Les califes bien guidés

 

 

 

expansion sous les 4 premiers califats puis sous les omeyyades

le coran de tachkent

la mosquée bleue de Mazar-i-Sharif

mausolée d'Ali à Nadjaf

Les Califes Bien Guidés (ou  Rashidun) est un terme employé dans l'islam sunnite et, en règle générale, pour se rapporter aux quatre premiers califes qui sont considérés comme des chefs modèles et ayant suivi scrupuleusement la voie de Mahomet. Ils étaient pour la plupart les compagnons très proches de Mahomet, et leur succession n'était pas héréditaire, un point qui deviendra la coutume pour les successions musulmanes postérieures. Le concept de « Califes Bien Guidés » vient de la Dynastie Abbasside qui se sont basés sur le hadith où Mahomet a dit : « Tenez fermement à mon exemple (Sunna) et celle des Califes Bien Guidés ».

 

Ces Rashidun furent soit élus par une commission ou bien choisis par le prédécesseur.

Dans l'ordre, les quatre califes bien guidés sont :

- Abou Bakr As-Siddiq (632-634), beau-père de Mahomet ;

- Omar ibn al-Khattâb, (634-644), l'un des plus fidèles lieutenants de Mahomet ;

- Othmân ibn Affân, (644-656), troisième calife de l'islam ;

 - Ali ibn Abi Talib (656–661), fils de l'oncle paternel de Mahomet.

Omar ibn Abd Al Aziz, (682-720), huitième calife de la dynastie Omeyyades, parfois aussi considéré comme calife bien guidé comme par Taftazani (en).

Chez les Ibadites(a), seuls les deux premiers califes sont considérés comme Rashidun.

 

Abu Bakr as-Siddiq

Peu après la mort du prophète Mahomet, lors d'un rassemblement d'Ansars(b) et de Muhadjir(c), Abu Bakr fut nommé comme successeur pour guider la oumma, ce qui fit de lui le premier calife de l'histoire. Certaines tribus arabes se révoltèrent suite à cette décision et refusèrent de payer la Zakât(d) tout en continuant de faire la prière. Abu Bakr insista sur le fait qu'elles devaient s'acquitter de ces deux obligations sans quoi, elles ne remplissaient pas leurs devoirs religieux. Ce fut le début des guerres d'apostasie -

Il doit aussi faire face à Musaylima, un homme se prétendant prophète contre lequel il envoya une armée commandée par Khalid ibn al-Walid. Dans cette bataille, 1200 musulmans dont 39 grands compagnons et 70 maîtres-récitateurs se firent tués. Lorsque les musulmans finirent par reprendre l'avantage et que Musaylima se fit tué, Khalid reçu une lettre de reproche d'Abu Bakr car après la victoire, il négocia le butin avec le restant de l'armée de Musaylima-

Après que ces problèmes furent dissipés et que la paix fut revenue, Abu Bakr se concentra sur les empires Perses et Byzantins. Certains récits montrent que durant cette période, Abu Bakr contribua également à préserver sous formes écrite le Coran et qu'il fut le premier à ordonner de compiler le recueil des révélations sacrées dont il confia la tâche à Zayd ibn Thâbit. Abu Bakr mourut en 634 à Médine en prenant soin de nommer `Omar ibn al-Khattâb comme successeur peut de temps avant de mourir, après avoir consulter les compagnons qui étaient proche de Mahomet-

Abû Bakr de son vrai nom `Abdallah (serviteur de Dieu) Atîq (le libéré) “as-Siddîq” (le véridique) ben Abî Quhâfa Abû Bakr, Abû Bakr ou Aboubéker surnommé par les sunnites as-Siddîq, est un dirigeant religieux, politique et militaire arabe, le premier homme à avoir embrassé l'islam après Khadija, la première femme du prophète de l'islam. Il était le beau-père de Mahomet (père d'Aïcha). Il est né à La Mecque vers 573 et mort à Médine en 634. Il fut le premier calife de l'islam, de 632 à 634.
Son nom signifie "le père de l'ainé" : il aurait possédé un nombre important de chameaux dont il prenait grand soin Son nom est à l'origine des noms Boubaker, Boubakeur (Afrique du Nord) et Boubacar (Afrique noire). Son surnom est As-Siddîq (le véridique).

