Gilles de Rais (ou de Retz) est pendu et brûlé le 26 octobre 1440.
Exécution de «Barbe-bleue»
La vie tumultueuse de Gilles de Rais a donné naissance à la légende de Barbe-bleue. Charles Perrault, un écrivain du temps de Louis XIV, raconte dans son célèbre recueil des Contes de ma mère l'Oye l'histoire de ce féroce seigneur qui tuait ses épouses successives...
Gilles de Rais, le véritable Barbe-bleue, préférait quant à lui les enfants ! Ce riche et puissant seigneur né vers 1404 accompagne d'abord Jeanne d'Arc dans la guerre contre les Anglais. Au sacre de Charles VII à Reims, il figure à la gauche du roi, Jeanne étant à sa droite. Le soir du sacre, il est nommé maréchal de France.
Disgrâcié après l'échec du siège de Paris et affecté par la mort de sa femme, Gilles de Rais se retire sur ses terres de Machecoul et Tiffauges, dans la région de Nantes, où il dilapide la fortune héritée de sa femme.
Assouvissant ses pulsions sado-pédérastiques, il commet alors des meurtres horribles sur environ 140 garçonnets de sa région. Confondu suite à la plainte de certains débiteurs, il confesse ses crimes. Il est jugé et exécuté avec deux complices, après avoir manifesté un spectaculaire repentir.
Le 30 octobre 749, dans la mosquée de Koufa, en Irak, un chef musulman est proclamé calife par ses lieutenants... cependant que règne encore à Damas le calife légitime, Marwan II, héritier de la dynastie omeyyade.
Le calife dissident Abdullah Abou-el-Abbas (30 ans) descend d'Abbas, un oncle du prophète Mahomet, d'où le nom d'Abbassides donné à ses partisans. Lui-même et ses successeurs vont renouveler le monde musulman.
Un chef habile
En juin 747, sous le règne du calife Marwan II, une révolte avait éclaté dans le Khorassan perse, à l'instigation d'un meneur iranien du nom d'Abou Mouslim qu'indignait le laxisme du califat.
La révolte avait été aussitôt récupérée par le chef arabe Abdullah Abou-el-Abbas.
Ses troupes arborent la bannière noire de la révolte et défont une première fois à Koufa les troupes du calife, qui arborent, elles, une bannière blanche. C'est ainsi qu'Abdullah Abou-el-Abbas se fait proclamer «calife à la place du calife» (comme un vizir de notre connaissance:-).
La revanche des chiites
L'année suivante, le 25 janvier 750, les troupes omeyyades sont une nouvelle fois défaites sur le Grand Zab par celles d'Abou-el-Abbas.
Quelques mois plus tard enfin, Abdullah Abou-el-Abbas s'empare de Damas. Le 25 juin 750, toute la famille du calife omeyyade est massacrée. Un prince, un seul, échappe à la tuerie. Il s'enfuit en Espagne où il fonde l'émirat omeyyade dissident de Cordoue. Marwan II est tué en Égypte à la tête de ses derniers fidèles le 5 août 750.
Le vainqueur, Abdullah Abou-el-Abbas, gagne dans l'opération le surnom de Saffah (en arabe, le Sanguinaire). Il déporte la capitale de l'empire arabe en Mésopotamie.
Quelques années plus tard, en 762, son frère et successeur, le calife al-Mansour crée une capitale de toutes pièces, au coeur de l'ancienne Mésopotamie et au confluent des civilisations hellénistique et persane, non loin de l'antique Babylone.
La nouvelle capitale de l'empire arabe est baptisée Bagdad (en persan, Don de Dieu). La ville est aussi surnommée en arabe Dar as Salam (la Cité de la Paix). Elle est édifiée avec les pierres tirées des ruines de l'ancienne Ctésiphon, capitale des Parthes et ennemie de Rome.
C'est de là que rayonnera (brièvement) l'empire arabo-musulman.
