Le 9 janvier 1317, Philippe, comte de Poitou, deuxième fils de Philippe le Bel et Jeanne de Navarre, se fait hâtivement sacrer à Reims sous le nom de Philippe V le Long, empêchant que sa nièce Jeanne, héritière légitime de la couronne, ne monte sur le trône...
Son frère aîné Louis X le Hutin était mort le 5 juin 1316 en ne laissant pour lui succéder que Jeanne, fille de sa première femme, Marguerite de Bourgogne. Mais sa deuxième épouse Clémence de Hongrie était enceinte.
Philippe assure la régence en attendant la naissance de l'enfant. Celui-ci s'avère être un garçon et devient roi sous le nom de Jean 1er Posthume mais il meurt quatre jours après sa naissance, le 19 novembre 1316.
Plusieurs princes du sang songent alors à placer sur le trône sa demi-soeur Jeanne (nonobstant les soupçons d'illégitimité liés à l'adultère de sa mère) mais Philippe les prend de vitesse en réunissant les états généraux qui déclarent les femmes inaptes à monter sur le trône capétien, sans que le droit coutumier le justifiât. Ce principe sera une nouvelle fois invoqué onze ans plus tard pour justifier l'avènement de Philippe VI de Valois. Contesté par le roi d'Angleterre malgré la référence des juristes français à une prétendue «loi salique», il débouchera sur la guerre de Cent Ans.
Le 10 janvier 1356, l'empereur d'Allemagne Charles IV (40 ans) promulgue à la diète de Nuremberg la «Bulle d'or» (en latin, Bulla aurea). La promulgation est renouvelée le 25 décembre 1356 à la diète de Metz et une copie du texte (la seule qui subsiste) est confiée à Francfort, siège de la Diète impériale. Le texte est ainsi surnommé à partir de 1400 d'après son sceau en or.
Élu à la tête de l'empire allemand l'année précédente, Charles IV de Luxembourg, par ailleurs roi de Bohême, promulgue la «Bulle d'or» en vue de fixer les conditions d'élection à la tête de l'empire d'Allemagne ou Saint Empire, plus tard appelé Saint Empire romain germanique. Ce texte de 31 articles confirme le caractère électif (et non héréditaire) du titre impérial et limite à sept les Princes Électeurs (en allemand, Kurfürsten). Important : l'approbation du pape n'est plus requise pour valider l'élection.
Né dans une famille de paysans aisés mais non libres, Suger s'est hissé par ses seuls talents jusqu'au sommet de l'Église et de l'État. Il est considéré à juste titre comme le premier grand ministre qu'ait eu la France.
Éduqué à l'abbaye de Saint-Denis, il y côtoie l'héritier du trône, le futur Louis VI le Gros. Il devient plus tard son conseiller ainsi que celui de son fils Louis VII le Jeune. À ce poste, il consacre son énergie à la mise au pas de la noblesse pillarde et accomplit une oeuvre législative importante.
Suger devient aussi à 40 ans abbé de Saint-Denis. Entrepreneur hors pair, il fait reconstruire l'église abbatiale dans le nouveau style gothique, avec le sentiment d'oeuvrer ainsi pour la gloire de l'Église et du royaume.
Ses conceptions sont à l'opposé de son contemporain et rival, l'austère Bernard de Clairvaux, qui plaide pour le dépouillement des lieux de culte.
L'abbé assure la régence lorsque Louis VII et sa femme Aliénor partent à la croisade... Il meurt à 70 ans environ, le 12 janvier 1151, trop tôt pour empêcher le roi Louis VII de commettre la bêtise de sa vie en divorçant d'Aliénor d'Aquitaine
Le 24 janvier 661, le calife Ali est assassiné par des musulmans dissidents de la secte des kharidjites devant la mosquée de Koufa, en Mésopotamie. Avec le gendre du Prophète disparaît le dernier des quatre califes dits orthodoxes, après Abou Bekr, Omar et Othman.
Les kharidjites (du verbe arabe kharadja, sortir) avaient suivi Ali dans son combat contre les partisans du précédent calife, Othman. Mais ils lui en avaient voulu d'avoir accepté un arbitrage avec ses ennemis au lieu de les combattre et de les écraser et s'étaient retournés contre lui.
