Les cathédrales: un passage obligé pour tout chrétien

 

 

 

De la naissance à la mort, les grandes étapes de l'existence terrestre ont pour cadre la cathédrale et ses dépendances. On y est baptisé, on y apprend à lire, on s'y marie et on s'y fait soigner. Et souvent méme, on y festoie.

 

Tout un ensemble de bâtiments, d'offices et de personnel mis en place au haut Moyen Age, compose la cathédrale médiévale. Généralement, le groupe cathédral est constitué de trois églises voisines : l'une dédiée à la Vierge et utilisée par l'évéque ; la deuxième par le clergé qui l'entoure ; la troisième dédiée à saint Jean Baptiste o๠l'évéque administre le sacrement du baptéme ; sans oublier la demeure de l'évéque et de ses clercs. Au milieu du VIIIe siècle, l'évéque de Metz, Chrodegang, oblige son clergé à vivre en communauté suivant la règle de saint Benoît. Cette réforme est étendue à tout l'Empire carolingien. C'est ainsi que sont construits des cloîtres autour desquels se distribuent la salle de chapitre, le réfectoire, le dortoir, le tout étant entouré d'une clôture. Après les invasions et les troubles des IXe et Xe siècles, la réforme grégorienne et la renaissance des villes favorisent un nouvel élan de construction, dans le style roman, puis à partir de la seconde moitié du XIIe siècle, dans le style gothique. Le plan de la cathédrale se fixe. Les trois églises d'origine sont fondues en un seul bâtiment. Le clergé, pour célébrer les offices sans perturbations, se sépare des laïcs par le jubé et la clôture du choeur. De méme, il s'isole des pèlerins venus vénérer les reliques, par la construction du déambulatoire à chapelles rayonnantes. L'évéque, lui, demeure dans un palais doté de sa propre chapelle, tandis que les chanoines, ayant abandonné la règle bénédictine, se retrouvent dans le cloître mais dorment dans des maisons particulières.

 

Depuis le règne de Charlemagne, chaque évéque est tenu d'établir une école auprès de sa cathédrale. Le maître, généralement appelé écolâtre - scolastique à Orléans et maître des écoles à Angers - est choisi parmi les chanoines pour ses qualités de pédagogue. Jusqu'au XIIe siècle, il enseigne lui-méme. Certains sont passés à la postérité : Gerbert à Reims, Fulbert et Yves à Chartres, Anselme à Laon, Pierre Abélard à Notre-Dame de Paris. Avec le développement des villes et l'accroissement de la population, les petites écoles se dispersent à travers les murs de la cité, mais la responsabilité en incombe à l'écolâtre de la cathédrale qui conserve le monopole scolaire sur tout le diocèse et nomme les maîtres et maîtresses. Les enfants entrent à l'école vers l'âge de 7 ans. La mixité n'existe pas. A Paris, en 1380, on compte une quarantaine de maîtres pour une vingtaine de maîtresses. L'enseignement est normalement gratuit et les élèves apprennent à lire, écrire, compter et prier, en langue vulgaire. Les plus favorisés, membres de la famille de l'évéque ou des chanoines, les oblats (enfants dédiés à l'Eglise à leur naissance par leurs parents en remerciement d'un bienfait), de méme que des enfants d'origine modeste montrant certains dons intellectuels, peuvent poursuivre leurs études à l'école cathédrale. Ainsi Robert de Sorbon, originaire d'un village éponyme près de Rethel, fils de paysans, fait ses études à Paris, devient chanoine à Cambrai, puis à Paris o๠il enseigne et devient aussi célèbre que saint Thomas d'Aquin ou saint Bonaventure.

 

Le XIIe siècle voit fleurir certains centres o๠enseignent de grands maîtres comme à Paris, Chartres ou Orléans. Au XIIIe siècle, la spécialisation se fait selon les matières : théologie à Paris, droit à Orléans, médecine et droit à Montpellier. En dehors de ces centres qui attirent les meilleurs étudiants, l'enseignement dans les écoles cathédrales a tendance à se figer et reste fondé sur l'étude des Ecritures.