Le 1er novembre 1347, les responsables du port de Marseille acceptent un bateau génois dont ils savent pourtant qu'il est porteur de la peste...
Une si longue absence...
Après plusieurs siècles d'absence, la peste bubonique (avec apparition de «bubons» ou tumeurs à l'aine) fait sa réapparition en 1320 en Mongolie. De là, elle se répand alentour et atteint la mer Noire fréquentée par les Génois.
Comme les Mongols assiègent la ville de Caffa (aujourd'hui Féodossia, en Ukraine), ils envoient des cadavres contaminés par-dessus les murailles. Des marins génois arrivent à fuir la ville mais en emportant avec eux le terrible bacille. En accostant à Marseille, ils vont ouvrir au fléau les portes de l'Occident.
Un mois plus tard, la peste atteint la Corse et Aix-en-Provence. En janvier 1348, elle est à Arles et Avignon où, en six semaines, elle fait onze mille morts. En avril, la voilà en Auvergne, à Toulouse et Montauban. En juin à Lyon, en juillet à Bordeaux et dans le Poitou. Le 20 août 1348, on la signale à Paris. En décembre, elle atteint Metz...
Durant les premiers mois, le fléau progresse à une moyenne de 75 km par jour en profitant des circuits d'échanges, en particulier fluviaux et maritimes. Sa diffusion est favorisée par le surpeuplement des villes et aussi le goût des habitants pour les bains publics, lesquels vont devoir être fermés les uns après les autres. La peste fait 100.000 morts à Florence. À Paris, on compte 500 morts par jour.
Selon Froissart, un tiers de la population française décède mais sans doute s'agit-il d'une exagération manifeste. Les estimations varient selon les régions d'1/8 à 1/3 de la population.
L'épidémie va tuer en quelques mois jusqu'à 40% de la population de certaines régions européennes, ressurgissant par épisodes ici ou là. En quatre ans, 25 à 40 millions d'Européens vont néanmoins mourir de la «Grande Peste» ou «Peste noire».
Impuissance de la médecine
Les médecins médiévaux attribuent la peste aux humeurs ou à l'empoisonnement de l'air. Ils pratiquent la saignée et les purges avec des résultats catastrophiques et récusent l'idée pourtant évidente de la contagion. Les citadins n'ont rien de plus pressé, lorsque l'épidémie atteint une ville, que de fuir celle-ci. Le poète Boccace raconte cela dans le Décaméron, son recueil de contes écrit après que Florence ait été atteinte par la Grande Peste de 1347. Cette fuite est la pire attitude qui soit car elle a pour effet d'accélérer la diffusion de l'épidémie.
La population, en de nombreux endroits, soupçonne les juifs d'empoisonner les puits ! Dès 1348, une quarantaine sont massacrés à Toulouse.
En 1349 apparaît le mouvement des flagellants ; c'est la résurgence d'un mouvement localisé en Italie au XIe siècle. Il se répand dans toute la chrétienté occidentale et ne tarde pas à se structurer. Ses membres s'engagent à se flageller pendant 33 jours et demi (autant que d'années passées sur terre par le Christ). Les flagellants finissent par s'en prendre à l'Église institutionnelle à laquelle ils reprochent son comportement indigne. Le mouvement s'éteint néanmoins en quelques mois, aussi vite qu'il est apparu.
Un ordre social bouleversé
L'épidémie se développe d'autant mieux et plus vite que la population est épuisée. Après trois siècles d'expansion démographique, l'Europe est saturée d'hommes que les sols peinent à nourrir. Les disettes, famines et «chertés» se font plus fréquentes et à ces pénuries alimentaires s'ajoute la guerre entre Français et Anglais. Par milliers, des villages sont désertés. Les friches, la forêt et les bêtes sauvages regagnent le terrain perdu au cours des deux siècles précédents qui avaient vu les campagnes se développer et se peupler à grande vitesse...