Ali avait dû les combattre sur les bords du Tigre, au nord de l'Irak. Pendant ce temps, son rival, le gouverneur de Damas, Moawiya, en avait profité pour soumettre l'Égypte, l'Irak et la péninsule arabe, soit la plus grande partie de l'empire musulman.
Avènement des Omeyyades
À la mort d'Ali, Moawiya se voit confirmé comme nouveau calife. Ainsi, dans les vingt années qui ont suivi la mort de Mahomet, pas moins de cinq califes se sont succédé à la tête des musulmans dont trois ont été assassinés. Le quatrième, Ali, a suscité la scission des kharidjites, aujourd'hui marginale, et celle des chiites.
Le cinquième calife, Moawiya, gouverne en se faisant assister par la shoûrâ, un conseil qui réunit les sheikhs ou princes arabes. Mais lui-même désigne son fils Yazîd comme son successeur et fait avaliser sa décision par le conseil. Il institue de ce fait la dynastie héréditaire des Omeyyades, du nom de son aïeul Omeyya, lié à la famille du Prophète.
C'en est fini du principe électif qui avait présidé à la nomination des califes. Cela vaut d'ailleurs aux Omeyyades de se voir contester, par certains historiens traditionalistes, la qualité de califes pour n'être considérés que comme des rois (malik en arabe).
Grandeur omeyyade
Moawiya a eu le loisir comme gouverneur de la Syrie, d'apprécier l'administration byzantine. Il abandonne donc les villes saintes de Médine et La Mecque, trop éloignées des riches régions conquises par les musulmans, et établit la capitale de l'empire arabe à Damas, capitale de la Syrie.
À la différence des quatre premiers califes, peu sensibles au luxe des grandes villes hellénistiques, les Omeyyades profitent pleinement des richesses qui affluent de toutes les provinces conquises par les cavaliers musulmans : tributs des vaincus et lourdes taxes payées par les chrétiens au titre de la «protection» (dhimmi en arabe) que leur assurent les musulmans.
Soucieux de préserver leurs revenus, les califes se gardent d'encourager les conversions à l'islam ! Ils se montrent ouverts à l'égard de leurs sujets chrétiens et juifs qui leur apportent leur savoir-faire et leur culture hérités de la Grèce.
En moins d'un siècle d'existence, jusqu'à leur renversement par les Abbassides, tandis que l'Occident connaît les affres des guerres entre royaumes mérovingiens, les Omeyyades vont porter la civilisation arabe à son maximum de gloire et de prospérité en s'appuyant sur le très riche fonds culturel des univers byzantin et persan.
Royale sottise
Le roi est un jeune homme disgrâcieux et assez simple d'esprit, qui a la tête farcie de romans de chevalerie. Mais il a la chance de gouverner un royaume puissant, riche et solide grâce à la saine gestion de son père Louis XI et de son grand-père Charles VII.
Comme les nobles fringants qui l'entourent, il ne rêve que d'aventures lointaines. À défaut de tenter une nouvelle croisade contre les Turcs, il décide de se porter en Italie, avec les encouragements de son conseiller Guillaume Briçonnet, lequel deviendra plus tard cardinal et sera un temps excommunié par le pape !
Le prétexte en est de récupérer la couronne de Naples, léguée à sa famille en 1481 par Charles, neveu et héritier de René d'Anjou, le «bon roi René» de nos chansons. Dans les faits, le royaume de Naples a été conquis, un demi-siècle plus tôt, par le roi de Sicile !
Charles VIII saisit l'occasion d'un conflit entre Ludovic Sforza, dit le Maure, maître de Milan, et le duc légitime de la ville pour mettre à exécution son projet.
Il s'assure à prix d'or de la neutralité de ses voisins, le roi d'Angleterre, le roi d'Aragon et l'empereur d'Allemagne. Au premier, Henri VII, qui avait envahi la France, il achète son repli par le traité d'Étaples, le 3 novembre 1492. Il rétrocède au roi Ferdinand 1er d'Aragon le Roussillon et la Cerdagne par le traité de Barcelone, le 14 janvier 1493. Enfin, il cède à l'empereur Maximilien 1er l'Artois et la Franche-Comté par le traité de Senlis du 23 mai 1493. Autant dire qu'il paie très cher - et comptant - son rêve italien.
