L'orchésographie

 

Thoinot Arbeau (pseudonyme anagramme de son vrai nom, Jehan Tabourot) est un chanoine de Langres né à Dijon le 17 mars 1520 et mort le 23 juillet 1595.

En 1582, il publie un Kalendrier des bergers et en 1589 (le privilège est daté du 22 novembre 1588) sort de presse son Orchésographie ou Traicté en forme de dialogue par lequel toutes personnes peuvent facilement apprendre & practiquer l'honneste exercice des dances. L'ouvrage connaît une réédition posthume en 1596 et de nombreuses rééditions ou réimpressions de 1878 à 1988. Il est traduit en allemand, en anglais et américain, en espagnol et en japonais. L’Orchésographie est le corpus le plus complet des danses pratiquées au xvie siècle. C'est aussi et surtout le premier manuel de danse qui indique avec précision les pas à exécuter en regard de la partition musicale.

 

 

Édition de 1589

Auteur Thoinot Arbeau

Genre danse

Pays d'origine France

Lieu de parution Langres

Éditeur Jehan des Preyz

Date de parution 1589

L'Orchesographie et traicté en forme de dialogue par lequel toutes personnes peuvent facilement apprendre & practiquer l'honneste exercice des dances est un traité de danse publié en 1589 (privilège daté du 22 novembre 1588) par Thoinot Arbeau, anagramme de Jehan Tabourot, chanoine de Langres.

L'ouvrage connaît une réédition posthume en 1596 et de nombreuses rééditions ou réimpressions de 1878 à 1988.

L’Orchésographie est le corpus le plus complet des danses pratiquées au xvie siècle. C'est aussi et surtout le premier manuel de danse qui indique avec précision les pas à exécuter en regard de la partition musicale. C'est également la première méthode de tambour publiée au monde1.

 

L’Orchésographie a pour but avoué d'apprendre aux jeunes gens (sous-entendu de bonnes familles) les pas et les convenances qui seyent aux danseurs. À l'exception de la basse danse — qui est « hors d'usage depuis quarante ou cinquante ans » —, le répertoire décrit par Arbeau se différencie singulièrement des danses pratiquées au Moyen Âge et jusqu'au siècle précédent. Le répertoire de l’Orchésographie paraît donc « jeune » et, en tous cas, récemment introduit dans une certaine classe moyenne française.

Outre décrire avec exactitude nombre de pas ainsi que leurs fioritures, l'auteur utilise un procédé novateur : la pédagogie. En effet, Capriol, un jeune homme courtois mais inexpérimenté dans l'art de la danse, suit les conseils de son précepteur Arbeau : Capriol pose des questions, Arbeau y répond. Parfois même Capriol se trompe dans l'exécution ou la compréhension des différents branles, pavanes etc., ce qu'il s'empresse de corriger car Capriol le dit lui-même dans l'introduction de l’Orchésographie : « J’ay prins plaisir en l'escrime & jeu de paulme, ce qui me rend bien voulu & familier des jeusnes hommes. Mais j’ay deffault de la dance pour complaire aux damoiselles, desquelles il me semble que depend toute la reputation d’un jeusne homme à marier ».

Pour appréhender ces danses, il faut se familiariser avec un vocabulaire qui leur est propre. La plupart se danse en ronde fermée (les branles en sont un parfait exemple), les danseurs se tenant par la main. On alternera si possible homme et femme au sein de cette ronde. Lorsque la musique commence, les danseurs ont les pieds joints et chercheront à les avoir ainsi à la fin de chaque pas ; la ronde effectue alors une progression dans le sens des aiguilles d'une montre.

Le principaux pas sont décrits dans l'article branle. Il s'agit de :

simple à gauche

double à gauche

simple à droite

double à droite.

La musique et le tempo garantissent une cohérence dans les pas. On ressentira d'ailleurs, à force d'entraînement, les moments où l'on doit faire un simple, un double et dans quel sens. Quant aux fioritures, elles sont l'apanage des bons amateurs qui souhaitent augmenter la difficulté tout en préservant le style.

Aujourd'hui encore, l’Orchésographie est une référence pour tout amateur de danse de la Renaissance. Chacun, l’œuvre en main, peut déchiffrer aisément les pas sur la musique appropriée. Il existe dans le commerce de très bon disques avec la mention d’après l'Orchésograpie de Thoinot Arbeau.

Voici une sorte de « table des matières » de l’Orchésographie, renvoyant éventuellement aux descriptions des danses :

fo 9 vo : tablatures pour « battre le tambour »

fo 18 vo : « jouer du fifre ou arigot »

fo 26 ro : basse danse

fo 30 ro : pavane, notamment l'air Belle qui tiens ma vie

fo 51 ro : tourdion

fo 52 vo : gaillarde

fo 63 vo : volte

fo 65 vo : courante

fo 67 ro : allemande

fo 68 vo : branle double

fo 71 ro : branle simple

fo 71 vo : branle gay

fo 72 vo : branle de Bourgogne

fo 73 ro : branle du Haut Barrois

fo 74 vo : branle coupé Cassandre

fo 75 ro : branle coupé Pinagay

fo 76 ro : branle coupé Charlotte

fo 77 ro : branle coupé de la Guerre

fo 78 ro : branle coupé Aridan

fo 79 ro : branle de Poitou

fo 79 vo : branle d'Écosse

fo 81 ro : trihory de Bretagne

fo 82 ro : branle de Malte

fo 83 ro : branle des Lavandières

fo 84 ro : branle des Pois

fo 85 ro : branle des Hermites

fo 86 ro : branle du Chandelier

fo 87 ro : branle des Sabots

fo 88 ro : branle des Chevaux (écouter un extrait)

fo 89 ro : branle de la Montarde

fo 90 ro : branle de la Haie

fo 91 vo : branle de l'Official

fo 93 ro : gavotte

fo 94 ro : morisque ou mauresque

fo 95 vo : canarie

fo 96 vo : pavane d'Espagne

fo 97 ro : les bouffons

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