Les prix des céréales qui avaient chuté dans les premiers mois de l'épidémie, du fait du manque de consommateurs, remontent très vite dans les années suivantes du fait du manque de bras !
Dès la génération suivante, la vie reprend le dessus. Paysans et manouvriers, profitant de la raréfaction de la main-d'œuvre, imposent aux seigneurs et aux employeurs des libertés nouvelles et des augmentations de salaires. Ces revendications s'accompagnent de graves crises sociales, la plus célèbre étant la Grande Jacquerie de 1358. Le servage achève de disparaître et les petites seigneuries rurales sont ruinées.
Un monde nouveau émerge suite à la Grande Peste. Après une rémission, l'épidémie revient en 1360 puis de façon erratique jusqu'en 1721. Chaque retour entraîne une hystérie collective mais aussi, après une brutale mortalité, une forte reprise de la nuptialité et de la natalité.
L'épidémie a des répercussions aussi sur l'art avec l'apparition des premières représentations de la mort dans l'art occidental. Les danses macabres se développent dès 1380. Les riches défunts sont représentés sur les sarcophages non plus dans leurs plus beaux atours mais dans l'état de décomposition qui suit la mort : ce sont les «transis».
Soliman II, surnommé le Magnifique par les Occidentaux, et le Législateur (Suleyman Kanouni) ou le Grand (Suleyman Asametleu) par les Turcs, est le plus grand sultan ottoman... et celui dont le règne a été le plus long (46 ans, de 1520 à 1566).
Il noue une alliance avec le roi François 1er contre Charles Quint, conquiert la Hongrie et met le siège devant Vienne.
Avec Soliman, marié à Roxelane (Khurrem), l’empire turc atteint sa plus grande expansion territoriale et manifeste une effervescence artistique dont témoignent les réalisations de l'architecte Sinan, comme les mosquées Suleymaniye ou Selimiye.
Le 14 juillet 1223 meurt Philippe Auguste (58 ans) après 42 ans de règne. Le fils qu'il a eu de sa première épouse Isabelle de Hainaut lui succède sous le nom de Louis VIII le Lion (à la différence des précédents, il n'a pas été sacré du vivant de son père).
À 36 ans, le nouveau roi a déjà une longue et heureuse expérience des responsabilités. En 1214, tandis que son père affronte à Bouvines les coalisés du nord, lui-même bat le roi d'Angleterre Jean sans Terre à La Roche-aux-Moines, dans le Poitou. L'année suivante, les barons anglais déposent leur roi et proposent la couronne à Louis. Le prince débarque en Angleterre en mai 1216 mais Jean sans Terre a le bon goût de mourir sur ces entrefaites. Son fils et héritier légitime relève la couronne sous le nom d'Henri III et tout rentre dans l'ordre.
Louis se fait battre le 20 mai 1217 devant le château de Lincoln par les troupes royales, sous le commandement du régent d'Angleterre Guillaume le Maréchal (70 ans), tournoyeur réputé «le meilleur chevalier du monde». Le prétendant se retire non sans avoir négocié une forte indemnité par le traité de Kingston. Notons que c'est le seul débarquement armé qui ait eu lieu en Angleterre depuis Guillaume le Conquérant !
Peu après son accession au trône, Louis VIII enlève aux Plantagenêt le Poitou et une partie de la Gascogne. Enfin, il repart dans le Midi toulousain pour en finir avec la croisade contre les Albigeois. Après avoir ravagé le pays, il meurt sur le retour, en Auvergne, emporté par une dysenterie aiguë. Il laisse une veuve éplorée, Blanche de Castille, et un fils de seulement 12 ans qui devient roi sous le nom de Louis IX et restera dans la postérité sous celui de Saint Louis.
Quand, le 11 novembre 1215, le pape Innocent III ouvre le quatrième concile du Latran, il peut se flatter d'avoir hissé la papauté à un niveau de prestige qu'elle n'avait encore jamais atteint.