Succession

Il fut le premier homme à embrasser l'islam (selon la tradition sunnite) après la première femme de Mahomet, Khadija, et les deux fils adoptifs du prophète, alors qu'il était marchand à La Mecque. Selon certaines sources, ce serait Ali, le cousin du prophète qui vivait dans la maison du prophète, qui aurait le premier embrassé l'islam suivi de zayd fils adoptif du prophète. Lors de l'hégire, Aboubakr quitta la Mecque pour s'installer avec Mahomet à Médine. Au cours de la maladie qui lui fut fatale, ce dernier désigna Abû Bakr pour diriger les prières en son absence. À la mort de Mahomet, Abû Bakr devient le premier calife.

Politique

Il maîtrise les révoltes de tribus de Hedjaz et Nejd, la première rejetant l'islam et la seconde refusant de lui payer la zakat. Il rencontre de fortes oppositions de toute parts mais les surmonte. La plus sérieuse opposition venant de Musaylima vaincu par Khalid ibn al-Walid à la bataille d'Al-Yamâma (en)

Après cette bataille au cours de laquelle près de 1200 musulmans dont 39 grands Compagnons et 70 maîtres-récitateurs du Coran perdirent la vie, `Omar incita Abû Bakr à envisager la préservation des versets révélés. C'est à Zayd ibn Thâbit qu'échut la tâche de compiler l'ensemble des versets en un seul livre. Ce livre, une fois achevé, fut gardé par Hafsa, une des épouses de Mahomet et fille de `Omar ibn al-Khattâb.

Quant à la suite des conquêtes l'Arabie fut entièrement soumise, il entraîna ses généraux à la conquête de l'étranger. L'Iraq fut pris à la Perse par Khalid ibn al-Walid en une seule campagne lors de la bataille d'al-Qadisiyya et une autre expédition victorieuse fut effectuée en Syrie sous le règne de `Omar. Ces batailles furent marquées dans l'histoire, notamment du fait que le nombre de soldats musulmans est de loin inférieur au nombre des soldats de l'armée ennemie.

Décès

Abû Bakr mourut le 23 août 634 à Médine. Peu avant sa mort, il fit d'`Omar son successeur après avoir consulté les compagnons proches et influents. Abû Bakr est enterré dans une chambre attenante à la « Mosquée du Prophète », Masjid al-Nabawi, à Médine, à droite de la tombe de Mahomet.

Sa relation avec Mahomet

Abû Bakr entretenait une relation étroite avec Mahomet, avant et après la révélation. Ce dernier prenait mainte fois sa défense.
Abu ad-Darda'a al-Ansari a rapporté que Mahomet a dit :
« N'allez-vous pas laisser tranquille mon compagnon ! N'allez-vous pas cessez, et laisser tranquille mon compagnon ! Lorsque je vous ai dit : " Ô peuple, je suis le Messager d'Allah auprès de vous ! Vous m'avez répondu : " Menteur !", sauf Abû Bakr qui, lui, m'a cru ! »
« Quand j'ai invité les gens à embrasser l'islam, tous ont pris un temps de réflexion et d'hésitation, excepté Abû Bakr : il ne s'est pas retenu, et n'a pas hésité! »
« S'il m'avait été permis d'avoir pour ami intime quelqu'un d'autre que Allah, cela aurait été Abû Bakr. Seulement il est mon frère et mon compagnon. »


Abû Hafs 'Omar ibn al-Khattab ibn Nufayl al-Qurachî al-'Adawî Omar ibn al-Khattâb surnommé Al-Fârûq

 Il fut un compagnon du prophète de l'islam, Mahomet. Il devint le deuxième calife de l'islam en succédant à Abu Bakr en 634. Il faisait partie du clan Banu `Ad de la tribu Quraych. Il est mort assassiné le 4 novembre 644 `Uthman lui a succédé.

