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Le Baphomet est une représentation à tête barbue (un bouc ou un humain suivant les versions), possédant de grande oreilles (ou des cornes) et des ailes.
De nombreuses interprétations ont été associées au Baphomet, voici les plus connues:
L'abbé Constant le présente dans son livre "Dogme et rituel de la haute magie " en illustration de l'introduction au chapitre"Rituel". Il nous le présente comme suit :
- "Figure panthéistique et magique de l'absolu",
- le flambeau représente l'intelligence équilibrante du ternaire,
- la tête correspond à la responsabilité de la matière seule et l'expiation des péchés corporels,
- ses mains humaines (signe du travail), dirigées vers le haut et vers le bas, font le signe de l'ésotérisme
L'abbé Constant nous le décrit également avec un pentacle dessiné sur son front. Il possède également un sein de femme (signe de la maternité). Le bas du corps est habillé et laisse appercevoir un disque et un caducée.
Le Baphomet est surtout connu pour l'association qui en a été faite aux Templiers:
Lors du procès des Templiers entre 1307 et 1314, le Baphomet fut souvent évoqué par les inquisiteurs.
D'après les textes des procès, certains Templiers adoraient une idole ayant une face d'homme barbu. Les Templiers furent accusé de pratiques diaboliques.
Le mot Baphomet a souvent été rapproché de Mahomet, il ne faut pas oublier que les Templiers ont longtemps vécu en Orient, il n'est pas impossible d'une déformation du mot.De même le mot Mahumeria signifie mosquée dans le sens lieu de la religion du prophète, il est alors possible de faire la corrélation avec Bahoméria puis Baphomet.
Le Baphomet : l'idole des Templiers
Etude par D. Castille
Nous avons constaté à la lecture des textes relatifs au procès des templiers que les frères des différentes maisons du Temple, soumis à la torture physique, avouèrent "spontanément et sans contrainte" tout ce que les gens du roi attendaient d’eux.
Si toutes les dépositions semblent se recouper, il est un point sur lequel les descriptions divergent (et pour cause!) qui est celui de l’apparence prêtée à l’idole des idoles, le Baphomet. Si les descriptions nous semblent parfois fantaisistes, elles sont pourtant assez proche de la vérité.
Beaucoup de frères vont déclarer n’avoir jamais vu cette idole ou "tête barbue" que les maîtres sortaient à l’occasion des grands chapitres, ce qui ne nous surprend pas. Seuls quelques-uns avoueront avoir vu l’idole, déclareront l’avoir parfois palpée, mais le plus souvent ils tenteront de se sortir d’affaire en déclarant s’être évanouis à la vue de cette "monstruosité".
ordre du Temple a Paris
Une chose est certaine, la "tête" a bien existé, sous une forme ou sous une autre (une reproduction), et les Templiers qui déposèrent n’ont pas menti, seulement, le cérémonial, qui devait être assez spécial au moment de la présentation, l’émotion, mais aussi le secret demandé, l’atmosphère ont, en quelque sorte, déformé la réalité en fantasmagorie, en hallucination quelque peu collective. Pour preuve, l’insistance avec laquelle l’inquisiteur Guillaume de Paris se mit à la recherche de cette "idole qui est en forme d’une tête d’homme à grande barbe; " il n’aurait pas donné les ordres conséquents à ses sbires pour des "aveux" s’il n’avait pas été lui-même persuadé de l’existence de cette tête démoniaque.
Il faut reconnaître que l’histoire de cette "tête- idole" ressemble par son côté mystérieux à celle du trésor du Temple. On en parle beaucoup et on n’en voit pas l’ombre même de son ombre.
Au moment de la grande arrestation des templiers qui eut lieu le même jour dans tout le royaume, les gens du roi, s’ils ne trouvèrent point d’or à foison, ne trouvèrent pas plus d’idoles monstrueuses dans les commanderies, maisons ou fermes. C’est à croire que les Templiers avaient été informés de cette "descente" des gens d’armes !
Seul Guillaume de Pidoye, administrateur des biens du Temple à Paris, sommé de présenter à la Commission toutes les idoles de métal ou de bois, ne pourra en montrer qu’une, connue de tous les chercheurs, le fabuleux "Caput LVIIIm", un grand chef d’argent ayant figure de femme, un reliquaire à l’intérieur duquel on trouva les os de l’une des onze mille Vierges !
Mais qu’était cette idole qui devient vite le centre d’intérêt des recherches de la Commission pontificale ou de celle du roi et qu’on appelait: Baphomet ?
Cette étude s’inspire des objets et figures considérés comme appartenant bien au XIII° siècle et qui montrent que les Templiers avaient bien eu connaissance d’une gnose orientale dont ils s’étaient inspirés pour certains rites à caractères ophites.
