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A bride abattue
La «bride» est le «harnais placé à la tête du cheval et destiné à l'arrêter ou à le diriger, selon la volonté du conducteur». Une façon de laisser à la bête l'entière liberté de ses mouvements est naturellement de lui «laisser la bride sur le cou», symbole de parfaite non-directivité. On peut aussi «tourner bride» : faire un demi-tour complet, et généralement détaler dans le sens inverse.
À brule-pourpoint
sens : qui est soudain, pertinent et par surprise.
Au début des armes à poudre vers la fin du moyen age, il était courant que les artilleurs en portant à l'épaule leur canon à main, au moment de faire feu avec leur arme, abiment carrément leur pourpoint et y mettent feu, C'est ainsi que ces mésaventures d'arquebusiers nous ont valu la très brusque expression à brûle-pourpoint, qui veut dire à bout portant, pertinent et très soudain.
Aller à la danse de Macabré
sens : La pensée de la mort qui vient est omniprésente à l'époque médiévale. Particulièrement lors des épidémies de peste où on voit apparaitre des fresques représentant morts et vivants dans une danse macabre se tenant par la main de vie à trépas. Toutes les couches de la société y sont représentés car la mort fauche sans distinction.
«Un jour viendra notre tour d'aller à la danse de Macabré. Qui peut dire à quel moment la Mort viendra nous enlever dans son étreinte glacée? De quelle façon s'y prendra-t-elle, quel sera son bras, son agent? Vers quoi nous emportera-t-elle?»
Aller au diable Auvert
À l'époque médiévale sela signifiait s'engager dans une expédition dangereuse. Cette locution s'en tend particulièrement aujourd'hui dans le sens de aller chez le diable, partir en cavalle. Auvert est une corruption de Vauvert; on disait autrefois : Aller au diable Vauvert. Le V a été mangé dans la rapidité du discours.
Le château de Vauvert ou Val-Vert situé près de Paris, du côté de la barrière d'Enfer, avait été habité par Philippe-Auguste après son excommunication ; il passait depuis cette époque pour être hanté par des revenants et des démons. Saint Louis, pour désensorceler ce château, le donna aux Chartreux en 1257. Aller au diable Auvert prends donc tout son sens.
À la queu leu leu
Aujourd'hui l’expression signifie «l'un derrière l'autre».
Leu est la forme ancienne du mot loup (parfois lou). A la queue leu leu devrait donc se lire à la queue du loup le loup.
Au Moyen Age, les loups étaient très nombreux et se déplaçaient en bandes, souvent l'un derrière l'autre. Leur apparition était redoutée par la population.
A tour de rôle
À l'époque médiévale les édits étaient écrits sur des parchemins volumineux n'étant pas reliés mais roulés autour d'une tige de bois, d'où leur nom de volume (du verbe latin «volvo», je roule) ou leur nom de «rôle». Le «rôle» deviendra le registre sur lequel étaient inscrites dans l'ordre les affaires qui devaient passer devant un tribunal, chacune «à son tour de rôle».
Autant en emporte le vent
Rien ne restera, tout sera emporté. Ce proverbe mélancolique évoque l'aspect fugitif et dérisoire des choses humaines: amours, ambitions, désirs, tout est promis à disparaître, comme emporté par le vent. On trouve l’expression chez François Villon, qui en fait le refrain de l'une de ses Ballades. C’est aussi le titre français du célèbre film avec Clark Gable.
Avoir maille à partir
Avoir un différend, être en conflit, être en contestation avec quelqu'un.
La maille dont il est question ici est une monnaie, la plus petite qu'il existait sous les Capétiens alors que partir signifiait partager. On ne pouvait donc pas la partager. Ceux qui devaient le faire finissaient toujours par se disputer. Aujourd'hui, l'homonymie entre maille (monnaie) et maille (tricot) et partir (partager) et partir (s'éloigne, s'en aller) a permis à l'expression de subsister.
Avoir un nom à coucher dehors
À l'époque médiévale, les personnes étaient jugées et classés dans les auberges selon leur nom. Les aubergistes de ce temps se fiaient sur celui-ci pour accomoder ou nom les clients. Ainsi, ceux qui avaient des noms de famille nobles pouvaient avoir accès à des chambres dans l'auberge alors que d'autres ne pouvaient pas. Ainsi selon son nom on pouvait refuser une personne d'où est née l'expression «avoir un nom à coucher dehors».