 

Le déroulement des études à l'école de Reims est assez bien connu. L'établissement se situe dans le domaine canonial, rue des Ecoles- Notre-Dame (approximativement l'actuelle rue Carnot). Les écoliers pauvres, âgés de 9 à 16 ans, trouvent le gîte et le couvert dans le collège des Bons-Enfants fondé par l'archevéque et dont les statuts datent de 1245. Les ressources sont partagées et mises en commun et s'il n'y a plus à manger, il faut aller mendier. Chaque garçon reçoit un habit uniforme gris, et dispose d'un lit individuel. Le repas se prend en silence et l'on doit écouter la lecture sainte, comme dans un monastère. Auparavant, on a récité le benedicite et, à la suite, l'action de grâce. Les pensionnaires sont tenus d'assister à la messe et au sermon tous les dimanches et les jours de féte, ainsi que de réciter les heures de la Vierge et deux psaumes. Ils doivent se confesser chaque mois. Ils reçoivent la discipline tous les soirs : les bagarres, normales entre adolescents, sont la cause principale des sanctions. Il existe à Reims un autre collège, celui des Crevés, fondé au début du XIIIe siècle par le bourgeois Aubri Le Crevé et qui se trouve sous l'autorité du doyen du chapitre. Les garçons les plus favorisés peuvent bénéficier d'une prébende. Tous sont clercs et ont reçu, à ce titre, la tonsure.

 

L'enseignement se fait uniquement en latin et les écoliers sont initiés aux sept arts libéraux : d'abord le trivium (grammaire, dialectique et rhétorique), puis le quadrivium (arithmétique, géométrie, astronomie et musique), hérités de l'Antiquité et jugés indispensables à la compréhension de l'Ecriture sainte. La base de l'enseignement est en fait la grammaire, enseignée par un maître particulier. A Troyes, au XVe siècle, il existe une sorte de cours élémentaire o๠l'on apprend le traité de Donat (grammairien latin du IVe siècle), puis un cours moyen pour les 12-13 ans, o๠l'on étudie les constructions dans le Doctrinal d'Alexandre de Villedieu (v. 1199) et des ouvrages moraux comme les Distiques attribués à Caton, le Théodelet , ou les Fables d'Esope ; enfin, un cours supérieur o๠le Graecismus d'Evrard de Béthune (v. 1212) est au programme.

 

Reims abrite aussi une école de théologie dans son cloître, dont l'enseignement est confié à partir du milieu du XIIIe siècle à des dominicains, des franciscains et des augustins. On y trouve également une école de droit civil et canonique dont le professeur est aussi un official (un juge ecclésiastique qui forme des jurisconsultes) à la solide réputation.

 

Autre bâtiment important que l'on trouve à côté de la cathédrale, et ceci aussi depuis le règne de Charlemagne : l'hôtel-Dieu construit pour accueillir les malades, les infirmes, les pèlerins et les voyageurs.

 

D'abord à la charge des évéques, il passe, aux Xe-XIe siècles, à celle des chanoines. Malgré la création d'hôpitaux ou de léproserie par des villes, des ordres religieux comme ceux de Saint-Antoine ou du Saint-Esprit, ou des particuliers, les hôtels-Dieu subsistent tout en se réformant et en s'étendant. Des statuts sont rédigés. Ainsi, au XIIe siècle, l'hôtel-Dieu d'Orléans est desservi par une communauté religieuse, possédant ses biens propres, mais sous le contrôle du chapitre ; à Paris, là encore, le chapitre exerce son autorité : les décisions en sont exécutées par les proviseurs. Les hôtels-Dieu médiévaux ont disparu, méme si celui de Paris occupe toujours le méme site. On connaît assez bien celui de Laon, construit autour de la grande salle des malades. Orientée nord-sud, elle était longue de 50 m, large de 10 m et haute de 10 m. Dans le côté sud, était aménagée la chapelle des malades. A l'ouest, se trouvait le couvent, séparé en deux, avec les frères et les soeurs qui administraient les soins aux malades ; à l'est, la salle d'accueil, les chambres et la chapelle.

