Assassinat du calife Omar

Le 4 novembre 644, le calife Omar est assassiné dans la mosquée de Médine par un esclave persan de confession chrétienne (certaines sources datent cet événement du 3 novembre 644).

 

 En dix ans de règne, le deuxième calife de l'islam a propulsé l'islam à la conquête de l'Orient méditerranéen et jeté les bases d'un nouvel empire.

 

Cap sur l'Ouest

 

 Après la conquête inattenduede la Syrie byzantine et de Jérusalem par ses troupes, en 638, le calife Omar est allé sans tarder prier sur l'esplanade du Temple, à l'endroit d'où le prophète Mahomet se serait envolé au ciel. Il ordonne la construction d'une mosquée, le «Dôme du Rocher», sur l'esplanade du Temple juif. Le calife envisage dans la foulée de faire marcher ses troupes sur Constantinople. Mais l'un de ses généraux, Amr ibn al-As, emporte avec 4000 hommes seulement l'une des principales forteresses égyptiennes, El Arish.

 

 Omar reporte alors ses ambitions vers l'Égypte. Le grenier à blé de la Méditerranée est gouverné pour le compte de l'empereur byzantin par le patriarche d'Alexandrie, Cyrus. Suite à la mort de l'empereur Héraclius, le 10 février 641, à Constantinople, Cyrus doit faire face à l'envahisseur sans pouvoir attendre de secours des Byzantins.

 

 Après un siège de plusieurs mois, le patriarche négocie la reddition de sa ville et un tribut en échange du droit pour les chrétiens égyptiens de continuer à pratiquer leur religion et de gérer les affaires de leur communauté. Les Arabes entrent enfin à Alexandrie le 17 septembre 642.

 

 Peu après, sur le cours du Nil, Amr fonde la forteresse de Fostat (ou El Fustat). Autour d'elle se développera la nouvelle capitale du pays, Le Caire.

 

La pieuse légende de la bibliothèque d'Alexandrie

 

 Une tradition postérieure de six ou sept siècles à la conquête de l'Égypte rapporte que lorsque les Arabes pénétrèrent à Alexandrie, ils auraient sciemment incendié la prestigieuse bibliothèque de la ville, riche de très nombreux ouvrages hérités de l'Antiquité hellénistique.

 

 À son général Amr qui lui avait demandé que faire des livres présents dans la bibliothèque, le calife Omar aurait répondu : «S'ils disent la même chose que le Coran, ils sont inutiles ; s'ils le contredisent, ils sont nuisibles ; dans les deux cas, il faut les détruire». C'est ainsi que les précieux manuscrits auraient alimenté les chaudières des bains de la ville.

 

 Dans les faits, la bibliothèque avait déjà beaucoup souffert de plusieurs incendies, notamment lors d'une bataille entre Jules César et les partisans du pharaon Ptolémée XIII, pour les beaux yeux (ou le nez;-) de Cléopâtre. Peut-être n'en restait-il déjà rien ou presque quand survinrent les Arabes.

 

Conquêtes tous azimuts

 

 La Perse sassanide, de religion mazdéenne, est écrasée la même année, en 642, à Néhavend. Les Arabes dominent dès lors la Mésopotamie, rebaptisée Irak, et la plus grande partie de la Perse (*).

 

 Répression des oppositions de notables persans par les Arabes (miniature persane de la BNF)

 

 Dans leurs nouvelles conquêtes, les Arabes se gardent de convertir de force leurs nouveaux sujets. Ils préfèrent les maintenir dans le statut de «protégés»(dhimmi en arabe) car celui-ci se caractérise par un impôt spécifique très rémunérateur !

 

Une succession ardue

 

 La mort brutale du calife Omar, à 55 ans, compromet les rapides succès des musulmans. En l'absence de successeur désigné, les antagonismes familiaux se réveillent et déchirent la communauté. C'est finalement un gendre du prophète, du nom d'Othman, qui succède au calife assassiné. Le nouvel élu appartient à une riche famille de la ville sainte de La Mecque, les Omeyyades, et figure parmi les premiers disciples de Mahomet. -

 

Alban Dignat

 

24 janvier 661
Assassinat du calife Ali et avènement des Omeyyades


Le 24 janvier 661, le calife Ali est assassiné par des musulmans dissidents de la secte des kharidjites devant la mosquée de Koufa, en Mésopotamie. Avec le gendre du Prophète disparaît le dernier des quatre califes dits orthodoxes, après Abou Bekr, Omar et Othman.

Les kharidjites (du verbe arabe kharadja, sortir) avaient suivi Ali dans son combat contre les partisans du précédent calife, Othman. Mais ils lui en avaient voulu d'avoir accepté un arbitrage avec ses ennemis au lieu de les combattre et de les écraser et s'étaient retournés contre lui.

Ali avait dû les combattre sur les bords du Tigre, au nord de l'Irak. Pendant ce temps, son rival, le gouverneur de Damas, Moawiya, en avait profité pour soumettre l'Égypte, l'Irak et la péninsule arabe, soit la plus grande partie de l'empire musulman.
Avènement des Omeyyades

À la mort d'Ali, Moawiya se voit confirmé comme nouveau calife. Ainsi, dans les vingt années qui ont suivi la mort de Mahomet, pas moins de cinq califes se sont succédé à la tête des musulmans dont trois ont été assassinés. Le quatrième, Ali, a suscité la scission des kharidjites, aujourd'hui marginale, et celle des chiites.

Le cinquième calife, Moawiya, gouverne en se faisant assister par la shoûrâ, un conseil qui réunit les sheikhs ou princes arabes. Mais lui-même désigne son fils Yazîd comme son successeur et fait avaliser sa décision par le conseil. Il institue de ce fait la dynastie héréditaire des Omeyyades, du nom de son aïeul Omeyya, lié à la famille du Prophète.

C'en est fini du principe électif qui avait présidé à la nomination des califes. Cela vaut d'ailleurs aux Omeyyades de se voir contester, par certains historiens traditionalistes, la qualité de califes pour n'être considérés que comme des rois (malik en arabe).
Grandeur omeyyade

Moawiya a eu le loisir comme gouverneur de la Syrie, d'apprécier l'administration byzantine. Il abandonne donc les villes saintes de Médine et La Mecque, trop éloignées des riches régions conquises par les musulmans, et établit la capitale de l'empire arabe à Damas, capitale de la Syrie.

À la différence des quatre premiers califes, peu sensibles au luxe des grandes villes hellénistiques, les Omeyyades profitent pleinement des richesses qui affluent de toutes les provinces conquises par les cavaliers musulmans : tributs des vaincus et lourdes taxes payées par les chrétiens au titre de la «protection» (dhimmi en arabe) que leur assurent les musulmans.

Soucieux de préserver leurs revenus, les califes se gardent d'encourager les conversions à l'islam ! Ils se montrent ouverts à l'égard de leurs sujets chrétiens et juifs qui leur apportent leur savoir-faire et leur culture hérités de la Grèce.

En moins d'un siècle d'existence, jusqu'à leur renversement par les Abbassides, tandis que l'Occident connaît les affres des guerres entre royaumes mérovingiens, les Omeyyades vont porter la civilisation arabe à son maximum de gloire et de prospérité en s'appuyant sur le très riche fonds culturel des univers byzantin et persan.
Bibliographie -

Sur les premiers siècles de l'islam, on peut se fier à u

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