Avoir plusieurs cordes à son arc
Expression du XIIIe siècle où l'on n'avait, à l'époque, que deux cordes à son arc. Le sens de l'expression est : avoir plusieurs types de ressources, divers moyens d'action pour parvenir au résultat.
Avoir voix au chapitre
Être consulté, avoir le droit d'exprimer une opinion.
Le chapitre est l'assemblée des moines ou des chanoines lorsqu'ils se réunissent pour discuter de leurs affaires. Les moinillons, les serviteurs n'avaient pas voix au chapitre.
Bachelier
Est le lycéen qui a réussi les épreuves du Baccalauréat. Déjà au Moyen Âge, le terme désignait l'étudiant titulaire du premier grade universitaire.
Au XIe siècle, le bachelier était un jeune noble, chevalier ou écuyer, qui servait sous les ordres d'un seigneur plus âgé. Le jeune homme devait faire ses preuves afin d’héritier du fief paternel. Lorsqu’il ne possédait pas de fortune, il devait redoubler d’audace pour se trouver un protecteur ou un riche beau-père.
Battre sa coulpe
Battre sa coulpe signifie se repentir. Les pénitents manifestaient le remords qu'ils avaient de leurs fautes en se frappant la poitrine et en disant «mea culpa» car faute se dit culpa en latin.
Champion
A l'origine, un chevalier se battait en champ clos pour défendre une cause.
La justice du Moyen Âge admettait l'épreuve des armes. L'accusé pouvait provoquer en duel son accusateur : Dieu faisait triompher l'innocent. Lorsque l'accusé, malade, trop jeune ou trop vieux, n'était pas en mesure de se battre lui-même, ou si c'était une femme, il pouvait se faire représenter par un champion.
Chercher noise à quelqu'un
Quereller quelqu'un souvent pour peu de chose.
Noise signifiait jadis : querelle bruyante, dispute.
Aujourd'hui, le mot noise ne subsiste que dans cette expression.
Convoquer le ban ou l'arrière-ban, publier le ban
S'adresser à tous ceux dont on espère l'aide. A l'origine, le ban était une proclamation du seigneur, une défense ou un ordre. Le suzerain avait le droit de mobiliser, en cas de besoin, ses hommes mais aussi ceux de ses vassaux. Il convoquait alors le ban et l'arrière-ban. On publie encore le ban dans les église pour un mariage..
Croquer marmot
Sens moderne : Attendre, faire le poireau en se morfondant.
Sens ancien : Croquer voulait dire «frapper». Et croquer le marmot signifiait cogner avec impatience le heurtoir de la porte. Alors cela n'a rien à voir avec un Ogre qui voudrait manger un petit enfant (croquer un marmot) où une marmotte qui serait fort difficile à croquer je l'avoue
Une denrée
Sens moderne : Produit commestible servant à l'alimentation commestible de l'homme ou du bétail. On retrouve habituellement ce mot dans les expressions denrée périssable, denrée sèche, denrée rare.
Sens médiéval : Au XIIIe siècle cela servait à désigner une marchandise de la valeur d'un denier, principalement une mesure de pain qui sous St-Louis prenait le nom de denrée. À cette époque on retrouvait dans les grosseurs de pain :
o le denrée, pain vendu au prix d'un denier
o le doubleau vendu deux deniers
o le demie vendu le prix d'une obole = 1/2 denier.
Il n'est fait aucune mention du poids des pains à cette époque, parce qu'on se basait, à ce sujet, sur le prix du blé qui faisait forcément varier la grosseur des pains. Le pain doubleau devait être vendu pour le prix de six deniers les trois; le pain denrée devait être vendu six deniers les six. Quant au pain demi il était vendu pour le prix d'une obole.
D'estoc et de taille
Sens : De la pointe (estoc) ou du tranchant (taille ou taillant), c’est-à-dire en se battant.
Frapper d'estoc et de taille signifiait donc se battre avec acharnement, en portant tous les coups possibles. En moyen français, l’expression fut utilisée de manière imagée, parfois en dehors de tout contexte belliqueux, pour dire de quelque manière que ce soit, par tous les moyens.