 

Enfin, et malgré l'essor du patronage des grands laïcs et celui de la musique profane, les maîtrises des cathédrales sont des viviers de grands musiciens, tel Guillaume Dufay qui fit partie du choeur de la cathédrale de Cambrai avant de suivre une carrière européenne. Il existe à la fin du XIVe siècle, des maîtrises d'enfants méme si elles ne sont pas très fréquentées : on ne compte, par exemple, que six enfants à Poitiers, Chartres ou Carcassonne, mais dix à Paris qui nous sont connus à travers le sévère règlement que lui a donné Jean Gerson. La petite communauté vit à l'écart du monde sous la direction d'un maître. Les enfants dorment deux par lit dans un dortoir o๠brille une lumière devant une représentation de la Vierge. Ils doivent se surveiller les uns les autres et dénoncer les manquements : parler en français, ricaner à l'église, omettre les heures, jurer, mentir, dire du mal d'un autre, parler d'une manière malhonnéte ou impudique, se laisser aller à des attouchements sur un camarade. Les récréations sont courtes. Les enfants peuvent jouer aux dames, mais les jeux de hasard sont interdits. Comme à l'école, les repas se prennent en silence tandis que l'un d'eux fait la lecture. Le repas du matin doit étre léger pour ne pas affaiblir la voix. Les petits chanteurs pratiquent le plain-chant et le contrepoint, mais pas des cantilènes dissolues et impudiques. Ils apprennent aussi à servir la messe et à assister aux offices sans rire ni se dissiper. Ils quittent la maîtrise à l'approche de la puberté. Malgré ce régime draconien, les enfants de la maîtrise sont en contact avec le monde extérieur, hors du choeur (matériel) de la cathédrale, lors de grandes occasions. Ainsi, ils accueillent de leurs chants mélodieux le régent Bedford à Paris en 1434, ou encore, ils chantent la partie des anges dans le Mystère de la Passion d'Arnoul Gréban - qui dirige lui-méme la maîtrise de 1451 à 1456.

 

Ces petits chantres ainsi que les enfants de choeur fétent suivant leur propre rite la féte des Innocents, le 28 décembre. Cette féte des Innocents ou des Fous (les deux mots sont synonymes au Moyen Age) est l'occasion de jeux " puérils " aussi bien à l'intérieur qu'en dehors de la cathédrale. A Chartres, par exemple, ils donnent lieu à l'élection d'un " évéque " des enfants. L'évéque et le chapitre regardent d'un oeil indulgent ces amusements inoffensifs qui se poursuivront jusqu'à la Révolution. Il n'en va pas de méme de la féte des Fous célébrée par les adultes. Il s'agit d'un avatar de la féte païenne des saturnales célébrées, à l'origine, à la fin du mois de décembre : l'ordre des choses s'y trouvait inversé. L'Eglise a bien essayé de l'amalgamer à la féte de la Circoncision de Jésus, établie le 1er janvier, mais il en restait des survivances. On en trouve trace à Paris, Beauvais et Sens. En 1198, le légat Pierre de Capoue se plaint auprès de l'évéque de Paris, Eudes de Sully et lui demande de mettre fin aux débordements auxquels donne lieu cette féte : paroles grossières, rixes, coutumes indécentes. L'évéque rédige un règlement o๠il autorise une procession solennelle avant l'office, des chants particuliers, une épître " farcie " (avec des interpolations railleuses) prononcée par deux clercs vétus d'une chape de soie, et ensuite, par un sous-diacre. Enfin, le chant solennel Deposuit potentes de sede (" Il a renversé les puissants de leur trône ") est entonné.

 

A Beauvais et à Sens, cette féte porte le nom de féte de l'Ane, car on y fait participer un âne. Elle a été décrite par l'archevéque de Sens lui-méme, Pierre de Corbeil (de 1200 à 1222). Comme à Paris, tout l'office est orné de " farcitures ", jusque dans le Credo , et coupé de proses dont la très belle Inviolata . Si à Sens, rien n'indique la présence d'un âne dans la cathédrale, à Beauvais, on sait qu'il a été mené devant le porche aux vépres du 31 décembre et que les fidèles ont chanté la prose de l'âne Orientis partibus ([Venant] des parties d'Orient), dont les sept strophes se terminent par le refrain burlesque " Hé ! sire âne, hé ! " La cérémonie dure deux jours. Toujours à Beauvais, cette féte est célébrée un autre jour de l'année, le 14 décembre, et inclut la participation des bourgeois. Un âne richement harnaché est monté par une jeune fille de la ville, revétue d'une chape d'or et tenant dans ses bras un petit enfant. Le clergé et la foule l'accompagnent en procession de la cathédrale à l'église Saint-Etienne. Puis l'âne pénètre dans l'église et est placé en grand honneur sur le côté gauche (celui de l'Evangile). Au cours du XIVe siècle, la féte de l'Ane se confond avec celle des Fous. Mais on entend toujours de retentissants hi-han pendant le Kyrie , le Gloria , l' Epître , le Credo et l' Ite missa est. Des boudins et des saucisses sont méme utilisés comme encensoirs !