Il basait cette certitude, de l’étude des coffrets de M. le duc de Blacas, découverts en Bourgogne et plus connus sous l’appellation de coffrets de l’Essarois.
Le coffret qui nous intéresse est en pierre calcaire, sa longueur est de 23 centimètres, sa largeur de 17 centimètres et sa profondeur de 11 centimètres environ. Le couvercle a, quant à lui, une épaisseur de 6 centimètres. C’est un objet assez solide.
Interrogé, un ancien Templier, John de Donigton, déclara qu’à sa connaissance, certains Templiers transportaient des idoles (baphomet) dans leurs coffres.
Gilbert de Encreyo va parler d’un "chat" qui serait apparu aux Templiers, non seulement durant les chapitres, mais aussi pendant les combats en Orient. D’autres frères confirmeront cette apparition ou présentation du "chat" lors de réunions secrètes ou lors des grands chapitres, comme ceux tenus à Nîmes ou Montpellier.
Cette histoire de "chat", bien particulière, nous prouve que les frères-templiers ont vu quelque-chose de peu banal; sur les côtés du coffret de l’Essarois, on peut en effet voir une série de personnages célébrant des cérémonies difficilement interprétables, dont l’une des scènes, plus particulièrement, montre, d’un côté un crâne humain au bout d’une pique, et de l’autre côté un personnage androgyne adoré par deux initiés qui portent des masques de chat.
Décrivons succinctement le couvercle. On observe un personnage nu, androgyne, à corps de femme et à tête d’homme, portant une coiffe qui rappelle celle de Cybèle. Il tient à bout de bras des chaînes qu’on peut qualifier d’éoniques, avec dans la partie supérieure, de part et d’autre, le soleil et la lune inversés, et dans la partie inférieure, sous les pieds, une tête de mort encadrée de deux représentations, l’une qui semble être une étoile et l’autre un pentacle. Des "signes" suggèrent une écriture arabe.
L’androgyne que l’on observe sur le couvercle du coffret de l’Essarois est souvent reproduit, par les historiens, pour tenter d’expliquer le mysticisme que l’on prête parfois aux Templiers. Souvent, pour ne pas dire toujours, cette représentation de l’idole est montrée imberbe, comme si le corps justifiait la tête couronnée. Même Hammer-Purgstall représente son idole, imberbe, évacuant du même coup (chose étonnante quand on y réfléchit) le fait même de l’androgynie gnostique à la base de son étude !
La barbe est attestée et, dans la monographie consacrée à l’étude du coffret de M. le duc de Blacas, Mignard (1852) reproduit, pour preuve définitive et sans appel, la lettre de M. le duc de Blacas à qui il avait demandé une vérification, ceci pour lever définitivement tout doute.Voici la réponse que fit M. le duc de Blacas:
"Voilà ce que m’écrit, à ce sujet mon frère qui s’est chargé de cette vérification: "Il est évident pour moi que la figure en question est barbue; elle est bien usée, il est vrai, mais la lithographie la rend mal, et en la voyant, on peut mettre en doute l’existence d’une barbe, ce qui justifie bien son androgynie." - Je regrette vivement que votre lettre ne me soit point parvenue avant mon départ de Paris; j’aurais peut-être pu vous envoyer une empreinte ou un calque, ce qui aurait éclairci tous vos doutes."
Le 1° juin suivant, M. Mignard recevait de la part de M. le comte de Blacas qui avait bien voulu se charger de ce soin, pour M. le duc de Blacas, une boîte contenant la reproduction en plâtre, moulée sur le couvercle même, de l’image. Une lettre était jointe qui disait, entre autres choses:
"Vous avez parfaitement jugé que la figure gnostique du coffret d’Essarois devait être barbue, et un examen un peu sérieux ne permet le moindre doute à cet égard, et c’est ce que le dessinateur a négligé de faire..."
La monographie de monsieur le duc de Blacas va s’attacher ensuite aux noms des Templiers repris dans la collection des Documents inédits de l’Histoire de France. Notons-en ici quelques-uns:
* Pierre Régnier de Larchent, diocèse de Sens;
* le chevalier Guillaume de Giac, diocèse de Besançon;
* frère Gaucher; Guillermey de Harbley, aumônier de la maison du roi;
* frère Jean-Denis de Taverniac qui vit la "tête" six fois dans six chapitres différents tenus par Guillaume de Beaujeu, grand- maître et Hugues de Peraudo après lui;
* Arnold de Goërte, diocèse de Sainte;
* Guillaume d’Harbley;
* Antoine de Verceil;
* Hugues de Faure;
* Pierre de Bonnefond, du diocèse de Clermont;
* Hugues de Bure, diocèse de Langres;
* frère Jean de Turn, trésorier du Temple de Paris qui parle d’une tête peinte sur un tableau;
* Jean d’Anisiac qui déclara avoir vu, par deux fois, Gérard de Villers porter quelque chose qu’il n’avait pas bien discerné car l’assemblée n’était éclairée que par un cierge;
* le frère Hugues qui déclara que les Principaux de l’Ordre s’adonnaient à l’occulte.