Dieu reconnaîtra les siens
Lors de la croisade contre les cathares, des hérétiques du sud de la France, le légat du pape Arnaud Amaury se présente devant Béziers le 22 juillet 1209., L'assaut est donné par l’armée. La ville tombe et Arnaud Amaury commande à ses hommes, qui ne savaient comment reconnaître les bons chrétiens des hérétiques : «Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens !»
Mot historique devenu proverbe, on l’emploie chaque fois qu'un châtiment frappe indifféremment innocents et coupables.
Élevé sur le pavois
Sens : mettre sur le trône, désigner comme roi et au sens figuré, mettre en honneur, faire grand cas de quelque chose.
Allusion aux Francs qui avaient coutume, après avoir choisi leurs rois, de les porter en triomphe sur de larges boucliers, appelés pavois.
Pavois vient de Pavie, en Italie, ville où auraient été fabriqués les premiers de ces boucliers
Faire bonne chière
Sens : bien manger.
En ancien français, chière désignait le visage. Faire bonne chière devenait donc faire bonne mine à quelqu'un, l'accueillir aimablement.
Faire le Jacques
Sens : se conduire stupidement, faire l'idiot.
Jacques était le nom donné à l’idiot du village et Jacques Bonhomme, celui du paysan, considéré traditionnellement comme lourd et nigaud. L’expression fait donc aussi allusion à la prétendue bêtise des paysans.
Gagner ses éperons
Sens : obtenir une situation plus élevée, prendre du galon.
Lors de son adoubement, le nouveau chevalier recevait les armes, signes de son état : l'épée et les éperons symboles de son rôle de guide et de chef. Cette expression sera revamper avec le temps et on dira comme dans la chanson il a gagné ses épaulettes.
Merci
Au Moyen Âge, merci signifiait «grâce, pitié» de là les expressions :
Crier, demander merci - le chevalier vaincu reconnaissait sa défaite et implorait la pitié du vainqueur.
Être à la merci de: être au pouvoir de quelqu'un de telle manière qu'il soit libre de vous accorder sa grâce ou de vous la refuser.
Dieu merci! : par la grâce, la faveur de Dieu.
Sans merci : impitoyable (littéralement : sans que l'un des partis en présence puisse demander merci).
Mettre Flamberge au vent
Invitation ironique à tirer l'épée et à se jeter dans la bataille sans réfléchir. À l'époque des chansons de geste, il y avait quatre vaillants chevaliers : les Quatre Fils Aymon. L'aîné des quatre frères s'appelait Renaud de Montauban. Il possédait une épée prestigieuse, Froberge, aussi redoutable que Durandal, celle de Roland. Au cours des siècles, le nom de Froberge devint un nom commun et s'altéra en flamberge, sans doute sous l'influence des mots flamme, flamboyer, etc. L'expression n'est plus utilisée aujourd'hui qu'ironiquement principalement pour se moquer des démonstrations spectaculaires d'héroïsme.
Ne pas y aller de mainmorte
Sens moderne : agir avec brutalité, (sens abstrait) exagérer
Le terme «main» avait à l'époque médiévale le sens de propriété. On connaît bien le sens des expressions «passer de main à main», «mettre la main sur ...». Il y a mainmorte, lorsqu'il y a décès. À l'époque médiévale le seigneur jouissait du droit de s'emparer de la succession d'un serf à sa mort. Généralement, le seigneur prenait une partie de l'héritage et renonçait au reste moyennant le versement du droit de mainmorte par les héritiers. Il s'agissait notamment d'empêcher les biens de revenir à des héritiers extérieurs à la seigneurie. Lors du décès des serf probablement que les seigneurs exagéraient sur les droits de succession d'où l'expression que l'on connait aujourd'hui.
Noël
Au Moyen Âge, «Noël !, Noël !» était un cri de réjouissance proclamé par le peuple à n’importe quel moment de l’année, pour saluer un événement heureux. Le cri Noël ! Noël pouvait donc être entendu lors du couronnement d'un roi, une naissance, un mariage etc.