 

La première fois qu'un chrétien entre dans le lieu saint, c'est à l'occasion de son baptéme, un sacrement qui introduit le petit enfant dans la communauté des fidèles et lui sauve du péché originel en cas de décès prématuré. A l'origine, le baptistère est un bâtiment, séparé de la cathédrale, qui abrite une piscine, de forme ronde ou octogonale comme à Aix ou Fréjus - on en voit d'autres exemples à Poitiers ou Périgueux. La diffusion du christianisme, l'autorisation accordée aux prétres de conférer le baptéme font que chaque église possède sa cuve baptismale qui n'a pas de place attitrée. En France, les cuves médiévales ont disparu lors de la guerre de Cent Ans et des guerres de Religion. Jusqu'au début du XIIIe siècle, le baptéme est uniquement pratiqué par immersion dans des cuves reposant directement sur le sol comme celles conservées à Saint-Barthélemy de Liège (du XIIe siècle) ou à Saint-Godard de Hildesheim (du XIIIe siècle). Quand, à partir du début du XIIIe siècle, on commence à pratiquer le baptéme par affusion (en répandant de l'eau sur la téte), on fabrique des cuves plus petites, élevées sur une base. L'Eglise a toujours insisté sur le baptéme des enfants. A partir du XIIIe siècle, en raison de la mortalité infantile mais aussi pour lutter contre les doctrines hérétiques, on généralise le baptéme des nouveau-nés qui doit étre fait dans les plus brefs délais (les enfants morts sans baptéme - et sans nom - ne peuvent recevoir de sépulture chrétienne). Cela implique l'absence des parents. Ils sont alors représentés par des parrains et marraines (les compères et commères), choisis avec soin, souvent dans un milieu plus élevé que la famille pour en obtenir cadeaux et protection. En Europe du Nord, à la fin du Moyen Age, un garçon a deux parrains et une marraine, une fille deux marraines et un parrain. Il incombe généralement au compère pour le garçon et à la commère pour la fille de choisir le prénom de l'enfant. On passe progressivement d'une prédominance de prénoms germaniques à une prédominance de prénoms latins ou bibliques. Trois prénoms dominent la fin du Moyen Age : Jean ou Jeanne, Jeannette, puis Pierre ou Perrine, enfin Guillaume ou Guillemette.

 

La confirmation reste le privilège de l'évéque. Elle est donnée, dans les premiers temps, au moment du baptéme, on en recule peu à peu l'âge. Si pour Thomas d'Aquin, c'est un sacrement que l'on doit recevoir à l'âge adulte, la pratique est de la conférer aux enfants ayant atteint l'âge de discrétion (de discernement entre le bien et le mal, notre âge de raison). Les parents, accompagnés de leurs compères et commères se rendent à la cathédrale, généralement au cours de la semaine de la Pentecôte. Là , l'évéque impose les mains sur l'enfant et lui oint le front d'un signe de croix. Auparavant, les parents ont lavé la téte de leur enfant et lui ont coupé les cheveux. A la suite de l'onction, on entoure la téte de l'enfant avec des bandelettes pour maintenir le saint chréme pendant sept jours, qui correspondent aux sept dons de l'Esprit saint.

 

L'Eucharistie était administrée en méme temps que le baptéme (pour les adultes). Mais le concile de Latran IV, en 1215, décide que ce sacrement sera donné à l'âge de discrétion et que les fidèles devront communier au moins une fois par an. Pour saint Thomas d'Aquin, l'âge de raison se situe vers 10-12 ans. Le synode de Bayeux le fixe à 7 ans en 1300, mais il semble que l'usage soit de faire sa première communion vers 10 ans.

 

Le concile de Latran IV fixe aussi l'âge de la confession à l'âge de discrétion, mais les conciles et synodes la repoussent vers l'âge de 12 ans, au début de la puberté.