Les Documents disent aussi que les chapitres de l’Ordre avaient lieu, secrètement, la nuit ou tôt le matin.
"Quand ils tiennent un chapitre, ils ferment toutes les portes de la maison du Temple et toutes celles de l’église, et ils les ferment avec tant de soin, que personne ne peut ni les voir, ni les entendre, ni avoir accès près d’eux."
Matter affirme que les Templiers tenaient des copies de ces têtes ou idoles dans leurs coffrets et ceux-ci, qu’ils soient de Toscagne ou de Bourgogne, sont en conformité manifeste entre eux, en conformité avec les mystères gnostiques ophites.
Ces coffrets, pour M. Mignard "offrent bien la déposition historique la plus complète qu’on puisse apporter contre l’Ordre célèbre (...) et ils offrent de plus, la preuve indubitable de l’affiliation de cet ordre au gnosticisme...".
Il ajoute "qu’on ne doit point s’étonner qu’un tel monument ait été recueilli dans une retraite voisine de la maison du Temple de Voulaine, prieuré d’une haute importance, qui ne relevait lui-même que du grand prieuré de Champagne, et qui était un siège de ces grands chapitres généraux où l’idole apparaissait à certains jours comme un complément de la plus haute initiation dans les mystères de l’Ordre."
Voyons ce que dit une des lettres de Madame le comtesse Victorine de Chastenay, propriétaire du château de l’Essarois dont parle M. Mignard.
-"Le coffret dont vous vous occupez a été acheté à Dijon, chez un marchand de curiosités, par M. Rollin, changeur à Paris, et a été vendu ensuite par ce dernier à M. le duc de Blacas. Le coffret portait pour toute inscription: "Trouvé dans la terre de la Cave, appartenant à M. le marquis de Chastenay." Vous savez, monsieur, quel est à Essarois le lieu qu’on nomme la Cave **: c’est là qu’ont été recueillis les débris de sculpture que vous avez examinés. On peut bien croire qu’à l’édifice païen dont nous avons retrouvé les fragments et constaté la place, ont, après neuf ou dix siècles, succédé des constructions possédées par les Templiers. Voulaine, Bure étaient à eux; ils ont eu à Courban des propriétés. Je trouve dans nos papiers de famille les traces des ventes ou échanges avec les Templiers dans ces diverses contrées. C’est au commencement de 1789 que mon père chargea des ouvriers, employés déjà par les chartreux de Lugny, de quelques travaux à Essarois; c’était à la contrée de la Cave qu’ils devaient trouver les pierres dont ils avaient besoin. J’ai su depuis qu’ils avaient tiré des fouilles qu’ils y avaient faites quelques objets qui parurent sans aucun prix, et sans doute le coffret en aura fait partie. Continuez, monsieur, vos travaux et vos recherches; vous avez certainement une grande page d’histoire à créer, etc."
C’est le texte exact de la lettre adressée à M. Mignard par Madame la comtesse de Chastenay le 3 mars 1851.
communication faite par M. de Barthélémy sur un travail de M. Flouet résidant à Nîmes dans le bulletin de la Société Nationale des Antiquaire de France 1870
"J’en ai inutilement recherché les autres débris pour en tenter la reconstitution. Son vaste foculus, ses cornes en forme de tores largement évidés, le simple biseau par lequel sa table de couronnement se raccorde au dé, permettent de se faire une idée assez nette de ce qu’il était dans sa partie supérieure. Malheureusement on ne peut rien pressentir de la partie moyenne et de la base. Une ou plusieurs de ses faces portaient-elles une inscription ou quelque sculpture ? On est tenté de le croire en remarquant que c’est évidemment contre la partie centrale qu’ont été particulièrement dirigés les coups des démolisseurs, et leur fureur dévastatrice nous a peut-être ainsi privés de quelques révélations précieuses pour l’histoire des croyances ou des coutumes des anciens habitants de la contrée.
"Je ne saurais parler de cet autel sans faire ressortir, au moins pour ce qui en reste, sa grande analogie avec le bel autel orné de figures qui a été recueilli à quelques lieues de là, dans l’enceinte des thermes de Vertillum près de Laigues."
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