup en Espagne, et on la divisa en trois provinces, auxquelles on donna les noms de la Conception , du Saint-Esprit, et de la Transfiguration.

 Les Trinitaires déchaussés d'Espagne se répandirent successivement en Pologne, en Allemagne, en Hongrie et en Italie. C'est par millions que l'on compte le nombre des captifs qu'ils ont rachetés de l'esclavage chez les infidèles.

 

Quelques femmes pieusement charitables, quoiqu'elles ne pussent pas aller elles-mêmes racheter les captifs, voulurent s'associer par leurs prières à l'œuvre des Trinitaires, et elles embrassèrent la vie religieuse, suivant la règle de l'ordre, en 1236, sous la conduite de l'infante Constance, fille de Pierre II, roi d'Aragon, qui fut la première religieuse trinitaire. Il y eut aussi des religieuses trinitaires déchaussées en Espagne.»

 


                                                                                                   un trinitaire sur son âne

 

Le Tiers Ordre Trinitaire

 « (les oblats) Il y avait autrefois dans l'Ordre de la sainte Trinité & Rédemption des Captifs des personnes qui s'y donnaient en qualité d'Oblats, entre lesquels on compte Berenger Seigneur d'Anguillare l'un des premiers barons de Catalogne & Angline sa femme, qui l'an 1209 fondèrent un hôpital qu'ils donnèrent aux Religieux de cet Ordre.

 Ce sont peut être ces Oblats qui ont donné lieu dans la suite à l'établissement d'un Tiers Ordre de la sainte Trinité.

Mais quoique parmi les personnes illustres qui en sont sortis, à ce que l'on prétend, on y mette Philippe Auguste & saint Louis Rois de France, que l'on dise que ce dernier allait en chape au Chœur avec les Religieux, que l'on mette aussi au nombre de ces Tierçaires Alfonse VIII Roi de Castille, & plusieurs autres personnes distinguées par la sainteté de leur vie ou par leurs dignités; il en est sans doute de ce Tiers Ordre de la sainte Trinité comme de quelques autres Tiers Ordres de différentes Religions, où l'on fait entrer des perfonnes qui étaient mortes quelques centaines d'années avant la naissance de ces Ordres, il y a bien de l'apparence que le Tiers Ordre dont nous parlons, n'a été établi que sous les auspices du General Bernard Dominici vers l'an 1584 puisque ce fut cette année qu'il approuva, confirma & permit qu'on imprimât les Règles & les Statuts des Frères & Sœurs du Tiers Ordre de la sainte Trinité; & quoique dans l'approbation qu'il en donna & qui se trouve à la fin de cette Règle, il dise que ce Tiers Ordre est fondé sur les Bulles des Souverains Pontifes, il serait néanmoins difficile d'en produire seulement une où il en soit parlé. Il est vrai qu'il se trouve plusieurs Bulles en faveur du Scapulaire de la sainte Trinité, mais cette Confrérie est différente du Tiers Ordre de la sainte Trinité, comme on peut voir par les Règles de ce Tiers Ordre & de cette Confrérie, qui ont été imprimées pour la seconde fois séparément & dans le même temps, à Rouen l'an 1670 avec la permission des Supérieurs de l'Ordre.

 


 

Quoiqu'il en soit, l'habillement de ces Tierçaires de la sainte Trinité consiste en une robe blanche avec un Scapulaire, sur lequel il y a une Croix rouge & bleue; mais l'usage n'est point en plusieurs pays de porter publiquement cet habit. Les perfonnes qui sont de ce Tiers Ordre le portent ordinairement sous leurs habits séculiers. Ils font un an de Noviciat, après lequel on leur fait une exhortation sur l'observance de la Règle & le Supérieur ayant béni les habits, celui qui fait Profession dit à haute voix ces paroles:

"Je Frère N. ayant confiance en la très sainte Trinité, à La très sainte Vierge Marie, aux Bienheureux saint Jean et saint Felix, & à vous mon Père, propose avec intention pure et simple & droite, délibérément & fermement de garder les Commandements de Dieu, d'amender mes mœurs vivant ci-après avec plus d'amour de Dieu & de mon Prochain, méprisant les plaisirs du siécle , quittant les affections mondaines, me détachant de mon amour propre, renonçant à jamais au Diable & à La chair, pour pouvoir avancer mon salut & aider à celui de mon Prochain, par la grâce de Notre Seigneur, & participer comme associé aux privilèges, prérogatives, grâces & indulgences de la sainte Trinité pour la Rédemption des Captifs en recherchant l'avancement, l'honneur & le bien en toute fidélité, de la plus grande gloire du Père, du Fils, & du saint Esprit. Ainsi soit-il."