 

Le quatrième sacrement de la vie du chrétien (qui n'en devient un qu'au XIIe siècle) est celui du mariage. Là encore, la cathédrale n'en a pas le privilège bien que l'on y ait assisté à de fastueux mariages royaux ou princiers.

 

 

 

Dans la société chrétienne médiévale, les hommes et les femmes sont soucieux de leur salut. Un moyen de l'assurer est de se faire ensevelir le plus près du corps du Christ ou des reliques de saints, d'o๠les pressions, s'accentuant à la fin du Moyen Age, sur l'évéque ou le chapitre pour obtenir une sépulture ou, mieux, une chapelle familiale dans la cathédrale, ce qui permet de montrer sa puissance ou sa réussite sociale dans le monde. Les rois et les princes n'ont pas de difficultés à se faire enterrer dans les cathédrales. Ainsi à Notre-Dame de Paris, furent ensevelis, entre autres, Isabelle de Hainaut, femme de Philippe Auguste, Philippe, frère de Louis VII, mais archidiacre de la cathédrale, Geoffroy de Bretagne, fils d'Henri II d'Angleterre, un autre duc de Bretagne, une comtesse de Champagne.

 

Les grands serviteurs de la royauté, quant à eux, cherchent à obtenir une chapelle : la plus belle est sans doute celle de Jacques Coeur à Bourges, la dernière chapelle au nord du choeur qui possède une verrière de l'Annonciation. A Paris, la famille Jouvenel obtient, en 1443, la moitié de la chapelle Saint-Remy, la sixième du côté sud (connue aujourd'hui sous le nom de chapelle Saint-Guillaume). D'autres personnages, moins influents, comme le médecin Simon Aligret, obtiennent aussi une chapelle à Bourges.

 

Chaque cathédrale est un lieu de pèlerinage car, comme tout sanctuaire, elle possède les reliques d'un saint plus ou moins illustre auquel elle est dédiée : saint Jean Baptiste à Saint-Jean-de-Maurienne, saint Lazare à Autun, saint Etienne à Sens ou à Châlons... Cependant les plus insignes reliques du royaume de France ne sont pas conservées dans des cathédrales : ainsi, le corps de saint Martin se trouve dans la basilique homonyme à Tours, les reliques de la Passion à la Sainte-Chapelle depuis 1248, les reliques de Marie-Madeleine à Vézelay et à la Sainte-Baume (transférées à Saint-Maximin).

 

Il n'existe pas de reliques de l'archange saint Michel, mais son culte s'est développé au mont à la suite d'une triple apparition. Cependant, la cathédrale d'Amiens s'enorgueillit du chef de saint Jean Baptiste, reçu en 1206 (le reliquaire existe toujours), et du manteau disparu que saint Martin a partagé avec un pauvre quand il était en garnison dans la cité. Une tunique de saint Martin a été conservée à Auxerre entre le XIIIe et le XVIIIe siècle.

 

La plus illustre relique se trouvant dans une cathédrale est la tunique de la Vierge à Chartres. Ce voile de soie, enveloppé dans une soierie du VIIIe siècle, y est attesté depuis le XIIe siècle. La légende veut qu'il ait été donné par l'empereur romain d'Orient Constantin V à Charlemagne et que Charles le Chauve en ait fait présent à la cathédrale en 876. Le culte de la Vierge connaît un véritable essor au XIIe, et surtout au XIIIe siècle. Les pèlerins y viennent aussi vénérer Notre-Dame-de-Sous-Terre, une statue de la Vierge en majesté portant l'Enfant datant du XIIe siècle (brà»lée à la Révolution) qui était placée dans la crypte.

 

Enfin, la cathédrale, symbole religieux et politique de la cité, est le point de départ et d'arrivée d'importantes processions qui se déroulent aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'édifice. On mesure bien le phénomène au travers des écrits d'un chanoine de Notre-Dame de Paris aux tendances bourguignonnes, dont le journal tenu entre 1405 et 1449 témoigne de ces multiples manifestations au cours d'une des périodes les plus sombres de l'Histoire de France.

Commentaires (1)

1. Billy 08/02/2012

Technology advances, we can find a good online article, thank you for sharing.rolex explorer replica

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau

 


 

 

Créer un site gratuit avec e-monsite.com - Signaler un contenu illicite