Naissance et enfance

Omar est né à La Mecque après 581
Il s'est d'abord opposé aux premiers musulmans. Connu pour son instruction, il était aussi robuste et buveur de vin, comme beaucoup de Quraychites de l'époque
Au début de l'islam, il défendait la religion traditionnelle des Quraychites considérée par les musulmans comme de l'idolâtrie. Il participait aux persécutions des musulmans

Sa conversion à l'islam

Ibn Ishaq dans son recueil Sirat An-Nabi (La vie du prophète) rapporte qu'Omar s'était décidé à tuer Mahomet en apprenant la conversion de sa sœur et son mari à l'islam. Alors qu'il allait tuer Mahomet, un musulman lui dit de mettre d'abord de l'ordre dans sa propre maison. Il fit demi-tour pour retourner chez lui, il y trouva sa sœur en train de réciter le Coran avec son mari cela le rendit furieux et le frappa. Il s'excusa de cette faute auprès de sa sœur et lui demanda de lire la sourate qu'elle était en train de réciter (Sourate 20, Ta Ha). Il fut si impressionné à la lecture de cette sourate qu'il se rendit chez Mahomet pour se convertir à l'islam (cinq ans avant l'Hégire en 617). Depuis ce jour il défendit l'islam et devint l'un des compagnons de Mahomet. Son surnom d'Al-Fârûq lui vient de ses charges d'arbitrage, de médiation et d'ambassade au cours de la période préislamique. Ce surnom qui signifie celui qui fait la distinction entre le Bien et le Mal, la justice et l'injustice lui a été donné par Mahomet.

Départ à Médine

Omar participe au départ de Mahomet à Médine (622). Il est présent lors des batailles menées pendant cette période. En 625, Hafsa, sa fille, épousa Mahomet.

Lorsque Abû Bakr est tombé malade, il se soucia de sa succession et suggéra le nom d'Omar. Les notables médinois furent d'accord sur ce choix. Abû Bakr convoqua Uthman ibn Affan pour rédiger un testament allant dans ce sens. Le lendemain Abû Bakr décéda

Son califat

Il est le premier calife à être appelé amir al-mûminîn (« commandeur des croyants »).
On lui doit l'institution de l'ère de l'Hégire, nouveau calendrier musulman, dont il fixe la date au 16 juillet 622.
Dès sa prise de fonction il changea de chef des armées, pour des raisons différentes selon les versions, remplaçant le vainqueur de la bataille du Yarmouk, Khâlid ibn al-Walîd par Abû `Ubayda ibn al-Jarrah. Abû `Ubayda conserva Khâlid à son côté.
Les armées byzantines étaient à Damas et à Émèse (Homs) où l'empereur Héraclius se tenait en retrait. Le siège de Damas dura plusieurs mois (deux ou six selon les versions). Il y a été utilisé des machines de guerre pour envoyer des projectiles sur l'armée adverse. Damas finit par se rendre en livrant la moitié de ses richesses aux troupes musulmanes (janvier 635 ou septembre 635)- L'empereur byzantin se replia à Antioche (Antakya). En 637 Abû Ubayda prend Baysan, Tibériade et Fahil. Le sud de la Syrie est ainsi sous le contrôle des musulmans.

Omar voulut alors profiter de la faiblesse relative de la Perse pour l'attaquer. Il n'y eut guère de volontaire pour cette mission et seul Abû Ubayd ben Mas`ud s'est porté volontaire. Il fut nommé à la tête de l'armée d'Irak. Il se dirige vers Al-Hîra avec l'armée de Médine rejoignant ainsi l'armée d'Irak qui l'attendait. Un combat eu lieu à Namarîq. Dans cette bataille un butin immense et un grand nombre de prisonniers étaient tombés entre les mains des musulmans. Il franchit l'Euphrate et se dirige vers la forteresse de Kaskar. C'est une nouvelle victoire qui donne aux musulmans le contrôle de la Mésopotamie.