 

 Il s'est érigé depuis quelques années à Paris une Communauté de Filles Séculières qui vivent selon la Règle des Religieux de la sainte Trinité & Rédemption des Captifs, on les appelle aussi Sœurs de la Ste Trinité. Leur habit est semblable à celui des Religieux, mais au lieu de manteau elles ont sur leur robe blanche une soutane ou veste ouverte par devant, au lieu de guimpe un mouchoir de cou en pointe, & sous un voile noir une cornette blanche. Elles portent aussi au cou une médaille d'argent en triangle, comme on peut voir dans la figure qui représente une de ces Sœurs Trinitaires. Elles apprennent à lire, écrire, & travailler à de pauvres filles. Cette Communauté est présentement au faubourg saint Antoine, où elles n'ont qu'une maison à louage, & elles ne subsistent que de leur travail, n'ayant pas encore de revenus considérables.»

 La règle prescrivait de consacrer un tiers des revenus à l'entretien des religieux, un tiers au rachat des captifs, un tiers à l'hospitalité.

 Il y eut, dès le début, beaucoup de maisons qui non seulement eurent des hôpitaux, mais même ne furent que des hôpitaux : Metz, Eslaîres, Douai, Pontarmé, au Bourgel, et à Paris: le couvent des Mathurins; Gaguin a écrit au dos d'un acte : « C'est la maison où est de présent l'hôpital »; cette pieuse fondation n'a disparu qu'au début du dix-septième siècle.

Les hôpitaux de l'ordre recevaient d'autres hôtes que des malades. les Mathurines de Reuilly, qui étaient des Sœurs enseignantes : quant aux religieuses de Valence, cette communauté hospitalière avait pris l'habit de l'ordre et son vocable à la fin du dix-septième siècle, sans lui être aucunement rattachée.

 Dans le Midi, les Trinitaires paraissent partager le soin de leurs hôpitaux avec des recteurs laïques. À Cordes (Tarn), deux prudhommes, nommés pour un an, sont chargés de les contrôler, de par l'acte de fondation du mois de novembre 1287. Pierre de Béziers, damoiseau, parait être donné comme seul associé aux religieux, le 14 décembre 1295 .

Bernard Rascas, fondateur de l'hôpital d'Avignon, institue deux recteurs laïcs à côté des Trinitaires qu'il fonde en 1353. La réunion si curieuse des Pères de la Merci et des Trinitaires en 1481 par Julien de La Rovère, vice-légat, doit être simplement interprétée comme une mesure destinée à assurer une meilleure surveillance.

Certains hôpitaux ne vécurent pas longtemps. L'Hôtel-Dieu de Saint-Quentin, donné en 1257, n'existe plus un demi-siècle après; Châlons, où les Trinitaires auraient eu un hôpital dès 1225, n'en a plus dès avant 1364. Même secourus par un puissant seigneur comme Geoffroy le Meingre, frère de Boucicaut, les Trinitaires hospitaliers d'Arles doivent attacher à leur service Marot du Puy, clerc, et le constituer procureur pour la moitié des revenus donnés par ce seigneur.

Le ministre Guillaume de Flaygnac avait d'ailleurs été pourvu de cette charge par Boucicaut lui-même (13 janvier 1410). Il était donc vrai que la dépendance étroite pouvait seule assurer la vie de ces établissements.

« La congrégation des religieux de l'ordre de la Sainte-Trinité, disent "Les mémoires du clergé", tome II, page 135 , est du nombre de celles des chanoines réguliers de l'ordre de Saint Augustin. Plusieurs souverains pontifes attestent la même chose. Dans plusieurs manuscrits très anciens, la règle de Saint Augustin se trouve jointe à celle de l'ordre de la Sainte-Trinité (...) Les Trinitaires sont de droit & de fait chanoines réguliers de Saint Augustin; & c'est en cette qualité qu'ils possèdent de temps immémorial des bénéfices de l'ordre de Saint Augustin.(...) Cette qualité est donnée aux Trinitaires dans une transaction faite en 1468, entre les chanoines réguliers de Saint Trophime d'Arles & les religieux de leur ordre dans la même ville. La copie collationnée de cette transaction est dans les archives de leur maison de Paris. […] Ils n'ont cessé de se servir du bréviaire des chanoines réguliers que parce que l'édition en était épuisée; & ce n'est que depuis environ 80 ans qu'ils se servent du bréviaire romain.» Maître J.-B. Denisart; 1775

 

 Les trinitaires portent depuis leur fondation un habit blanc sur lequel figure une croix rouge et bleue.

 

Source

 Hierholz Grimaldi R., Les Trinitaires, Fayard 1995

 

 


Commentaires (3)

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