La mort du roi de Naples Ferdinand 1er, le 25 janvier 1494, le décide à partir. Il franchit les Alpes et entre triomphalement à Milan. Là-dessus, il se rend à Florence où il est accueilli tout aussi favorablement par les partisans du prédicateur Savonarole. L'affaire se présente on ne peut mieux...
L'Italie se retourne contre l'intrus
Les Français s'emparent sans difficulté du royaume de Naples et le pillent comme il faut. Le 12 mai 1494, le roi Charles VIII fait à Naples une entrée officielle costumé en empereur byzantin !
Mais pendant ce temps, le pape Alexandre VI Borgia fomente contre lui une coalition, la Ligue de Venise. Le roi et son armée se retrouvent piégés dans leur conquête. Ils remontent en hâte vers la France mais une armée très supérieure en nombre tente de leur barrer le passage à Fornoue, au nord des Apennins, le 6 juillet 1495. Ils forcent heureusement le passage et se retirent immédiatement de la péninsule.
Après un emprunt forcé sur les villes pour se rembourser de ses frais, le roi prépare une nouvelle expédition. Mais sa mort à 28 ans, le 7 avril 1498, l'empêchera de la conduire à son terme.
En péril face aux familles de l’aristocratie romaine, les États pontificaux ont une nouvelle fois besoin d’une aide extérieure. Othon Ier de Germanie se porte alors à leur secours et est couronné empereur des Romains par Jean XII en échange de sa protection. Dès lors, les États pontificaux passent une fois de plus sous la tutelle impériale. Othon Ier sera alors le premier souverain de l’Empire romain germanique, un territoire qui comprend la Germanie et l’Italie.
Création du Saint Empire Romain Germanique
Otton Ier le Grand, roi de Germanie, roi des Francs, roi des Lombards et roi de Pavie reçoit à Rome la couronne impériale des mains du Pape Jean XII. Ce couronnement marque la naissance d’un puissant empire connu sous le nom de Saint Empire Romain Germanique, titre adopté en réalité quelques siècles plus tard. Otton Ier affirme sa suprématie face à la papauté qu'il place sous tutelle. Désormais, plus aucun pape ne pourra être élu sans lui prêter serment. Le Saint Empire Romain Germanique disparaîtra en 1806 sous la pression de Napoléon.
Le 3 février 1488, Bartolomeu Dias fait escale avec ses deux caravelles dans l'océan Indien, à 370 km à l'est de la pointe de l'Afrique.
En rentrant à Lisbonne, auprès du roi Jean II, le navigateur portugais ramène la preuve qu'il est possible de contourner le continent africain par le sud pour gagner l'océan Indien et l'Asie des épices.
Pour le petit royaume du Portugal, c'est la promesse d'une gloire immense et de richesses infinies. Pour l'Europe tout entière, c'est le début d'une expansion qui va la conduire en quatre siècles à dominer le monde.
Le 5 février 789, un prince arabe chassé de Bagdad par des querelles de palais se fait reconnaître comme roi par les Berbères d'Afrique du Nord sous le nom d'Idriss1er.
C'est la naissance du Maroc, deuxième État musulman après l'Andalousie à s'émanciper du califat de Bagdad. Depuis cette date, le pays n'a jamais totalement perdu son indépendance. Il a préservé jusqu'à nos jours son identité nationale.
Naissance d'une nation
Les disciples du prophète Mahomet s'étaient emparés de l'Afrique du Nord en quelques années. Mais les tribus berbères des montagnes n'avaient eu de cesse de se révolter contre les envahisseurs arabes.
Fuyant les combats entre factions musulmanes, un prince arabe (on dit aussi chérif) se réfugie dans le Moyen Atlas. Il s'appelle Idriss et n'est autre qu'un petit-fils d'Ali et de Fatima, la fille de Mahomet.
Idriss est accueilli par la tribu berbère des Aouraba, qui vit autour de Volubilis (Oualila en berbère), une ville créée par les Romains au coeur de la Maurétanie Tingitane. Reconnu comme roi, le nouveau venu rejette l'autorité du calife de Bagdad et prend le nom d'Idriss 1er.
Après trois ans de règne, il est assassiné par un agent du calife Haroun al-Rachid. Mais il laisse une femme enceinte. Celle-ci donne le jour à un fils qui règnera plus tard sous le nom d'Idriss II.