Partir en croisade
Le Moyen Âge a vu de nombreuses croisades, les départs furent presque ininterrompus pendant plus de deux siècles. Une foule immense, composées de chevaliers et d'hommes de guerre, d'artisans, de paysans, de moines et de pèlerins de toutes conditions se mirent en route, poussées par la foi et l'enthousiasme. Parfois aussi par l'attrait du pillage! Aujourd'hui, ceux qui partent en croisade n'ont plus à parcourir des milliers de kilomètres. Mais il leur faut souvent beaucoup de courage pour se lancer dans des luttes difficiles en faveur de causes justes. Les journaux parlent ainsi souvent, d'une manière à peine imagée, de croisades contre la drogue ou contre la misère.
Promettre monts et merveilles
Faire des promesses mirifiques. Au cours du temps, on a dit aussi promettre la lune, chiens et oiseaux, plus de beurre que de pain... L'origine de cette expression n'est pas anecdotique. Aucun conquérant n'a jamais promis à ses troupes de merveilleux royaumes au-delà des monts. Comme le fit le général carthaginois Hannibal, qui fit espérer à ses soldats, du haut des Alpes, la possession de Rome. On disait, au Moyen Âge, de quelqu'un qui promettait monts et merveilles, qu'il promettait les monts et les vaux (c'est-à-dire les vallées). Dans la suite des temps, par un goût pour la répétition, typique de l'ancien français, l'image a été oubliée et les merveilles ont pris la place des vaux, renforçant ainsi le sens du mot mont, au lieu de le compléter comme précédemment. L'ancien français adorait ces couples de mots, de sonorités voisines et de sens proches. Curieusement, beaucoup nous sont parvenus: bel et bien, sain et sauf, sans foi ni loi, sans feu ni lieu, tout feu tout flamme...
Revenons la paille
Rompre un marché, un accord, se brouiller avec quelqu'un. L'expression est issue du droit féodal et rappelle une coutume très ancienne. Quand un suzerain cédait une terre, ou que quelqu'un vendait un bien quelconque, le vassal ou l'acheteur recevait un fétu de paille en signe de l'accord conclu. La rupture du gage symbolisait celle de l'accord, et le mécontent rompait alors la paille comme il déchire aujourd'hui le contrat.
Sentir le fagot
Jadis, les hérétiques ou ceux qu'on soupçonnait de sorcellerie étaient brûlés vifs. Sentir le fagot signifie donc être promis au bûcher pour des actions ou des opinions contraires à la doctrine de l'Église. Aujourd'hui, le parfum du fagot ne flotte plus qu'autour de ceux qui inspirent une certaine méfiance. A moins que cela ne sente vraiment très fort le roussi...
Taillable et corvéable à merci
Au Moyen Âge, la condition des serfs était très dure. Les charges qui pesaient sur eux, quoique variables selon le siècle, la région et le seigneur, étaient le plus souvent lourdes. Parmi elles figuraient la taille, impôt exigé par le seigneur, et les corvées, travaux que les serfs réquisitionnés devaient effectuer gratuitement pour le compte de leur maître. Aujourd'hui, on dit de quelqu'un qu'il est taillable et corvéable à merci si, comme le serf du Moyen Âge, il est sans recours bon pour toutes les corvées.
Tenir le haut du pavé
Occuper une place de choix dans la société. Jadis, il n'y avait pas de trottoirs et les rues étaient légèrement en pente pour que les eaux sales puissent s'écouler au milieu. Les passants qui marchaient près de ce ruisseau risquaient toujours de se salir ou d'être éclaboussés jusqu'aux mollets. C'est pourquoi on laissait par politesse la meilleure place, le long des maisons, aux personnes de qualité. Le privilège n'était pas négligeable car, jusqu'à la fin du XIXe siècle, toute promenade en ville, surtout par temps de pluie, tournait à l'expédition.
Tomber à quenouille
Au Moyen Âge, les femmes n'étaient pas exclues de la propriété. Elles pouvaient en particulier hériter de biens, mais elles se contentaient le plus souvent de les transmettre à leur époux sans les gérer elles-mêmes. Le suzerain se réservait même jalousement le droit de marier à son gré les héritières de ses vassaux, quand elles étaient orphelines. Il était donc assez rare qu'une femme puisse rester indépendante et s'occuper elle-même des biens dont elle avait hérité et que l'on disait «tombés en quenouille». La quenouille, qui servait à filer, étant l'instrument féminin par excellence. Et comme les femmes passaient pour être de piètres gestionnaires, «tomber en quenouille» ne tarda pas à signifier «tomber à l'abandon, cesser d'être utilisé».
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