Chevaliers de la Table ronde

Le roi Arthur

 

Le roi Arthur est, d'après les romances médiévales, un seigneur breton qui aurait organisé la défense de la Grande-Bretagne face aux envahisseurs saxons à la fin du Ve siècle ou au début du VIe siècle. La légende d'Arthur est principalement inspirée par le folklore et l'invention littéraire, et son existence historique n'est pas attestée. Les sources historiques d'Arthur sont recueillies sur de rares textes, tels les Annales Cambriae, l'Historia Brittonum et les écrits de Gildas le sage. Le nom d'Arthur apparait également dans d'anciens poèmes tel que le Gododdin. Son histoire se situe à une époque où le terme « Bretagne » désignait la grande moitié sud de l'actuelle Grande-Bretagne.

 La figure légendaire d'Arthur s'est développée essentiellement grâce à l'Historia regum Britanniae (Histoire des rois de Bretagne) écrite par Geoffrey de Monmouth au XIIe siècle. Toutefois, antérieurement à cette œuvre, certains contes et poèmes gallois ou bretons font déjà apparaître Arthur comme un grand guerrier défendant la Bretagne des hommes et d'ennemis surnaturels ou comme une figure magique du folklore, parfois associée à Annwvyn, l'autre-Monde celtique. La part du récit de Geoffrey de Monmouth adaptée des sources antérieures et celle issue de sa propre imagination sont inconnues.

 Bien que les thèmes, les événements et les personnages de la légende du roi Arthur varient considérablement de texte en texte, et qu'il n'existe pas de version unique, les événements contés dans l'Historia regum Britanniae servirent de base pour la plupart des histoires postérieures.

 Geoffrey de Monmouth dépeint Arthur comme un roi ayant établi un empire rassemblant toute l'île de Bretagne, ainsi que l'Irlande, l'Islande, la Norvège, le Danemark et une bonne partie de la Gaule. En fait, beaucoup d'éléments qui font désormais partie intégrante de l'histoire du roi Arthur apparaissent dans l'Historia regum Britanniae : le père d'Arthur Uther Pendragon, le magicien Merlin, l'épée Excalibur, la naissance d'Arthur à Tintagel, sa dernière bataille contre Mordred à Camlann et sa retraite finale à Avalon. Au XIIe siècle, l'écrivain français Chrétien de Troyes y ajoute Lancelot et le Saint Graal et initie le genre de la romance arthurienne (en puisant dans la Matière de Bretagne) qui devient un volet important de la littérature médiévale. Dans ces histoires, la narration se concentre souvent sur d'autres personnages, tels que les différents chevaliers de la Table Ronde au lieu de se focaliser sur le roi Arthur lui-même. La littérature arthurienne a prospéré pendant le Moyen Âge, avant de perdre de l'importance dans les siècles qui suivirent. Elle est redevenue un sujet à la mode au XIXe siècle. Au XXIe siècle, le roi Arthur est toujours un personnage mis en scène, à la fois dans la littérature mais aussi dans les adaptations scéniques (festivals, spectacles vivants), au théatre, au cinéma, à la télévision, dans les bandes dessinées, les jeux vidéo et d'autres médias.

 

Perceval

 

C'était un autre temps, enfin....

Il y a longtemps, je ne sais plus bien .

Un temps béni, avec sa mère...Un jour... Perceval joue au javelot dans la forêt, il est jeune, il rencontre cinq chevaliers aux armures si étincelantes... Il les prend pour des anges.

Il veut devenir chevalier, et se rend à la cour du roi Arthur ...

Après une série d'épreuves, une série d'erreurs...

Perceval se révèle comme un excellent combattant. Il est adoubé et invité à se joindre aux « chevaliers de la table ronde ».

 Au cours de son initiation, après des années d'épreuves, Perceval découvre Corbenic, le château du Graal (on le nomme aussi Eden, Château de la Joie ou Château des Ames, car l'âme de ceux qui y meurent va au paradis), résidence du roi Pêcheur. Ce dernier, le roi Mehaignié (« impotent »), mutilé d'un coup de javelot dans les hanches qui l'a privé de l'usage de ses jambes, est le gardien du Saint Graal et de la lance qui transperça le Christ sur sa croix. Dans le château, Perceval est le témoin d'une étrange procession : il voit passer un valet tenant une lance blanche d'où tombe une goutte de sang, puis deux autres valets munis chacun d'un lustre d'or, suivis par deux vierges, l'une portant le Saint Graal d'or pur, serti de pierres précieuses, et l'autre un tailloir (sorte de plat sur lequel on découpait la viande) en argent. Le cortège disparaît dans une chambre.