De nouvelles structures pour l'Église
Le concile Latran IV marque l'apogée de la chrétienté médiévale et de la papauté après l'effort de renouveau inauguré,150 ans plus tôt, par Grégoire VII . Environ 800 abbés et 400 évêques se réunissent dans la basilique romaine dont les papes du Moyen Âge ont fait leur principale résidence.
Pendant les trois semaines que dure le concile, du 11 au 30 novembre 1215, de nombreuses décisions sont prises qui renforcent l'emprise du Saint-Siège sur la chrétienté occidentale.
Le concile réglemente en premier lieu la confession. Il établit l'obligation de se confesser et de communier au moins une fois l'an, à Pâques. Il instaure la confession auriculaire (à l'oreille du prêtre) en remplacement de la confession publique, rare et réservée aux actes graves et connus de tous. La religion catholique confirme ainsi son emprise sur les populations d'Europe occidentale.
Avec le concile Latran IV apparaît un nouveau personnage, le curé. Celui-ci est un prêtre affecté à un territoire, la paroisse, avec la charge d'en soigner les âmes. D'où son nom, dérivé du latin «cura animarum» (soin des âmes).
Relativement instruit, célibataire, généralement chaste et consciencieux, attaché à son village, le curé devient très vite un pilier de la société médiévale... et les travers de certains d'entre eux ne tarderont pas à alimenter un anticléricalisme tantôt ironique, tantôt violent.
Révolution féministe
Parmi les innovations majeures du concile Latran IV de 1215 figure la publication des bans à l'occasion des mariages. Il n'est désormais plus possible de convoler dans la clandestinité. Cette mesure est destinée à lutter contre les unions consanguines, entre cousins et parents proches, que l'Église et le corps social tiennent en horreur, ces unions débouchant sur une dégénérescence génétique et, dans le meilleur des cas, sur un repli communautaire.
Les évêques conciliaires accomplissent un acte révolutionnaire en n'autorisant que les mariages pour lesquels les deux conjoints, l'homme et la femme, auront publiquement exprimé leur consentement.
Ainsi, pour la première fois dans l'Histoire de l'humanité, la société accorde aux femmes le droit de disposer d'elles-mêmes. Les femmes ne sont plus des mineures, comme sous l'Antiquité, ou des marchandises que le père cède contre une dot, ainsi qu'il en va encore dans maintes sociétés.
Bien entendu, il faudra beaucoup de temps avant que les femmes puissent pleinement choisir et accepter leur conjoint. Elles seront longtemps encore soumises à la pression de leur entourage mais, avec l'appui de l'Église, leur liberté progressera régulièrement.
L'Église médiévale, assidue à limiter la brutalité des guerriers, a aussi à coeur de freiner la brutalité des maris. C'est ainsi qu'elle réglemente à tour de bras les pratiques sexuelles et condamne tout ce qui pourrait ressembler à un viol conjugal.
L'époque du concile coïncide aussi avec la construction des plus belles cathédrales gothiques. Les sculpteurs et les peintres commencent à exalter la beauté du corps féminin, qui revêt au choix l'apparence de la vierge Marie ou d'Eve, la première femme.
Dans les églises se répand le culte de Marie tandis que dans les cours seigneuriales ou royales, les troubadours et les poètes chantent l'amour érotique.
Les femmes de haut lignage prennent part à l'art poétique et participent à l'exercice du pouvoir, à l'égal de leur mari ou en remplacement de celui-ci. Les exemples les plus connus sont ceux d'Aliénor d'Aquitaine et de son arrière-petite-fille Blanche de Castille, mère de Saint Louis et régente du royaume de France.
Le concile Latran IV ne s'en tient pas, hélas, au droit du mariage et au statut de la femme. Il impose aussi aux juifs et aux musulmans le port d'un insigne distinctif. Il condamne enfin les doctrines vaudoise et cathare qui sanctifient la pauvreté et le renoncement aux valeurs matérielles.