Le nouveau roi unifie le nord du Maroc autour de sa dynastie, les Idrissides. Il quitte Oualila et transfère sa capitale à Fès, dans une magnifique vallée du Moyen Atlas. La ville devient ainsi le premier foyer de la culture marocaine.
Le royaume va vivre dans une farouche indépendance, non sans développer des relations étroites et parfois violentes avec l'émirat arabe de Cordoue, en Espagne, et, plus tard, avec les monarchies catholiques de la péninsule comme avec la Turquie ottomane.
Le 7 février 1497, à la veille du Carême, le prédicateur Jérôme Savonarole organise à Florence, place de la Seigneurie, un grand «bûcher de vanité» (en italien Falò delle vanità) où bourgeois et coquettes jettent les attributs du luxe : jeux, instruments de musique, oeuvres d'art et jusqu'aux ouvrages de Boccace et Pétrarque... Certains artistes participent de leur propre chef à la fête. C'est le cas de Botticelli qui jette lui-même dans le brasier certaines de ses toiles d'inspiration mythologique ! Beaucoup d'autres artistes sont contraints à l'exil.
Parti dix-huit mois plus tôt d'Aigues-Mortes pour une septième croisade, le roi Louis IX (futur Saint Louis) est capturé le 8 février 1250 par les troupes du sultan d'Égypte. L'expédition avait pourtant bien commencée...
Arrivée devant la citadelle d'el-Mansourah (le Champ de la victoire en arabe), qui barre la route du Caire, l'armée française, forte de plus de 20.000 hommes, bat l'armée du sultan, composée de mercenaires appelés mamelouks.
Mais l'avant-garde, commandée par Robert d'Artois, frère du roi, s'aventure imprudemment à l'intérieur de la citadelle où elle est taillée en pièces. Parmi les victimes, plus de 300 Templiers et le comte d'Artois lui-même ! Louis IX échoue à secourir l'avant-garde. Menacé d'écrasement, il tente de se replier sur Damiette, dans le delta du Nil. Mais bientôt, toute l'armée est bloquée par la crue du Nil et menacée par la famine et l'épidémie. Le roi de France doit se rendre.
Le vainqueur est un mamelouk turc promis à un grand destin, Baïbars l'Arbalétrier. Sa dynastie, se substituant à celle de Saladin, règnera sur l'Égypte jusqu'à la conquête par le sultan turc Sélim 1er en 1517.
La capture et la libération de Louis IX contre une rançon de 200.000 livres mettent fin à l'avant-dernière croisade. Le roi restera ensuite en Terre Sainte plusieurs années, le temps de réorganiser les défenses chrétiennes... et de tenter une alliance avec les Mongols contre les Turcs. La mort de sa mère Blanche de Castille l'obligera à rentrer enfin chez lui après six ans d'absence.
Le 10 février 1258, après un siège de deux semaines, Bagdad tombe entre les mains de Houlégou (ou Hulagu Khan), un petit-fils, à peine âgé de 30 ans, du terrible Gengis Khan.
Les Mongols de Houlégou massacrent méthodiquement la population et mettent au supplice le dernier calife arabe, al-Mustasim. Celui-ci est cousu dans un sac et foulé aux pieds des chevaux !
Le nombre des victimes est d'au moins une centaine de milliers.
500 ans plus tôt, les Arabes avaient fait de Bagdad le siège du califat, autrement dit la capitale de l'islam.
Une civilisation nouvelle était née sur les bords de l'Euphrate, fécondée par les cultures grecque et perse, et les califes de la dynastie des Abbassides, à l'image d'Haroun al-Rachid, contemporain de Charlemagne, avaient fait rêver le monde occidental. Cette civilisation arabe est détruite sous les coups des Mongols.
A la tête d'un mouvement insurrectionnel, le chef de la municipalité de Paris, Etienne Marcel pénètre dans l'hôtel du dauphin. Il fait assassiner sous ses yeux les maréchaux de Champagne et de Normandie. En l'absence du roi Jean II, prisonnier des anglais depuis septembre 1356, le dauphin, futur Charles V, se soumet aux exigences d'Etienne Marcel. Il accepte de renouveler l'ordonnance de réforme de mars 1357 associant les bourgeois à la gestion du royaume et prend le titre de régent dans l'attente de la libération de son père.
1. 19/01/2012
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