 Etonné, Perceval est resté muet. Il a échoué.

Par le silence (dû au péché qu'il a commis en causant la mort de sa mère) qui l'empêche de poser les bonnes questions devant la procession dont il est le témoin, Perceval laisse passer l'occasion de guérir le roi et son royaume. Il ignore qu'il lui aurait suffi de demander à quoi servait le Graal et qui l'on servait pour que le bon roi guérisse de son infirmité. Après avoir erré pendant 5 ans, le jour du vendredi saint, Perceval apprend par un ermite que le Graal est servi à son oncle depuis 15 ans et que « d'une seule hostie qu'on lui porte dans le Graal ce saint homme soutient sa vie. »

Galaad

 

Le personnage de Galaad (Galahad pour Malory), fils de Lancelot et de la fille du roi du Graal, c'est-à-dire descendant par son père de David et de Joseph d'Arimathie et par sa mère de la dynastie du Graal, articule la légende profane et la tradition mystique du cycle du Saint-Graal et fait l'unité du Lancelot-Graal ou Vulgate en prose du début du xiiie siècle.

Lancelot apprend par prophétie qu'il va cesser d'être le meilleur chevalier du monde ; le dépasse en effet son fils qui, élevé par les moines blancs (les Cisterciens), entre un jour à la cour d'Arthur et s'assied sur le Siège périlleux, réservé dès les temps anciens au chevalier parfait, et sur lequel personne ne s'était assis sans malheur.

Indemne du péché, Galaad vient à bout, dans La Queste del Saint-Graal, de toutes les épreuves qui lui sont réservées. Arrivé avec Perceval et Bohort au château du Graal, il voit entrer le roi « Méhaigné » (mutilé) et l'évêque Josephé, fils de Joseph d'Arimathie, mort depuis plus de trois cents ans ; au moment où l'évêque, disant la messe, élève l'hostie, les chevaliers discernent entre ses mains un enfant ; Josephé disparaît, remplacé par le Christ lui-même qui donne la communion aux trois héros et au vieux roi. Prenant le sang de la Lance (qui est celle de la Crucifixion), Galaad en guérit les plaies du roi Méhaigné.

Sur le vaisseau de Salomon, les chevaliers arrivent en la cité de Sarras, dont Galaad est fait roi. Lui qui a reçu en grâce de choisir le jour de sa mort, il est admis à contempler de ses yeux les suprêmes merveilles du Saint-Graal, le vase même où Jésus consacra le vin à la Cène, et où Joseph avait recueilli son sang versé sur la Croix.

Alors Galaad meurt. À sa mort, une main céleste saisit le Graal et la Lance pour les emporter au ciel.

Gauvin

Gauvain semble bien peu connu de nos jours, sa légende vivant dans l'ombre de celle de Lancelot du Lac, de Perceval ou du roi Arthur lui-même.

 Gauvain est pourtant le héros de la plupart des aventures de la Table Ronde, et il est présenté dans presque tous les livres comme le parangon de la vertu chevaleresque. Son manque de notoriété est sans doute dû à son échec dans les aventures du Graal. Une autre explication possible est que dans les livres les plus connus à l'heure actuelle : la Quête du Saint Graal, le Lancelot en prose, et surtout le Roman du roi Arthur et de ses chevaliers de la Table Ronde de Thomas Malory, qui a profité de la naissance de l'imprimerie, Gauvain est un personnage d'arrière-plan, contrairement aux textes les plus anciens.

Gauvain est un personnage de la légende arthurienne. Chevalier de la Table Ronde originaire de l'archipel des Orcades, il est le neveu du roi Arthur et le fils du roi Loth d'Orcanie, et également le frère aîné de Gareth (surnommé "Beaumains" par Kai, le sénéchal d'Arthur). On trouve plusieurs équivalents gallois de son nom : Gwalchmai et Gwalchmei ("faucon de la plaine") ainsi que Gawain en Franco-Normand et Anglais. Gauvain est très souvent considéré comme le meilleur des chevaliers de la Table Ronde. C'est le chevalier modèle : en plus d'être un chevalier d'exception, il fait preuve d'une courtoisie exemplaire pour tous les autres chevaliers de son temps. Gauvain porte fréquemment l'épée du roi Arthur : Excalibur. Gauvain est le cousin d'Yvain qui est également pour lui un ami très cher. Gauvain est le seul chevalier de la cour d'Arthur, avec Yvain parfois, que l'on nomme "monseigneur". Son cheval se nomme Gringalet.