Les Perses lancent une attaque en direction d'Al-Hîra avec une armée conduite par son général Bahman : 30 000 hommes et trente éléphants. Les deux armées se font face de part et d'autre de l'Euphrate. Un pont fut construit pour que les Arabes puissent passer sur l'autre rive du fleuve d'où le nom de « bataille du pont » donné à cet affrontement (octobre 634). Les éléphants affolaient les chevaux des Arabes, ceux-ci sont reparti au combat à pied et cette fois ils ont négligé les éléphants et enfoncé l'armée perse. Cependant dans le combat un éléphant renversa Abû `Ubayd ben Mas`ud et l'écrasa. Les armées arabes se sont repliées et ont refranchi le pont-

Deux batailles firent encore quelques milliers de morts à Bowayb et à Baghdâd. Yazdgard III est devenu le nouveau souverain perse de la dynastie des Sassanides. Il commence par essayer une négociation avec les Arabes. La bataille finale eut lieu à Al-Qâdisiyya (vers 636). Elle dura quatre jours en opposant Rostam Farrokhzād commandant l'armée perse avec ses éléphants et 120 000 hommes et Sa`ad ben Abî Waqqâs) qui ne pouvait participer lui même à la bataille, à cause d'une paralysie temporaire qui avait touché sa jambe droite. Il y eut au moins 30 000 morts du côté des perses et Rostam fut tué. Cette victoire des musulmans a fait entrer définitivement la région, rebaptisée Irak al-Arabî, dans le monde arabo-musulman-

Pour empêcher qu'une aide aux armées perses n'arrive par la mer, Omar fonda la ville de Bassora à l'embouchure de l'Euphrate et y installa la garnison arabe.

Omar laissa au repos son armée d'Irak et remit celle de Syrie en campagne. Abû `Ubayda reçut l'ordre de s'emparer d'Émèse (Homs). Les byzantins renforcèrent les fortifications et une armée menée par Héraclius se déplaça d'Antioche (Antakya en Turquie) à Édesse (Urfa en Turquie) pour venir en aide à Émèse si nécessaire. Le siège d'Émèse commença en hiver. C'est un tremblement de terre qui vint en aide aux musulmans en écroulant une partie des fortifications.

Omar a fixé les règles de conduite à l'attention des chrétiens et des juifs donnant les bases du statut de « protégé » (dhimmi) dans la société dominée par les musulmans dans un texte appelé le Pacte d'Umar

Il restait deux villes à prendre : Chalcis (Hâdir Qinnasrîn ou al-`Iss en Syrie) et Césarée (Césarée en Palestine). Chalcis étant la plus proche elle fut conquise en premier.

`Omar nomma alors Mu`âwiya ibn Abî Sufyân à la tête de l'armée chargée d'attaquer Césarée. Les Byzantins furent mis en fuite et 80 000 d'entre eux furent tués (636).


Prise de Jérusalem

Omar envoya alors Mu`âwiya accompagné d'`Amrû ben al-`Âs à la conquête de Jérusalem. Partant de Damas, les armées arabe parcouraient la route des pèlerins À son approche le général byzantin chargé de défendre Jérusalem, nommé Artabun, s'enfuit vers l'Egypte (Janvier 637).

À Jérusalem, le patriarche Sophrone voulut traiter directement avec `Omar et que celui-ci vienne en personne dans la cité. `Omar accorda sa protection aux habitants de la ville au terme d'une lettre remise à ce patriarche. Il garantit la sauvegarde des sites chrétiens et donna ordre à ses hommes de ne pas les détruire et de ne pas les utiliser comme habitations. Le récit d'Eutychius raconte qu'`Omar ibn al-Khattab visita l'église de la Résurrection et s'arrêta pour s'asseoir sous son porche; mais, au moment de la prière, il s'éloigna de l'église et fit sa prière en dehors. Il craignait que les générations futures ne prennent le prétexte d'une prière de lui à l'intérieur de l'église pour la transformer en mosquée. Eutychius ajoute que Omar ben al-Khattab avait écrit un décret interdisant aux musulmans de se réunir en ce lieu pour y prier. 'Omar se rendit aussi sur l'esplanade du temple à l'endroit où, d'après le Coran, Mahomet a été emmené au paradis la nuit. Ayant inspecté ces lieux, il fit ses prières là où se situe maintenant la mosquée Al-Aqsa.