Ces valeurs évangéliques retrouveront toutefois leur place dans l'Église officielle grâce aux Ordres mendiants de saint François d'Assise et de saint Dominique de Guzman qui s'épanouissent à l'époque même du concile.
Le 13 novembre 1002, le roi anglo-saxon Ethelred II massacre en grand nombre des Danois qui s'étaient établis de force sur ses terres. Parmi ses victimes figurent la soeur et le beau-frère du roi de Danemark, Sven à la Barbe fourchue.
Ce dernier est un redoutable chef viking qui a déjà mené des guerres victorieuses contre les Allemands et les Norvégiens. En réplique au «massacre de la Saint-Brice», il entreprend derechef de conquérir l'Angleterre, autrement dit le pays des Anglo-Saxons.
Premières invasions
Les îles britanniques ont été romanisées de façon superficielle et ce vernis a été pour l'essentiel effacé par une succession d'invasions germaniques (Angles, Saxons, Normands enfin). Le résultat est un subtil mélange d'influences latines et germaniques...
Les premiers Anglo-Saxons
L'Angleterre doit son nom aux envahisseurs germaniques qui avaient pris la place des Romains. Venus de l'Allemagne actuelle, les Angles et leurs cousins Saxons débarquent sur l'île de Bretagne au Ve siècle après Jésus-Christ. Ils chassent peu à peu des plaines les premiers habitants, des Celtes dénommés Bretons.
Les Bretons se réfugient dans les montagnes d'Écosse, du pays de Galles ou de Cornouaille. Quelques-uns traversent la Manche et s'établissent à la pointe de la Gaule, en des lieux austères, désertés par les Gallo-Romains, qui prennent le nom de «petite Bretagne» (aujourd'hui la Bretagne française).
Les farouches Anglo-Saxons introduisent dans l'île les dieux du panthéon germanique : Odin (aussi appelé Wotan), Thor, Freya... Leur souvenir subsiste dans l'appellation anglaise des jours de la semaine : Wednesday, Thursday, Friday.
Irlandais catholiques et irréductibles
Tandis que l'Angleterre renoue avec la barbarie, l'île voisine d'Irlande, épargnée par les invasions, conserve son identité celte et, mieux encore, se voue au catholicisme sous l'impulsion de saint Patrick.
Des ermites restaurent avec passion la culture latine et les traditions de l'Église des origines. Pour des raisons de sécurité, ils prennent l'habitude de se grouper en communautés, sous l'autorité d'un abbé.
Bientôt, un grand nombre de ces moines vont quitter l'Irlande et convertir les peuplades germaniques du continent ainsi que les Anglo-saxons de Grande-Bretagne. En Angleterre, ils entrent en concurrence avec les moines bénédictins venus de Rome à l'initiative du pape Grégoire 1er, et qui sont à l'origine de l'archevêché de Cantorbéry. Son premier titulaire, Augustin, n'a de cesse de réunir tout le clergé de l'île sous son autorité.
Invasions vikings
La situation se gâte au début du IXe siècle, à l'époque de Charlemagne, quand la Grande-Bretagne et le Continent font connaissance avec les Vikings.
Les Vikings sont des hommes épris d'aventure qui se refusent à vivre dans leurs paisibles communautés paysannes du grand nord de l'Europe. Ils se forment en bandes et naviguent vers l'ouest, en quête d'épopées. Plusieurs milliers de ces Vikings, venus du Danemark, s'établissent sur les rivages orientaux de la Grande-Bretagne, en Est-Anglie, dans un territoire dénommé Danelaw.
Parmi les différents rois saxons qui se partagent l'île, l'un d'eux, Alfred le Grand, roi du Wessex, laisse le souvenir d'avoir résisté avec bravoure à la pression danoise. ll bat l'armée des envahisseurs à Ethandum en 878. Fort de sa victoire, il unifie les royaumes anglo-saxons et constitue un semblant d'État monarchique.