 

Gauvain a la particularité de voir sa force croître avec le soleil, celle-ci étant à son paroxysme aux heures de midi, avant de diminuer jusqu'à la tombée de la nuit.

Bedivere

 

Dans la Légende arthurienne, Bedivere  est le Chevalier de la Table Ronde qui restitue Excalibur à la Dame du Lac . Fréquemment associé à Keu, il sert le Roi Arthur en qualité de connétable et il est l'un de ses plus proches conseillers. On le décrit comme très habile aux échecs et aux tables. Sire Lucan est son frère et Sire Girflet son cousin.

Avec Keu et Gauvain, Bedivere est un des personnages les plus anciens associés au Roi Arthur. Son nom en gallois est Bedwyr Bedrydant (Bedivere aux muscles parfaits). Il est décrit comme n’ayant qu’une main, ce qui ne l’empêche pas d’être un excellent combattant. Les Gallois lui donnent un fils, Amren et une fille, Eneuawc. Comme Bedwyr apparaît dans la plus ancienne matière arthurienne, certains supposent qu’il pourrait avoir été un personnage historique réel.

 

Geoffroy de Monmouth et Wace lui donnent un rôle très important, alors que chez Chrétien de Troyes, il est un personnage secondaire. Il fait partie des alliés loyaux d'Arthur dans l’Historia regum Britanniae de Geoffroy de Monmouth et il le reste dans la littérature arthurienne tardive. Il aide Arthur et Keu à se battre contre le Géant du Mont Saint-Michel et rejoint Arthur dans sa guerre contre l'Empereur romain Lucius- Dans plusieurs versions anglaises de la mort d'Arthur, notamment Le Morte d'Arthur de Malory et la Morte Arthure allitérative, Bedivere et Arthur sont parmi les rares survivants de la Bataille de Camlann. Après la bataille, à la demande du roi mortellement blessé, Bedivere rend Excalibur à la Dame du Lac en la lui lançant. Il entre alors dans un ermitage où il passera le reste de sa vie. Selon les sources, Girflet accomplit quelquefois ce geste.

 

Bedivere reste un personnage populaire dans la littérature anglophone. Quelques auteurs modernes lui attribuent même le rôle donné traditionnellement à Lancelot comme amant de Guenièvre, Lancelot ayant été ajouté trop tard au cycle pour paraître historique.

Calogrenant

 

Calogrenant est un chevalier de la Table Ronde à la cour du roi Arthur dans la Légende arthurienne. Il semble qu'il ne soit le personnage central d'aucun ouvrage.

 Toutefois une aventure est relatée dans les premiers chapitres du livre Yvain ou le Chevalier au Lion. En effet, dans ce roman écrit par Chrétien de Troyes, il y est conté que lors d'une fête de la Pentecôte, Calogrenant, décrit comme Unz chevaliers mout avenans (« un chevalier très avenant »), narre la honte de sa vie : un combat contre un chevalier, qu'il a perdu. En voici l'histoire : Calogrenant parti à la recherche de l'aventure, passe une nuit chez un vavasseur à l'orée de la forêt de Brocéliande et repart le lendemain. En chemin, il rencontre un vilain qui lui parle d'une fontaine merveilleuse qui, lorsqu'on verse de l'eau sur son perron, a le don de déclencher d'effroyables tempêtes. Il essaye et se trouve aussitôt après attaqué par un chevalier (le gardien de la fontaine). Calogrenant perd le combat et rentre honteux. Il est pourtant le premier à revenir vivant de cette épreuve.

 Après ce repas de Pentecôte, Yvain étant son cousin germain part le venger. Il prend le même chemin que Calogrenant, se rend à la fontaine, déclenche la tempête et se bat avec le gardien. Mais cette fois, c'est Yvain qui gagne. Le défenseur de la fontaine prend la fuite, blessé à mort. Yvain le suit dans son château et tombe sur une jeune fille, nommée Lunette (ou Brundelune selon les traductions). Elle l'aide à se cacher et va prévenir sa maitresse, la femme du chevalier battu. Apprenant la mort de son mari, la reine veut rechercher l'assassin, mais Lunette décide de les faire se rencontrer. Yvain tombe alors amoureux de la femme de son adversaire (on saura plus tard qu'il se nommait Esclador le Roux).