Il ordonne la construction de la mosquée Qubbat al-Sakhra sur le lieu actuel du Dôme du Rocher, sur l'esplanade du Temple à Jérusalem, à l'endroit que Mahomet a visité la nuit (Isra voyager la nuit) et d'où s'est envolé au ciel chevauchant le cheval ailé Bouraq.

Omar confia la Palestine, Jérusalem et la côte méditerranéenne à Yazîd ben Abî Sufyân. Abû `Ubayda reste le gouverneur général de toutes ces régions.


Prise de Ctésiphon

L'armée d'Irak s'étant reposée, elle repart au combat sous les ordres de Sa`ad ben Abî Waqqâs. Yazdgard III abandonne sa capitale Ctésiphon et toutes ses richesses sans combattre.

La fuite de Yazdgard III se poursuit vers Ray (en Iran). Omar décide de ne pas le poursuivre : « les arabes avaient fait assez de conquêtes pour cette année et le salut des musulmans est préférable à un nombreux butin».

La conquête du nord de l'Irak se poursuit néanmoins avec la prise de Tikrīt puis celle de Mossoul (638).
Fondation de Koufa

Omar se mit à la recherche d'un site où construire une nouvelle capitale. Le site de Koufa près d'Al-Hîra fut choisi. Sa`ad ben Abî Waqqâs s'y a fait construire un palais et fit transporter la porte du palais de Ctésiphon pour en faire la porte de son palais. Une partie des habitants de Ctésiphon l'imitèrent en s'installant à Koufa. `Omar envoya un messager charger de brûler le palais ainsi construit. Ce palais fut restauré sous le règne de Mu`âwiya ibn Abî Sufyân qui devint alors la résidence royale
Seconde bataille d’Émèse

Pendant toute la 17me année de l'hégire (638), il n'y eut pas de campagne de conquêtes car les arabes étaient occupés à la construction de Koufa. Une partie des chrétiens habitants de l'Irak s'étaient dirigés vers Émèse pour y rejoindre les byzantins. Il y eut une armée sous les murs d'Émèse. Aussitôt Abû `Ubayda appela des renforts. Yazîd ben Abî Sufyân vint de Damas Mu`âwîya ben Abî Sufyân vint de Césarée et Khâlid ben Walîd resta à Chalcis à réunir une armée en attendant les renforts venant d'Irak. Khâlid ben Walîd arriva enfin et il conseilla à Abû `Ubayda de tenter une sortie. Une bataille de quatre jours s'engagea. Trois mille byzantins furent faits prisonniers.
Une épidémie de peste ravagea la Syrie et en particulier le bourg d'Emmaüs; elle fit deux victimes notables : Abû `Ubayda et Yazîd ben Abî Sufyân (639)

Conquête de l’Égypte

`Amrû ben al-`As se dirigea vers l'Égypte en traversant la Palestine, il reçut des renforts venus d'Irak.
Il conserve à ces territoires leur administration antérieure, et ne cherche pas à convertir de force ses nouveaux sujets chrétiens ou juifs car, la loi coranique leur attribue un statut de dhimmi, au prix d'un impôt spécifique. Les troupes arabes sont maintenues dans un certain isolement dans des cités fortifiées nouvellement construites et sont payées avec le butin des conquêtes.


Assassinat

Omar al-Fârûq est assassiné le 4 novembre 644 dans la mosquée de Médine par un esclave persan nommé Firûz. Son successeur est Uthman ben Affan.



Othman, `Othmân ben `Affân ben al-`Âs ben Amîaية) ou, plus fréquemment Uthman ibn Affan (579-656)

Il est le troisième calife de l'islam. Il succéda à Abû Bakr puis Omar et régna de 644 à 656. Selon la tradition, il est le premier Mecquois converti à l'islam. Il s'est converti avant l'hégire et il a participé au premier exil des musulmans en Abyssinie en 620-Ses relations avec Mahomet sont excellentes. Deux des filles de Mahomet et de Khadija , Rukayya et Umm Kulthum avaient épousé deux des fils d'Abû Lahab oncle du Prophète mais opposant à l'islam.