Un éphémère royaume danois
Edgar le Pacifique, un lointain successeur d'Alfred, assure une relative prospérité à son royaume. Mais son deuxième fils, Ethelred II, qui accède au trône en 978, ne témoigne pas de la même sagesse, d'où son surnom de Mal avisé! Ethelred II, après le massacre de la Saint-Brice, se montre incapable de faire face à l'offensive triomphale de Sven à la Barbe fourchue.
Le Danois remonte la Tamise, prend Cantorbéry et exécute l'archevêque. Son malheureux ennemi ne trouve d'autre moyen pour le convaincre de repartir que d'imposer les terres de ses sujets et de lui verser la collecte. C'est le Danegeld, l'argent des Danois. Ce tribut n'a d'autre effet que de rendre les Danois plus vindicatifs.
Sven confie son royaume de Danemark à son fils aîné, Harald. Avec l'aide du second, Knut (ou Canut), il repart de plus belle à la conquête de l'Angleterre. Le Saxon Ethelred s'enfuit en Normandie, chez son beau-frère, le duc Richard.
À la mort de Sven, son fils Knut bat en retraite au Danemark, non sans avoir au préalable fait couper le nez, les oreilles et les mains des prisonniers anglais. Le Danois revient un peu plus tard en Angleterre avec de nouvelles troupes et combat le courageux fils d'Ethelred II, Edmond Ironside («Côte-de-fer»).
Les deux ennemis se partagent dans un premier temps le pays. Le 18 octobre 1016, enfin, Knut bat Edmond à Ashingdon, dans l'Essex.
Bientôt, les nobles saxons, réunis en conseil, se résignent à céder la couronne au vainqueur. Knut le Grand, en habile homme d'État, traite à égalité les vaincus et les vainqueurs. Lui-même épouse Emma, la veuve d'Ethelred II.
Par la conquête et les héritages, il adjoint à la couronne d'Angleterre celles d'Écosse, du Danemark et de Norvège, constituant ainsi un original empire anglo-scandinave...
Mais cette construction ne lui survivra pas et à sa mort, le 12 novembre 1035, la couronne anglaise retournera à un Saxon, Édouard le Confesseur, deuxième fils du roi Ethelred II.
C 'est un autre descendant de Viking, le Normand Guillaume le Conquérant, qui s'appropriera définitivement la couronne d'Angleterre.
Le 15 novembre 1315, à Morgarten, au sud de Zurich, des montagnards repoussent les troupes du duc Léopold d'Autriche, seigneur de Habsbourg.
C'est l'une des rares fois, au Moyen Âge, où des communautés paysannes réussissent à s'émanciper de leur suzerain féodal. Dans le reste de l'Europe, les révoltes paysannes débouchent sur des jacqueries sans issue.
Quelques années après le célèbre serment de Rütli, la victoire de Morgarten renforce la cohésion des cantons alpins. Elle leur rallie les cantons environnants et surtout les villes de Zurich, Bâle et Berne. Ces communes libres, bien que bourgeoises, font front commun avec les cantons paysans contre les prétentions des Habsbourg.
À la fin du XVe siècle, les Suisses confédérés doivent encore se battre contre le duc de Bourgogne Charles le Téméraire, désireux de reconstituer à son profit l'ancienne Lotharingie de l'époque carolingienne.
Ces paysans austères se révèlent alors comme les soldats les plus redoutables d'Europe, capables d'en remontrer aux plus puissants chevaliers de la noblesse. Quelques jours suffisent aux cantons pour lever plusieurs dizaines de milliers de fantassins.
Dès que la consigne leur en est donnée, les Confédérés quittent sans attendre leur ferme, prennent leur longue pique et se mettent en ordre de marche. Au moment de l'attaque, tandis que les trompes de montagne terrorisent l'ennemi par leurs sonorités tonitruantes, les Confédérés n'ont guère de mal à repousser les assauts des cavaliers grâce à leurs longues piques.