 De là naît l'histoire d'Yvain ou le chevalier au lion.

 Dans un autre récit mettant en scène Bohort et Lionel, Calogrenant tente de s'interposer entre les deux frères. Lionel, voulant se venger d'une humiliation sur Bohort, tue Calogrenant.

Le personnage de Calogrenant apparaît également dans le roman Méraugis de Portlesguez de Raoul de Houdenc (XIIe s.) et dans le Roman de Jaufré (XIIIe s.).

 

Bohort,l'exilé

 

N.B. : Le terme « exilé » vient du vieux français « essillier », dont le sens le plus fréquent est celui de « dévaster », « ravager », « saccager », en parlant d'un pays ou d'une ville.

 C'est le plus fameux des deux Bohort. Il passe ses jeunes années avec son frère Lionel à la cour du roi Claudas. Tous deux finissent par se révolter contre ce dernier et parviennent même à tuer son fils, le cruel Dorin. Avant que Claudas ne puisse se venger, les deux garçons s'enfuient avec l'aide d'un serviteur de la Dame du Lac chez laquelle ils reçoivent ensuite une éducation dans la chevalerie en même temps que leur cousin Lancelot.

 Tous trois, devenus d'excellents chevaliers, se rendent à Camelot pour rallier la suite du roi Arthur. Bohort, reconnaissable à une cicatrice particulière au front, participe à la plupart des conflits engagés par le roi, y compris la bataille finale contre Claudas qui libère la terre de son père. Bohort l'Essillié est lui-même le père de Sire Hélain le Blanc et cette paternité est le résultat d'une ruse de la fille du Roi Brandegoris : cette dernière était en effet parvenue à l'attirer dans son lit au moyen d'un anneau magique. Plus tard, Bohort introduit son fils à la Table Ronde.

 Bohort est réputé comme l'un des meilleurs de la Table ronde et acquiert sa véritable gloire dans la quête du Graal dont il se révèle digne, avec Galaad et Perceval, de pénétrer les Mystères. Plusieurs épisodes illustrent son caractère vertueux. Dans l'un d'entre eux, un groupe de jeunes femmes menace de se tuer en se jetant du haut d'une tour s'il refuse de coucher avec elles. Mais Bohort refuse de rompre son vœu de célibat et lorsqu'elles tombent de la tour, elles se révèlent être en réalité des démons qui pensaient le tromper en jouant sur sa compassion.

Le dilemme de Bohort.

 Un autre récit nous montre Bohort confronté à un dilemme : il doit choisir entre secourir son frère Lionel enlevé et fouetté d'épines par des brigands, ou délivrer une pucelle sur le point d'être violée par un chevalier brutal. Bohort choisit d'aider la jeune fille, tout en priant avec ferveur pour le salut de son frère. Peu après Lionel ayant échappé à ses tortionnaires et persuadé que Bohort l'a trahi, décide de se venger en le tuant au combat. Bohort, quant à lui, renonce à lever une arme sur son frère, fût-ce pour se défendre. Un autre compagnon de la Table ronde, Sire Calogrenant et un religieux ermite ayant tenté de s'interposer, sont tués l'un après l'autre par Lionel. Mais avant que ce dernier ne parvienne à frapper son frère, Dieu fait surgir entre les adversaires une colonne de feu pour les séparer, après quoi Bohort réconcilié avec Lionel peut partir librement.

 Plus tard, Bohort, Galaad et Perceval découvrent le Saint-Graal et le transportent à Sarras (à rapprocher de Sarrasins), une mystérieuse île d'Orient où Galaad et Perceval meurent, Bohort est le seul des trois à en revenir. Comme le reste de sa famille, Bohort rejoint Lancelot en exil après que la liaison de ce dernier avec Guenièvre a été dévoilée et aide à sauver la reine du bûcher. Il devient ensuite l'un des conseillers les plus écoutés de Lancelot dans la guerre qui l'oppose à Arthur et récupère la souveraineté sur les anciennes terres de Claudas. Arthur et Gauvain ayant été forcés de retourner en Bretagne pour combattre le malfaisant usurpateur Mordred, Gauvain envoie à Lancelot un message d'appel à l'aide. Les hommes de Lancelot arrivent à temps pour défaire le reste de la rébellion conduite par les fils de Mordred, Melehan et Melou. Dans la bataille, Lionel est tué par Melehan. Il est finalement vengé par Bohort.

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