Après l'hégire les quraychites demandèrent aux fils d'Abou Lahab de répudier leurs épouses. Rukayya et Umm Kulthum rejoignirent leur père à Médine. `Othman désira Rukayya et Mahomet la lui donna en mariage. Au moment de la grande bataille de Badr, Rukayya était malade et Mahomet permit à `Othman de rester à son côté. Abou Lahab fut tué lors de cette défaite des quraychites. Rukayya décéda brutalement le lendemain. Un peu plus tard `Othmân épousa Umm Kulthum. Choisi comme calife de préférence à Ali, il suscita des mécontentements autour de lui : d'abord par la confiscation au profit de son clan d'une partie du butin ramené des conquêtes d'Afrique, d'Asie Mineure et de Perse, ensuite en fixant officiellement le texte du Coran.

Sous le califat de 'Othmân, le territoire musulman s'accrut considérablement, notamment en l'an 27 de l'Hégire (649) où de nombreux territoires africains et espagnols furent conquis, mais Othmân se rendit impopulaire dans certaines régions soumises à son autorité notamment à Koufa en Irak en bannissant des habitants et en changeant souvent les gouverneurs de ces régions.

De nouveaux problèmes surgirent : quatre types de divergences apparurent à propos du texte du Coran. 'Othmân décida alors d'officialiser un exemplaire du texte coranique et établit une classification unique des sourates les unes par rapport aux autres. C'est à cette fin qu'en l'an 25 de l'Hégire (+647), (quinze ans après la mort de Mahomet), il chargea une commission de préparer plusieurs copies (mus'haf) du Coran. Ces copies préparées, 'Othmân les fit envoyer en différents points importants du territoire musulman -

Le Coran de Tachkent

Les copies du Coran écrites de nos jours suivent toujours mot pour mot et lettre pour lettre cette compilation des copies dOthmân, écriture nommée « ar-rasm al-othmanî ». Quelques-une de ces copies existeraient encore aujourd'hui : l'une se trouverait à Istanbul, l'autre à Tachkent (Ouzbékistan), une troisième au British Museum de Londres. Le matériel qui aurait servi a la compilation a été complètement détruit sur la demande dOthmân.Des scientifiques, tels John Wansbrough ou Christoph Luxenberg doutent de son travail de collecte.

L'animosité que 'Othmân s'attire se concrétisa par l'envoi d'une délégation égyptienne afin de lui demander un changement de politique. Dans un premier temps 'Othmân accepta, mais, lorsque la délégation retourna à Fustat, elle intercepta le courrier demandant au gouverneur égyptien de les emprisonner à leur retour. La délégation retourna alors à Médine et demanda à 'Othmân d'abdiquer. 'Othmân était le premier calife à considérer son califat comme étant un "sacerdoce", auquel il était impossible de renoncer. Ceci lui coutera la vie. Il fut assassiné à Médine par une foule de musulmans en colère le 17 juin 656. La population médinoise choisit Ali comme successeur. Précédé par Othmân ibn Affân Suivi par `Omar Icone-Islam.svg Califes sunnites Transparent.gif (644-656) `Ali

 

 

Abū al-H̩asan ʿAlī ibn Abī T̩ālib (v. 600 - 661))

Il est souvent désigné simplement par son prénom -ʿAlī est le fils d'Abû Tâlib, oncle du prophète de l'islam Mahomet, qui l’a élevé et protégé comme son propre fils après la mort de son grand-père ‘Abd al-Mottalib. Selon la majorité des sunnites, Abu Talib n'a pas cru en son message, la religion de l'islam, mais les chi'ites affirment unanimement le contraire. ʿAli est né vers 600 à la Mecque, une dizaine d'années avant le début de la mission prophétique de Mahomet. Il a été à la fois le protégé, le cousin, le frère spirituel, le disciple et le gendre de Mahomet en épousant sa fille Fâtima née de sa première épouse Khadija en 622.

Il a été le quatrième calife de l'islam (656-661). ‘Alî a été le premier imam pour les chiites et est l'ascendant du reste des imâms. Il fut le père de al-Hassan et de al-Hussein.
Son nom signifie « élevé ». En Afrique noire, on trouve ce prénom sous les formes Alioune ou Aliou.