Tandis que les armées féodales et les mercenaires des condottiere italiens s'efforcent de faire un maximum de prisonniers en vue d'en tirer de fructueuses rançons, les Confédérés n'ont pas ces scrupules. Ils préfèrent quant à eux tuer un maximum d'ennemis, y compris les prisonniers solvables, ce qui ajoute à l'effroi que sème leur approche.
Mais qu'on ne s'avise pas de les tromper. «Les Suisses se battent bien, mais ne se paient pas de paroles !» dit le maréchal de France Blaise de Montluc. Le roi de France Louis XII, n'ayant pas payé la solde promise à ses mercenaires suisses, eut à les affronter en Italie.
La réputation de l'infanterie suisse n'est ternie que par sa défaite face au roi de France à Marignan. Il en résulte en 1516 la conclusion d'une «Paix perpétuelle» entre les deux peuples qui vaudra aux rois de France d'employer à leur service de redoutables gardes suisses jusqu'à la Révolution française.
Louvois, ministre de Louis XIV, aurait dit à celui-ci : «Avec tout ce que lui ont coûté les Suisses, Votre Majesté aurait pu paver d'or une route de Versailles à Bâle.» À quoi aurait répliqué le lieutenant-général Pierre de Stupa :«Mais avec tout le sang que les Suisses ont versé au service de Votre Majesté, on aurait pu remplir un canal allant de Bâle à Versailles !»
À la bataille de Rossbach, en 1757, pendant la guerre de Sept Ans, le roi de Prusse Frédéric II aurait demandé : «Quels sont donc ces murs de brique rouge que mon artillerie ne peut entamer ? ». À quoi on lui répondit : «Sire, ce sont les Suisses» (*). -
Gabriel Vital-Durand.
Le 1er décembre 1135,meurt à 67 ans Henri Ier Beauclerc,roi d'Angleterre et duc de Normandie.
Il est le fils cadet de Guillaume le Conquérant. de leur frère aîné, Robert Courteheuse, parti à la croisade. Il allait également prendre à ce dernier le duché de Normandie en 1106.
Mais Henri Beauclerc est à son tour durement frappé par le sort et perd ses fils dans le naufrage de la Blanche Nef, à la Noël 1120. Il désigne pour lui succéder sa fille Mathilde, épouse du comte d'Anjou Geoffroi Plantagenêt.
Mathilde devient ainsi duchesse de Normandie. Elle est aussi proclamée «dame des Anglais» (et non reine) avec le soutien de son frère naturel, le comte Robert de Gloucester. Mais ses prétentions sont contestées par son cousin, le comte de Boulogne Étienne de Blois, petit-fils de Guillaume le Conquérant par sa mère, qui s'empare de la couronne avec le soutien des grands barons !
Étienne et Mathilde n'ont dès lors de cesse de se combattre. Mais en 1153, Étienne de Blois est à son tour frappé par le sort. Il perd son fils unique Eustache et doit se résigner à désigner le fils de Mathilde et Geoffroi pour lui succéder.
Sa mort, survenue en octobre 1154, ouvre le chemin du trône à celui-ci, Henri Plantagenêt, et à son épouse, Aliénor d'Aquitaine. Ils sont couronnés le 19 décembre 1154 à Westminster. Mathilde meurt à Rouen le 10 novembre 1167.
Le 4 décembre 1259, le roi d'Angleterre Henri III Plantagenêt signe avec Louis IX, le futur Saint Louis, le traité de Paris (appelé aussi traité d'Abbeville).
Ce traité met fin à ce que l'on appelle parfois la première Guerre de Cent Ans. Ce conflit entre la France et l'Angleterre avait débuté au siècle précédent avec le mariage d'Aliénor d'Aquitaine et du futur roi d'Angleterre Henri II Plantagenêt.
André Larané.