Biographie

La date exacte de la naissance de ‘Alî est inconnue : elle est d'ailleurs un objet de controverse entre les différentes branches de l'islam car elle a des conséquences sur l'image du personnage. En effet, plus sa date de naissance (autour de 600) est ancienne, plus il peut être considéré comme ayant adhéré volontairement et en toute connaissance de cause à la religion musulmane, ce qui augmente son mérite : la conversion réfléchie d'un adolescent est en effet considérée comme plus méritoire que l'adhésion d'un enfant soumis à l'autorité du prophète (puisque vers l'âge de six ans il aurait quitté la maison de son père pour être placé sous la protection de Mahomet).

Membre de la maisonnée de Mahomet, ‘Alî a donc été parmi les premiers à adhérer à la nouvelle religion prêchée par celui-ci (le premier homme après Khadija selon la tradition chiite ; le premier enfant selon certaines traditions sunnites). Il est resté en compagnie de Mahomet durant tout son ministère, y compris à Médine. Il a participé aux mêmes guerres que Mahomet, excepté à la bataille de Tabûk car Mahomet l'avait nommé responsable de Médine en son absence : Ali ayant protesté après que des hypocrites ont répandu la rumeur selon laquelle le Prophète ne voulait que se débarrasser de lui en le laissant à l'arrière, Mahomet lui a dit "N'es-tu pas satisfait d'être envers moi ce que Aaron était pour Moïse, excepté qu'il n'y aura pas de Prophète après moi ?"Lors de la bataille de Uhud Mahomet lui a donné son sabre Dhû'l-fikar (Zulfikar) :

« Mahomet pense qu'il ne le prendrait pas et qu'il ne pourrait pas le manier. Cependant ‘Alî ayant pris le sabre et se jetant dans la lutte, le prophète le vit combattre avec fougue, frapper avec Dhû'l-fikar en avant, en arrière, à droite et à gauche. Un quraychite s'étant présenté devant lui, se couvrant de son bouclier, ‘Alî le frappa de façon que le sabre pénétra à travers le bouclier et le casque, fendit la tête de cet homme et traversa son corps jusqu'à la poitrine. Le prophète, en voyant cet exploit, dit : Il n'y a pas de sabre comme Dhû'l-fikar, et il n'y a pas de héros comme ‘A»

À la mort de Mahomet en 632, vint la question de la succession du calife ; le choix de la communauté se porte sur Abu Bakr, et celui-ci, à sa mort, nomma Omar en 634. Après l'assassinat du troisième calife Uthman en 656, Ali accéda au pouvoir mais se heurta à des revendications pour appliquer la loi du Talion aux assassins de Uthman. Parmi eux, Aïcha la veuve de Mahomet alliée à des compagnons du prophète dont, Talha et Al-Zubayr, qu'il vainquit près de Basra à la bataille du Chameau (656).

Lors de la bataille de Siffin (657), il doit affronter le gouverneur de Damas, le fils d'Abu Sufyan, Mu‘âwîya membre de la famille de ‘Uthman. Alors qu'il avait l'avantage, il accepte l'idée d'un arbitrage, mais celui-ci tourne en sa défaveur. ‘Alî conserve néanmoins un certain pouvoir et se replie dans la ville de Koufa dont il avait fait sa capitale.

Parmi ses fidèles, certains lui reprochèrent d'avoir accepté de se soumettre à un arbitrage humain et quittèrent ses rangs, on les appellera les Kharidjites (les sortants). Plus tard, ils entrèrent ouvertement en rébellion contre ‘Alî qui les vainquit à la bataille de Nahrawân (en) (658). Décidés à venger leurs morts, les Kharijites firent assassiner 'Ali alors qu'il se prosternait pour la prière de Al-Fajr par AbdurRahman Ibn Muldjam. On estime qu'‘Alî avait alors 62 ou 63 ans.

‘Alî reste cependant un personnage emblématique dans l'histoire musulmane, empreint d'un charisme incontestable. La plupart des chaînes de transmission dans la doctrine ésotérique soufie et les chaines de transmissions chez les sunnite remontent à ‘Alî. Cependant, les chiites le considèrent comme détenteur des secrets divins et de la signification ésotérique de l'islam, qui lui seraient transmis par Mahomet.