Fin d'une première guerre de cent ans
Louis IX rétrocède à Henri III le Périgord, la Guyenne, le Limousin, le Quercy, l'Agenais et la Saintonge. Mais le roi d'Angleterre s'engage, pour ces possessions, à rendre au roi de France l'hommage féodal dû au suzerain.
Le roi de France conserve par ailleurs la Normandie et les pays de Loire (Touraine, Anjou, Poitou et Maine). Ces riches provinces ont été confisquées par son aïeul Philippe Auguste au père de Henri III, le roi Jean sans Terre.
Le 4 décembre 1259, le roi d'Angleterre Henri III Plantagenêt signe avec Louis IX, le futur Saint Louis, le traité de Paris (appelé aussi traité d'Abbeville).
Ce traité met fin à ce que l'on appelle parfois la première Guerre de Cent Ans. Ce conflit entre la France et l'Angleterre avait débuté au siècle précédent avec le mariage d'Aliénor d'Aquitaine et du futur roi d'Angleterre Henri II Plantagenêt.
André Larané.
Fin d'une première guerre de cent ans
Louis IX rétrocède à Henri III le Périgord, la Guyenne, le Limousin, le Quercy, l'Agenais et la Saintonge. Mais le roi d'Angleterre s'engage, pour ces possessions, à rendre au roi de France l'hommage féodal dû au suzerain.
Le roi de France conserve par ailleurs la Normandie et les pays de Loire (Touraine, Anjou, Poitou et Maine). Ces riches provinces ont été confisquées par son aïeul Philippe Auguste au père de Henri III, le roi Jean sans Terre.
Par une bulle du 5 décembre 1484, le pape Innocent VIII fait enquêter sur les sorciers, les sorcières et la sorcellerie, en vue de définir les signes auxquels on peut reconnaître le pacte d'un individu avec le démon !
Comme l'atteste cet acte, c'est curieusement à la fin du Moyen Âge, tandis que la foi médiévale recule au profit de la philosophie gréco-romaine, que les prétendues sorcières sont désignées à la vindicte publique !
Les chasses aux sorcières sont un phénomène caractéristique de la Renaissance (fin du XVe siècle, XVIe et XVIIe siècles). Elles débutent vers 1430 et la plupart ont lieu entre 1560 et 1630. Elles se soldent par l'envoi au bûcher d'environ 30.000 à 60.000 malheureuses, pour environ le double de procès.
Ces persécutions sévissent avec le plus d'intensité dans les régions germaniques et surtout en Suisse. Dans le seul pays de Vaud, on compte un total de 1700 bûchers (jusqu'à 25 en une seule année !). La dernière sorcière, Anna Göldi, a été décapitée en 1782 dans le canton suisse de Gladis. Elle a été réhabilitée le 28 août 2008.
Par une bulle du 5 décembre 1484, le pape Innocent VIII fait enquêter sur les sorciers, les sorcières et la sorcellerie, en vue de définir les signes auxquels on peut reconnaître le pacte d'un individu avec le démon !
Comme l'atteste cet acte, c'est curieusement à la fin du Moyen Âge, tandis que la foi médiévale recule au profit de la philosophie gréco-romaine, que les prétendues sorcières sont désignées à la vindicte publique !
Les chasses aux sorcières sont un phénomène caractéristique de la Renaissance (fin du XVe siècle, XVIe et XVIIe siècles). Elles débutent vers 1430 et la plupart ont lieu entre 1560 et 1630. Elles se soldent par l'envoi au bûcher d'environ 30.000 à 60.000 malheureuses, pour environ le double de procès.
Ces persécutions sévissent avec le plus d'intensité dans les régions germaniques et surtout en Suisse. Dans le seul pays de Vaud, on compte un total de 1700 bûchers (jusqu'à 25 en une seule année !). La dernière sorcière, Anna Göldi, a été décapitée en 1782 dans le canton suisse de Gladis. Elle a été réhabilitée le 28 août 2008.
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