‘Alî est également considéré comme le maître de la rhétorique arabe. Il est l'auteur de nombreuses citations, sermons et réflexions qui ont été recueillis dans divers livres tels que Nahj al Balagha (La Voie de l'Eloquence), surtout étudié par les chi'ites.


La tombe d'‘Alî

Le personnage d'‘Alî jouit d'une grande popularité dans le monde musulman, mais il est surtout vénéré par les chiites en tant que premier imam. Son mausolée, qui fait l'objet d'une grande dévotion lors des pèlerinages chiites, se trouve dans la ville de Nadjaf, dans l'actuel Irak, fortement endommagé par la guerre d'Irak de 2003.

De nombreux chiites croient qu'‘Alî ne voulait pas que l'on connaisse l'emplacement exact de sa tombe de peur que ses ennemis ne la profanent. L'emplacement de cette tombe sur le site de la ville de Nadjaf, a été révélé plus tard.

* Une histoire raconte que le calife Harun ar-Rachid lors d'une chasse aurait découvert un tumulus dont ses chiens refusaient de s'approcher. Les habitants de la région lui auraient dit que c'était la tombe d'‘Alî.
* Une autre histoire raconte que le secret s'était transmis de père en fils et que l'imam Ja'far as-Sadiq dit au calife où se trouvait cette tombe.
* Une tradition d'origine afghane voudrait que le corps d'‘Alî fut transporté et enterré à Mazar-e-Charif dans la Mosquée bleue Rawze-i-Sharif.

Expansion militaire

Au cours de la période des Rashidun, l'islam est devenu le plus puissant État du au Moyen-Orient. C'est lors du règne du deuxième calife, Omar ibn al-Khattab, que l'Empire des perses Sassanides ainsi que l'Empire byzantin furent vaincus.

Politique socio-économique

Durant son règne, Abou Bakr fonda la Bayt al-Mal (en) (Institution financière que l'on peut assimiler au Trésor public responsable de l'administration des impôts dans les États islamiques (en) tels que la Zakât prélevée sur les musulmans ou bien la Jizya pour les non-musulmans vivant en terre d'islam). Umar l'a ensuite élargi et renforça le gouvernement mis en place pour administrer les finances de l'État-

Dans plupart des cas, suite à la conquête d'une terre, les califes se chargeaient de construire et de faire entretenir des routes et de ponts en échange de la loyauté politique de la nation vaincue-

(b) Le mot d'origine arabe ansâr désigne les compagnons du prophète de l'islam, Mahomet, originaires de Yathrib (Médine), pour les distinguer des muhâjirûn mecquois s'étant expatriés de La Mecque pour rejoindre Mahomet.
À l'époque préislamique, la ville de Médine s'appelait encore Yathrib. C'était un groupe de hameaux situés dans une oasis fertile. Deux tribus arabes, les Banû Aws et les Banû Khazraj, venues du Yémen, y exerçaient la prépondérance sur trois tribus juives établies dans l'oasis. Mahomet fait adopter aux habitants de cette ville la Constitution de Médine, définissant les relations entre les musulmans et les non-musulmans. Mais au sein des musulmans il reste une distinction entre Mecquois (muhajirûns) et Médinois (ansârs).

Les rivalités entre ansârs et muhajirûns vont avoir un maximum au moment du choix du premier calife. Après la mort de Mahomet en 632 « Le corps du Prophète n'était pas encore lavé, que déjà la dissension s'élevait à Médine». Abû Bakr, Abû `Ubayda et `Umar sont allés rencontrer les ansârs au nom des mecquois. Abû Bakr fit valoir que Mahomet avait dit que « La fonction de présider revient aux Quraychites ». Un hadith vient confirmer cette affirmation : « `Abd Allah ben `Umar rapporte : Le Messager de Dieu disait: Le califat restera parmi les Quraych même s'il ne reste que deux personnes sur terre ».

Dans certains noms de personnes on retrouve la nisba « al-Ansarî » qui signifie que la personne a été un véritable ansâr contemporain de Mahomet, ou qu'il se revendique de la descendance d'un tel personnage.

Commentaires (1)

1. gunsmoke dvd 08/03/2012

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